Gernika (magazine)
Gernika était un journal trimestriel nationaliste et humaniste publié à Saint-Jean-de-Luz et à Buenos Aires de 1945 à 1953.
Histoire
modifierLe premier numéro de la revue Gernika parut huit ans après le bombardement de Gernika, suite aux rencontres d'exilés républicains à Saint-Jean-de-Luz.
La revue culturelle Gernika a paru pendant huit ans, malgré des difficultés. Elle est née du climat tendu de la guerre civile espagnole. Ses rédacteurs étaient principalement des exilés espagnols, quelques citoyens du Nord du Pays basque. Sa ligne éditoriale et ses intentions politiques et culturelles étaient en décalage avec le régime franquiste nouvellement instauré.
Littérature
modifierLes écrivains basques sont classés en trois groupes : les descendants des Jeux des Fleurs, les adeptes de l’atmosphère d’avant la guerre civile et, enfin, les innovateurs.
Les auteurs du premier groupe représentent les derniers exemples d'un monde fracturé. Certains en étaient conscients (Dominique Dufau), d'autres non (I. Larramendi et J. Aldabe). Ils concevaient le monde traditionnel et le basque comme indissociables. Dominique Dufau pressentait, même de façon vague, que le basque devait être intégré à l'enseignement supérieur pour être sauvé. Cependant, il associait généralement le progrès du basque aux mythes d'Augustin Chaho, espérant l'aide des lamies, ou encore aux racines symboliques et profondes de l'Arbre de Gernika. Conscient de la nécessité d'une action concrète, il était cependant loin de proposer un programme applicable à la société du Pays basque continental. I. Larramendi et J. Aldabe appartiennent également à ce premier groupe. Leurs vers reflétaient une société figée, et les changements qui allaient bientôt se généraliser n'y trouvaient aucune place. Ces deux derniers auteurs proposaient une lecture statique et traditionaliste de la réalité ;
Les nostalgiques de l'atmosphère d'avant-guerre partageaient cette vision. Le bertsolari Basarri était attaché aux fermes agricoles pour préserver la langue basque, même s'il les voyait menacées. Orixe (Nicolas Ormaetxea) se protégeait à tout prix dans l'orthodoxie, sachant pourtant que le catholicisme y était minoritaire.
Le dernier groupe est celui des innovateurs. Eusebio Erkiaga a animé des ateliers d'innovation et composé des poèmes dans le style de langue classique du Labourd proposé par Federico Krutwig, avec une influence existentialiste. Il avait une vision exacte de la sociolinguistique et, avec justesse et tact, il a su identifier les éléments positifs pour la revitalisation de la langue basque : ateliers de langue, événements publics (batailles de bertso…), publications, déclarations appuyées par des experts (comme celle d'Antonio Tovar…).
Bibliographie
modifier- (eu) Numéros du magazine Gernika (1945-1953), dans le dépôt de magazines littéraires du projet Ibinagabeitia.
- (eu) Ortiz de Pinedo, Aitor (2010). Gernika aldizkaria eta euskal literatura. HAL, archives ouvertes.
- (eu) Ortiz de Pinedo, Aitor (2011). La revista vasca humanista Gernika. HAL, archives ouvertes.
