Gilliatt et la pieuvre
Gilliatt et la pieuvre est une sculpture réalisée par le sculpteur français Joseph Carlier entre 1879, date de création du modèle en plâtre, et 1890, date d'exécution de la version en marbre. Le modèle en plâtre est conservé au musée des Arts et de l’Archéologie de Valenciennes[1], tandis que la version en marbre est conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon[2].
| Artiste | |
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| Date | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L × l) |
217 × 95 × 92 cm |
| Localisation |
Histoire
modifierLe modèle en plâtre est présenté au Salon de Paris de 1879 qui lui vaut une 2e médaille, où il est acquis par l'État français. Peu après, une version en bronze est commandée par la ville natale de l'artiste, Cambrai, et est exposée au Salon de 1880. Elle est ensuite installée dans un espace public de la ville. Détruite pendant la Première Guerre mondiale, elle est remplacée par une nouvelle fonte.
La version en marbre, conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon, est réalisée en 1890. Elle est présentée au Salon de la même année, où elle est acquise par l'État français, en même temps que le groupe Persée et la Gorgone de Laurent Marqueste.
Les deux groupes sculptés sont ensuite exposés au musée du Luxembourg à Paris jusqu'en 1931, date à laquelle ils rejoignent les réserves du musée du Louvre. En 1933, Gilliatt et la pieuvre et Persée et la Gorgone sont transférés à Villeurbanne, où ils sont installés, dans les années 1970, au centre nautique Étienne-Gagnaire. Par la suite, les deux sculptures intègrent les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon sous l'impulsion de son directeur Philippe Durey.

Extrait
modifierLa pieuvre n'a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante ou contondante , pas d'ailerons tranchants, pas d'ailerons onglés , pas d'épines, pas d'épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents. La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée. Qu'est-ce donc que la pieuvre ? C'est la ventouse. [...] Une forme grisâtre oscille dans l'eau ; c'est gros comme le bras et long d'une demi-aune environ ; c'est un chiffon ; cette forme ressemble à un parapluie fermé qui n'aurait pas de manche. Cette loque avance vers vous peu à peu. Soudain, elle s'ouvre [...]. Cela se jette sur vous. [...] Cette bête s'applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues bandes. [...] Chose épouvantable, c'est mou. [...] Elle a un aspect de scorbut et de gangrène ; c'est de la maladie arrangée en monstruosité. Elle est inarrachable. Elle adhère étroitement à sa proie. [...] Gilliatt avait enfoncé son bras dans le trou ; la pieuvre l'avait happé. Elle le tenait. [...] Gilliatt n'avait qu'une ressource, son couteau. [...] Le poulpe, en effet, n'est vulnérable qu'à la tête. Gilliatt ne l'ignorait point. [...] Il regardait la pieuvre, qui le regardait. Tout à coup la bête détacha du rocher sa sixième antenne, et, la lançant sur Gilliatt, tâcha de lui saisir le bras gauche. En même temps elle avança vivement la tête. [...] Mais Gilliatt veillait. Guetté, il guettait. Il évita l'antenne, et, au moment où la bête allait mordre sa poitrine, son poing armé s'abattit sur la bête. [...] Ce fut comme la lutte de deux éclairs.
Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866.
Description
modifierLa sculpture représente un épisode du roman Les Travailleurs de la mer, écrit par Victor Hugo durant son exil à Guernesey et publié en 1866. Elle montre le marin Gilliatt, protagoniste du roman, aux prises avec une pieuvre qui s'agrippe à l'une de ses jambes.
À moitié nu, le marin tient un couteau, dont la lame a disparu, et s'apprête à frapper l'animal tout en tentant d'arracher de sa cuisse un tentacule qui s'y est fixé. Sa musculature accentue l'intensité de l'effort qu'il fournit pour se libérer de la pieuvre, laquelle enserre également un rocher de ses tentacules. À la base de la composition, l'eau de mer laisse émerger le céphalopode.
Lien
modifierNotes et références
modifier- ↑ [ https://webmuseo.com/ws/musenor/app/collection/record/5613 Notice web museo].
- ↑ Notice musée Lyon.