Giuseppe Di Vittorio

antifasciste, responsable syndical

Giuseppe Di Vittorio (né le à Cerignola, dans la province de Foggia, dans la région des Pouilles et mort le (à 65 ans) à Lecco) était un homme politique, antifasciste et syndicaliste italien. Contrairement à la majorité des syndicalistes du XXe siècle issus de la classe ouvrière, Di Vittorio vient de la classe paysanne.

Giuseppe Di Vittorio
Giuseppe Di Vittorio en 1950.
Fonctions
Député
IIe législature de la République italienne
-
Député
Ire législature de la République italienne
-
Membre de l'Assemblée constituante de la République italienne
-
Député de la Consultation nationale
-
Député
XXVIe législature du royaume d'Italie
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
LeccoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Enfant
Balda Di Vittorio (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Membre de
Arme
Conflits

Biographie

modifier

Militant syndicaliste révolutionnaire

modifier

Giuseppe Di Vittorio est fils d'ouvrier agricole, la classe sociale la plus nombreuse en ces temps dans les Pouilles, et est autodidacte. Dès son adolescence, il mène une intense activité politique et syndicale et à 15 ans il participe au Cercle des jeunesse socialistes de Cerignola. En 1911 il dirige la Chambre du Travail de Minervino Murge[1].

En 1912, Di Vittorio adhère à l'Unione Sindacale Italiana (USI). Selon les dires de Randolfo Pacciardi, démentis par Di Vittorio dans une interview à Felice Chilanti[2], il était interventionniste[3] en 1914. En 1915, il est appelé à servir dans l'infanterie comme bersaglier, et est gravement blessé. Il est ensuite envoyé à Bardia en Libye et rentre en Italie en 1919[4].

Immédiate après-guerre

modifier

En 1921, il s'inscrit au Parti socialiste et est élu député, alors qu'il est détenu dans la prison de Lucera[5]. Il prend la tête de la camera del lavoro de Bari où il organise la défense du siège de la chambre avec d'anciens officiers légionnaires de Fiume, des socialistes, des communistes et des anarchistes rassemblés autour de Arditi del Popolo. Ils sortiront victorieux de ce combat contre les squadristi fascistes de Giuseppe Caradonna[1].

Le passage au communisme

modifier

En 1922, d'anciens camarades syndicalistes révolutionnaires passés au fascisme, comme Enrico Meledandri, tentèrent de le convaincre de rejoindre les structures syndicales fascistes. Son ami Nicola Porti lui écrivit en effet que c'était :

« le désir de plusieurs amis de le voir haut placé dans les syndicats fascistes. Et du reste, si ta vie est un apostolat pour protéger les masses et les faibles, qu'importe que la bannière ait une couleur différente de la tienne ? »[6]

Se présentant comme fidèle à ses convictions, Di Vittorio répondit par la négative :

« Je reste fidèle à mes idées, parce que je ne sais pas porter le masque du mensonge. »[7]

Ayant constaté un abîme entre lui et le fascisme, Di Vittorio décide de se rapprocher des communistes dont il admire la détermination[7]. En 1924, il adhère au Parti communiste italien (PCI) dont il reste membre jusqu'à la fin de sa vie. Il se présente aux élections de 1a même année mais n'est pas réélu[1].

L'exil et les guerres

modifier

En 1925, il est condamné par le Tribunal spécial pour la sécurité de l’État (Italie) à 12 ans d'emprisonnement, il se réfugie en France où il présente la dissolution de la Confédération générale du travail (CGdL) [réf. nécessaire] dans l'Internationale des syndicats « rouges ». De 1928 à 1930, il séjourne en Union des républiques socialistes soviétiques et représente l'Italie dans la nouvelle Internationale paysanne, puis il renvient à Paris où il entre dans le bureau du PCI[1].

Pendant la guerre d'Éthiopie, sur indication du Comintern, il envoie trois communistes appelé « les trois apostoliques » (I tre apostoli) parmi lesquels Ilio Barontini pour organiser la guérilla locale contre l'invasion fasciste[1]. Avec d'autres antifascistes, il participe à la guerre civile espagnole et en 1937, il dirige à Paris un journal antifasciste. En 1941, il est arrêté par la police fasciste et envoyé en exil à Ventotene. En 1943, il est libéré par les partisans et au cours des dernières années de la Seconde Guerre mondiale, il prend part à la Résistance au sein de la Brigade Garibaldi[1].

L'après-guerre

modifier

En 1945, Giuseppe Di Vittorio est élu secrétaire de la Confédération générale italienne du travail qui avait été reconstitué l'année d'avant à la suite d'un accord avec Achille Grandi et Oreste Lizzardi (pacte de Rome) représentant les trois principaux courants syndicaux : communiste, catholique et socialiste. L'année suivante, il est élu député avec le Parti communiste italien (PCI)[1].

L'unité syndicale dure jusqu'en 1948, lorsqu'à l'occasion de la grève générale pour l'attentat contre Palmiro Togliatti, le courant catholique se sépare et crée son syndicat, la CISL, rapidement imité par les sociaux démocrates qui se regroupe dans l'UIL[1]. En 1956, contrairement au PCI, il prend position contre l'intervention soviétique en Hongrie. En 1953, Giuseppe Di Vittorio est élu président de la Fédération syndicale mondiale[1].

Il reste à la tête de la CGIL jusqu'à sa mort avenue à Lecco en 1957[1].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (it) « Di Vittorio, Giuseppe in "Dizionario Biografico" », sur www.treccani.it (consulté le ).
  2. La vie de Giuseppe Di Vittorio
  3. En histoire italienne, le mot interventista désigne spécifiquement ceux qui étaient favorables à l’entrée en guerre de l’Italie dans la Première Guerre mondiale. Voir Interventionnisme italien.
  4. (it) « Casa di Vittorio », page biographie
  5. (it) « Storia Camera », portail de la Chambre des Députés italienne
  6. Critica marxista, 1992.
  7. 1 2 Antonio Carioti, Di Vittorio, Bologna, Il Mulino,

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • (it) Michele Pistillo, Giuseppe Di Vittorio 1907-1924: dal sindacalismo rivoluzionario al comunismo, Roma, Editori riuniti, 1977.
  • (it) Michele Pistillo, Giuseppe Di Vittorio, 1944-1957: la costruzione della CGIL, la lotta per la rinascita del paese e l'unità dei lavoratori, Roma, Editori riuniti, 1977.
  • (it) Davide Lajolo, Il volto umano di un rivoluzionario: la straordinaria avventura di Giuseppe Di Vittorio; prefazione di Luciano Lama, Firenze, Vallecchi, 1979.
  • (it) Michele Pistillo, Giuseppe Di Vittorio; prefazione di Luciano Lama, Manduria, Lacaita, 1987.
  • (it) Antonio Carioti, Di Vittorio, Bologna, Il mulino, 2004.
  • (it) Adriano Guerra - Bruno Trentin, Di Vittorio e l'ombra di Stalin. L'Ungheria, il PCI e l'autonomia del sindacato. (ISBN 88-230-0301-6).
  • (it) Ghezzi Carlo; Giuseppe Di Vittorio e i fatti d'Ungheria del 1956, Roma, Ediesse, 2007. (ISBN 88-230-1175-2).

Film biographique

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier