Ghetto de Konin
Le ghetto de Konin est un ghetto juif rural polonais, créé par les nazis à l'automne 1939 à Konin, chef-lieu de l'arrondissement (kreis) du même nom, au sein du Reichsgau Wartheland. Après la déportation en d'environ la moitié des 2 500 Juifs qu'elle accueille alors, l'autre moitié est confinée dans un ghetto, qui est liquidé en : ses habitants sont alors déportés dans des ghettos ruraux des environs, d'où ils seront transférés vers d'autres régions polonaises en ou exterminés dans les forêts des environs de Konin à l'automne 1941. Seuls environ 200 Juifs de Konin survivent à la Shoah.
| Ghetto de Konin | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Type | Ghetto rural | |
| Gestion | ||
| Date de création | Automne 1939 | |
| Date de fermeture | Juillet 1940 | |
| Victimes | ||
| Type de détenus | Juifs polonais | |
| Nombre de détenus | Environ 1000 | |
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région | Voïvodie de Grande-Pologne (alors Reichsgau Wartheland) |
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| Localité | Konin | |
| Coordonnées | 52° 13′ nord, 18° 15′ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Pologne
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| modifier |
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Histoire
modifierContexte
modifierKonin, dans le powiat de Konin (à l'époque le kreis de Konin au sein du Reichsgau Wartheland, territoire annexé par l'Allemagne), compte environ 2 500 Juifs (en comptant les bourgades alentours) au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, soit environ un cinquième de la population locale[1].
Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en , l'occupant organise une rafle surprise fin novembre ou début décembre, qui vise entre 1 000 et 1 200 Juifs, soit approximativement la moitié de la population juive. Ils sont rassemblés et conduits par camions à un point de rassemblement, d'où des camions les conduisent de nuit jusqu'à la gare, à partir de laquelle ils sont déportés, entassés dans des wagons à bétail, jusqu'à Ostrowiec Świętokrzyski, bien plus à l'est, dans le Gouvernement général de Pologne, au sein du district de Lublin, où ils parviennent le . Certains Juifs sont ensuite envoyés dans d'autres villes telles que Opatów, Gorzków ou Turobin[1],[2],[3].
Cette déportation vise à permettre au régime nazi d'accueillir dans les domiciles libérés des Volksdeutsche rapatriés depuis les territoires de l'Union soviétique ; d'autres Juifs demeurés à Konin sont également expulsés à cette fin[1]. Les autorités allemandes détruisent également le cimetière juif de Konin et des bâtisses du quartier juif[1].
Création et liquidation du ghetto
modifierDans la foulée de cette première déportation, un ghetto juif ouvert est créé par l'occupant à une date inconnue dans. Dès , les Juifs demeurés à Konin y sont déplacés de force. Un Judenrat et une police juive y sont fondés par les nazis, avec à la tête de cette dernière Józef Aberman, membre du Judenrat. Le ghetto se compose des rues Słowacki, Obronców Westerplatte, Zamkowa, Niecała, Mickiewicz, Kilinski et Plac Zamkowy, avant d'être progressivement réduit à la seule rue Grodzka[1].
Mi-, la quasi-totalité des Juifs encore présents à Konin — environ un millier — sont déportés vers les trois ghettos ruraux de l'arrondissement, à Grodziek, Rzgów et Zagórów[4],[5],[1]. Ils seront eux-mêmes liquidés l'année suivante : une partie des Juifs qu'ils abritent sont déportés en dans d'autres régions tandis que les autres sont assassinés en septembre ou dans deux forêts aux alentours de Konin[1],[6],[7]. Dans l'intervalle, certains Juifs déportés reviennent à Konin durant l'automne 1940 pour des travaux forcés[1].
En , l'arrondissement de Konin est déclaré Judenfrei[8]. Selon le musée de l'Histoire des Juifs polonais, seuls 200 Juifs de Konin survivent à la Shoah[9].
Konin accueille par la suite, en 1942-1943, un camp de travail forcé où sont exploités des Juifs extérieurs à la ville[1],[10].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Megargee et Dean 2012.
- ↑ (en) « Transport from Konin, Konin, Lodz, Poland to Ostrowiec, Opatow, Kielce, Poland on 30/11/1939 », Yad Vashem (consulté le ).
- ↑ Medykowski et al 2015, p. 167.
- ↑ (en) « Transport from Konin, Konin, Lodz, Poland to Grodziec, Konin, Lodz, Poland on 17/07/1940 », Yad Vashem (consulté le ).
- ↑ (en) Isaiah Trunk, Judenrat : The Jewish Councils in Eastern Europe Under Nazi Occupation, University of Nebraska Press, (1re éd. 1972), 716 p. (ISBN 978-0-8032-9428-8, lire en ligne), p. 113.
- ↑ (en) « Wave of Deportation from Konin, Konin, Lodz, Poland to Jozefow, Bilgoraj, Lublin, Poland on 13/03/1941 », Yad Vashem (consulté le ).
- ↑ Medykowski et al 2015, p. 284-285 et 301-311.
- ↑ Medykowski et al 2015, p. 285-286 et 296.
- ↑ (en) « History », sur sztetl.org.pl, musée de l'Histoire des Juifs polonais (consulté le ).
- ↑ (en) « Labor Camp in Konin-Czarków », sur sztetl.org.pl, musée de l'Histoire des Juifs polonais (consulté le ).
Bibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Jolanta Kraemer, Geoffrey P. Megargee (dir.) et Martin Dean (dir.), The United States Holocaust Memorial Museum Encyclopedia of Camps and Ghettos, 1933–1945 : Ghettos in German-Occupied Eastern Europe, vol. II, Indiana University Press, (ISBN 9780253355997, lire en ligne), p. 63-64.

- (en) Witold Medykowski, Anetta Glowacka-Penczynska et Tomasz Kawski, The First to be Destroyed : The Jewish Community of Kleczew and the Beginning of the Final Solution, Academic Studies Press, (ISBN 978-1-61811-285-9, lire en ligne).

- (en) Theo Richmond, Konin: A Quest, New York, Vintage Books, , 544 p. (ISBN 978-0-09-954706-8).