Groupe Diehl
Le groupe Diehl (Diehl Gruppe), avec Diehl Stiftung & Co. KG comme société mère, est un conglomérat industriel allemand. Il est composé de cinq divisions : Diehl Defence (29,4 %), Diehl Aviation (27,1 %), Diehl Metal (20,7 %), Diehl Controls (11,5 %) et Diehl Metering (11,3 %)[1].
| Diehl Stiftung & Co. KG | |
| Création | 1902 |
|---|---|
| Fondateurs | Margarete Diehl et Heinrich Diehl |
| Forme juridique | Stiftung & Co. KG |
| Siège social | Nuremberg |
| Direction |
|
| Activité | Métallurgie, défense, aéronautique, métrologie |
| Filiales | Diehl Controls (d) |
| Effectif | 18 379 (2024) |
| Site web | www.diehl.com |
| Chiffre d'affaires | 4,696 milliards € (2024) |
| Résultat net | 343,5 millions € (2024) |
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Issu d'une entreprise familiale fondée en 1902 à Nuremberg par Margarete et Heinrich Diehl, et spécialisée dans la fonderie d'art, les plaques commémoratives et diverses ferrures métalliques, le groupe compte aujourd'hui plus de 80 implantations dans le monde dans les domaines de la métallurgie, de la défense, des systèmes aéronautiques et des instruments de mesure. Comme un certain nombre de grands groupes allemands, son capital est toujours majoritairement contrôlé par la famille fondatrice.
En 2024, l'entreprise employait 17 173 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires de 3,749 milliards d'euros[2]. Le groupe Diehl se classait en 2025 au 82e rang mondial pour la production d'armement[3].
Historique
modifierAnnées fondatrices
modifierL'entreprise a été fondée le 5 septembre 1902 à Nuremberg par Margarete, née Schmidt (née le 25 août 1880 à Nuremberg ; †1953), et Heinrich Diehl (né le 3 août 1878 à Kölschhausen ; †1938 à Nuremberg) en tant qu'atelier de ferronnerie d'art. En 1906, l'activité a été étendue par l'acquisition de la fonderie d'art Brand. Outre la fonderie et un atelier d'usinage, le programme de production comprenait ainsi des ferrures, des poignées de porte et des moulages artistiques. Un service commercial pour les ferrures architecturales fut également créé. Après un déménagement en 1907, l'entreprise comptait 30 employés[4].
Première et Seconde Guerre mondiale
modifierAu déclenchement de la Première Guerre mondiale, la production a été réorientée de la fonderie d'art vers le moulage de barres en laiton. Celles-ci étaient forgées en ébauches pour la production de munitions dans sa propre forge à matrice, marquant le début de la production de produits métalliques semi-finis chez Diehl[5].
Après la mobilisation de Heinrich Diehl pendant la guerre, Margarete Diehl a assuré seule la direction de l'entreprise. Une procuration a été inscrite au registre du commerce de Nuremberg au nom de « Grete Diehl, épouse du propriétaire de la fonderie d'art » (Kunstgießereibesitzersehefrau)[4].
Karl Diehl a rejoint l'entreprise en 1930 après avoir terminé ses études d'ingénieur diplômé. En 1933, il est devenu membre du NSDAP (numéro d'adhésion 2 714 742). Suite au décès de Heinrich Diehl en 1938, Karl et sa mère ont repris la direction de l'entreprise, qui employait alors 2 800 personnes[4].
Au cours des années suivantes, l'entreprise a chargé des historiens indépendants d'examiner les événements de la période de guerre, ce qui a donné lieu à une biographie de l'entreprise à visée de vulgarisation scientifique. Un raid aérien en août 1942 a détruit une partie des installations de production et, au fil de la guerre, presque tous les bâtiments de Röthenbach an der Pegnitz ont été détruits ou gravement endommagés[4].
Reconstruction et expansion
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Après la Seconde Guerre mondiale, Diehl est restée active dans le secteur des munitions et s'est développée dans la production de missiles. Malgré la baisse des dépenses de défense après la guerre froide, l'entreprise a continué d'investir dans ses propres développements[6].
La production de mécanique de précision a également repris après la Seconde Guerre mondiale. Outre la fabrication de ses propres horloges, Diehl a reçu une commande d'un fabricant d'appareils électroménagers visant à combiner la technologie horlogère avec des mécanismes de commutation[7].
Malgré son propre succès dans le secteur de l'horlogerie, Diehl a acquis une participation majoritaire dans Junghans AG en 1956, qui était alors la plus grande manufacture horlogère d'Europe. Toutes les activités horlogères ont été regroupées sur un seul site[8],[9].
Après la création de la Bundeswehr, Diehl est retournée dans le secteur de la technologie de défense et a commencé à produire des munitions de 20 et 40 millimètres dans une usine spécialement construite à Röthenbach an der Pegnitz[4].
En 1958, Diehl a acquis Sundwig Brass Works (Sundwiger Messingwerk), permettant à l'entreprise de proposer des barres, des tubes et des pièces forgées ainsi que des fils et des bandes auprès d'un même fournisseur. L'entreprise a été cédée en 2020[10].
En 1975, Diehl a acquis une participation dans Konstanzer Computertechnik Müller (CTM) afin de développer ses activités dans les domaines de l'informatique de taille moyenne et des systèmes de traitement de texte[4].
En 1979, Diehl a acquis Comet, l'un des plus anciens fabricants de produits pyrotechniques en Allemagne. L'entreprise, qui avait développé des systèmes de propulsion par fusée pour les automobiles, les véhicules ferroviaires et les aéronefs avec Fritz von Opel, complétait les activités de Diehl dans le domaine de la technologie de défense. Comet a été cédée en 2005[11].
La Junghans Mega 1, la première montre-bracelet radiopilotée au monde, a été produite en 1990 (des horloges radiopilotées de plus grande taille existaient déjà auparavant). L'année suivante, Junghans a également lancé la première montre-bracelet radiopilotée au monde avec aiguilles[7],[9]. En 2000, Diehl a vendu sa division horlogère, y compris la marque Junghans, à EganaGoldpfeil Holdings[9].
Internationalisation et nouveaux développements
modifierAfin de compléter ses activités liées aux métaux, Diehl a acquis en 1997 l'entreprise française Griset, un fabricant de bandes profilées en cuivre et en alliages de cuivre destinées à l'industrie électronique[12].
En 1998, Thomas Diehl, l'un des trois fils de Karl Diehl, a pris la présidence du groupe Diehl[13]. Afin de desservir le marché chinois, un centre de refendage et de services a été créé à Shenzhen en 1999[14].
Un an plus tard, Diehl a repris l'entreprise américaine The Miller Company, productrice de bandes de cuivre et d'alliages de cuivre[15]. En 2007, Diehl a scindé ses divisions aérospatiale et défense. Les divisions auparavant regroupées sont devenues des filiales indépendantes opérant sous le nom de Diehl Defence et Diehl Aerosystems (plus tard devenue Diehl Aviation)[16].
Lorsque Thomas Diehl est décédé en avril 2017, Wolfgang Weggen, qui avait longtemps occupé le poste de directeur financier et était un proche collaborateur de Thomas Diehl, a temporairement assumé la fonction de président. Peu avant la conférence de presse annuelle en juillet 2017, la famille a nommé Markus Diehl, le plus jeune fils de Thomas Diehl, pour représenter les intérêts de ses frère et sœur Alexander et Stephanie au sein du conseil de surveillance[13],[6].
Aperçu
modifier- 1902 : ouverture d'une fonderie d'art à Nuremberg par Margarete et Heinrich Diehl
- 1916 : première production de plaques métalliques pour l'effort de guerre
- 1917 : construction de l'usine Metal
- 1920 : construction d'une presse moderne pour l'extrusion de tubes et câbles
- 1934 : production massive de pièces mécaniques de précision
- 1946 : poursuite de l'activité mécanique de précision pour l'horlogerie
- 1950 : début du développement de calculateurs
- 1955 : début de la production pour le secteur de la défense
- 1957-1960 : diverses acquisitions d'entreprises, fondation de Aero-Dienst GmbH, 1re activité dans la maintenance aéronautique
- 1962 : lancement de la ligne de produits technologies de l'information (Data Technology and Text Systems)
- 1985 : ouverture d'un nouveau centre de développement à Röthenbach an der Pegnitz
- 1989 : ouverture et début de production de la nouvelle division Control à Nuremberg
- 1997 : acquisition de la société Griset SA, basée à Villers-Saint-Paul, cédée ultérieurement au fonds d'investissement Bavaria IndustrieKapital[17]
- 1999 : création de Euro Rocket System GmbH, coentreprise avec Lockheed Martin, pour le développement de munitions (roquettes...) guidées
- 2004 : création de Diehl Raytheon Missile Systeme, coentreprise avec Raytheon
- 2009 : assemblage du premier missile RBS15 Mk3 en Allemagne
- 2010 : rachat à Airbus de DASELL Cabin Interior GmbH
Structure de l'entreprise
modifierDepuis 1998, le groupe est géré sous le nom de Diehl Stiftung & Co. KG, société créée par une résolution des actionnaires visant à convertir Diehl GmbH. La Diehl Verwaltungs-Stiftung agit en tant qu'associé commandité de Diehl Stiftung & Co. KG[5].
Activités et divisions
modifierLe groupe se compose de cinq divisions d'entreprise : Defence, Aviation, Metal, Controls et Metering[1],[18].
Division Diehl Defence
modifierDiehl Defence développe et fabrique des munitions, des missiles sol-air et des systèmes d'armes guidées pour l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air. L'un de ses produits les plus connus est le système de défense aérienne IRIS-T SLM, qui a été initialement développé par Diehl à la fin des années 1990 pour les forces armées allemandes (Bundeswehr) puis perfectionné en un système basé au sol. Le système est utilisé notamment par l'Allemagne et l'Ukraine et est considéré à l'échelle internationale comme l'un des plus performants de sa catégorie[6],[19],[20].
Division Diehl Aviation
modifierDiehl Aviation développe et fabrique des aménagements intérieurs de cabine, notamment des cuisines de bord (galleys) et des toilettes, ainsi que des systèmes de distribution d’air et d’éclairage pour les avions. Son principal client est Airbus, pour lequel Diehl Aviation fournit des équipements aussi bien pour les modèles court-courriers que long-courriers. Environ 75 % de son activité provient de l’équipement de nouveaux avions, le reste étant constitué par la modernisation des cabines d’appareils déjà en service[21].
La partie systèmes conçoit et produit (parfois en partenariat avec d'autres entreprises, comme Thales avec lequel elle a formé en 2000 une co-entreprise Diehl Aerospace GmbH)[22] des systèmes cockpit et d'affichage, des panneaux de contrôle, des unités de contrôle de vol, des systèmes d'éclairage cabine et des systèmes de visée et d'affichage sur casque[23].
Concernant les équipements cabine, le groupe est présent dans le domaine de la distribution d'air (conduites, ventilation, contrôle de température), des meubles et cloisons (couchettes de la salle de repos de l'équipage...), des garnitures intérieures de fuselage et portes et les compartiments à bagages, des modules de « confort » (salles d'eau/toilettes) et de services (compartiments de stockage pour la restauration, bar, premiers soins...) ou encore les aménagements luxueux (VIP).
En 2017, la société Diehl a modifié le nom de cette division, qui s'appelle désormais Diehl Aviation.
Division Diehl Metal
modifierDivision Diehl Controls
modifierDiehl Controls, dont le siège se trouve à Wangen im Allgäu, est un fabricant de composants électroniques pour l'industrie des appareils électroménagers. L'entreprise développe également des systèmes matériels et logiciels pour des unités centrales de gestion des bâtiments, ainsi que des produits destinés aux systèmes de gestion de l'énergie. Diehl Controls fabrique plus de dix millions d'unités électroniques chaque année, notamment des systèmes de commande et des interfaces utilisateur pour les lave-vaisselle, les fours, les machines à laver, les sèche-linge et les appareils de réfrigération[26].
Division Diehl Metering
modifierDiehl Metering fournit des systèmes pour la mesure intelligente de l'eau, de l'énergie thermique, du gaz et de l'électricité[27]. Diehl Metering couvre l'ensemble de la chaîne de processus, des appareils de mesure à la gestion des données. Environ sept millions d'instruments de mesure et cinq millions de modules radio sont produits chaque année dans les installations de l'entreprise[28].
Notes et références
modifier- 1 2 (de) « Konzernabschluss zum Geschäftsjahr vom 01.01.2023 bis zum 31.12.2023 », Unternehmensregister,
- ↑ Diehl Stiftung & Co KG, « Smart in Solutions - Diehl Metering », www.diehl.com (consulté le )
- ↑ D'après (en) Defense News Top 100 Liste pour 2025
- 1 2 3 4 5 6 (de) Georg Schöllgen, Diehl: ein Familienunternehmen in Deutschland 1902-2002, Berlin, Propyläen, (ISBN 978-3-549-07170-0)
- 1 2 (en) « History », Diehl (consulté le )
- 1 2 3 (de) Markus Fasse, « Diehl Defence wächst immer weiter », Handelsblatt, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Junghans Mega Funkarmbanduhren » [archive du ], Junghans Archiv (consulté le )
- ↑ (de) « So entstehen die berühmten Uhren », Schwarzwälder Bote, , p. 11
- 1 2 3 (de) Gisbert L. Brunner, « Junghans Uhren Geschichte und die Junghans max bill edition » [archive du ], Uhrenkosmos (consulté le )
- ↑ (de) Ralf Engel, « Diehl verkauft das Sundwiger Messingwerk », IKZ online, (consulté le )
- ↑ (de) Diethart Goos, « Neue Schubkraft mit chinesischem Eigner und frischem Management », Die Welt, (consulté le )
- ↑ (de) « Thomas Diehl hätte gerne die Dasa-Tochter LfK », Handelsblatt, , p. 15
- 1 2 (de) Markus Fasse, « Diehl sucht Führung », Handelsblatt, , p. 45
- ↑ (de) Arno Stoffels, « Reich der Mitte tritt auf die Bremse China: Angst vor den Folgen eines ungebremsten Wirtschaftswachstums wächst », Nürnberger Nachrichten,
- ↑ (de) « Diehl-Gruppe kauft in Amerika zu », Frankfurter Allgemeine Zeitung, , p. 23
- ↑ (de) « Diehl spaltet Sparten auf », Süddeutsche Zeitung, , p. 34
- ↑ « Le lamineur Griset redevient 100 % français », Les Échos (consulté le ).
- ↑ (de) Andreas Schuster, « Nicht nur dank Rüstung: Diehl in Nürnberg wächst und investiert », sur BR24, (consulté le )
- ↑ (de) Kai Thomas, « Iris-T SLM: Was kann das Flugabwehrsystem? », sur Handelsblatt, (consulté le )
- ↑ (de) Henry Lübberstedt, « Europäer entwickeln neuartige Luftabwehrrakete », sur Stern, (consulté le )
- ↑ (de) Volker Mester, « Airbus-Zulieferer Diehl baut in Hamburg massiv Stellen ab », Hamburger Abendblatt, (consulté le )
- ↑ (en) Woodrow Bellamy, « Diehl and Thales to Develop Flight Control Computers for CityAirbus NextGen eVTOL », Avionics International, (consulté le )
- ↑ (de) Jochen Remmert, « Flugzeugteile: Ohne Technik von Diehl würde der A380 nicht fliegen », sur Frankfurter Allgemeine Zeitung, (consulté le )
- ↑ (de) Sarah Spitzl-Kirch, « Dichte hat höchste Priorität », Bayerische Staatszeitung, , p. 18
- ↑ (de) Isabel Schaffner, « "Klares Bekenntnis": Firma plant Millionen-Projekt in Franken », sur inFranken.de, (consulté le )
- ↑ (de) « Firma Rehm liefert 4000. Reflow-Lötanlage aus », Schwäbische Zeitung, , p. 19
- ↑ (de) Tobias Döring, « Familienunternehmen Diehl: Waffenschmiede und fränkischer Gemischtwarenladen », sur Handelsblatt, (consulté le )
- ↑ (de) « Über Diehl Metering », Hohenloher Tagblatt,
Liens externes
modifier- Site internet du Groupe Diehl
- (de) Historique [PDF]
