Grand-duché de Finlande

ancien pays sous domination de l'Empire russe (1809 - 1917)
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Le grand-duché de Finlande (en finnois : Suomen suuriruhtinaskunta ; en russe : Великое княжество Финляндское / Velikoe knjažestvo Finljandskoe, littéralement « grande-principauté de Finlande » ; en suédois : Storfurstendömet Finland) était l'État prédécesseur de l'actuelle Finlande lorsque son territoire était une composante de l’Empire russe entre le 17 septembre 1809 et le , date de l'indépendance finlandaise[2],[3].

Grand-duché de Finlande
(fi) Suomen suuriruhtinaskunta
(sv) Storfurstendömet Finland
(ru) Великое княжество Финляндское

18091917

Blason
Armoiries
Description de cette image, également commentée ci-après
Le grand-duché de Finlande.
Informations générales
Statut Grand-duché autonome de l’Empire russe
Capitale Åbo (-)
Helsingfors (-)
Saint-Pétersbourg (administrative)
Langue(s) Suédois, finnois, russe
Religion Église évangélique-luthérienne de Finlande et christianisme orthodoxeVoir et modifier les données sur Wikidata
Monnaie
Démographie
Population
  • 1 636 900 hab. (est. 1850)
  • 3 269 401 hab. (1914)[1]
Superficie
Superficie 338 145 km2 (1850)[1]
Histoire et événements
Diète de Porvoo
Traité de Fredrikshamn
Déclaration d'indépendance finlandaise
Grand-duc de Finlande
1809–1825 Alexandre Ier
1825–1855 Nicolas Ier
1855–1881 Alexandre II
1881–1894 Alexandre III
1894–1917 Nicolas II

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Introduction

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Pièce de 20 marks finlandais frappée en 1912 à Helsinki durant l'administration Russe. La Finlande avait obtenu en 1864 le droit de battre sa propre monnaie.

La Finlande fut à maintes reprises un champ de bataille et un enjeu entre les empires suédois et russe. À l'époque napoléonienne, la Suède dut l'abandonner à l'empereur Alexandre Ier par le traité de Fredrikshamn (aujourd'hui Hamina) du . Le pays devint dès lors un grand-duché autonome de l'Empire russe. Helsingfors (l'actuelle Helsinki) devint capitale du grand-duché en 1812 à la place de la ville de Turku (alors Åbo en suédois) et c'est à partir de cette époque que la ville commença à croître en influence.

Contrairement à l'époque suédoise, où la Finlande était un territoire suédois comme les autres, la Finlande devint désormais un territoire autonome au sein de l'Empire russe, auquel le grand-duché n'était rattaché que par le biais d'une union personnelle. Ainsi, en Finlande, le tsar était grand-duc, le territoire était administré par une fonction publique spécifiquement finlandaise[4], et les tsars successifs se montrèrent respectueux de l'autonomie du grand-duché pour s'assurer la loyauté de la population[4]. Par ailleurs, les recettes fiscales finlandaises demeurèrent en Finlande et furent utilisées exclusivement au bénéfice du territoire[5].

En 1860, la Finlande se dota de sa propre monnaie[6] : le mark finlandais (qui resterait sa monnaie officielle jusqu'à l'adoption de l'euro en 2002).

En 1899, un manifeste impérial décréta que la Diète finlandaise resterait compétente pour tout objet concernant exclusivement la Finlande, mais que le droit russe s'appliquerait désormais aux thématiques d'intérêt commun qui concernaient aussi bien l'Empire russe que la Finlande[7], ce qui fut perçu comme une atteinte à l'autonomie du territoire et une tentative de russification. Le gouverneur-général Bobrikov, nommé en 1898, fut assassiné le par Eugen Schauman devant le Sénat de Helsingfors (Helsinki). Après 1906, le parlement, l’Eduskunta, fut élu au suffrage universel des deux sexes, ce qui fit de la Finlande le deuxième pays au monde qui, après la Nouvelle-Zélande, accorda le droit de vote aux femmes.

Antérieurement intégrée au royaume de Suède, la Finlande conservait une organisation héritée de la période suédoise. Le grand-duché disposait d'une constitution et d'une diète à quatre états, à une époque où l'empereur était en Russie un monarque absolu. Les langues administratives et de l'enseignement supérieur étaient alors le suédois et l'allemand (langue de l'Église luthérienne en plus du suédois), le finnois étant parlé par la paysannerie. Toutefois, profitant de l'autonomie conférée par l'Empire russe[4], un mouvement national, comme dans d'autres pays européens de l'époque, fit renaître la culture finnoise dans la seconde moitié du XIXe siècle et les premiers dictionnaires finno-suédois apparurent. La Finlande était donc gouvernée par ses propres lois et possédait une administration et un système d'éducation particuliers. Ses citoyens n'étaient pas astreints au service militaire dans l'armée russe.

La naissance du grand-duché de Finlande

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Les grands-ducs de Finlande pendant la domination suédoise

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Le terme de grand-duché de Finlande, en tant que concept géographique, sans aucune signification administrative, fut mentionné pour la première fois sous la domination suédoise en 1518, lorsque Johannes Magnus utilisa le terme[8].

Le second emploi connu date du , lorsque le roi Jean III de Suède s'attribua le titre de « grand-duc de Finlande »[9].

Après la conquête de Kexholm en 1580, Jean III commença à utiliser le titre de grand-duc de Finlande et de Carélie (source du ) et un grand blason fut dessiné pour le Grand-Duché, avec la Couronne du grand-duc[10],[11].

Après cela, le titre de grand-duc de Finlande fut compris dans le titre officiel de la plupart des rois suédois jusqu'à la fin de la domination suédoise.

Le Grand-Duché était important pour la Suède, car sa possession augmentait son importance internationale.

À l'époque, le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie formaient la République des Deux Nations.

Lorsque la Suède se présenta comme un royaume englobant différents territoires, elle gagna en crédibilité aux yeux des autres États européens.

Le Grand-Duché apparut pour la première fois en 1662 sur la carte Magnus Ducatus Finlandiae du cartographe Johan Blaeu aux Pays-Bas.

Le titre de « grand-duc de Finlande » fut supprimé de la liste des titres du roi de Suède en 1720. Cette décision pouvait être due en partie au recul de la puissance suédoise et à la nécessité de ne pas insister sur sa composition en parties séparées parce qu'elle eût trop clairement défini l'entité que son voisin oriental envisagerait de conquérir[12].

Armoiries du Grand-Duché

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La Finlande passe sous domination russe

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Le statut de superpuissance de la Suède fut progressivement ébranlée à partir du début du XVIIIe siècle.

D'abord, la grande guerre du Nord a conduit le royaume à céder en 1721, par le traité de Nystad, les pays baltes, la Carélie, une grande partie du comté de Viipuri et Savonlinna et le comté de Käkisalmi à la Russie.

À la fin de la grande guerre du Nord, la Finlande est occupée.

Puis, à la suite de la guerre russo-suédoise de 1741-1743, lors du traité de paix de Turku en 1743, la partie sud-est du comté de Viipuri et Savonlinna fut cédée à la Russie.

Ces territoires finlandais abandonnés en deux étapes et dominés par la Russie furent désignés sous le nom d'Ancienne Finlande ou de Gouvernement de Vyborg[13].

Le sort de la Suède et, avec elle, celui de la Finlande se joua, comme ce fut si souvent le cas dans l'histoire, entre la Russie et les puissances d'Europe de l'Ouest et d'Europe centrale en compétition pour le statut de superpuissance[14].

La lutte menée par l'empereur français Napoléon Bonaparte contre le Royaume-Uni conduisit à la conclusion des traités de Tilsit avec la Russie qui put alors déclencher la guerre de Finlande contre la Suède le .

À la fin de la guerre en 1809, la Finlande était entièrement occupée par l'armée impériale russe qui avait aussi conquis une partie de l'actuelle Laponie suédoise.

La guerre de Finlande prit fin le avec le traité de Fredrikshamn signé entre la Suède et la Russie.

L'article IV de l'Accord du traité de Fredrikshamn, qui définit les territoires cédés à la Russie, ne mentionnait pas le nom de la Finlande, mais recensait les comtés qui furent donnés à la Russie.

Le nom Finlande apparaissait dans les articles V, X, XIV et XVII de l'accord qui concernaient certains effets du transfert territorial[15],[16].

L'autonomie finlandaise

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Le tsar Alexandre Ier ouvre la diète de Porvoo en 1809.

Plutôt que la soumission du territoire à la domination directe d'un gouverneur général impérial, un nouveau système administratif fut établi en Finlande, rédigé en partie par le libéral Mikhail Speransky.

Le nouveau grand-duché de Finlande serait gouverné par un Conseil de gouvernement et, plus tard, par le Sénat de Finlande, un organe composé de citoyens finlandais. En outre, l'empereur traiterait les questions relatives à la Finlande par l'intermédiaire d'un ministre-secrétaire d'État pour la Finlande, sans l'intervention du gouvernement ou de l'administration russe.

Ce choix jeta les bases de l'autonomie considérable dont la Finlande jouirait pendant la majeure partie de la période de domination russe.

Les premières années du grand-duché de Finlande se déroulèrent sans incident.

En 1812, la région de l'ancienne Finlande, aussi connue sous le nom de province de Vyborg, fut rendue à la Finlande, après qu'elle avait été annexée par la Russie lors de la grande guerre du Nord et de la guerre russo-suédoise de 1741-1743.

Cette décision du tsar suscita la colère de certains membres du gouvernement et de l'aristocratie russes qui souhaitaient revenir à la frontière précédente ou annexer les communautés à l'ouest de Saint-Pétersbourg.

Malgré le tollé, les frontières resteraient fixées jusqu'en 1940.

Le geste pouvait être la conséquence des préoccupations d'Alexandre Ier pour la Finlande et de ses tentatives d'apaisement des Finlandais afin de gagner leur loyauté.

Alexandre déplaça aussi la capitale de Åbo à Helsingfors (Helsinki aujourd'hui), une petite ville fortifiée et protégée par Sveaborg.

La principale université finlandaise fut transférée à Helsingfors, après le grand incendie de Turku qui détruisit la majeure partie de ses bâtiments.

Malgré les promesses d'une diète de Finlande, elle ne serait convoquée qu'en 1863, alors que de nombreuses nouvelles lois adoptées par la législature étaient des textes qui eussent nécessité l'approbation de la Diète sous la domination suédoise.

Alexandre ordonna la création de la maison de la noblesse de Finlande. Celle-ci fut établie en 1818 pour enregistrer toutes les familles nobles de Finlande afin qu'elles fussent représentées à la Diète finlandaise.

Le fait qu'Alexandre ait délibérément ignoré ou non l'existence de la Diète est sujet à débats, avec des facteurs notables tels que la chute de Napoléon et la conclusion de la Sainte-Alliance, le mysticisme religieux retrouvé de la couronne russe et l'expérience négative de la Diète de Pologne. Puis, Alexandre Ier cessa de s'investir dans la politique finlandaise et se concentra sur le gouvernement de la Russie[17].

Vers l'indépendance

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Mort d'Alexandre Ier et politique d'assimilation

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En 1823, le comte Arseni Zakrevski est nommé gouverneur général de Finlande et devient rapidement impopulaire chez les Finlandais et les Suédois.

Arseni Zakrevski abolit le Comité des affaires finlandaises (fi) et réussit à obtenir le droit de soumettre les affaires finlandaises directement à l'empereur russe, en contournant le ministre-secrétaire d'État pour la Finlande.

Deux ans plus tard, Alexandre Ier meurt le .

Alors qu'il s'attendait à voir Constantin Pavlovitch, le frère d'Alexandre Ier, monter sur le trône impérial, Arseni Zakrevsky saisit cette occasion pour exiger de la Finlande qu'elle prêtât un serment de fidélité qui désignerait l'empereur russe comme le souverain absolu de la Finlande .

Nicolas, le frère puiné d'Alexandre et Constantin, devient empereur malgré l'insurrection décembriste de . Nicolas Ier assure au ministre-secrétaire d'État pour la Finlande Robert Henrik Rehbinder qu'il continuera à soutenir la politique libérale d'Alexandre Ier en Finlande.

En 1830, l'Europe devient un foyer de révolutions et de réformes qui s'inspirent de la Révolution française.

L'insurrection de Novembre en 1830-1831 est un soulèvement massif contre Nicolas Ier et la tutelle de Saint-Pétersbourg, mais la Finlande ne se révolte pas parce que la Russie a réussi à gagner la loyauté de sa population.

Ainsi, la Russie poursuit sa politique en respectant l'autonomie finlandaise et en favorisant l'assimilation paisible des Finlandais au peuple russe.

Arseni Zakrevski quitte ses fonctions en 1831 et le knèze Alexandre Sergueïevitch Menchikov lui succède en tant que gouverneur général de Finlande. Il poursuit la politique de détente avec les Finlandais.

La langue russe est étudiée avec enthousiasme et de plus en plus de Finlandais essayent de s'intéresser à la culture russe dans le but de s'intégrer à la société russe.

Lev Alexeïevitch Perovski, le ministre de l'Intérieur de Nicolas Ier de 1841 à 1852, a défendu les idées du comte Zakrevsky et a poussé plus loin les idées de russification subtile au cours des années 1840[18].

La défense du Sampo peint par Akseli Gallen-Kallela.

Cependant, la Finlande connaît une révolution nationaliste, dans les années 1830, qui se fonde sur la littérature.

C'est le début du mouvement Fennomane qui sera influent en Finlande jusqu'à son indépendance.

En 1831, la Société de littérature finnoise est fondée avec l'objectif de développer la langue finnoise.

Le finnois n'est pas alors la langue de l'élite savante parce que la plupart des ouvrages universitaires imprimés, les romans et les livres de poésie sont édités en suédois ou en russe.

En 1835, la publication du Kalevala, l'épopée finlandaise, a une influence massive et renforce le nationalisme et l'unité finlandaise, bien que l'épopée soit un recueil de poésie et d'histoires du folklore finlandais.

La quête de la littérature s'est développée dans les années 1840 et 1850, et a attiré l'attention de l'église finlandaise et de la couronne russe.

Des journaux finlandais, tels que Maamiehen Ystävä (l'ami du fermier), commencent à être publiés dans les zones urbaines et rurales de Finlande.

L'élite universitaire suédoise, l'Église et le gouvernement russe s'opposent au mouvement littéraire finlandais. Edvard Bergenheim, archevêque d'Åbo de 1850 à 1884, appelle à une double censure contre les ouvrages hostiles à l'Église ou d'apparence socialiste ou communiste.

Les positions réactionnaires de l'Église évangélique-luthérienne de Finlande convainquent Nicolas Ier d'interdire, en 1850, la publication de toutes les œuvres finlandaises qui ne sont pas de nature religieuse ou économique, parce qu'elles pourraient être considérées comme révolutionnaires et qu'elles encourageraient la majorité des Finlandais à se révolter contre l'Église et la Couronne.

Cependant, la censure ne fait qu'alimenter les conflits linguistiques en Finlande et le mouvement fennomane[19],[20].

Guerres de Crimée et d'Åland

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Bal à Helsinki en l'honneur d'Alexandre II en 1863.

La situation politique des superpuissances en Europe a conduit la Russie à une guerre contre l'Empire ottoman en 1853, puis à la guerre de Crimée contre la France et le Royaume Uni en 1854-1855.

La guerre s'est déroulée principalement en mer Noire et dans la péninsule de Crimée, mais les batailles se sont finalement étendues à la mer Baltique et au grand-duché de Finlande sous le nom de guerre d'Åland (1854-1855).

Pendant la guerre d'Åland, la marine britannique a mené une guerre de destruction contre la Russie, endommageant les villes côtières finlandaises (dont Helsinki, Hamina, Kokkola, Kotka, Oulu, Raahe) et leurs ports, et détruisant la forteresse de Bomarsund à Åland et la forteresse de Svartholm à Loviisa.

À Kokkola, une unité de volontaires rassemblée par la population locale surprend les troupes britanniques et repousse leur attaque contre le port de Kokkola.

La bataille la plus célèbre de la guerre sera le bombardement de Viapori du 9-.

Lors de celui-ci, la flotte britannique, dont la portée des canons des navires était deux fois plus longue que la portée de l'artillerie de Viapori, a tiré sur le fort à une distance de sécurité.

Aucune tentative n'a été faite pour débarquer, mais le but principal était apparemment de maintenir les forces de l'Empire russe en mer Baltique et de causer une perte de prestige aux Russes.

De plus, on compte 55 morts et 204 blessés parmi les défenseurs de Viapori .

La guerre d'Åland a été la dernière « guerre seulement militaire » de l'histoire de la Finlande. La population civile d'Helsinki a pu suivre en paix le bombardement de Viapori depuis les rochers d'Ullanlinna[21],[22].

La défaite à l'issue de la guerre de Crimée a provoqué une crise interne en Russie, qui a conduit Alexandre II, nouvel empereur le , à se lancer dans un solide programme de réformes économiques et sociales.

La statue d'Alexandre II a été érigée à Helsinki pour commémorer le rétablissement de la Diète de Finlande en 1863.

En 1861, il abolit le servage en Russie. En 1864, il sépare les pouvoirs exécutifs et judiciaires et réforme la politique municipale.

Le Comité finlandais de traduction de la Bible est créé par une décision du Sénat le et est présidé par Anders Wilhelm Ingman et le professeur Gabriel Geitlin. Dans l'ensemble, la défaite de la Russie en Crimée et le règne d'Alexandre II conduiront à une période très positive de développement étatique, économique et social dans le grand-duché de Finlande.

L'empereur, chancelier par intérim de l'université impériale Alexander, se rend à Helsinki le et autorise le Sénat à apporter des changements importants dans le développement industriel, les transports, le commerce, la navigation, l'école et l'éducation publique du pays.

Le général libéral germano-balte Fredrik Vilhelm von Berg est nommé gouverneur général de Finlande.

Une décision plus importante est la révocation de son poste en 1858 de Lars Gabriel von Haartman qui a auparavant joué un rôle clé dans l'administration économique du grand-duché et qui a promu le mercantilisme.

Il est remplacé par Fabian Langenskiöld qui a tiré les leçons du libéralisme économique[23],[24],[25].

Le Grand-Duché dans les années 1860–1870

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Les écrits de Johan Vilhelm Snellman et d'autres écrivains fennomanes combinent littérature et nationalisme et multiplient les appels à la reconnaissance de la langue finnoise et aux réformes de l'éducation en Finlande.

Cet activisme s'est intensifié pendant la guerre de Crimée au cours de laquelle les ports et forteresses finlandais de la mer Baltique ont fait l'objet d'attaques alliées, en particulier Sveaborg et Bomarsund dans les îles Åland pendant la guerre d'Åland.

Comme les journaux étaient imprimés en suédois et en russe en raison de la censure, de nombreux Finlandais ne pouvaient pas lire le récit des événements de la bataille de Bomarsund et des bombardements de Sveaborg.

Nicolas Ier meurt en 1855, et le nouvel empereur, Alexandre II, a déjà prévu des réformes éducatives dans les territoires périphériques de la Russie, dont la Finlande.

Alexandre II envisage également de faire à nouveau appel à la Diète des États. Sous le règne d'Alexandre, la Finlande connaît une période de libéralisation dans l'éducation, les arts et les désirs économiques. En 1858, le finnois est devenu la langue officielle des organismes politiques locaux, comme les provinces, où le finnois est la majorité de la langue parlée.

Cependant, les Finlandais craignent que Saint-Pétersbourg n'empêche la Diète de Finlande de se réunir au motif que les citoyens polonais et russes ne bénéficient pas des mêmes libertés. Et les citoyens finlandais craignent que la Diète de Finlande soit dissoute.

En 1863, Alexandre II convoque la Diète de Finlande et déclare que la langue finnoise devait être mise sur un pied d'égalité avec le suédois et le russe dans le grand-duché de Finlande, tout en adoptant des lois concernant les infrastructures et la monnaie.

Alexandre II en est venu à favoriser la classe ouvrière finlandaise par rapport à l'élite suédoise, en raison de la propagande suédoise qui, pendant la guerre de Crimée, appelait à la révolte contre les Russes.

Alexandre II a également adopté une loi concernant l'ordonnance linguistique en , exigeant que la langue finnoise soit introduite dans toutes les entreprises publiques dans les vingt ans.

La loi est élargie en 1865 pour exiger que les organismes de l'État servent le public en finnois sur demande.

Alexandre II témoigna d'une remarquable libéralité vis-à-vis du peuple finlandais (à la différence de ses autres sujets) et favorisa l'émergence d'une littérature nationale. Et c'est notamment à travers la culture et ses intellectuels que la Finlande verra se développer son mouvement pour l'indépendance. Ainsi, la publication le d'un recueil de chants inspirés des contes traditionnels de Carélie et du Kainuu sous le nom de Kalevala par un médecin de campagne finlandais, Elias Lönnrot, pose les fondements de la culture finlandaise. Cette œuvre a par la suite inspiré d'autres grands artistes finlandais, comme le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), et le est encore commémoré comme une fête nationale en Finlande.

Les écrits de Johan Ludvig Runeberg ont également attisé le mouvement pour l'indépendance.

La reconnaissance des Finlandais envers le « tsar libérateur » est encore vive, puisque sa statue trône toujours aujourd'hui sur la place du Sénat a Helsinki. Malgré cela, les lois linguistiques ont mis du temps avant d'être pleinement mises en œuvre en raison de l'ingérence de l'élite suédoise qui possédait la plupart de ces bureaux et entreprises.

Le pouvoir de la Diète est étendu en 1869 pour lui donner plus de pouvoir et la capacité d'initier diverses lois.

L'acte appelait également le tsar à convoquer la Diète tous les cinq ans.

Une loi concernant la religion a également été adoptée en 1869 afin d'empêcher l'exercice du pouvoir de l'État sur l'Église.

De plus, la Finlande a pu mettre en place sa propre monnaie, le mark finlandais, et sa propre armée[26],[27].

Périodes de russification

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Administration du Grand-Duché

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Subdivisions territoriales

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La division territoriale en provinces introduite en Suède en 1634 a été maintenue avec quelques changements mineurs.

En 1837, le dirigeant est renommé gouverneur.

En russe, les provinces de Finlande étaient appelées gouvernements.

Le grand-duché était divisé en huit gouvernements :

Gouvernements
(provinces)
Chef-lieu
(en suédois)
Chef-lieu
(en finnois)
Nombre d'
habitants[28]
Carte des Gouvernements
du grand-duché de Finlande
Åbo et BjörneborgÅboTurku470 000
Åbo et
Björneborg
Vyborg
Vasa
Kuopio
Uleåborg
Sankt Michel
Tavastehus
Nyland
VasaVasaVaasa479 000
VyborgVyborgViipuri458 000
KuopioKuopioKuopio319 000
NylandHelsingforsHelsinki327 000
Sankt MichelSankt MichelMikkeli192 000
TavastieTavastehusHämeenlinna317 000
UleåborgUleåborgOulu295 000

Gouverneurs

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Les gouverneurs généraux du grand-duché de Finlande ont été, par ordre chronologique[29],[23] :

Michel Barclay de Tolly.
Johan Mauritz Nordenstam.
Gouverneur Période
Général Göran Magnus Sprengtporten1808–1809
Général Michel Barclay de Tolly1809–1810
Général Fabian Steinheil1810–1823
Comte Gustaf Mauritz Armfeltff.[30]1812–1813
Général Arseni Zakrevski1823–1831
Amiral Alexandre Sergueïevitch Menchikov1831–1855
Général Friedrich Wilhelm von Berg1855–1861
Général Platon Rokassovskiff.[30]1854–1855, 1861–1866
Général Johan Mauritz Nordenstam1861, 1864, 1868, 1870, 1872–1873
Général Nikolaï Adlerberg1866–1881
Général Friedrich van Heiden1881–1897
Lieutenant-Général Stepan Gontcharov1897–1898
Général Nikolai Bobrikov1898–1904
Lieutenant-Général Ivan Obolenski1904–1905
Conseiller secret Nikolaï Nikolaïevitch Gerhard1905–1908
Général Woldemar von Boeckmann1908–1909
Lieutenant-Général Franz Albert Seyn1909–1917
Sénateur Adam Lipski1917
Mikhaïl Alexandrovitch Stakhovitch1917
Nikolaï Vissarionovitch Nekrasov1917

Grands-Ducs

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Bibliographie

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  • Seppo Hentilä, Osmo Jussila, Jukka Nevakivi, Histoire politique de la Finlande XIXe – XXe siècle, Fayard, coll. « Biographies Historiques », , 522 p. (ISBN 978-2213604862)
  • Maurice Carrez, Le Grand-Duché de « Finlande » dans la première moitié du XIXe siècle : la genèse laborieuse d’une identité et d’un espace nationaux, Université de Bourgogne, (lire en ligne)
  • (fi) Osmo Apunen, Venäjän vallankumous ja Suomi dans (Blomstedt 1987, p. 242, 275–277, 290–291)
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  • (fi) Osmo Jussila, Suomen historian suuret myytit, WSOY, (ISBN 978-951-0-33103-3)
  • (fi) Eino Jutikkala, Kauko Pirinen, Suomen historia, WSOY, (ISBN 951-0-27217-5)
  • (en) Eino Jutikkala, Kauko Pirinen (trad. Paul Sjoblom), A History of Finland, New York, Washington, Praeger Publishers,
  • (fi) Einar Wilhelm Juva, Suomen suuriruhtinaskunta Ruotsin vallan aikana, Otava, , 132 p.
  • (fi) Caius Kajanti, Siniristilippumme, Otava, (ISBN 951-1-13552-X)
  • (fi) Jorma Keränen (ed.), Matti Ahola, Suomen itsenäistymisen kronikka, Gummerus, (ISBN 951-20-3800-5)
  • (fi) Oiva Ketonen, Kansakunta murroksessa, Kesää 1918 ja sen taustaa, WSOY, (ISBN 951-0-11907-5)
  • (fi) Matti Klinge, Keisarin Suomi, Schildts & Söderströms, (ISBN 951-50-0682-1)
  • (fi) Henrik Meinander, Suomen historia. Linjat, rakenteet, käännekohdat, (ISBN 951-0-30809-9)
  • (fi) Kauko Pirinen, Historiallinen Aikakauskirja, , « Magnus ducatus Finlandiae »
  • (fi) Heikki Ylikangas, Suomen historian solmukohdat, WSOY, (ISBN 978-951-0-32864-4)
  • (fi) Seppo Zetterberg (ed.), Suomen historian pikkujättiläinen, WSOY, (ISBN 951-0-27365-1)

Notes et références

modifier
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  6. « Histoire de la Finlande - kotoutuminen.fi », sur InfoFinland (consulté le ).
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  12. (fi) Nils Eerik Villstrand, Valtakunnanosa, Svenska litteratursällskapet i Finland, , p. 44-45
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  16. (fi + sv) « Traité de paix entre le roi de Suède et l'empereur de toutes les Russies »,
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  27. (en) Hugh Seton-Watson, The Russian Empire 1801–1917, London, Oxford universitpress,
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  29. Jutikkala 2002
  30. 1 2 ff: faisant fonction

Voir aussi

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