Godric de Finchale
Saint Godric de Finchale (ou saint Goderic ) (v. 1065 - ) est un ermite anglais, un marchand et un saint médiéval populaire, bien qu'il n'ait jamais été canonisé officiellement. Il est né à Walpole dans le Norfolk à proximité du Cambridgeshire, et il est décédé au prieuré de Finchale dans le comté de Durham.
Sa vie
modifierUn mercator aventurier
modifierLa Vie de St Godric est documentée par un de ses contemporains : un moine nommé Reginald de Durham[1]. La plupart des recherches menées jusqu'à présent sur Godric de Finchdale se sont appuyées sur des résumés ou des abrégés de l'œuvre de Reginald. Plusieurs auteurs ont réécrit son histoire mais en omettant de nombreux miracles et de larges portions du texte, et qu'un seul manuscrit témoigne encore de l'original[2].
Godric est né dans une famille humble[1]. Jeune, il souhaite devenir marchand et vend des objets de faible valeur au détail[1]. Il s'associe ensuite avec des marchands en ville pour proposer des objets de valeur plus importante. En se promenant sur le rivage, en espérant récupérer les restes d'une épave de bateau pour s'enrichir, il trouve une tortue morte qu'il ramène au village, lui permettant une rentrée d'argent significative.
Il voyage ensuite à l'étranger (St Andrews, Rome) et s'associe à d'autres marchands au long cours et effectue des routes marchandes fréquentes entre l'Angleterre et l'Écosse. Il se fournit et échange avec le Danemark et la Flandre. Sa stratégie commerciale consiste à acheter des biens en grande quantité là où ils sont peu chers pour les exporter dans les pays où ils sont vendus à un prix plus élevé.
Cette stratégie commerciale lui permet de s'enrichir avec ses partenaires d'entreprise, malgré les nombreux risques de tempête. Sa compagnie d'associés commerciaux se porte propriétaire de 50% des parts d'un bateau[1], puis 25% d'un deuxième bateau. Il acquiert une fortune significative en tant que marchand au long cours[1].
L'ermite
modifierAprès plusieurs pèlerinages (Rome, Jérusalem et Saint-Jacques-de-Compostelle), arrivé à la quarantaine, Godric se retrouve au large des îles Farne, près de Lindisfarne, où saint Cuthbert († 687) avait cherché la solitude. Cela l'inspire à changer de vie, à faire don de sa fortune et à se consacrer à la prière[1],[3].
Godric retourne alors en Angleterre s'installant à Wolsingham avec un ermite âgé nommé Aelric († 1107) pendant deux ans[4]. À sa mort, Godric fait un dernier pèlerinage à Jérusalem, puis retourne chez lui où il convainc Rainulf Flambard, évêque de Durham, de lui accorder un lieu où vivre en solitaire. Ce sera à Finchale, près du fleuve Wear[5]. Là, il défriche un peu de forêt pour construire un oratoire en bois dédié à la Vierge Marie ; plus tard, il construit une chapelle en pierre dédiée à saint Jean Baptiste.
Il aurait vécu à Finchale pendant les soixante dernières années de sa vie, se nourrissant d'herbes, de miel sauvage, de glands, de pommes sauvages et de noix, dormant à même le sol[6], et rencontrant à l'occasion des visiteurs approuvés par le prieur local. Godric est également réputé pour sa gentillesse envers les animaux. Il finit sa vie centenaire (de 101 à 105 ans, selon les estimations).

Postérité
modifierReginald de Durham a enregistré quatre chants de saint Godric : ce sont les plus anciens chants en anglais dont la musique originale a été conservée. Reginald décrit les circonstances dans lesquelles Godric a appris le premier chant : dans une vision de la Vierge Marie[7]. Dans une autre, la Vierge elle-même enseigne à Godric une chanson de consolation pour surmonter le chagrin ou la tentation (Saintë Marië Virginë)[8],[9].
Le roman Godric (1981) de Frederick Buechner est un récit fictif de sa vie et de ses voyages. Le livre a été retenu comme finaliste pour le prix Pulitzer.
Des mélodies nommées en son honneur par le compositeur John Bacchus Dykes, figurent dans des dizaines de recueils de cantiques[10].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Joël Chandelier, L'Occident médiéval : D'Alaric à Léonard (400 - 1450), Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 700 p. (ISBN 978-2-7011-8329-9), chap. 7 (« Nobles, chevaliers et paysans (1050-1300) »), p. 376-377.
- ↑ (en) Reginald de Durham : La vie et les miracles de saint Godric de Finchale. Édité et traduit par Margaret Coombe, Bastien Michel (03/2022), Mondes nordiques et normands médiévaux, Hypotheses, OpenEdition.
- ↑ (en) Saint Godric au prieuré de Finchale, Michael Carter, English Heritage.
- ↑ (en) St. Godric of Finchale, Monk Hermit, Celtic and Old English Saints.
- ↑ Frank Barlow, The English Church 1066–1154: A History of the Anglo-Norman Church, New York, Longman, (ISBN 0-582-50236-5), p. 73
- ↑ Rotha Mary Clay, The Hermits and Anchorites of England, London, Methuen, (lire en ligne), p. 59
- ↑ (en) The first english songs, J. B. Trend, music & letters, Oxford University Press.
- ↑ (en) A Cry to Mary by Saint Godric of Finchale (1065-1170), Translations of the Oldest Rhyming Poems in the English Language, WritersCafe.org
- ↑ (en) [vidéo] Sainte Marie Virgine, Edward Foster, YouTube.
- ↑ (en) The Hymns of John Bacchus Dykes, Andrew Remillard.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Reginald de Durham, "La vie de Saint Godric", dans G.G. Coulton, éd. La Vie sociale en Grande-Bretagne de la conquête à la réforme (p. 415) Cambridge: Cambridge University Press, 1918. - copie numérique
- Walther Vogel, Ein seefahrender Kaufmann um 1100 [Un marchand maritime vers l'an 1100], in: Hansische Geschichtsblätter, 1912, pp. 239-248
Liens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Reginald of Durham : Life of St. Goderic (12th century), Internet History Sourcebooks Project, Fordham University, New York