Guerre des six Deniers

La guerre des Six DeniersSechs Plappertkrieg en allemand – (1466-1468) est un conflit armé au milieu du XVe siècle, opposant la république de Mulhouse et ses alliés face au Saint-Empire romain germanique. Mulhouse est une riche cité indépendante, située dans le sud de l’Alsace ; elle bénéficie d'un statut particulier et d'une grande autonomie. La dynastie Habsbourg et ses alliés désirent soumettre la cité et trouvent un prétexte fallacieux pour lui déclarer la guerre. La république de Mulhouse et ses alliés suisses écraseront totalement la coalition levée contre eux.

Guerre des Six Deniers
Informations générales
Date -
Lieu Plaine d'Alsace principalement
Casus belli Dette de Mulhouse envers Hermann Klee soutenu par les nobles de Haute-Alsace et les Habsbourg
Issue Victoire de Mulhouse et ses alliés, Sigismond d'Autriche doit indemniser les cités concernées
Belligérants
Mulhouse
Canton de Berne
Canton de Soleure
Canton de Fribourg
Canton de Schwyz
Canton d'Uri
Canton de Lucerne
Canton de Zurich
Canton de Zoug
Canton de Glaris
Kaysersberg
Munster
Turckheim
États des Habsbourg
Brisach
Fribourg-en-Brisgau
Neuenburg am Rhein

Batailles

Bataille de l'Ochsenfeld

Déroulement

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Le casus belli et Hermann Klee

Le casus belli est la dette ridicule que doit la cité à Hermann Klee, un simple meunier. Le meunier se plaindra des six deniers manquant à sa bourse à son seigneur Pierre de Réguisheim, châtelain de Haut-Eguisheim. Prétexte parfait : le seigneur d'Eguisheim s'allie à d'autres nobles et part en guerre.

Mulhouse à la recherche d'alliés

La république de Mulhouse, membre de la Décapole (depuis 1354) est abandonnée par ses alliés. Seuls contre tous, les Mulhousiens courageux n'abandonnent pas. Une alliance est cherchée en vitesse auprès des cantons de Berne et de Soleure ; l'association militaire avec les Suisses équilibre les forces, mais enterre définitivement les liens avec le Saint-Empire. Mulhouse, avec cette alliance de circonstance, coupe tout lien avec l'empire, et la cité alémanique divorce définitivement avec l'autre rive du Rhin en faveur des Cantons suisses.

Victoire totale

Mulhouse et ses renforts suisses détruisent littéralement la coalition qui s'oppose à la ville. Le , la plaine de l'Ochsenfeld voit s'affronter les deux armées et la victoire de la république. Certaines cités alsaciennes, par peur de représailles mulhousiennes, rejoignent son camp, dont Turckheim et Kaysersberg. Les forteresses d'Eguisheim et de Hattstatt sont rasées, et Hermann Klee massacré.

La paix est signée, et Pierre d'Eguisheim et les nobles se voient contraints de dédommager la cité de Mulhouse. Le conflit ne s'arrête toutefois pas là : les populations d'Illzach et de Modenheim sont pillées et les villes incendiées par la noblesse sundgauvienne récalcitrante.

Frédéric III est impuissant à l'extrême ouest de son empire et ne parvient pas à arrêter le conflit. Mulhouse ne fait plus partie de l'empire et les villes de Fribourg, Neuenburg et Brisach s'allient à la noblesse du Sundgau. Le conflit est relancé. Forts de cette nouvelle alliance avec les Allemands, les nobles encerclent Mulhouse et l'assiègent. Les Suisses lèvent alors des contingents de plusieurs milliers d'hommes ; les Bernois et les Mulhousiens ensemble écrasent la coalition et pendant 15 jours pillent, massacrent et incendient toute la Haute-Alsace. Une centaine de villages en cendres, une dizaine de forteresses assiégées et détruites. La victoire de Mulhouse et de ses alliés est totale : Sigismond d'Autriche signe la paix de Waldshut en 1468 et réaffirme les libertés et droits de la ville. De plus, l'archiduc d'Autriche doit dédommager financièrement les villes concernées.

Les nouveaux alliés renforcent leurs liens

Ce conflit permet à Mulhouse de s'affranchir du giron du Saint-Empire, et c'est aussi pour elle l'occasion de conclure une grande et puissante alliance avec les Cantons suisses. En effet, dès 1515, une alliance perpétuelle avec les Cantons garantit sa souveraineté. Cette ligue mènera un contingent d'une quinzaine d'hommes de la République à combattre pour le pape contre François Ier lors de la bataille de Marignan. Et malgré la défaite, le souverain pontife offrira à la ville une oriflamme en remerciement de leur courage et abnégation au combat. L'alliance permit aussi à la jeune république d'être épargnée par la terrible guerre de Trente Ans touchant durement l'Alsace. Rappelons les exactions des troupes hongroises et suédoises dans la région.

Bibliographie

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  • Xavier Mossmann, La Guerre des six deniers ("Sechs Plapper Krieg") à Mulhouse, Paris, veuve Berger-Levrault, , 28 p. (lire en ligne).
  • André Billich, Histoire d'une ancienne ville impériale Turckheim, Colmar, Éditions Alsatia, , 175 p. (lire en ligne).