Guesch Patti

auteure-compositrice-interprète, chorégraphe et danseuse française

Guesch Patti est une autrice-compositrice-interprète, chanteuse, danseuse, chorégraphe et actrice française, née le à Neuilly-sur-Seine et morte le à Paris 15e.

Guesch Patti
Description de cette image, également commentée ci-après
Guesch Patti aux Étoiles d'or en 2009.
Informations générales
Nom de naissance Patricia Yolande Ghislaine Porrasse
Naissance
Neuilly-sur-Seine (Seine, France)
Décès (à 80 ans)
15e arrondissement de Paris (France)
Nationalité française
Activité principale autrice-compositrice-interprète
Activités annexes danseuse, chorégraphe, actrice
Genre musical chanson française
Années actives 1984-2020
Labels EMI
Philips Records

Elle est principalement connue pour sa chanson Étienne, numéro 1 au Top 50, certifiée disque d'or, classée dans le top 10 européen et qui lui a valu une Victoire de la musique en 1987 ainsi que le prix Vincent-Scotto, un succès international dont elle estimera quelques années plus tard qu'il aura phagocyté sa carrière.

Elle s'est aussi illustrée comme danseuse contemporaine et comme comédienne de théâtre notamment dans Les Monologues du vagin et L'Opéra de quat'sous, en plus de quelques apparitions au cinéma et à la télévision.

Biographie

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Famille et enfance

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Patricia Yolande Ghislaine Porrasse naît le à Neuilly-sur-Seine de Linda et Jean Porrasse (1923-1995), agent et directeur artistique chez Pathé-Marconi[1],[n 1]. Elle a pour parrain le comédien Bernard Blier[2].

Elle apprend la danse classique et devient, à l'âge de neuf ans, petit rat de l’Opéra de Paris[2].

Carrière

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Danseuse à l'Opéra de Paris

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Engagée à l'âge de 15 ans par Roland Petit à l’Opéra de Paris[2], elle opte huit ans plus tard pour la danse contemporaine[2]. Elle collabore avec Joseph Russillo, Carolyn Carlson[2]; Pina Bausch[2], Karlheinz Stockhausen, Sylvano Bussotti puis avec le Four solaire d’Anne-Marie Reynaud et d'Odile Azagury en 1976. Par ailleurs, elle travaille pour la télévision comme danseuse, et accompagne notamment Nana Mouskouri et Sylvie Vartan sur scène[3].

Groupes musicaux

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En parallèle de sa carrière de danseuse, elle se lance en 1964 dans la chanson et enregistre avec son mari, le chanteur et pianiste Yves Gilbert, quatre 45 tours sous les noms d'Yves et Patricia[1].

En 1984, elle participe à la formation du trio Dacapo (avec Lydie Callier), et remporte le prix Radio Mont-Blanc de la découverte lors d'un festival à Dijon. Elle choisit son nom de scène « Guesch » en référence au sobriquet d'origine basque (Gaixoa) que lui donnait son grand-père[4].

Succès international d'Étienne

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Se lançant dans une carrière solo, Guesh Patti connaît le succès avec la chanson Étienne qu'elle a écrite sur une musique de Vincent Bruley et sortie en juin 1987. Classé n°1 en France et en Italie[5], n°3 en Suisse, n°6 en Autriche et n°9 en Allemagne de l'Ouest[6], le titre s'écoule au total à plus d'1,5 million d'exemplaires et obtient un disque d'or en France[7]. Le 19 décembre suivant, Guesh Patti est récompensée d'une Victoire de la musique dans la catégorie « Révélation féminine de l'année », devant Vanessa Paradis et Maurane.

Le clip, principalement en noir et blanc, est réalisé par Lydie Callier et fait polémique en raison de son contenu mêlant sexe et drogue[1]. Il aurait inspiré Madonna durant cette même période[4],[8]. La cinéaste, photographe et plasticienne Élodie Lachaud témoigne : « Ces deux guerrières se zieutaient en permanence. Madonna suivait tous les clips de Guesch. Celle-ci en parlait souvent. C’était sa grande fierté. Guesch était instinctive et cérébrale. Les arts, c’était sa vie. Ce n’est pas un hasard si elle nous a quittés le soir de la Fête de la musique »[8].

Guesch Patti signe aussi pour ce titre deux contrats en parallèle avec deux producteurs différents, provoquant un imbroglio inextricable et un long conflit juridique tranché en 1995 devant un tribunal[7].

En 1988, elle publie l'album Labyrinthe[9], dont est extrait un deuxième titre, Let Be Must the Queen, qui se classe vingt-cinquième au Top 50.

Nomades, son deuxième album, sort en janvier 1990[9], suivi d'une tournée européenne et de concerts donnés aux États-Unis, ainsi qu'au Canada. Toutefois, ni l'album ni les titres L'Homme au tablier vert, Comment dire et Nomades ne rencontrent le succès.

Guesch Patti en concert au Printemps de Bourges en 1991.

En 1992, l'album Gobe, enregistré à Minneapolis dans les studios de Prince[9] et produit par son ancien batteur, Bobby Z, est un échec commercial. Elle part de nouveau en tournée, proposant un spectacle mêlant danses et chansons avec en décor une peinture sur toile réalisée pendant chaque représentation. L'album Gobe est sans doute le plus abouti de Guesch Patti, tant au niveau des sonorités musicales ou des textes, que des thèmes abordés ou de l'iconographie.

L'album Blonde, sorti en 1995[9], est fortement marqué par une évolution vers des sonorités moins commerciales et de nouvelles collaborations, avec entre autres, Matthieu Chedid, Étienne Daho (sur le titre Blonde) et Françoise Hardy (sur le titre Un peu… beaucoup). Trois extraits font l'objet de singles : La Marquise, Blonde et Amnésie. Par ailleurs, en 1996, Guesh Patti est l'une des artistes choisie par le cinéaste britannique Peter Greenaway pour la bande originale de son film The Pillow Book, avec trois chansons de l'album : La Marquise, Blonde et La Chinoise.

Dernières Nouvelles, paru en 2000[9], le cinquième album de Guesch Patti, met en évidence une ambiance douloureuse et mélo-dramatique empreinte de solitude. Un DVD sorti en complète l'album. Innovant dans le domaine de la musique, il présente une grande partie de l'album, alternant chansons, performances chorégraphiques, ainsi qu'une fausse interview traitant de problèmes existentiels ou de la condition de l'artiste.

Danse, théâtre et spectacles

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En 2001, Guesch Patti prend ses distances avec le monde de la musique, cherchant à diversifier ses expériences artistiques : elle confie à l’Agence France-Presse combien le succès d’Étienne lui semble avoir phagocyté sa carrière, même s’il lui a permis de décrocher une Victoire de la musique[1],[10],[11]. À ce sujet, elle confie, le 26 avril 2002 dans le talk-show On ne peut pas plaire à tout le monde sur France 3, « détester les récompenses » considérant que « les artistes sont uniques » et « n'ont pas à être en concours ». Elle confirme que « le show biz l'a rendue malheureuse » et révèle « faire tout sur ses dettes ». Elle reprend ainsi sa carrière de danseuse, puis, sous la direction d’Anne-Marie Reynaud, crée Elle sourit aux larmes, cinq soli signés Odile Azagury, Odile Duboc, Pascale Houbin, Daniel Larrieu et Dominique Mercy[1]. La même année, Guesch Patti s'offre un duo avec Gonzales pour le single Dans tes yeux.

À partir du début des années 2000, on la voit aussi au théâtre, notamment dans les Monologues du vagin[12], dans L'Opéra de quat'sous, de Bertolt Brecht et Kurt Weill, dans Par-dessus bord, de Michel Vinaver, mis en scène par Christian Schiaretti, dans Jesus Camacho 404 284, d’après des textes de Francis Marmande, Victor Hugo et Victor Segalen, adaptés et mis en scène par Patrick Sommier, puis dans Allegro Ricordando, d’Ami Flammer, mis en scène par Georges Lavaudant.

Elle participe au projet d'Odile Azagury, Les Princesses, qui réunit la fine fleur de la danse contemporaine, avec quinze musiciens de l'ensemble Ars nova sous la baguette de Philippe Nahon. Ce spectacle créé à Poitiers, en octobre 2008, conçu comme un parcours dans l'ensemble du bâtiment, permet au public de découvrir ses différents espaces. Il est repris au théâtre national de Chaillot en novembre 2009. À la suite de ces représentations, elle est invitée à participer aux chorégraphies d’hommage à Pina Bausch au théâtre de Vanves en . De cette aventure, naît le projet de son prochain spectacle : La Revue : Mémoire en défense.

En 2009 sort le single Bilingue, suivi en 2010 par Ensemble, tiré du film Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour…[13].

En , elle est membre du jury du premier prix Barbara créé par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand pour honorer un ou une jeune artiste auteur-compositeur-interprète « dont le talent s'inscrit dans le sillage de Barbara »[14].

Guesch Patti se produit en 2014 à la Ménagerie de verre à Paris dans RE-VUe, un spectacle de théâtre-danse. En 2018, elle lance un nouveau spectacle, Per au travers, œuvre de danse contemporaine dans lequel elle apparait entourée de deux danseurs. Le spectacle tourne jusqu'en 2020[15].

Cinéma et télévision

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Guesch Patti apparaît au cinéma dans quelques films dont Elles de Luís Galvão Teles, aux côtés de Miou-Miou, Marthe Keller, Marisa Berenson et Carmen Maura, Une pour toutes de Claude Lelouch et Suzanne de Viviane Candas[12]. À la télévision, elle joue notamment dans le téléfilm Monsieur Max de Gabriel Aghion.

Durant l'été 2006, elle est jurée dans le Dancing Show[16], avec Blanca Li, Abou Lagraa et Marc Couderc, diffusé en première partie de soirée sur France 2 et présenté par Anthony Kavanagh. Ce concours dans lequel s'affrontent dix couples de danseurs amateurs, permet notamment la révélation au grand public de Fauve Hautot[16].

Guesh Patti meurt dans la nuit du 21 au dans le 15e arrondissement de Paris[17], à l'âge de 80 ans des suites d'une longue maladie[1],[18],[12]. Ses obsèques ont lieu le au crématorium du Père-Lachaise[19] en présence notamment de son amie la comédienne Isabelle Nanty[20] et du chorégraphe Daniel Larrieu, qui lui a rendu hommage en dansant[21].

Vie privée

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De 1964 à 1974, elle est mariée au pianiste Yves Gilbert avec lequel elle forme un duo vocal au début de sa carrière.

Discographie

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Singles

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Sous les noms d'Yves et Patricia (avec Yves Gilbert)
  • 1964 : La Petite Histoire
  • 1964 : Il est bleu, il est gris
  • 1965 : Dès que tu me tournes le dos
  • 1965 : Voyager
Sous le nom de Guesh Patti (en solo)
  • 1984 : Somnifères (avec le groupe Dacapo)
  • 1987 : Étienne
  • 1988 : Let Be Must the Queen
  • 1988 : Cul cul clan[n 2]
  • 1988 : Bon Anniversaire
  • 1990 : L'Homme au tablier vert (Fleurs carnivores)
  • 1990 : Comment dire
  • 1990 : Nomade
  • 1992 : Wake Up
  • 1992 : Mélomane
  • 1995 : La Marquise
  • 1995 : Amnésie
  • 1996 : Blonde
  • 2000 : 4+1
  • 2002 : Dans tes yeux (en duo avec Gonzales)
  • 2009 : Bilingue
  • 2010 : Ensemble

Vidéographie

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  • 2002 : Dernières Nouvelles
  • 2007 : Suzanne

Filmographie

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Cinéma

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Télévision

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Théâtre

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Distinctions

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Récompenses

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Nomination

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Notes et références

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Notes
  1. Ils ouvriront quelques années plus tard deux restaurants, Le Cintra à Paris, avant d'ouvrir un autre restaurant, et Le Saratoga à Deauville.
  2. Sorti en Allemagne uniquement.
Références
  1. 1 2 3 4 5 6 Rosita Boisseau et Bruno Lesprit, « La mort de Guesch Patti, danseuse, chanteuse aussi, mais avant tout artiste », Le Monde, .
  2. 1 2 3 4 5 6 « Décès de la chanteuse Guesch Patti, interprète du sulfureux Étienne dans les années 1980 », sur RTS Info, .
  3. 1 2 « Guesch Patti », sur Mytaratata.com.
  4. 1 2 Camille Beauleux, « Mort de Guesch Patti, l’étoile singulière de Étienne, Étienne qui électrisa la pop des années 1980 », sur cult.news, .
  5. (it) « Classifiche » [archive du ], sur Musica e dischi. Réglez « Tipo » sur « Singoli » puis dans le champ « Titulo », recherchez « Étienne ».
  6. « Guesch Patti - Étienne », sur lescharts.com (consulté le ).
  7. 1 2 Jamal Henni, « Étienne, Étienne la chanson que Guesch Patti a vendu en même temps à deux producteurs », sur BFM TV, .
  8. 1 2 Léna Lutaud et Bertrand Guyard, « Mort de Guesch Patti, chanteuse du sulfureux Étienne, Étienne, qui bouleversa les années 1980 et Madonna », Le Figaro.
  9. 1 2 3 4 5 Marc Uytterhaeghe, « Disparition de Guesch Patti, icône des années 80 révélée par la chanson Étienne », sur L'Avenir, .
  10. « Guesch Patti, interprète d’Etienne, tube de 1988, est morte à l’âge de 80 ans », Le Monde, .
  11. « Biographie de Guesch Patti », sur musicme.com (version du sur archive.org).
  12. 1 2 3 « La chanteuse Guesch Patti, inoubliable interprète du tube Étienne, est morte à l'âge de 80 ans », sur RTL, .
  13. « Que devient Guesch Patti ? », sur melody.tv, (consulté le ).
  14. « 29e Fête de la Musique : création du prix Barbara », sur Ministère de la Culture, .
  15. Élise Comte, « Guesch Patti : que devient l'interprète du tube Étienne ? », sur programme-tv.net, (consulté le ).
  16. 1 2 « Disparition de la chanteuse et danseuse Guesch Patti », sur Nolstalgie, .
  17. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  18. « Mort de Guesch Patti », Midi Libre, .
  19. Sorelle Sper, « Les obsèques de Guesh Patti auront lieu au Père-Lachaise », (consulté le ).
  20. Faustine Jehanne, « Obsèques de Guesch Patti : dix mois après son accident de la route, Isabelle Nanty est la seule célébrité à faire le déplacement », sur Officielles.r, (consulté le )
  21. « Isabelle Nanty fait une rare apparition aux obsèques de Guesch Patti - Programme-tv.net », sur photo.programme-tv.net, (consulté le )
  22. « L'histoire du tube Étienne de Guesch Patti », sur Nolstalgie, .
  23. « Guesch Patti », sur musee.sacem.fr (consulté le ).

Liens externes

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