Grotte des Bugadous
La grotte des Bugadous est une cavité souterraine naturelle. Elle se situe sur le territoire de la commune de Reilhac, dans le Quercy (Lot, Occitanie en France)[1].
| Coordonnées | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Massif | |
| Localité voisine |
| Type |
Grotte |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
325 mètres |
| Longueur connue |
450 mètres |
| Dénivelé |
105 mètres |
Toponymie
modifierSituation et accès
modifierLa grotte des Bugadous est située à l'est de la D14 qui relie le village de Reilhac au hameau du Cornouiller. Son entrée principale s'ouvre au bout , au fond d'une légère dépression, au pied d'une petite falaise par un orifice au sol de 2,5 mètres de large sur 60 centimètres de haut. Un second accès d'environ 1 mètre par 40 centimètres se trouve à 15 mètres du premier[1].
L'entrée de la grotte des Bugadous est située dans une propriété privée.
Risques
modifierL'accès et le parcours dans la cavité présentent des dangers :
- de chute dans les puits situés après la reproduction des peintures, pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques ;
- d'asphyxie suite à d'importantes quantité de dioxyde de carbone qui interdisent pendant 6 à 8 mois l'exploration de la cavité : taux de 3 % mesuré à la cote −22 mètres (zone des puits), le [2].
Géologie
modifierLa grotte des Bugadous s'ouvre dans les calcaires karstifiables du Jurassique[3].
Hydrogéologie
modifierEn 1979, Borel et Lemaire, dans leur compte rendu d'exploration, estiment que la grotte de Bugadous, comme la perte du lac de Reilhac, sont de petits affluents d'un collecteur drainant la zone comprise entre Reilhac et Lunegarde. Les eaux résurgeraient à Saint-Sauveur[2].
En 2000, dans son étude sur l'hydrogéologie du cause de Gramat, Jean-Noël Salomon confirme que la zone où s'ouvre la grotte des Bugadou draine les eaux vers la branche du système de l'Ouysse qui résurge à Saint-Sauveur. La zone fait partie du bassin versant de la Dordogne[4].
Description
modifierZone supérieure
modifierL'entrée de 2,5 mètres de large sur 60 centimètres de haut conduit à un couloir en colimaçon descendant jusqu'à un ressaut de 2m formé par un plancher stalagmitique. Un couloir présente une main négative dessinée par Michel Lorblanchet en 1990. Plus loin dans un couloir mène à une petite salle est décorée comme à la grotte du Pech Merle par deux chevaux, un saumon et des mains négatives.
Sur la gauche, sous un plancher stalagmitique, une petite galerie étroite remonte vers le second orifice de la cavité.
La suite de la galerie principale se rétrécit et arrive sur la zone des grands puits.
Zone des puits
modifierUne marche de 2 mètres donne accès à un grand puits de 15 mètres de profondeur, À sa base, démarre une galerie horizontale très basse (mois de 40 cm de hauteur) sur 70 mètres de long arrivant sur une petite salle sans issue. La suite des puits conduit, par des galeries verticales étroites au terminus à 105 mètres, de profondeur.
Explorations
modifierLe , Claude Borel repère une petite falaise avec l'espoir de trouver une cavité à sa base. Du au , les membres du Groupe Spéléologique du Causse déblaient les huit premiers mètres de galerie, découvrent les trois premiers puits jusqu'à 53 mètres de profondeur. Les explorations se poursuivent jusqu'au , les spéléologues ouvrent des passages étroits au burin et marteau mais leur progression est stoppée par de forts taux de dioxyde de carbone qui rend l'air irrespirable[2]. Les explorateurs ont rédigé à la suite de cette exploration un article sur les dangers du gaz carbonique en spéléologie[5].
Du au , pour augmenter la circulation de l'air et faire baisser le taux de CO2 de la cavité, ils déblaient la galerie remontante qui mène à une deuxième entrée. De à 1978, il utilisent des explosifs par vaincre les galerie étroites jusqu'à 86 mètres de profondeur. Poursuivant leurs travaux, ils atteignent la profondeur de 105 mètres en et rencontrent une petite circulation d'eau. La topographie de la cavité est alors réalisée jusqu'à la cote −86 mètres[2]. Elle sera complétée en 1980 par Claude Lemaire.
Ces explorations ont nécessité des centaines de journées de travaux, l'ouverture de 28 passages trop étroits, pour atteindre un développement de 450 mètres et une profondeur de 105 mètres[2].
Expérience archéologique
modifierEn , Michel Lorblanchet, directeur de recherche au CNRS, a reproduit le panneau des chevaux ponctués de la grotte du Pech Merle dans le cadre d'une vérification expérimentale des techniques utilisées par les hommes préhistoriques (Lorblanchet 1995)[6]. Une communication a été présentée en au colloque de Montignac, célébrant le cinquantième anniversaire de la découverte de la grotte de Lascaux : les actes de ce colloque n'ont pas été publiés.
Pour la réalisation des chevaux, cette expérimentation montre que les hommes préhistoriques ont utilisé la méthode dite "du crachis" mélange de colorant en poudre avec de la salive, la mucine contenue dans la salive étant un liant parfait. Les deux autres méthodes utilisées aux Bugadous ont été un échec total, disparition du colorant en moins de six mois pour la projection à l'aide d'un os creux de colorant en poudre sur la paroi humide, et moins de 2 ans pour la projection de "peinture" à base de charbon de chêne, de genévrier et d'eau sur la paroi humide. C'est à la demande du Ministère de la culture que cette réalisation a été conservée afin d'observer le vieillissement des "peintures".
Notes et références
modifier- 1 2 Jean Taisne, Contribution à un inventaire spéléologique du Département du Lot : coordonnées et situation de plus de 1300 cavités, Labastide-Murat, Comité Départemental de Spéléologie du Lot (CDS46), , 365 p. (ISBN 2-9509260-1-0), p. 28
- 1 2 3 4 5 Claude Borel et Claude Lemaire, « La Grotte des Bugadous », Bulletin de Comité Départemental de Spéléologie du Lot (CDS 46), no 5, , p. 70
- ↑ Hydrogéologie du département du Lot et des Causses du Quercy - Carte au 1/100000e avec fond topographique de l'IGN - Dressée par J.C. Soulé, J. Astruc et R. Vernet - Éditions BRGM
- ↑ Jean-Noël Salomon, « Le causse de Gramat et ses alentours : les atouts du paysage karstique », Karstologia, no 35, , p. 1-12 (lire en ligne)
- ↑ Claude Borel et Claude Lemaire, « La spéléo et le gaz carbonique », Bulletin de Comité Départemental de Spéléologie du Lot (CDS 46), no 5, , p. 71
- ↑ Michel Lorblanchet, Art Pariétal : Grottes ornées du Quercy, Rodez, Rouergue, , 445 p. (ISBN 978-2-8126-0164-4), p. 105-135.