Guerres de Nouvelle-Zélande
Les guerres de Nouvelle-Zélande (en anglais : New Zealand Land Wars ou en maori : Ngā pakanga o Aotearoa) sont une série de conflits militaires entre les forces coloniales britanniques et les Maoris de Nouvelle-Zélande entre 1845 et 1872. La cause principale de ces guerres était la vente de terres maories aux colons britanniques.
Dénomination
modifierLe conflit fut originellement nommé « guerres maories », reprenant l'habitude de l'armée britannique de nommer les guerres suivant l'ennemi (par exemple : la guerre des Boers)[1],[2]. L'expression a été reprise en 1967 pour prendre en compte l'aspect bipartie du conflit, et donne alors « guerres anglo-maories »[1].
La dénomination « land wars », ou « guerres pour la terre », a gagné en popularité dans les années 1970, car la terre est généralement considéré comme le facteur déclencheur de la guerre [1],[2],[3]. Cette dernière a été recommandée par Heritage New Zealand en 1986[1],[4]. Elle est en effet proche de la dénomination très fréquente maorie « Nga Pakanga Whenua O Mua », pouvant être traduit par « land wars », mais ce nom n'a jamais été très populaire[1].

Aujourd'hui, « New Zealand Wars », ou « guerres de Nouvelle-Zélande », est devenue la dénomination courante, comme la terre n'était pas la seule raison du conflit et que l'expression guerre maories peut porter confusion avec les guerres des mousquets[1],[2],[3]. Elle a été popularisée par James Belich, par son livre et sa série télévisée sur le conflit, mais elle existait depuis les années 1920[1]. D'autres expression sont utilisées pour parler du conflit : guerre civile, Te riri Pākehā (guerre de l'homme blanc), guerres de souveraineté[2],[4]... Le nom exacte fait encore aujourd'hui l’objet de débats, comme le nom reflète la vision que l'on a de l'évènement[1],[4].
Contexte
modifierLe traité de Waitangi, signé en 1840, garantissait que les iwi (tribus) Māori devaient avoir l'entière possession de leurs terres, forêts, zones de pêche et autres taonga (trésors). Certaines des ventes de terres conclues au début de la colonisation avaient eu des bases douteuses, et les parties en cause avaient parfois conclu ces ventes avant la signature du traité.
Pour empêcher que de telles situations se reproduisent, les autorités coloniales britanniques nouvellement constituées décrétèrent que les Māori pourraient vendre leurs terres uniquement à la couronne britannique. Toutefois, de nombreux colons n'apprécièrent pas que les Māori possèdent leurs terres en commun et que la permission pour les colons de s'y installer n'implique pas toujours que ces terres leur soient vendues. Sous la pression des colons, le gouvernement colonial se mit peu à peu à ignorer les promesses faites par le Traité et permit que les colons s'installent dans les zones dont l'identité des propriétaires était incertaine. Les Māori commencèrent alors à résister à cette occupation de leurs terres, ce qui entraîna les « guerres néo-zélandaises ».
Conflits
modifierLe premier conflit des guerres néo-zélandaises était le massacre de Wairau, qui eut lieu en 1843 dans la partie nord de l'île du Sud. Il s'agissait d'un incident isolé causé par les colons de Nelson qui essayaient de confisquer des terres appartenant à un chef rangatira. Cette tentative mal organisée entraîna la mort de 22 d'entre eux.

La guerre de Flagstaff (aussi appelée « la rébellion de Hone Heke ») se déroula elle dans l'extrême nord de la Nouvelle-Zélande, aux alentours de la Bay of Islands, entre le et le . L'origine de cette guerre était le mana (prestige d'une iwi) et les devoirs coutumiers. Il s'agissait en réalité d'une guerre entre des chefs Māori rivaux, les Britanniques se battant d'un côté pour le prestige de l'Empire britannique. Le nombre de victimes causées par cette guerre est estimé à 176 au maximum.
Cette guerre fut presque immédiatement suivie par la campagne de la vallée de Hutt, de mars à , puis par la campagne de Wanganui, d'avril à , qui eurent lieu dans le sud-ouest de l'île du Nord. L'origine de ces deux conflits était l'empiètement des colons sur les terres des Māori.
- Massacre de Wairau, 1843-1844
- Flagstaff War, 1845-1846, dont les batailles de Ohaeawai et Ruapekapeka
- Hutt Valley Campaign, 1846
- Wanganui Campaign, 1847
- Taranaki War 1, 1860
- Invasion de Waikato, 1863-1864
- Taranaki War 2, 1863-1866 dont bataille de Gate Pa
- East Cape War 1865-1866
- Titokowaru's War, 1868-
- Te Kooti's War, 1868-1872
Commémoration
modifierEn 2014, après une visite de sites des guerres de Nouvelle-Zélande, des collégiens de l'établissement scolaire de Ōtorohanga (région de Waikato) ont lancé une pétition pour qu'un jour de commémoration de ces conflits soit créé et que l'histoire locale fasse partie du programme scolaire[5],[6]. La pétition, ayant reçu plus de 12 000 signatures, est déposée par les élèves en au parlement à Wellington[4],[5],[6]. La pétition a ensuite été transmise à la commission aux affaires maories[6]. La pétition a lancé un débat national sur la nature exacte des guerres de Nouvelle-Zélande[5].
Avant que la commission ait pu finir son travail, le vice-premier ministre Bill English a annoncé le l'établissement d'un jour de commémoration[5],[7]. Le premier jour de commémoration a eu lieu le [4].
En , la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l'évolution du programme d'histoire pour prendre mieux prendre en compte l'histoire de la Nouvelle-Zélande[8]. La nouvelle mouture, mise en place à la rentrée 2023, comprend notamment l'enseignement des guerres de Nouvelle-Zélande[8],[9].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « New Zealand Wars » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Danny Keenan, « The 'New Zealand Wars' or 'Land Wars'?: The Case of the War in Taranaki 1860-61 », The Journal of New Zealand Studies, no 1, , p. 99-107 (ISSN 2324-3740, DOI 10.26686/jnzs.v0i1.82, lire en ligne
[PDF], consulté le ) - 1 2 3 4 (en) Danny Keenan, « New Zealand Wars overview | Te Ara Encyclopedia of New Zealand »
, sur teara.govt.nz, (consulté le ) - 1 2 Laurent Nerich, « Les New Zealand Wars : la culture guerrière maorie face à l’impérialisme britannique », theses.fr, Université de Lorraine, , p. 12 (lire en ligne
[PDF], consulté le ) - 1 2 3 4 5 (en-NZ) « New Zealand Wars conversations | NZ History », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Vincent O’Malley et Joanna Kidman, « Settler colonial history, commemoration and white backlash: remembering the New Zealand Wars », Settler Colonial Studies, vol. 8, no 3, , p. 298–313 (ISSN 2201-473X et 1838-0743, DOI 10.1080/2201473X.2017.1279831, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (en-US) Joanna Kidman, « Young Kiwis shatter silence about our difficult past », sur Newsroom, (consulté le )
- ↑ (en-NZ) Māni Dunlop, « NZ Wars day: From street petition to government goal »
, sur Radio New Zealand, (consulté le ) - 1 2 (en-NZ) « New Zealand history will be compulsory in all schools by 2022 »
, sur Radio New Zealand, (consulté le ) - ↑ (en-NZ) « Aotearoa New Zealand history curriculum launches »
, sur Radio New Zealand, (consulté le )
Bibliographie
modifier- (en-NZ) Michael King, The Penguin history of New Zealand, Penguine Group New Zealand Ltd, coll. « Read how you want », , 576 p. (ISBN 978-1-4596-2375-0)
- (en-NZ) James Belich, The New Zealand wars and the Victorian interpretation of racial conflict, Auckland, Auckland University Press, (1re éd. 1986), 396 p. (ISBN 978-1-86940-827-5 et 978-1-77558-751-4)
- Michael Barthorp (1979). To Face the Daring Māori. Hodder and Stoughton.
- James Belich (1988). The New Zealand Wars. Penguin.
- James Belich (1996) Making Peoples. Penguin.
- Judith Binney (1995). Redemption Songs: A Life of Te Kooti Arikirangi Te Turuki. Auckland : Auckland University Press.
- T.L. Buick (1976). Old Marlborough. Christchurch: Capper Press. (Originally published in 1900)
- Cowan, J., & Hasselberg, P. D. (1983) The New Zealand Wars. New Zealand Government Printer. (Originally published 1922) Online: Volume 1 1845-64, Volume 2 1864-72
- Hobbins, Peter (2004). Maori and Pakeha: British Colonial wars in New Zealand (Part 1). Paper on the Victorian Military Society website. (Part 2 not yet published)
- Jack Lee (1983). I have named it the Bay of Islands. Hodder and Stoughton.
- Jack Lee (1987). Hokianga. Hodder and Stoughton.
- Frederick Edward Maning (1862). A History of the War in the North of New Zealand against the Chief Heke. (A near-contemporaneous account, although written primarily with an aim to entertain rather than with an eye to historical accuracy)
- Maxwell, Peter (2000). Frontier, the Battle for the North Island of New Zealand. Celebrity Books.
- Pugsley, Chris (1998). Manufacturing a War: Grey, Cameron and the Waikato Campaign of 1863-4. Paper by noted NZ military historian on the New Zealand Society of Genealogists website
- Simpson, Tony (1979). Te Riri Pākehā. Hodder and Stoughton.
- Keith Sinclair (ed.) (1996). The Oxford Illustrated History of New Zealand (2nd ed.) Wellington: Oxford University Press.
- Michael King (2003). The Penguin History of New Zealand. Penguin.
- Stowers, Richard (1996). Forest Rangers. Richard Stowers.
- Vaggioli, Dom Felici (2000). History of New Zealand and its inhabitants, Translated by J. Crockett. Dunedin: University of Otago Press. (Original Italian publication, 1896).
- Walker, Ranginui (2004) Ka whawhai tonu matou: Struggle without end Penguin.
- « The people of Many Peaks: The Māori Biographies » (1990). From The Dictionary of New Zealand Biography, Vol. 1, 1769-1869. Bridget Williams Books and Department of Internal Affairs.
Podcast
modifier- Alexandre Jubelin, Laurent Nerich, André Loez, « La colonisation Pa à Pa : les Maoris face aux Britanniques » [Des conflits oubliés #5], Le Collimateur, Le Rubicon, .
Articles connexes
modifier
- Guerres des mousquets
- Bataille de Gate Pa
- Te Whiti o Rongomai
- Titokowaru
- George Grey
- chefs maoris engagés militairement du côté britannique durant les guerres maories :