Gouvernement Rodrigo Paz

Le gouvernement Rodrigo Paz est le gouvernement de la Bolivie sous la présidence de Rodrigo Paz Pereira depuis le .

Gouvernement Rodrigo Paz

État plurinational de Bolivie

Description de cette image, également commentée ci-après
Rodrigo Paz Pereira, le 8 novembre 2025.
Président Rodrigo Paz Pereira
Vice-président Edmand Lara
Élection 19 octobre 2025
Législature IVe
Formation
Durée 10 mois et 6 jours
Composition initiale
Coalition PDC - Unité
Ministres 15
Femmes 3
Hommes 12
Représentation
Chambre des députés
75  /  130
Chambre des sénateurs
23  /  36
Drapeau de la Bolivie

Le vice-président de l'État est Edmand Lara. Il est composé de 15 ministères.

Historique

modifier

Contexte

modifier

Lors de l'élection présidentielle de 2025, le premier tour est un « raz-de-marée de la droite » qui conduit par ailleurs à un duel différent de celui anticipé dans les sondages. À la surprise générale, Rodrigo Paz Pereira arrive ainsi en tête du premier tour, suivi de Jorge Quiroga et de Samuel Doria Medina, exclu du ballotage[1]. À eux trois, ces candidats de droite totalisent près de 80 % des suffrages exprimés.

Le second tour voit ainsi s'affronter Rodrigo Paz Pereira et Jorge Quiroga Ramírez. S'ils se rejoignent sur un virage du pays à droite, les deux candidats s'opposent sur la nature de leurs promesses. Sous le slogan « Le capitalisme pour tous », le premier promet en effet aux classes moyennes et populaires des mesures sociales visant à permettre à tous les Boliviens d'emprunter de l'argent à des taux d'intérêt très bas, tout en baissant les impôts et les taux de douanes. Le second, Jorge Quiroga Ramírez, assume que ses premiers mois à la présidence s'accompagneraient d'une aggravation temporaire de la crise économique, avant que sa politique ne permette d'en « sortir ensemble ». Il promet ainsi de sauver l'économie bolivienne par un « changement radical » en réduisant le déficit budgétaire, en privatisant des entreprises publiques déficitaires et en adoptant une nouvelle constitution[2],[3].

Les résultats au second tour illustrent la fracture politique entre l'est et l'ouest. La victoire de Rodrigo Paz Pereira s'est consolidée dans les départements de l'ouest bolivien, acquis à la politique socialiste du MAS, alors que les départements plus riches de Santa Cruz et de Tarija ainsi que le Beni, généralement opposés au MAS, ont plutôt opté pour le candidat conservateur Jorge Quiroga. Sa victoire est perçue comme le choix pour un candidat de droite modéré. Sa promesse d'un « capitalisme pour tous » et son « discours plus centriste » a pu rallier une partie du vote indigène acquis au parti d'Evo Morales[4], notamment la nouvelle bourgeoisie aymara ayant émergé sous la présidence de ce dernier[5].

Transition et investiture

modifier
Cérémonie d'investiture présidentielle de Rodrigo Paz, le 8 novembre 2025.

La transition entre le gouvernement sortant de Luis Arce et le gouvernement élu de Rodrigo Paz Pereira constitue la première transmission de pouvoir entre deux gouvernements démocratiquement élus depuis 1997, notamment en raison de certains présidents élus dont le mandat a été interrompu[6]. Elle commence le et s'achève le suivant avec l'investiture du nouveau président.

Le , Rodrigo Paz Pereira et le vice-président Edmand Lara prêtent serment devant l'Assemblée législative plurinationale[7].

Coalition

modifier

L'alliance électorale Unité, dirigée par Samuel Doria Medina, décide d'apporter son soutien au gouvernement du président Rodrigo Paz. Un rapprochement illustré par la nomination de José Luis Lupo à la tête de l'équipe de transition, nommé ministre du Gouvernement le . Manfred Reyes Villa, le dirigeant du parti APB Súmate, apporte également son soutien sans participation au gouvernement[8].

Le candidat défait, Jorge Quiroga, annonce le que l'Alliance Libre appuiera les candidatures proposées par le Parti démocrate-chrétien (PDC) pour les présidences des chambres des députés et des sénateurs. Il adopte un discours responsable et affirme que « la gouvernance du Parlement est essentielle » et que le gouvernement aura besoin de stabilité et de soutien pour mener les réformes économiques[9].

Le , il déclare que son parti se range dans l'opposition « constructive » au gouvernement[10]. Selon des députés du PDC, 10 députés de Libre déclarent leur soutien au gouvernement ou souhaitent rejoindre le PDC[11].

Évolution de la composition

modifier

Le , dans le cadre d'une réorganisation du gouvernement, le ministère du Développement rural et des Terres, ainsi que celui chargé du Tourisme sont supprimés, cependant qu'un remaniement touche les ministères des Affaires étrangères et de la Présidence[12].

Composition

modifier
Image Fonction Nom Parti
Président de l'État Rodrigo Paz Pereira PDC
Vice-président de l'État Edmand Lara PDC
Ministre des Relations extérieures Fernando Aramayo (Jusqu'au 3/08/2026) Indép.
Héctor Huanca (Depuis le 3/08/2026) Indép.
Ministre de la Présidence José Luis Lupo (Jusqu'au 3/08/2026) Unité
Fernando Aramayo (Depuis le 3/08/2026) Indép.
Ministre du Gouvernement Marco Antonio Oviedo Indép.
Ministre de la Défense Raúl Marcelo Salinas (Jusqu'au 2/06/2026) Indép.
Ernesto Justiniano (Depuis le 2/06/2026) Indép.
Ministre de l'Économie et des Finances publiques José Gabriel Espinoza Unité[13]
Ministre de la Planification et du Développement José Fernando Romero Indép.
Ministre des Hydrocarbures Sergio Mauricio Medinacelli Monroy Indép.
Ministre du Développement productif Óscar Mario Justiniano Indép.
Ministre des Travaux publics Mauricio Zamora Indép.
Ministre de la Justice Freddy Vidovic PDC[14]
Ministre du Travail Edgar Morales Mamani PDC[14]
Ministre de la Santé Tatiana Flores Zambrana Indép.
Ministre de l'Éducation Beatriz Elene García (Jusqu'au 2/06/2026) Indép.
Ricardo Erick Sanjinés Chávez (Depuis le 10/06/2026) Indép.
Ministre du Développement rural et des Terres José Luis López Flores (Jusqu'au 3/08/2026) Indép.
Ministre sans portefeuille
chargée du Tourisme et des Sports
Cinthya Martha Yañez (Jusqu'au 3/08/2026) Unité[15]

Notes et références

modifier
  1. « En Bolivie, la droite met fin à vingt ans de domination de la gauche aux élections », sur lemonde.fr,
  2. « Présidentielle en Bolivie: Rodrigo Paz Pereira, invaincu face à la gauche », sur rfi.fr,
  3. « Présidentielle en Bolivie : la gauche évincée, deux candidats de droite s’affronteront au second tour », sur lemonde.fr,
  4. « En Bolivie, l’élection de Rodrigo Paz à la présidentielle met fin à vingt ans de socialisme », sur nouvelobs.com,
  5. (es) « Rodrigo Paz gana la presidencia y Bolivia inicia un nuevo ciclo político », sur elpais.com,
  6. (es) « Decreto 5475 recuerda que no hubo transición de mando desde 1997 », sur larazon.bo,
  7. (es) « El fin a casi 20 años de izquierda: Rodrigo Paz y Edmand Lara toman posesión como presidente y vicepresidente de Bolivia », sur cnnespanol.cnn.com, (consulté le ).
  8. (es) « Manfred expresa su respaldo a Rodrigo Paz y anuncia trabajo coordinado con el nuevo gobierno », sur reduno.com.bo, (consulté le ).
  9. (es) « Quiroga apoya al PDC en las presidencias de Senadores y Diputados », sur larazon.bo, (consulté le ).
  10. (es) « ‘Tuto’ afirma que Libre será ‘oposición constructiva’, pide rechazar transfugi », sur opinion.com.bo, (consulté le ).
  11. (es) « Alianzas: PDC recibe a Libre y dice que 10 electos de Tuto lo apoyan; Súmate se ofrece », sur opinion.com.bo, (consulté le ).
  12. « Paz nomme Aramayo ministre de la Présidence et réduit le gouvernement bolivien à douze ministères », sur Demócrata, .
  13. (es) « José Gabriel Espinoza, el nuevo responsable económico del país », sur correodelsur.com, .
  14. 1 2 (es) « Vacíos, pesos pesados e incógnitas del nuevo gabinete de Rodrigo Paz », sur elpais.bo, .
  15. (es) « Conozca quién es quién en el flamante gabinete de ministros de Rodrigo Paz », sur eju.tv, .

Voir aussi

modifier