Georges de Porto-Riche
Georges de Porto-Riche est un dramaturge et romancier français, né le à Bordeaux et mort le dans le 6e arrondissement de Paris[1].
| Fauteuil 6 de l'Académie française | |
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| Administrateur (d) Bibliothèque Mazarine | |
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Columbarium du Père-Lachaise ( - |
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Edgar de Porto-Riche (d) |
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Marcel de Porto-Riche (d) |
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Il est notamment connu pour une pièce de théâtre, Amoureuse, créée en 1891.
Biographie
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Georges de Porto-Riche naît dans une famille juive. Son grand-père paternel, d'origine italienne, s'était installé à Bordeaux en 1778. Son père, Prosper de Porto-Riche, changeur de monnaie puis armateur négociant, avait épousé Mathilde Lunel. Ne possédant pas la nationalité française, il l'obtient par un décret de naturalisation du président de la République Sadi Carnot en date du [2].
Refusant de suivre les traces de ses parents, Georges de Porto-Riche veut faire une carrière littéraire et s’installe très tôt à Paris où il fait son droit avant de travailler quelque temps dans une banque. Politiquement situé à gauche, il a failli se faire fusiller en 1871 pour avoir pris le parti des insurgés lors de la Commune de Paris[3].
« En 1879, il se marie avec sa cousine germaine, Lise Lunel (1858-1940). Le ménage aura un fils unique, né en 1881 et mort prématurément en 1905, laissant ses parents inconsolables. »
— Thérèse Malachy, Georges de Porto-Riche…[4].
Son allure romantique en faisait un séducteur-né, selon le chroniqueur mondain André de Fouquières. Il fréquente le salon littéraire de Geneviève Halévy, où l'on croise Henri Meilhac, Paul Bourget et Edgar Degas. Il est aussi un intime de Laure de Chevigné. Il se consume d'amour pour la comtesse Greffulhe[5].
Il meurt en 1930, puis ses restes sont enterrés avec ceux de son fils Marcel (auteur de quelques pièces de théâtre, mort à 24 ans et incinéré au Père-Lachaise en ) au cimetière marin de Varengeville-sur-Mer depuis le mois d'août 1931. Sur sa pierre tombale est gravé ce vers : « J'aurai peut-être un nom dans l'histoire du cœur. »[6].
Œuvres
modifierIl n'avait que vingt ans lorsque ses premières pièces historiques en vers furent jouées sur les théâtres parisiens. Il publia également des poésies (Primo verba, Tout n’est pas rose, Bonheur manqué) qui furent bien accueillies.
Son Drame sous Philippe II (1875), qui se passe lors d'un soulèvement dans le duché de Brabant au XVIe siècle est un échec retentissant. La critique en est tellement dévastatrice qu'il se jure de ne plus écrire. Il reviendra cependant à la littérature en 1887 afin de gagner le cœur de la comtesse Greffulhe par des poèmes qu'il recueillera sous le titre Bonheur manqué (1889)[7].
Il se console de son échec amoureux en se tournant vers le théâtre psychologique avec La Chance de Françoise (1888) jouée au Théâtre-Libre d'Antoine. Cette pièce est un grand succès et fait de lui le créateur du « théâtre d'amour », dont on loue la vérité. L'auteur a trouvé sa veine, qui est d'explorer les rapports sentimentaux et psychologiques au sein du couple, ce qui le fit comparer à un « Racine bourgeois ». Amoureuse, créée le , fut un très grand succès ; le rôle de Germaine, l'héroïne passionnée de la pièce, fut l'un des meilleurs de Réjane. Puis, c'est L'Infidèle (1891) et Le Passé. Il reprendra ces quatre pièces dans Théâtre d'amour (1898). Le titre choisi pour ce recueil est destiné à marquer la différence entre son théâtre, qui repose avant tout sur des ressorts psychologiques, et les pièces politiques et sociales qui dominaient la production de son époque. Même dans une pièce comme Les Malefilâtres (1904), dont les personnages appartiennent à la classe ouvrière, c'est l'amour qui forme le fil de l'intrigue.
Distinctions
modifierPorto-Riche est élu à l'Académie française le au fauteuil d'Ernest Lavisse, après quatre tentatives infructueuses et vingt tours de scrutin, ce qui en fait sans doute l'élection la plus difficile jamais acquise, bien que Porto-Riche, bibliothécaire de la Mazarine, fût un familier de l'Institut. Au demeurant, l'intéressé ne fut jamais reçu officiellement sous la Coupole. En effet, il n'avait prévu de consacrer que quelques lignes à son prédécesseur dans son discours de réception, qu'il refusa de corriger, comme ses nouveaux collègues le lui demandaient.
Décoration
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Grand officier de la Légion d'honneur (élevé à cette dignité par décret du , décoré par Fernand Widal le ; nommé chevalier par décret du et décoré par Paul Ollendorff le [8] ; promu officier par décret du et décoré par Léon Bourgeois le ; promu commandeur par décret du et décoré par Victor Margueritte le )[2].
Œuvres
modifier- Primo Verba, poésies (1872)
- Le Vertige, comédie en un acte et en vers, Paris, Odéon,
- Pommes d'Ève (1874)
- Un drame sous Philippe II, drame en quatre actes et en vers, Paris, Odéon,
- Tout n'est pas rose, poésies (1877)
- Les Deux Fautes, comédie en un acte, Paris, Odéon,
- Vanina, fantaisie vénitienne en 2 parties et en vers (1878)
- La Chance de Françoise, comédie en 1 acte, en prose (1888)
- Bonheur manqué, carnet d'un amoureux (1889)
- L'Infidèle, comédie en 1 acte et en vers, musique de Francis Thomé, Paris, théâtre d'Application, lire en ligne sur Gallica
- Amoureuse, comédie en 3 actes, Paris, Odéon,
- Le Passé, comédie en 5 actes, Paris, Odéon, ; réduite à 4 actes pour la reprise au Théâtre-Français en 1902.
- Les Malefilâtre, comédie en 2 actes, Paris, Renaissance, lire en ligne sur Gallica
- Le Vieil homme, pièce en cinq actes, Paris, Renaissance,
- Zubiri, fantaisie en 1 acte tirée d'un récit de Victor Hugo Choses vues, Paris, Comédie royale,
- Quelques vers d'autrefois (1915)
- Le Marchand d'estampes, drame en 3 actes, théâtre de l'Athénée, [9]
- Anatomie sentimentale, pages préférées (1920)
- Veux-tu que je sois ta femme ?, nouvelle (1923)
- Sous mes yeux (1927)
- Les Vrais Dieux, fantaisie antique en 2 parties, Paris, théâtre Albert Ier, [10]
- Oh ! ne me chasse pas ! Poésie de Georges de Porto-Riche et Musique de Alfredo Barbirolli Hachette, Paris, 1909 lire en ligne sur Gallica
Hommages
modifier- Une rue porte son nom dans le 14e arrondissement de Paris.
- Une place porte son nom à Bordeaux, d'où il était natif.
Bibliographie
modifier- Henry Marx : Georges de Porto-Riche, son œuvre, La Nouvelle Revue Critique, Paris, 1924
- Hendrik Brugmans : Georges de Porto-Riche [1848-1930], sa Vie et son Œuvre, Paris, 1934
- W.Muller Georges de Porto-Riche (1849-1930). L'Homme. Le Poète. Le Dramaturge, 1934, J. Virin, 223 p. lire en ligne sur Gallica
- Portrait de Georges de Porto Riche par Louis Nazzi, (Texte), et Aristide Delannoy, (Dessin pleine page), dans Les Hommes du Jour, n°151 du 10 Décembre 1910.
- (en) Caroline Weber, Proust's Duchess. How three celebrated women captured the imagination of fin-de-siècle Paris, New York, Vintage books, , 715 p. (lire en ligne).
Notes et références
modifier- ↑ Acte de décès à Paris 6e, no 1674, vue 28/31.
- 1 2 Cf. dossier de Légion d'honneur consultable en ligne sur la Base Léonore (cote 19800035/169/21739).
- ↑ Caroline Weber, p. 119 et 140.
- ↑ Thérèse Malachy, Georges de Porto-Riche : Racine juif ou racines juives, in Perspectives no 12, éd. Magnès, Jérusalem, 2005, p. 163.
- ↑ Caroline Weber, p. 120-121 et 386-391.
- ↑ George Delamare, Vingt années sans guerre (1919-1939) : souvenirs de Paris, Paris, France-Littérature, , p. 123
- ↑ Caroline Weber, p. 386-391.
- ↑ Ayant été nommé à titre étranger dans l'Ordre de la Légion d'honneur, la réception n'eut pas lieu car elle n'était pas obligatoire. Mais naturalisé en 1892 et espérant une promotion dans l'ordre (qui intervient en 1900), il doit régulariser sa situation par une réception tardive au grade de chevalier en 1898.
- ↑ Paris, Emile-Paul Frères, 1919. Repris dans La Petite Illustration-Théâtre, du 13 septembre 1930
- ↑ Texte publie par La Petite Illustration-Théâtre, du 4 janvier 1930
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :
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