Grotte de Marut
La grotte de Marut est une cavité située dans l'ouest du territoire de la commune de Théminettes, dans le Lot (région Occitanie, France).
| Coordonnées | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Massif | |
| Localité voisine | |
| Voie d'accès |
D38 |
| Type |
Grotte |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
345 mètres |
| Longueur connue |
400 mètres ? |
| Dénivelé |
88 mètres |
| Signe particulier |
Site archéologique |
Situation et accès
modifierLa grotte de Marut est située à environ un kilomètre à l'ouest Théminettes. Dans ce village, sur la route D38 qui va de Rueyres à Livernon, près d'une mare, une petite route, le chemin du Calcadis, part face à un calvaire, direction ouest-nord-ouest. Au bout de 300 mètres, elle devient un chemin carrossable, et arrive à 400 mètres à un carrefour, à l'altitude 350 mètres. Dans le champ qui se trouve à gauche (sud-est), des traces de roues conduisent, après 150 mètres, au-dessus de la grotte qui se trouve à environ 20 mètres au sud, au pied d'une petite falaise, dans un petit cirque rocheux[1].
Cette cavité se trouve en propriété privée.
Risques
modifierL'accès et le parcours dans la cavité présentent des dangers :
- de chute pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques : de glissade lors du contournement des lacs et dans les puits situés plus loin ;
- d'asphyxie suite à d'importantes quantités de dioxyde de carbone dans les zones découvertes en 2023[2].
Toponymie
modifierLa grotte de Marut est nommée aussi Malut dans le rapport d'exploration d'Édouard-Alfred Martel[3].
Description
modifierPremière partie décrite par Édouard-Alfred Martel
modifierL'entrée de la grotte de Marut s'ouvre dans un petit cirque rocheux par un porche de 3 mètres de haut sur 1,5 mètres de large derrière un gros bloc[1]. Un couloir descend jusqu'à une grande salle avec de grosses stalagmites noircies par les éclairages à acétylène et les bougies des visiteurs depuis plus d'un siècle. Un bel auroch a été dessiné récemment sur la paroi de droite à l'entrée de cette salle. Un passage permet de contourner les concrétions pour arriver au premier lac (petit bassin d'eau).
Un passage remontant calcifié permet d’accéder au deuxième lac présentant une sorte d’île au milieu. En le contournant par une vire, un passage rétréci par une concrétion mène à un grand toboggan (puits incliné de 10 mètres) qui conduit à un point bas boueux à la profondeur de 35 mètres. Une escalade conduit à une salle en hauteur au sol composé d'argile très sèche. C'est le terminus atteint par Martel en 1890[3].
Partie découverte en 2023
modifierUn passage argileux a été déblayé par le Spéléo Club de Figeac en 2023, au bout du terminus atteint par Édouard-Alfred Martel. Ce prolongement important de la cavité comporte deux puits de 25 et 33 mètres . Ces puits conduisent à un lac situé à 88 mètres de profondeur, suivi d'une escalade de 35 mètres[2].
Un gisement archéologique et une ancienne entrée, fermée par les hommes préhistoriques, se situent au-dessus d'un éboulis instable[2].
Géologie
modifierLa grotte de Marut s'ouvre dans les calcaires karstifiables du Jurassique[4].
Hydrogéologie
modifierÉdouard-Alfred Martel décrit la grotte de Marut comme une ancienne goule : le point d'entrée sous terre d'un cours d'eau[3]. C'est une cavité fossile, aucune circulation d'eau n'y est visible excepté des infiltrations qui forment les concrétions et alimentent les lacs.
Son entrée, à 345 mètres d'altitude, se situe 30 mètres au dessus des pertes de Théminettes qui absorbent actuellement le Francés par temps de crue. Ce ruisseau collecte les eaux venant de l'est vers l'Ouysse qui est un affluent de la Dordogne. Cependant, la grotte de Marut est proche de la bordure du bassin versant[5].
Archéologie
modifierEn 2023, les spéléologues du spéléo Club de Figeac ouvrent une continuation au fond de la grotte de Marut qui conduit Guy Bariviera, Hubert Fabriol, Nadir Lasson, Hervé Lehoux à découvrir une sépulture du premier âge du Fer[2].
Les archéologues inventorient des os humains dont au moins une dizaine de crânes d’adultes ainsi qu'un anneau de bronze, deux vestiges de pièces en fer, quelques petits tessons de céramique, un bois de cerf et une mandibule et un os long de cheval. Ces fragments sont découverts dans la même couche stratigraphique. Les hommes préhistoriques, qui y ont placé les corps, les ont introduits par un puits de 3 mètres de haut qu'ils ont ensuite rebouché soigneusement avec des dalles en pierre[2].
Les vestiges osseux humains d'une dizaine d'individus adultes des deux sexes sont éparpillés sur le grand éboulis instable et ont glissé vers le bas suite à son affaissement. Les petits os se sont infiltrés entre les pierres. Dans une galerie latérale du terminus actuel, au dessus de l'éboulis, des crânes apportés à cet endroit, après la décomposition des cadavres, sont pris dans la calcite[2].
La chronologie suivante apparaît : un ou plusieurs dépôts des cadavres, suivis d'un rangement des crânes dans la galerie latérale et de la fermeture définitive et volontaire du puits d'accès à la cavité[2].
Explorations
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Vers 1890, Édouard-Alfred Martel explore les 220 mètres accessibles de la grotte de Marut. Il mentionne quelques petits bassins d'eau qu'il qualifie de lacs. La grotte lui semble curieuse au point de vue de la formation géologique, mais difficile à parcourir et sans belles concrétions. Il compare cette cavité à la grotte du Fennet d'Assier : selon Martel, la nature du terrain, et la disparition de la rivière, n'auraient laissé qu'un travail inachevé, la plus grande salle se serait formée par la corrosion interne, ce serait une ancienne citerne, vidée par des fissures étroites. Il publie un plan et une coupe de la grotte de Marut[3].
En 2023, les membres du Spéléo Club de Figeac déblaient un passage argileux qui avait arrêté Martel et tous les visiteurs successifs. Ils découvrent un prolongement important de la cavité comportant deux puits de 25 et 33 mètres. Ces puits conduisent à un lac situé à 88 mètres de profondeur suivi d'une escalade de 35 mètres. Cela permet la découverte d'un gisement archéologique[2].
Notes et références
modifier- 1 2 Jean Taisne, Contribution à un inventaire spéléologique du Département du Lot : coordonnées et situation de plus de 1300 cavités, Labastide-Murat, Comité Départemental de Spéléologie du Lot (CDS46), , 365 p. (ISBN 2-9509260-1-0), p. 95
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Marina Escolà et Yanik Le Guillou, « Découverte d'une sépulture du 1er Âge du Fer au fin fond de la grotte de Marut. Théminettes (46) », sur Préhistoire du Sud-Ouest - PSO (consulté le )
- 1 2 3 4 Les abîmes : les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spélæologie : explorations souterraines effectuées de 1888 à 1893 en France, Belgique, Autriche et Grèce, Paris, Librairie Ch. Delagrave, , 578 p. (lire en ligne), chap. XVIII (« Le Causse de Gramat - Les grottes et les sources »), p. 342, 343
- ↑ Hydrogéologie du département du Lot et des Causses du Quercy - Carte au 1/100000e avec fond topographique de l'IGN - Dressée par J.C. Soulé, J. Astruc et R. Vernet - Éditions BRGM
- ↑ Jean-Noël Salomon, « Le causse de Gramat et ses alentours : les atouts du paysage karstique », Karstologia, no 35, , p. 1-12 (lire en ligne)
Voir aussi
modifierPlan de la grotte de Marut : http://lecrad.free.fr/Topos/Marut.pdf
Vidéo
modifier[vidéo] « Grotte de Marut » : « 8 min 1 s », CRAD, , Youtube (consulté le )