GreenFaith

ONG internationale interreligieuse écologiste

GreenFaith est un lobby politique ou groupe d'influence mondial[1] mettant l'accent sur l'activisme de base. Son objectif est d'appuyer les chefs religieux du monde entier à investir dans les énergies vertes, à se désengager des combustibles fossiles et à plaider publiquement en faveur de la justice climatique sur une base religieuse[2] à travers des programmes de formation, des ressources et des campagnes, dialogues entre les chefs religieux, les environnementalistes et les décideurs politiques [3].

GreenFaith
Histoire
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Cadre
Type
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New York (Broadway, 10001)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Site web

GreenFaith compte plus de 100 sections (appelées « cercles ») dans les îles du Pacifique, en Amérique du Nord, en Australie, en Asie, en Amérique latine, en Afrique et en Europe, ainsi que des partenaires religieux dans plus de 40 pays[4]. L’organisation envisage un mouvement dans lequel les dirigeants peuvent prendre la place qui leur revient dans la communauté et mener des actions près de leurs villes natales grâce à l’organisation locale[5].

Ils ont des bureaux au Kenya et en Allemagne et du personnel aux États-Unis, en Allemagne, en France, au Kenya, au Brésil, en Indonésie et au Japon[2].

Histoire

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Fondation

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En 1992, GreenFaith est créé sous le nom de « partenaires pour un environnement de qualité» dans le New Jersey par le révérend Dr Franklin E. Vilas, prêtre épiscopalien[6] et d'autres chefs religieux chrétiens et juifs du New Jersey suite à leur participation au Sommet de la Terre des Nations Unies à Rio de Janeiro[2].

Au cours des deux décennies suivantes, leur travail principal s'est concentré sur des thèmes religieux tels que la gestion, ainsi que sur « des audits énergétiques, le financement organisé et l'installation de panneaux solaires dans les lieux de culte, et le plaidoyer en faveur d'une législation visant à réduire la pollution de l'air et les émissions de gaz à effet de serre »[2].

Le programme de bourses GreenFaith est lancé en 2005[2].

Leadership

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En 2002, le révérend Fletcher Harper, prêtre épiscopalien rejoint GreenFaith[6] et en est devenu le directeur exécutif[7],[8],[9]. Harper est un humaniste chrétien et diplômé de l'Université de Princeton en 1985[10] ainsi que du Union Theological Seminary[11]. Il s'est impliqué pour la première fois dans des projets environnementaux durant ses années d'école primaire[7]. En 2015, Harper écrit GreenFaith : Mobiliser le peuple de Dieu pour protéger la Terre[12], après avoir mené des centaines d'entretiens avec des personnes de différentes confessions sur des expériences divines impliquant la nature [10].

En 2021, Harper condamne le fait que la COP 29 n'aborde pas la question de la responsabilité des entreprises face au changement climatique et suggère aux chefs religieux :

« Premièrement, le clergé doit identifier la cause de ce problème… Pour les chefs religieux, cela signifie… » se sentir à l'aise de dire des choses comme : « ExxonMobil, BP, Shell et d'autres compagnies pétrolières et gazières détruisent systématiquement la planète » – et des géants financiers comme JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, BlackRock et Vanguard financent cette destruction. Nous devons clairement faire comprendre que ces entreprises, leurs actionnaires, notre gouvernement et ceux qui travaillent pour ces institutions doivent changer… Ce n’est pas le moment pour les prédicateurs de jouer la carte de la prudence ; c’est le moment de faire retentir le tonnerre prophétique. Le bien-être de milliards de personnes et l’avenir de la planète sont en jeu[13].

Activité accrue

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En 2005, l'ouragan Katrina « marque une forte augmentation des activités » de GreenFaith, car les catastrophes environnementales qui suivent, font ressortir les effets du changement climatique sur les communautés vulnérables. Suite au film de 2006 Une vérité qui dérange, nombreuses sont les organisations confessionnelles qui priorisent la justice environnementale et la gestion responsable dans leurs pratiques, ce qui conduit à une augmentation des collaborations GreenFaith[1].

Une autre augmentation du nombre de membres s'est produite en 2009, après ce que Biohabitats qualifie d'« échec spectaculaire » de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2009 à Copenhague[1]. Harper explique que l'inefficacité des négociations poussent les organisations confessionnelles à adopter une position plus ferme sur le changement climatique, notamment en encourageant l'activisme et le désinvestissement des énergies fossiles. Harper déclare que cela contribue à inspirer des événements de solidarité interconfessionnelle, tels que la Marche populaire pour le climat de 2014, dont GreenFaith est l'un des organisateurs[1].

Activisme

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En 2015, GreenFaith rassemble 20 000 personnes dans le monde entier pour participer à une Marche mondiale pour le climat, la veille de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris[10].

La même année, GreenFaith gère Una Terra, Una Familglia Humana ( litt. : Marche pour le climat au Vatican[14],[15],[16].

GreenFaith figure parmi les organisateurs de la Marche populaire pour le climat de 2017 à Washington[17]

En juin 2018, GreenFaith fait une collaboration avec le Centre d'études hindoues d'Oxford sur le projet Bhumi afin de mobiliser les hindous contre le changement climatique[18].

Jane Fonda prend la parole lors de la manifestation Fire Drill Fridays à Washington, DC, en 2019.

Le 6 décembre 2019, GreenFaith tient une manifestation à Washington contre les institutions financières qui profitent des projets liés aux combustibles fossiles et à la détention des immigrants.

En octobre 2021, l'association catholique romaine Sœurs de la Miséricorde manifeste contre les énergies fossiles et l'urgence climatique devant la Bay View Academy à Riverside, dans le Rhode Island . Les sœurs apportent leur soutien aux manifestations de GreenFaith à Washington DC réclamant l'énergie verte, saluant le leadership des militants amérindiens lors des marches[19].

En octobre 2022, des membres de GreenFaith à Charlotte, en Caroline du Nord, organisent une manifestation pacifique devant le siège de Bank of America, exhortant à une transition juste vers les énergies renouvelables[4].

En novembre 2022, elle réunit des chefs religieux pour appeler à un traité de non-prolifération des combustibles fossiles, représentant plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde, avant la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de cette année-là en Égypte[20].

En décembre 2022, une table ronde GreenFaith au Ghana ouvre une série de conversations interreligieuses pour examiner le plan du pays pour une transition juste vers une énergie 100 % renouvelable[21],[5]. Ces réunions aboutissent à la création d’une campagne « Keep It In The Ground Ghana » visant à réduire les projets d’exploitation des combustibles fossiles[5].

En septembre 2023, GreenFaith fait partie des 500 groupes participant à la Marche pour mettre fin aux combustibles fossiles de la ville de New York[22]. Parmi les autres soutiens et participants figurentt le sénateur Ed Markey, la représentante du Michigan Rashida Tlaib, le représentant de New York Jamaal Bowman, le représentant du Tennessee Justin Pearson, l'actrice Jane Fonda, l'actrice canadienne Naomi Klein, l'acteur Mark Ruffalo et l'écologiste Bill McKibben[22]. Environ 10 000 manifestants sont attendus, dont les lauréates du Prix Goldman pour l'environnement Nalleli Cobo et Sharon Lavigne, la conseillère jeunesse de l'ONU Ayisha Siddiqa et le climatologue Peter Kalmus[22].

Le 9 novembre 2023, GreenFaith publie un rapport détaillant les perturbations causées par l'oléoduc d'Afrique de l'Est de 900 miles sur plus de 2 000 sépultures en Ouganda et en Tanzanie[23],[24],[25]. Le constructeur de l'EACOP, TotalEnergies, publie en retour une réponse publique au rapport la semaine suivante, critiquant les « allégations »[26].

Des militants de GreenFaith, en collaboration avec Extinction Rebellion, manifestent contre BlackRock le 31 mai 2022. Parmi les personnes arrêtées ce jour-là figure le réalisateur Fletcher Harper.

Suite à la publication du rapport de GreenFaith, huit chefs religieux africains signent une lettre condamnant le mauvais traitement infligé aux tombes et aux lieux sacrés par TotalEnergies. Dans leur lettre, ils condamnent le déplacement de 100 000 personnes, les brutalités de l’État contre les manifestants qui « marchent dans la crainte d’être enlevés », la destruction des habitats, la pollution de l’eau, les mauvaises récoltes, la réduction de l’espérance de vie, notamment à cause des forages pétroliers de Shell dans le delta du Niger, et les violations des droits de l’homme[27],[23].

Le 25 mai 2023, des activistes de GreenFaith à Paris se sont enchaînés à une passerelle pour empêcher EACOP, en collaboration avec Extinction Rebellion[28].

Le 31 janvier 2024, des manifestants de GreenFaith et de 350.org se sont rassemblés à Charlotte, en Caroline du Nord, pour s'opposer au pipeline Mountain Valley qui transporterait de l'essence et du méthane « sur plus de 300 miles de la Virginie-Occidentale au sud de la Virginie », ainsi qu'à l'extension Southgate de 31 miles du pipeline. Un manifestant critique la nouvelle infrastructure d'énergies fossiles, affirmant qu'une fois construite, elle est « figée pour plusieurs décennies »[29],[30].

En mars 2024, un imam et un pasteur de GreenFaith collaborent à la création d'un budget populaire pour la justice climatique, qui détaille un exemple de « 1 milliard de dollars de dépenses publiques inscrites au budget » pour la justice environnementale dans le Queens, à New York[31],[32]. Ils citent la Genèse 1:2 et Matthieu 22:39 de la Bible qui « enjoignent aux humains de prendre soin de la terre ainsi que de leurs voisins », et la sourate Al-Baqarah 2:205 et la sourate Al-Kahf 18:24 du Coran, qui affirment que les humains sont « gardiens de la planète » et ont « l’obligation de planifier l’avenir »[31].

Plus tard, en mai 2024, ils collaborent avec l'organisation Australian Religious Response to Climate Change pour mobiliser dix jours d'action climatique entre le 3 et le 12 mai. Leurs revendications comprennent « la mise en place d’une élimination rapide des combustibles fossiles, une transition juste vers un avenir énergétique propre et la nécessité pour les pollueurs de payer pour les dommages qu’ils ont causés »[33].

Durant l'été 2024, GreenFaith figure parmi les organisateurs de la campagne « Mouvement pour le climat ». Le 30 juillet 2024, 24 chefs religieux et leurs partisans sont arrêtés à New York après s'être enchaînés aux portes d'entrée du siège de Citibank pendant 40 minutes. La manifestation interreligieuse comprend des militants écologistes juifs, catholiques, quakers, épiscopaliens et méthodistes[34].

Complications et critiques

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En 2015, Harper déclare qu'il peut être difficile d'intégrer certaines sectes du christianisme occidental, car ces sectes peuvent associer la vénération de l'environnement au paganisme et croire que « se rapprocher de trop près de l'environnement n'est pas une chose chrétienne à faire »[1]. À l’inverse, il affirme que certains militants écologistes ne sont « pas… très satisfaits » de la religion organisée[1]. Pour autant, Harper souligne que cette tension conduit à des « conversations et à des opportunités intéressantes »[1].

Voir aussi

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Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « GreenFaith » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en-US) Jessica Norris, « Religion & Environmental Stewardship / Non-Profit Spotlight: Greenfaith » [archive du ], Biohabitats, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 (en-US) « About Us », GreenFaith (consulté le )
  3. ↑ (en) « 5 reasons why people of faith are a powerful force in the fight against climate change and environmental crises », Greenpeace International (consulté le )
  4. 1 2 (en-US) Ryan Pitkin et Rayne Antrim, « 5 Things to Know: GreenFaith Charlotte, Climate Orgs Rally in Uptown », Queen City Nerve, (consulté le )
  5. 1 2 3 (en-US) « GreenFaith launches a multi-faith, multi-stakeholder campaign to keep fossil fuels in the ground in Ghana - MyJoyOnline », www.myjoyonline.com, (consulté le )
  6. 1 2 (en) « GreenFaith Certification » [archive du ], saintbernardschurch (consulté le )
  7. 1 2 (en-US) « Q&A: GreenFaith's Fletcher Harper on moral discomfort and changing to address the climate crisis together », Episcopal News Service, (consulté le )
  8. ↑ (en) « A Glimpse at Earth-Loving Faith Initiatives | UU World Magazine », www.uuworld.org, (consulté le )
  9. ↑ (en-US) « GreenFaith vs Geoengineering: Are we prepared to play God in dealing with climate change? », Red, Green, and Blue, (consulté le )
  10. 1 2 3 (en) « Fletcher Harper '85 Is Building an Environmental Movement on Faith », Princeton Alumni Weekly, (consulté le )
  11. ↑ (en) Fletcher Harper Executive director et GreenFaith, « Fletcher Harper | Faith and Leadership », faithandleadership.com (consulté le )
  12. ↑ « Fletcher Harper » [archive du ], World Economic Forum (consulté le )
  13. ↑ (en) Fletcher Harper, « Stop Preaching About 'Being Good Stewards of the Earth' », Sojourners, (consulté le )
  14. ↑ (en-GB) « Una Terra Una Familglia Humana Climate Change March | Vatican Ci » [archive du ], Energy Post, (consulté le )
  15. ↑ (en) « World's Mayors at Vatican, Vow to Tackle Climate Change, Poverty », America Magazine, (consulté le )
  16. ↑ (en) Amy Lieberman // 12 December 2019, « Religious leaders call for increased collaboration on climate change, inequality », Devex, (consulté le )
  17. ↑ « Partners » [archive du ], Peoples Climate Movement, People's Climate Movement (consulté le )
  18. ↑ (en) « Launch Announcement », sur hinduclimatedeclaration2015.org (consulté le )
  19. ↑ (en) Steve Ahlquist, « Sisters of Mercy at Bay View Academy demanding action on climate change », Uprise RI,‎ (lire en ligne)
  20. ↑ (en-US) « World religious leaders call for end to fossil fuel projects ahead of COP27 - MyJoyOnline », www.myjoyonline.com, (consulté le )
  21. ↑ (en-US) « Faith leaders demand faster universal access to clean energy in Africa - MyJoyOnline », www.myjoyonline.com, (consulté le )
  22. 1 2 3 (en-US) Valentina Stackl, « 500 Groups Endorse NYC March to End Fossil Fuels », Oil Change International, (consulté le )
  23. 1 2 (en) « Report: French oil company pipeline disturbs 2,000-plus African gravesites | National Catholic Reporter », www.ncronline.org (consulté le )
  24. ↑ (en) « As If Nothing Is Sacred Report.pdf », Google Docs (consulté le )
  25. ↑ (en-US) Justin Catanoso, « Disturbing graves is latest violation attributed to East African oil pipeline », Mongabay Environmental News, (consulté le )
  26. ↑ (en) « TotalEnergies publishes the response of EACOP Ltd. to GreenFaith report », TotalEnergies.com, (consulté le )
  27. ↑ (en-US) « Africa Faith Leaders Condemn Mistreatment of Graves by Total », GreenFaith (consulté le )
  28. ↑ (en) Damien Glez, « TotalEnergies: Environmentalists chain themselves to Parisian footbridge to halt EACOP » [archive du ], sur theafricareport.com, (consulté le )
  29. ↑ (en) « Protestors gather in Uptown to fight against Mountain Valley Pipeline Project », WSOC TV, (consulté le )
  30. ↑ (en-US) « Protest planned for Uptown Charlotte against Mountain Valley Pipeline project », wcnc.com, (consulté le )
  31. 1 2 (en-US) Imam Muhammed Shahidullah et Rev Jeffrey Courter, « Op-ed | Queens-based faith leaders: Climate crisis is the moral crisis of our time – QNS », qns.com, (consulté le )
  32. ↑ (en) « People's Climate Justice Budget - CAF Appropriations 2024-2025 (FINAL) » [archive du ], Google Docs (consulté le )
  33. ↑ (en) « Faiths 4 Climate Justice 2024 Launch call Asia / Australia: | Green Left », www.greenleft.org.au, (consulté le )
  34. ↑ (en) « Interfaith activists arrested protesting Citigroup's fossil fuel investments | National Catholic Reporter », www.ncronline.org (consulté le )