Gobemouche à collier

espèce d'oiseaux

Ficedula albicollis

Ficedula albicollis
Description de cette image, également commentée ci-après
Gobe-mouche à collier
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Muscicapidae
Genre Ficedula

Espèce

Ficedula albicollis
(Temminck, 1815)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Oeufs de Ficedula albicollis - Muséum de Toulouse

Le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis) appartient aux passereaux cavernicoles de la famille des Muscicapidae.

Il niche dans le sud-est de l'Europe (avec des populations isolées sur les îles suédoises de Gotland et d'Öland en mer Baltique), depuis l’est de la France jusqu’aux Balkans et à l’Ukraine. Migrateur, il passe l'hiver en Afrique subsaharienne[1].

Le Gobemouche à collier mesure entre 12 et 13,5 cm. En période de reproduction, le mâle présente un dos noir et un dessous blanc, agrémenté d'un collier blanc, d'une large tache alaire blanche et d'une tache frontale bien marquée. Sa queue est généralement noire, parfois bordée de blanc, et son croupion est clair. Son bec noir, large et pointu, est caractéristique des insectivores aériens. Cette espèce capture des insectes en vol, mais chasse également des chenilles dans le feuillage des chênes et se nourrit de baies.

Chez les mâles en dehors de la saison de reproduction, les femelles, et les juvéniles, le noir est remplacé par un brun pâle. Leur identification est alors délicate, notamment pour les distinguer du Gobemouche noir (F. hypoleuca) et du Gobemouche à demi-collier (F. semitorquata), avec lesquels des hybridations limitées se produisent[2].

F. albicollis et F. hypoleuca présentent des différences de coloration plus marquées dans les zones de sympatrie qu'en allopatrie. Ce renforcement des caractères distinctifs est un indicateur de spéciation par renforcement[3].

Ces oiseaux fréquentent les forêts de feuillus, les parcs et les jardins, où ils nichent dans les vieux arbres creux ou les nichoirs. La femelle y dépose généralement 5 à 7 œufs dans un nid ouvert.

Le chant du mâle est un sifflement lent et étendu, distinct de celui du Gobemouche noir. Celui-ci peut toutefois l'imiter dans les zones sympatriques[4].

Le nom de genre Ficedula dérive du latin ficus (figue), évoquant un petit oiseau supposé se nourrir de figues et se transformer en Fauvette à tête noire en hiver. L'épithète albicollis combine albus (blanc) et collum (cou)[5].

Le Gobemouche à collier est une espèce modèle en écologie et en génétique ; il fut l'un des premiers oiseaux dont le génome fut séquencé intégralement[6].

Au sein d'une population naturelle de F. albicollis, la consanguinité est rare. Cependant, lorsqu'elle survient, elle a des conséquences négatives importantes sur la valeur sélective, notamment en réduisant le taux d'éclosion[7].

Expansion vers le nord et hybridation avec F. hypoleuca sur l'île d'Öland, en Suède

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Dans les années 1960[8], le Gobemouche à collier a étendu son aire de reproduction vers le nord en colonisant l'île suédoise d'Öland. Cette expansion, attribuée au changement climatique[9], l'a mis en sympatrie avec le Gobemouche noir. La dynamique des populations et de l'hybridation entre ces deux espèces est suivie depuis 2002, et offre une occasion unique d'étudier les traits d'histoire de vie, l'hybridation, l'adaptation au changement climatique, et la spéciation[8],[10],[11],[12],[13].

Sur l'île d'Öland, le Gobemouche à collier, socialement dominant et dépendant des habitats de haute qualité, a confiné le Gobemouche noir dans des habitats moins favorables[14]. Bien qu'environ 4 % des couples soient hétérospécifiques, une forte sélection contre ces hybrides s'exerce[15] : les hybrides de première génération (F1) présentent une valeur sélective réduite et sont stériles, les femelles ayant des échecs d'éclosion et les mâles une morphologie spermatique défectueuse[16],[17].

État des populations

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C'est une espèce considérée comme bioindicatrice de certains habitats, dont les populations ont été en augmentation (ou restauration) dans les forêts européennes d'Europe centrale et de l'Est de 1980 à 1996. Elles ont chuté de 1996 à 2000 pour remonter à leur niveau antérieur en 2005. L'espèce est plus rare en Europe de l'Ouest, et en progression de 1998 à 2004[18].

Voir aussi

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Articles connexes

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Références bibliographiques

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  • Marc Duquet, « Les femelles de gobemouches " noir et blanc " au printemps », Ornithos, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 15-1, , p. 34-39 (ISSN 1254-2962)

Références taxonomiques

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Briedis, Hahn, Gustafsson et Henshaw, « Breeding latitude leads to different temporal but not spatial organization of the annual cycle in a long-distance migrant », Journal of Avian Biology, vol. 47, no 6, , p. 743–748 (DOI 10.1111/jav.01002)
  2. Thor Veen, Thomas Borge, Simon C. Griffith, Glenn-Peter Saetre, Stanislav Bures, Lars Gustafsson et Ben C. Sheldon, « Hybridization and adaptive mate choice in flycatchers », Nature, vol. 411, no 6833, , p. 45–50 (PMID 11333971, DOI 10.1038/35075000, Bibcode 2001Natur.411...45V, S2CID 4415443)
  3. (en) Mohamed A. F. Noor, « Reinforcement and other consequences of sympatry », Heredity, The Genetics Society (Nature), vol. 83, no 5, , p. 503–508 (ISSN 0018-067X, PMID 10620021, DOI 10.1038/sj.hdy.6886320 Accès libre).
  4. J. Haavie, T. Borge, S. Bures, L. Z. Garamszegi, H. M. Lampe, J. Moreno, A. Qvarnström, J. Török et G.-P. Saetre, « Flycatcher song in allopatry and sympatry - convergence, divergence and reinforcement », Journal of Evolutionary Biology, vol. 17, no 2, , p. 227–237 (PMID 15009256, DOI 10.1111/j.1420-9101.2003.00682.x, hdl 10067/1032470151162165141 Accès libre, S2CID 39765035)
  5. James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names, London, United Kingdom, Christopher Helm, , 38, 167 (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne)
  6. (en) Hans Ellegren, Linnéa Smeds, Reto Burri, Pall I. Olason, Niclas Backström, Takeshi Kawakami, Axel Künstner, Hannu Mäkinen et Krystyna Nadachowska-Brzyska, « The genomic landscape of species divergence in Ficedula flycatchers », Nature, vol. 491, no 7426, , p. 756–760 (ISSN 0028-0836, PMID 23103876, DOI 10.1038/nature11584 Accès libre, Bibcode 2012Natur.491..756E)
  7. Loeske E. B. Kruuk, Ben C. Sheldon et Juha Merilä, « Severe inbreeding depression in collared flycatchers (Ficedula albicollis) », Proceedings. Biological Sciences, vol. 269, no 1500, , p. 1581–1589 (PMID 12184828, PMCID 1691074, DOI 10.1098/rspb.2002.2049)
  8. 1 2 Anna Qvarnström, Amber M. Rice et Hans Ellegren, « Speciation in Ficedula flycatchers », Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 365, no 1547, , p. 1841–1852 (PMID 20439285, PMCID 2871891, DOI 10.1098/rstb.2009.0306, lire en ligne)
  9. (en) B. Huntley, E. Rhys Green, Yvonne C. Collingham et Stephen G. Willis, A climatic atlas of European breeding birds, Lynx Edicions, (lire en ligne [archive du ]).
  10. Anna Qvarnström, Nina Svedin, Chris Wiley, Thor Veen et Lars Gustafsson, « Cross-fostering reveals seasonal changes in the relative fitness of two competing species of flycatchers », Biology Letters, vol. 1, no 1, , p. 68–71 (PMID 17148130, PMCID 1629061, DOI 10.1098/rsbl.2004.0265, lire en ligne)
  11. (en) Anna Qvarnström, Murielle Ålund, S. Eryn McFarlane et Päivi M. Sirkiä, « Climate adaptation and speciation: particular focus on reproductive barriers in Ficedula flycatchers », Evolutionary Applications, vol. 9, no 1, , p. 119–134 (ISSN 1752-4571, PMID 27087843, PMCID 4780377, DOI 10.1111/eva.12276, lire en ligne)
  12. (en) Anna Qvarnström, Chris Wiley, Nina Svedin et Niclas Vallin, « Life-history divergence facilitates regional coexistence of competing Ficedula flycatchers », Ecology, vol. 90, no 7, , p. 1948–1957 (ISSN 1939-9170, DOI 10.1890/08-0494.1, lire en ligne)
  13. (en) Päivi M. Sirkiä, S. Eryn McFarlane, William Jones, David Wheatcroft, Murielle Ålund, Jakub Rybinski et Anna Qvarnström, « Climate‐driven build‐up of temporal isolation within a recently formed avian hybrid zone », Evolution, vol. 72, no 2, , p. 363–374 (ISSN 0014-3820, DOI 10.1111/evo.13404, lire en ligne)
  14. (en) Niclas Vallin, Amber M. Rice, Hanna Arntsen, Katarzyna Kulma et Anna Qvarnström, « Combined effects of interspecific competition and hybridization impede local coexistence of Ficedula flycatchers », Evolutionary Ecology, vol. 26, no 4, , p. 927–942 (ISSN 1573-8477, DOI 10.1007/s10682-011-9536-0, lire en ligne)
  15. Nina Svedin, Chris Wiley, Thor Veen, Lars Gustafsson et Anna Qvarnström, « Natural and sexual selection against hybrid flycatchers », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 275, no 1635, , p. 735–744 (PMID 18211878, PMCID 2596841, DOI 10.1098/rspb.2007.0967, lire en ligne)
  16. (en) Murielle Ålund, Simone Immler, Amber M. Rice et Anna Qvarnström, « Low fertility of wild hybrid male flycatchers despite recent divergence », Biology Letters, vol. 9, no 3, , p. 20130169 (ISSN 1744-9561, DOI 10.1098/rsbl.2013.0169, lire en ligne)
  17. (en) Murielle Ålund, J Carolina Segami Marzal, Yishu Zhu, P Navaneeth Krishna Menon, William Jones et Anna Qvarnström, « Tracking hybrid viability across life stages in a natural avian contact zone », Evolution, vol. 78, no 2, , p. 267–283 (ISSN 0014-3820, DOI 10.1093/evolut/qpad204, lire en ligne)
  18. Rapport European forests — ecosystem conditions and sustainable use EEA Report No 3/2008 (ISSN 1725-9177)