Guangzhou-Peugeot
Guangzhou Peugeot Automobile Co., Ltd. (GPAC) était une coentreprise fondée par Peugeot et Guangzhou Automobile qui a été en activité de mars 1985 à décembre 1997.
| GAC Peugeot | |
| Création | |
|---|---|
| Disparition | |
| Siège social | Canton, Guangdong |
| Actionnaires | Guangzhou Automobile Peugeot |
| Activité | Construction automobile |
| Produits | Automobile |
| Société suivante | GAC Honda |
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Histoire
modifierOrigine de l'automobile en Chine
modifierLa production de voitures particulières en Chine remonte aux années 1940. Dans la région de Guangzhou, la plupart des industries automobiles appartenaient alors à l'une des trois municipalités suivantes :
- Yangcheng Automobile Group,
- Guangzhou Guangke Automobile,
- Guangzhou Denway (Junwei) Automobile.
Yangcheng fabriquait des camions légers, Guangke était un consortium de plusieurs usines d'autobus et Denway venait de cesser la production de voitures particulières mais poursuivait la production d'autobus. Ces trois entités trouvent leurs origines dans les années 1940 et 1950. La production de voitures particulières n'a pas rencontré le succès escompté et, en 1984, l'usine est rebaptisée "Guangzhou Bus Factory".
En 1992, Yangcheng Auto et la ville de Guangzhou fondent Guangzhou Yangcheng Automobile Co., Ltd., fruit de négociations avec le constructeur japonais Honda pour la production locale de voitures particulières. L'accord n'a pas abouti et Yangcheng a poursuivi l'assemblage en Complete Knock Down de quelques exemplaires de Honda Accord importées en kit.
L'association avec Peugeot
modifierLes responsables du Guangdong prennent alors contact avec le constructeur français Peugeot qui cherchait à s'implanter en Chine. Des négociations dureront plusieurs années avant de déboucher, en mars 1984, sur un contrat de coopération pour la production locale d'automobiles Peugeot. La constitution du capital de la société "Guangzhou Peugeot Automobile" (GPA) s'écartait des pratiques courantes avec la participation de nombreuses institutions financières : Guangzhou Automobile Factory détenait 46 % des parts, Peugeot 22 %, CITIC (un fonds de développement public chinois) 20 %, IFC (un fonds de développement appartenant à la Banque mondiale) 8 % et la banque française BNP Paribas 4 %. Malgré sa participation minoritaire, mais avec l'appui de certains actionnaires, Peugeot avait réussi à constituer une minorité de blocage et exerçait un contrôle effectif sur l'entreprise. Peugeot a débuté cette opération dans une situation délicate. Depuis plusieurs années, la société française était déficitaire et peinait à maintenir l'activité de ses usines françaises. Elle s'est donc comportée avec une approche qualifiée de « coloniale ». Peugeot voyait, avant tout, une opportunité d'accroître la production dans ses usines françaises pour exporter des kits à assembler en CKD en Chine en réalisant des profits substantiels. C'est ce qui s'est produit au début. En 1985, la 504 pick-up, (lancée en France en 1968), a été le 1er modèle assemblé en Chine, suivi de la 505 break. La production est passée de 2 000 unités en 1985 à 5 000 en 1988 pour atteindre 20 000 voitures en 1993.
Les relations franco-chinoises ont été tendues dès le départ, les chinois reprochant aux français leur besoin de tout contrôler et leur refus de suivre leurs conseils, les français ayant du mal à accepter la mentalité de travail « communiste ».
En 1993, deux obstacles majeurs vont se présenter. Avec la délivrance d'une autorisation d'implantation, la Chine imposait
- qu'un certain pourcentage de la production soit local, mais Peugeot n'a jamais voulu respecter cette obligation,
- aux coentreprises internationales une augmentation progressive de leur capacité de production pour atteindre 150 000 véhicules par an après 12 ans, soit en 1996.
Peugeot a continué à assembler en CKD, car cela augmentait les profits de la maison mère et maintenait l'activité de ses usines françaises. Cela a beaucoup nui à la réputation de la marque, ses voitures étaient connues pour leur faible fiabilité et leurs réparations longues et très coûteuses avec des pièces détachées importées de France au compte goutes.
Le problème de la capacité a touché de plein fouet les finances de la société. Peugeot a voulu faire financer les travaux d'agrandissement de l'usine et ses équipements par son associé chinois mais, vu les montants en jeu, l'entreprise ne serait alors plus rentable. La direction française avait mis la société dans une situation financière critique qui avait provoqué des changements côté chinois. En 1988, Guangzhou Automobile Factory est devenue Guangzhou Automobile Group Corporation (GAGC). En 1992, GAGC crée "Denway Motors", une société holding basée à Hong Kong, cotée en bourse pour lever des fonds.
La fin d'année 1993 est catastrophique. La réputation de la marque est au plus bas, le prix des voitures est trop élevé et les ventes s'effondrent. Parce que Peugeot n'a pas voulu fabriquer localement au moins un moteur à monter sur ses voitures, la coentreprise Guangzhou Peugeot Automobile (GPA) se voit refuser la modernisation de l'usine par la Commission nationale de planification pour non respect de la réglementation. La société s'endette de plus en plus. Les dirigeants français et chinois perdent confiance les uns envers les autres. Début 1996, tous les parkings et champs autour de l'usine sont occupés par les voitures invendues, dont le nombre est estimé à 8 000. La municipalité de Guangzhou envisage de trouver un nouveau partenaire après avoir lancé une procédure de faillite. Peugeot et Guangzhou s'y opposent mais la coentreprise doit une somme très importante à la ville de Guangzhou pour rembourser les prêts accordés. Finalement, c'est la Commission nationale de planification qui intervient, imposant à la ville de Guangzhou de racheter la participation de Peugeot pour un franc symbolique. La direction française de Peugeot tente de résister, car un tel accord pourrait nuire fortement à la valeur des actions en France. Après de longues et difficiles négociations, Peugeot finit par céder. En octobre 1997, la coentreprise GPA, déclarée en faillite, ferme ses portes.
La coentreprise Guangzhou-Peugeot (GPA)
modifierLa coentreprise Guangzhou Peugeot Automobile Co., Ltd. (GPA) est créée en [1].
Peugeot et Guangzhou ont assemblé en CKD à Guangzhou (Canton, en Chine la Peugeot 504 pick-up, rejointe en 1987 par le break et la berline quatre portes ainsi que la 505.
La production est passée de 2 000 unités en 1985 à 5 000 en 1988 pour atteindre 20 800 voitures en 1993[2],[3].
Fin de la coentreprise
modifierLes rivalités politiques entre Pékin et Guangzhou, ainsi que l'inexpérience du partenaire, l'obsolescence des modèles proposés et la naïveté de la direction française, entraînent l'échec de la coentreprise[4]. En 1993, la Commission d’Etat de Développement décide que les coentreprises n’atteignant pas 150 000 unités produites en 1997 seront abandonnées. Guangzhou-Peugeot est loin de l'objectif et la marque au lion jette l'éponge avec 1,6 milliard de yuans de dettes. Le , le groupe chinois signe un accord de coopération et fonde une coentreprise avec le constructeur japonais Honda, Guangzhou Honda qui sera renommée GAC Honda Automobile Co., Ltd. en novembre 2008[5].
Avenir de Peugeot en Chine
modifierLe Groupe PSA maintient alors sa présence en Chine par le biais de Citroën, la marque aux chevrons ayant noué une coentreprise avec le constructeur chinois Dongfeng. Le nom de cette joint-venture est Shenlong. En anglais, la joint-venture est appelée Dongfeng Citroën Automobile Company, qui deviendra Dongfeng Peugeot-Citroën Automobiles en 2002 afin de préparer retour de la marque Peugeot en Chine[6].
Modèles assemblés en Chine
modifier- 504 Pick-up 2 portes,
- 504 Pick-up 4 portes transformé et commercialisé sous le nom Yangcheng YC1021,
- 505 SX,
- 505 SW8 (Familiale).
En 1992, Peugeot va tenter de commercialiser les modèles 405 et 605. Quelques exemplaires sont parvenus en Chine pour y être assemblés à titre expérimental. L'industrialisation de ces modèles n'a jamais eu lieu. Les prototypes n'ont jamais été vendus[4].
Notes et références
modifier- ↑ « Sortie en grande pompe de la millième Citroën ZX Fukang en Chine », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Toutes les voitures du monde 1987-1988
- ↑ « Le groupe PSA s'apprête à faire un grand bond en avant en Chine », Les Echos, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « PSA: ombres chinoises », L'Express, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Guangzhou Honda officially renamed Guangqi Honda » [archive], sur gasgoo.com date=23-4-2009 (consulté le )
- ↑ « Quinze ans de route avec Shenlong », sur www.chinatoday.com.cn (consulté le )