Groupe Élie

groupe de résistants brestois

Le groupe Élie est le premier groupe de résistants[1] créé à Brest par Louis Élie pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses membres sont considérés par les historiens comme les premiers Résistants brestois[2].

Constitution

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Le groupe Élie est créé en par Louis Élie (transporteur[3] et garagiste[2]). Ses membres étaient issus de milieux sociaux très différents : ouvriers de la pyrotechnie St Nicolas et de l'arsenal, journaliste, étudiant, mécanicien, commerçant etc. dont la majorité habitait dans le quartier de Saint-Martin à Brest[4]. Le groupe comptera jusqu'à 70 membres et plusieurs dizaines de sympathisants[3],[5].

Leur organisation clandestine a établi un lien avec le réseau Confrérie Notre-Dame du Colonel Rémy, dépendant du 2ème Bureau de la France Libre (futur BCRA)[5].

Actions

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Le groupe Élie se procure des armes de poing dans les vestiaires et arrière-salles de cafés sur des ceinturons déposés par les occupants. Il parvient également à sortir de la pyrotechnie Saint-Nicolas des stocks de munitions et d'explosifs[4],[6]

Il aurait organisé des attaques de soldats allemands et en aurait tué plusieurs entre janvier et [6].

Il mène également en une tentative de sauvetage d’internés retenus à la prison de Pontaniou qui échoue[2],[3].

Dans la nuit du , un incendie, qui illumine Brest comme en plein jour, ravage l'hôtel Continental, situé place de la Tour d'Auvergne. Un grand banquet y est organisé en l'honneur des officiers du Scharnhorst et du Gneisenau. La cause de l'incendie est incertaine : est-ce une bombe placée par le réseau Élie[1] ou une bombe larguée par le 5e Bomber Group (en) qui effectue un raid pour bombarder les deux cuirassés[7] ?

L'acte d'accusation du procès du à Paris mentionne : fusillade envers 2 soldats allemands (1), agression d'un sous-officier allemand (le ), l'attentat contre le bar l'Annexion (), l'attentat contre le restaurant Grovel le . D'autres faits (sabotages, libération de prisonniers, attentat de l'hôtel Continental) ne sont pas évoqués, faute de preuves[1].

Démantèlement

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À la suite d'une dénonciation, ou plus probablement à la suite d'une action ayant mal tourné, le réseau est démantelé entre mai et . Plusieurs de ses membres sont incarcérés au Bouguen puis à Fresnes et jugés.

11 seront fusillés le au Mont Valérien[6],

  • Georges Bernard
  • Robert Busillet
  • Louis Élie
  • René Gourvennec
  • Roger Groizeleau
  • Albert Muller
  • Roger Ogor
  • Joseph Prigent
  • François Quéméner
  • Louis Stéphan
  • Joseph Thoraval

24 furent déportés et 5 mourront en déportation

  • Jean Caroff
  • capitaine René Drouin
  • Yves Féroc
  • François Gouez
  • Hervé Roignant.

Le corps de Louis Élie a été transféré à Brest et a été réinhumé le au cimetière Saint-Martin (carré D, rang 7, tombe 18)[8].

Hommages

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Un service religieux célébré à Saint-Martin le en mémoire des onze membres du groupe Élie fusillés le au Mont-Valérien réunit plusieurs centaines de personnes[8].

Louis Élie est promu, à titre posthume, adjudant et reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent en 1946 et la médaille de la Résistance française en 1955[9].

Une stèle en l'honneur du groupe Élie a été érigée en 2003 dans le square Rhin et Danube à Brest ; elle porte le nom des 11 membres fusillés au mont Valérien le et celui des 5 membres morts en déportation[4]. Le 80e anniversaire de l'exécution des 11 membres du réseau fusillés a été commémoré le [10]. Une rue des 11 martyrs et une rue Georges Bernard à Brest leur rendent également hommage.

Une école maternelle de Brest a été nommée Alice Abarnou[11],[12], en hommage à la résistante Brestoise qui faisait partie du groupe Élie[13].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Jean-Paul Bonniou, Le groupe Elie, Les éditions de Menhir, , 120 p. (ISBN 9782919403912)
  2. 1 2 3 « Brest : qui étaient les Résistants brestois du Groupe Elie, fusillés au Mont-Valérien le 10 décembre 1941 ? », sur France 3 Bretagne (consulté le )
  3. 1 2 3 « Groupe Élie », sur Mémoires des Résistants et FFI du pays de Brest, (consulté le )
  4. 1 2 3 « Libération de Brest : les 11 martyrs ont leur stèle », sur Le Telegramme, (consulté le )
  5. 1 2 « Brest - Le Gouesnousien Jean-Paul Bonniou raconte l’épopée tragique des résistants armés du Groupe Élie », sur Le Telegramme, (consulté le )
  6. 1 2 3 « Fusillés finistériens au Mont Valérien 1941 à 1943 », sur - RESISTANTS et AMIS de la RESISTANCE - ANACR - FINISTERE (consulté le )
  7. « En avril 1941, un violent incendie détruit l’hôtel Continental à Brest », sur Le Telegramme, (consulté le )
  8. 1 2 « ÉLIE Louis-Jean », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
  9. Gildas Priol, « ÉLIE Louis », sur Mémoires des Résistants et FFI du pays de Brest, (consulté le )
  10. « Brest - Brest : commémoration de l’exécution des onze martyrs du groupe Élie », sur Le Telegramme, (consulté le )
  11. « À Brest, l’école maternelle Bugeaud ne s’appellera plus ainsi », sur Le Telegramme, (consulté le )
  12. Centre de recherche historique du Léon, « Alice Abarnou, résistante bretonne de brest », sur Audioblog Arte Radio, (consulté le )
  13. « ABARNOU Alice », sur Mémoires des Résistants et FFI de l'arrondissement de Brest, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Broc'h-Florette, J'avais des camarades... ou Souvenirs de quatre années de résistance dans le Finistère : août 1940-août 1944, Impr. du "Télégramme", (présentation en ligne, lire en ligne)
  • Jean-Paul Bonniou, Le Groupe Elie 1940-1941, Les Éditions du Menhir, (présentation en ligne)

Pages connexes

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