Giovanni Caracciolo
Giovanni Caracciolo (parfois francisé en Jean Caraccioli), né en 1372 et mort assassiné le , était un puissant prince, chef militaire et homme politique italien, connu pour avoir été l'amant de la reine du royaume de Naples, Jeanne II d'Anjou-Durazzo.
| grand connétable et grand sénéchal du royaume de Naples |
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| prince |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Église San Giovanni a Carbonara |
| Surnom |
Sergianni |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
Francesco Caracciolo, Patrizio Napoletano (d) |
| Mère |
Covella Sardo (d) |
| Enfants |
Il fut prince de Capoue, duc de Venosa, comte d'Avellino et seigneur de Calvello, Casalnuovo, Castelvetere, Chiusano, Melfi, Orta, Rapolla, Ripacandida, Trivento, Tufo et Valentino. Il fut également grand connétable et grand sénéchal du royaume de Naples.
Sa puissance qui le rendit dans les faits véritable vice-roi du royaume de Naples, conduisit à son assassinat sur ordre de la reine elle-même.
Biographie
modifierTroisième fils de Francesco Caracciolo, de la branche des del Sole de la grande famille noble napolitaine Caracciolo, chevalier décoré du prestigieux ordre de l'Eperon d'or et chambellan du roi du royaume de Naples Ladislas d'Anjou-Durazzo, et de Covella Sardo[1], fille d'un chevalier siennois, il prit dès son plus jeune âge part à diverses campagnes militaires sous Ladislas, obtenant le titre de grand connétable du royaume. Après que sa sœur Jeanne lui eut succédé sur le trône, il obtint d'elle le poste de grand sénéchal du royaume, consolidant ainsi sa suprématie à la cour[2].
Sa relation avec la reine Jeanne II
modifierSa relation avec la reine Jeanne II débuta vers 1416, alors qu'il était déjà marié à la noble Caterina Filangieri, lorsque la souveraine entra en conflit avec son époux Jacques II de Bourbon-La Marche, qui prétendait obtenir le titre royal à la place de celui de prince de Tarente. La noblesse napolitaine fidèle aux Angevins déclencha une violente révolte contre Jacques, qui fut contraint de quitter Naples en 1418.
Une relation tumultueuse naquit entre Caracciolo et Jeanne, continuellement secouée par des conflits et des désaccords, viciée dès l'origine par l'entrelacement des sentiments, des ambitions et du pouvoir sur lequel elle reposait. Cependant, Sergianni exerça pendant des décennies une influence énorme sur la reine, qui, de son côté, céda peu à peu son pouvoir à ses subordonnés jusqu'à en être elle-même dominée. Dès les premières années de leur relation, Sergianni joua un rôle prépondérant dans la politique du royaume de Naples, investi par la souveraine du pouvoir de prendre de son propre chef de nombreuses décisions d'une importance fondamentale[3].

C'est à lui que l'on doit la rupture entre la reine et le pape Martin V qui, en tant que seigneur féodal du royaume de Naples, avait demandé à Jeanne un soutien financier pour reconstituer son armée. Sergianni incita la souveraine à refuser d'aider le pape. Ayant trouvé un allié en Louis III d'Anjou-Valois, Martin V l'incita en 1420 à s'opposer à Jeanne qui, grâce aux manœuvres politiques de Caracciolo, obtint l'alliance du puissant Alphonse V d'Aragon, créant ainsi les conditions de la guerre de succession qui éclata trente ans après sa mort.
En l'espace de quelques années, les relations entre Jeanne et Alphonse, nommé héritier du trône, dégénérèrent en un violent conflit qui impliqua également Caracciolo. Profondément détesté par l'Aragonais en raison de l'immense pouvoir qu'il détenait, Sergianni fut arrêté en par Alphonse, dont les soldats assiégèrent Castel Capuano pour contraindre Jeanne à se rendre. Le siège ayant échoué, les parties parvinrent à un échange de prisonniers ; ainsi, la reine et Sergianni furent libérés et se rendirent ensemble à Aversa. C'est là qu'eut lieu la rencontre pacificatrice avec Louis III d'Anjou-Valois. Toujours sur les conseils de Caracciolo, la reine prit ses distances avec le souverain aragonais Alphonse et annula son adoption, nommant Louis son nouvel héritier. Alfonso, quant à lui, fut contraint de retourner dans son pays pour réprimer les conflits qui avaient éclaté entre ses frères et le roi de Castille.
La conspiration et la mort
modifierAu cours des années qui suivirent, le pouvoir de Sergianni Caracciolo grandit de manière disproportionnée, faisant de lui le véritable vice-roi du royaume. De plus, dans l'objectif de consolider davantage la position de Sergianni à la cour de Naples, la reine donna en mariage deux des enfants de ce dernier, à savoir Emilia/ Isabella et Troiano avec respectivement, Antonio Caldora et Maria Caldora, enfants de Jacopo Caldora, le très puissant grand connétable du royaume de Naples. Cet acte permettait à Sergianni d'inscire sa puissance dans la durée, à la reine de contenter son amant et d'éviter de potentielles tensions avec Jacopo. Cette alliance entre Sergianni Caracciolo et Jacopo Caldora fut considérée par les courtisans comme un danger pour la vie de la reine Jeanne et pour le royaume. Ces deux grands seigneurs dominaient effectivement totalement le royaume et leur pouvoir n'avait pas de bornes. Toutefois l'ambition débridée de Caracciolo, toujours plus avide de pouvoir et de richesses, commençait par irriter la reine, lassée de cette position de soumission à la volonté d'un sujet qu'elle-même avait rendu si puissant.
Peu après minuit, le , après la fin des festivités du mariage entre le fils de Caracciolo et la fille de Caldora à Castel Capuano, la reine Jeanne, conseillée par sa cour (en particulier par une ennemie acharnée de Caracciolo, sa cousine Covella Ruffo, duchesse de Sessa), fit assassiner Sergianni dans un guet-apens. Il fut tué de vingt coups de poignard par un groupe de tueurs (Pietro Palagano, Marino Boffa, Gennaro Squadra, Francesco Caracciolo et son père Ottino Caracciolo), qui pénétrèrent dans la chambre du château où il s'était retiré pour se coucher. Immédiatement après l'assassinat, la reine garda son fils Troiano prisonnier jusqu'à ce que la veuve de Sergianni lui remette le château de Melfi avec l'immense trésor accumulé par son mari. Par la suite, tous les conspirateurs furent récompensés par la souveraine napolitaine. Sergianni fut enterré à Naples dans l'église San Giovanni a Carbonara, à l'intérieur de la chapelle Caracciolo del Sole[3].
Descendance
modifierSergianni Caracciolo épousa Caterina Filangieri, comtesse d'Avellino, qui lui donna un fils et cinq filles[4],[3]:
Troiano, condottiere et duc de Melfi et Venosa, qui épousa en 1432 Maria Caldora, fille de Jacopo Caldora. D'où entre autres Sergianni Caracciolo, prince de Melfi et maréchal de France, Carlo Gesualdo, prince de Venosa , Maria d'Avalos, princesse de Venosa ;

Emilia/Isabella, qui épousa en 1429 Antonio Caldora, condottiere et duc de Bari, fils aîné de Jacopo Caldora ;
Maria/Giovanna, qui épousa en 1431 Gabriele Orsini del Balzo, fils de Raimondo Orsini del Balzo, prince de Tarente, et frère de Giovanni Antonio ;
Margherita, qui épousa Bernardo Zurlo, comte de Nocera ;
Antonia, qui épousa Baldassarre Gaetani des comtes de Fondi. D'où entre autres Claude de Rohan-Gié, Charles de Bourbon-Soissons, le prince Eugène, Louis-Philippe Ier, Humbert Ier;
Giulia, qui épousa Garzia Cavaniglia, comte de Troia.
Bibliographie
modifier- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Giovanni Caracciolo » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)
- (1) Biagio Aldimari, Memorie historiche di diverse famiglie nobili, così napoletane, come forastiere, Napoli, Giacomo Raillard, 1691, ISBN non esistente.
- (2)Scipione Ammirato, Delle famiglie nobili napoletane, vol. 2, Firenze, Amadore Massi da Forlì, 1651, ISBN non esistente
- (3)Francesco De Pietri, Cronologia della famiglia Caracciola, Napoli, Giovanni Giacomo Carlino e Enrico Bacco, 1605, ISBN non esistente
- (4)Pietro De Rossi di Santarosa, Due episodii della storia del Medio Evo d'Italia, Milano, Giovanni Resnati, 1839, ISBN non esistente
- (5)Isabella Morra, Cronologia della famiglia de' signori Caraccioli del Sole, Napoli, Stamperia Simoniana, 1758, ISBN non esistente
- (6)Domenico Romanelli, Scoverte patrie di città distrutte, e di altre antichità nella regione Frentana oggi Apruzzo Citeriore nel Regno di Napoli colla loro storia antica, e de' bassi tempi, vol. 1, Napoli, Vincenzo Cava, 1805, ISBN non esistente.
Références
modifier- ↑ « Ammirato, Claude », dans Benezit Dictionary of Artists, Oxford University Press, (lire en ligne)
- ↑ (it) National Library of Naples, Cronologia della famiglia Caracciola tratta dal quarto libro dell'Historie della nobilta' d'Italia. Scritte da Francesco de' Pietri gentilhuomo napolitano, per Gio. Iacomo Carlino, (lire en ligne)
- 1 2 3 (it) National Library of Naples, Cronologia della famiglia Caracciola tratta dal quarto libro dell'Historie della nobilta' d'Italia. Scritte da Francesco de' Pietri gentilhuomo napolitano, per Gio. Iacomo Carlino, (lire en ligne)
- ↑ Scipione Getty Research Institute, Octavius de Sanctis, Domenico fl 1576-1590 Vito et Scipione Ammirato, Delle famiglie nobili napoletane, In Fiorenza : Appresso Giorgio Marescotti, (lire en ligne)
Articles connexes
modifier- Giacomo Attendolo
- (en) Muzio Sforza, article court
- (it) Giacomo Attendolo, article détaillé
- Sergianni caracciolo
- Antonio Caracciolo
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :