Georges Goychman
Georges Goychman, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un militaire français, Compagnon de la Libération. Mobilisé au début de la seconde guerre mondiale, il choisit de se rallier à la France libre en 1940 et participe aux combats en Afrique et en Europe. Après la guerre, il poursuit sa carrière militaire jusqu'au grade de général de brigade.
| Georges Goychman | |
| Naissance | Paris |
|---|---|
| Décès | (à 67 ans) Paris |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Arme | Armée de l'air |
| Grade | |
| Années de service | 1938 – 1970 |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale Guerre d'Indochine Guerre d'Algérie |
| Distinctions | Commandeur de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération Croix de guerre 1939-1945 Croix de la Valeur militaire |
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Biographie
modifierJeunesse et engagement
modifierEnfant d'un couple d'immigrés russes, Georges Goychman naît le à Paris[1]. Son père, naturalisé français par engagement dans l'armée, est tué en 1915 dans les combats de la première guerre mondiale[2]. Sa mère élève donc seule le petit Georges qui est fait pupille de la Nation [3]. Après un début de scolarité dans le 11e arrondissement, il devient à 14 ans photographe retoucheur avant de reprendre ses études quatre ans plus tard[3]. Titulaire du baccalauréat, il entre à l'université mais échoue à l'oral d'une licence de physique, bien qu'ayant réussi à l'écrit[1]. Il effectue pendant quelques mois des remplacements en tant qu'instituteur avant d'être appelé sous les drapeaux en 1938[2]. il est alors affecté dans l'artillerie à Poitiers[1].
Seconde Guerre mondiale
modifierÉlève officier de réserve lors de son service militaire, Georges Goychman est maintenu dans l'armée du fait du déclenchement de la seconde guerre mondiale et promu sous-lieutenant[3]. Affecté au 161e régiment d'artillerie, il commande une section dans le secteur de Verdun[3]. Attiré par l'aviation, il demande et obtient de devenir observateur en avion et est muté à l'école d'observateurs de Dinard en [2]. Il obtient son brevet le suivant mais, face à l'avancée des troupes allemandes, doit se replier vers Pau avec l'ensemble des personnels de l'école[2]. Refusant l'armistice du 22 juin 1940, il s'enfuit le en direction de l'Algérie à bord d'un avion piloté par Francis Melville-Lynch[2]. Arrivé à Oran, il est affecté le mois suivant à Rabat dans l'armée d'armistice puis démobilisé le [2]. Toujours désireux de poursuivre le combat, il décide de se rallier à la France libre et embarque à Tanger dans un navire qui le mène à Gibraltar puis en Angleterre où il arrive en [3]. Engagé dans les forces aériennes françaises libres, il est aussitôt promu lieutenant et affecté à l'aérodrome d'Odiham où il commande une section d'élèves pilotes[3]. Il quitte l'Angleterre le et est affecté sur la base de Rayak dont il commande le parc aérien avant d'être muté au groupe de bombardement Lorraine le de la même année[3].
Au sein du Lorraine, il prend part à la guerre du désert au-dessus de la Libye d' à , totalisant vingt-quatre missions de bombardement[2]. Détaché au personnel au sol de la base de Rayak pendant quatre mois, il retrouve le groupe Lorraine le en étant affecté à l'escadrille Nancy[2]. Avec le groupe de bombardement, il repart pour la Grande-Bretagne en puis, comme tous les personnels du groupe, suit une période d'instruction et d'entraînement aux techniques de la Royal Air Force (RAF)[2]. En , il retrouve le groupe Lorraine désormais intégré à la RAF[3]. Il prend part aux opérations sur le front européen et participe à vingt-huit missions au-dessus de la France et des Pays-Bas[3]. Alors qu'il bombarde des rampes de lancement de V1 le , son appareil est touché par la Flak[3]. Aux commandes de l'avion, son camarade d'évasion de 1940 Francis Melville-Lynch réussi à ramener le Boston en Angleterre mais doit se poser en catastrophe[2]. Goychman et Melville-Lynch sont grièvement blessés alors que leurs deux mitrailleurs meurent dans le crash[1]. De retour au combat, il est de nouveau blessé le quand son appareil est touché par la défense antiaérienne mais s'en sort indemne le suivant quand son avion est à nouveau atteint[2]. Promu capitaine en et totalisant 51 missions de guerre, il quitte le groupe Lorraine en pour servir comme officier de liaison auprès de l'état-major du général Kœnig commandant les forces françaises en Grande-Bretagne[2]. En , il accompagne son ami Melville-Lynch à bord du B-17 offert au général Kœnig par Eisenhower afin de convoyer Thierry d'Argenlieu en Indochine[2],[4]. Revenant ensuite en Europe via les États-Unis, l'équipage issu du groupe Lorraine réalise un tour du monde en 133 heures[2],[4].
Après-Guerre
modifierPoursuivant sa carrière militaire après la guerre, il est affecté au groupe de liaisons aériennes ministérielles sur la base aérienne de Villacoublay et est promu commandant[2]. De à , il participe à la guerre d'Indochine en tant que navigateur et pilote[3]. Promu lieutenant-colonel, il obtient un brevet de pilote d'hélicoptère en puis prend part à la guerre d'Algérie de 1957 à 1958 en commandant le poste de Tlemcen[3]. Promu colonel en , il devient général de brigade en 1965 et prend sa retraite la même année avant d'être placé en 2e section en 1970[2].
Georges Goychman meurt le à Paris et est inhumé à Orly, dans le Val-de-Marne[1].
Décorations
modifier| Commandeur de la Légion d'honneur | Compagnon de la Libération Par décret du 20 novembre 1944 |
Croix de guerre 1939-1945 | ||||||
| Croix de la Valeur militaire Avec une palme |
Médaille coloniale Avec agrafes "Libye" et "Extrême-Orient" |
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre | ||||||
| Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre | ||||||||
Références
modifier- 1 2 3 4 5 « Biographie - Ordre National de la Libération »
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, (ISBN 2-262-01606-2)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 2-356-39033-2)
- 1 2 « Du 6 septembre au 2 octobre un avion français a effectué le tour du monde », Le Monde, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, , 822 p. (ISBN 2-262-01606-2).
- Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, , 1230 p. (ISBN 2-356-39033-2).
- François Marcot, Dictionnaire historique de la résistance, Robert Laffont, (ISBN 2-221-09997-4).
- Henry Lafont, Aviateurs de la liberté : Mémorial des Forces Aériennes Françaises Libres, SHAA, (ISBN 2-904521-46-1).
- « Les Forces Aériennes Françaises Libres. Juin 1940 : naissance des FAFL au Moyen-Orient », Icare (revue), no 128, .
- Yves Morieult, « Les French Flight des escadrilles françaises au sein de la RAF », Aéro Journal, no 33, .
- Dominique Breffort, « Les Forces Aériennes Françaises Libres et la reconstitution de l'armée de l'air (1940-1945) », Wing Masters, no HS n°3, .
- Yves Donjon, « Le groupe de bombardement Lorraine », Revue Espoir, no 129, (lire en ligne).