Grève générale palestinienne

grève anticoloniale.de.1936

La grève générale palestinienne de 1936, commencée le 19 avril à Naplouse, se termine après six mois par un échec. Impliquant de nombreux Arabes palestiniens des secteurs ouvrier, des transports et du commerce, elle marque le début de la grande révolte arabe (1936-1939). Cette grève est un élément important, généralement non-étudié, de la résistance civile palestinienne qui, dans sa grande majorité, ne participe pas directement à la lutte armée contre le gouvernement colonial[1].

Grève générale palestinienne de 1936
Informations
Date 20 avril - octobre 1936
Localisation Palestine mandataire
Caractéristiques
Organisateurs Haut Comité arabe
Revendications Indépendance de la Palestine, arrêt de l'immigration juive
Types de manifestations manifestations, boycott
Issue échec

Contexte

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Au cours du conflit arabo-sioniste qui dure depuis le début du Xxe siècle, certains leaders arabes cherchent à organiser des boycott depuis 1922 et le commencement du Mandat britannique sur la Palestine. L'opposition arabe est influencée par la rébellion Qassamite depuis la mort du cheikh al-Qassam, tué par la Police de Palestine (en) en 1935, ainsi que par proclamation du 16 mai 1930 comme jour de fête nationale palestinienne par Hadj Amin al-Husseini et son appel à une grève générale ce jour-là, après les émeutes de 1929[citation nécessaire].

Le pouvoir britannique favorise les achats de terres par les organisations sionistes, ce qui entraîne l'expulsion des paysans palestiniens qui les cultivaient. Ceux-ci migrent alors en ville, où ils rejoignent le prolétariat urbain et vivent dans des taudis[2]. Des grèves générales d'un jour étaient déjà appelées chaque année le 2 novembre, jour anniversaire de la déclaration Balfour, considéré comme un jour de deuil et de manifestations[3].

En Égypte, les manifestations anti-britanniques de novembre 1935 (en) amènent à la reprise des négociations pour un traité d'indépendance. La grève générale syrienne, en janvier-mars 1936, remporte un grand succès et contraint les autorités coloniales françaises à négocier l'indépendance de la Syrie.

Déroulement

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La grève commence le 20 avril à Naplouse, où un comité arabe national est constitué[4],[5] ; à la fin du mois, des comités nationaux existaient dans toutes les grandes villes et certains gros villages[5] dont Haïfa, Jénine, Tulkarem et Jérusalem. Le 21 avril, les dirigeants des cinq principaux partis acceptent la décision prise par le comité de Naplouse et appellent à leur tour à la grève générale tous les ouvriers palestiniens, les travailleurs des transports et les commerçants à cesser le travail le lendemain[5].

La grève est d'abord organisée par les travailleurs et des comités locaux ; très vite, des dignitaires religieux,.les familles influentes et les dirigeants politiques s'impliquent dans la coordination de la grève[6]. En conséquence, le Haut Comité arabe est formé le 25 avril, sous la présidence du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini[5]. Le comité prend la résolution « de continuer la grève générale jusqu'à ce que le gouvernement britannique change sa politique actuelle de manière fondamentale ». Ses exigences incluent The demands of the Committee : (1) l'interdiction de l'immigration juive en Palestine ; (2) l'interdiction du transfert de terres arabes aux juifs ; (3) la création d'un gouvernement national responsable devant un conseil représentantif[7],[8]. Le 15 mai, le comité soutient la grève générale, appelant à la fin de l'immigration juive et à la grève des impôts[9],[10] ainsi qu'au boycott des produits juifs[2].

Cette grève est remarquable pour l'implication de tous les secteurs de la Palestine arabe : villes et campagnes, hommes et femmes... Les paysans apportent un soutien alimentaire aux grévistes des villes. Les fellahins occupent ainsi un rôle central dans la grève[2].

Les Britanniques répondent en imposant de lourdes amendes collectives aux villages et aux villes. La ville portuaire de Jaffa est particulièrement visée : sous le prétexte d'urbanisme, des centaines de bâtiments sont démolis, et plus d'un millier dans les villages proches[11]. Les arrestations sur simple suspicion se multiplient[2]. Pour contourner le port de Jaffa paralysé par la grève, les autorités britanniques autorisent la construction d'un port à Tel-Aviv.

Des comités de soutien montent une campagne de solidarité à Damas, Bagdad, au Caire et à Beyrouth.

Le comité appelle à la fin de la grève en novembre, sous l'influence des Britanniques. Les rois Ghazi d'Irak, ibn Séoud d'Arabie Saoudite et l'émir Abdallah Ier de Transjordanie appellent à la fin de la grève car « nous nous fions aux bonnes intentions de notre amie la Grande-Bretagne, qui a déclaré qu'elle agirait avec justice »[2]. En novembre également, Michel Mitri, le président de la société des travailleurs arabes de Jaffa, un syndicat, est assassiné. Plusieurs dirigeants syndicaux arabes sont arrêtés en 1937[12].

Malgré son échec, la grève lance la grande révolte arabe qui dure trois ans[2].

Voir aussi

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Arab general strike » (voir la liste des auteurs).

  1. ↑ Charles W. Anderson, « Other Laboratories: The Great Revolt, Civil Resistance and the Social History of Palestine », Journal of Palestine Studies, vol. 50, no 3,‎ , p. 47–51 (DOI 10.1080/0377919X.2021.1938483)
  2. 1 2 3 4 5 6 « The 1936 Palestine strike: A history of Palestinian revolt », Middle East Eye 18 mai 2021.
  3. ↑ Alex Winder,.« Balfour Declaration, 2 November 1917 », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 22 juillet 2026.
  4. ↑ Horne, 2003, p. 208.
  5. 1 2 3 4 Peel Commission Report Cmd. 5479, 1937, p. 96.
  6. ↑ Krämer, 2008, p. 272.
  7. ↑ Peel Commission Report Cmd. 5479, 1937, p. 97.
  8. ↑ A History of Palestinian Resistance, Daud Abdullah
  9. ↑ Kayyālī, 1978, p. 193.
  10. ↑ Norris, Jacob (2008). Repression and Rebellion: Britain's Response to the Arab Revolt in Palestine of 1936-39. The Journal of Imperial and Commonwealth History 36(1):25–45.
  11. ↑ Our Roots are still alive, J Bonds
  12. ↑ Maher Charif, « Palestinian Trade Unionism, 1920-1948 », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 22 juillet 2026.

Bibliographie

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Pour aller plus loin

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