Guido Angelotti
Guido Angelotti, né en 1884 à Montepulciano et mort le 9 octobre 1916 sur le plateau du Karst, est un anthropologue physique, enseignant, écrivain et journaliste italien.
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Guido Pesci Angelotti |
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Biographie
modifierAnthropologue et enseignant
modifierIssu d'une famille noble et né en 1884 à Montepulciano, Guido Angelotti, après des études en lettres et avoir obtenu son diplôme, s'oriente vers l'anthropologie physique et l'enseignement des sciences naturelles[1].
Assistant de Giuseppe Sergi à la chaire d'anthropologie de Rome entre 1909 et 1913, il fit durant cette période la connaissance du philosophe Sergio Panunzio, dont il devint l'ami puis le collègue à l'École normale d'Urbino à partir 1914[1]. Il participa activement aux activités de la Société romaine d'anthropologie, comme en témoignent sa présence aux assemblées et ses nombreuses contributions scientifiques, notamment dans le domaine de la craniologie (types crâniens étrusques et du territoire étrusque, variations de la pars tympanica de l'os temporal, sillons de l'artère méningée moyenne, crânes du Monte Amiata, caractères différentiels entre dolichocéphales et brachycéphales, polygénisme). Il renonça cependant à sa carrière après sa mutation au lycée d'Urbino en 1913[1].
Militant socialiste à Montepulciano
modifierAnimateur des groupes socialistes de Montepulciano et Sienne au début du XXe siècle, Angelotti côtoya plusieurs figures locales comme Olga et Angelo Signorelli ainsi que Rosetta Pittaluga[2]. Collaborateur de plusieurs périodiques socialistes, il s'intéressa à la cause des révolutionnaires russes (1905-1906), sollicitant des articles et des manifestations de solidarité, écrivant par exemple dans une lettre :
« Mon âme est remplie d’admiration pour les âmes qui, dans votre Russie lointaine, se heurtent fières et indomptables à la férocité et à l’immobilité des choses, et elle est en même temps remplie de douleur pour les malheurs et les souffrances dont seul un écho lointain nous parvient. »
— Archivio Russo-Italiano VI[2].
Ou encore :
« Mon désir est très vif de faire quelque chose de plus positif et de meilleur, de donner toute mon énergie, toute ma foi à la cause du peuple russe que j’aime… bien plus que le peuple italien parce qu’il me semble d’une énergie plus juvénile et que je le sens plus proche de moi. Ce qu’il faut faire, à mon avis, c'est de faire connaître l’état actuel des choses, c’est-à-dire la féroce répression. »
— Archivio Russo-Italiano VI[2].
La crise du syndicalisme révolutionnaire
modifierProgressivement, Angelotti se rapprocha du courant syndicaliste révolutionnaire et collabora notamment à Pagine libere, revue fondée en 1907 par Angelo Oliviero Olivetti[1]. Lors de la « crise du syndicalisme » (1910), il critiqua ouvertement le mouvement et les tactiques qu'il avait jusque-là utilisé dans un article intitulé « Sindacalismo e sindacalisti in Italia » (Pagine Libere, 1er Août 1910). Le Mouvement socialiste écrit que Angelotti voulu « montrer l'obscurité du syndicalisme italien »[3] :
« Le tort des syndicalistes d'Italie, selon lui, a été de vouloir copier servilement les méthodes du syndicalisme français. Or les conditions économiques de l'Italie et de la France ne sont pas les mêmes. Encore moins peut-on comparer les conditions politiques. Les syndicalistes français, Lagardelle surtout, ont insisté sur la nécessité de la démocratie pour le développement du syndicalisme. Et, en Italie, dit Angelotti, la démocratie en est à ses premiers pas ! Le syndicalisme italien est artificiel. C'est un mouvement d'idées confuses, sans support réel, créé par quelques intellectuels. En France, la pratique a devancé la théorie ; en Italie, la théorie est une importation étrangère. »[3]
Le rôle du mouvement était désormais selon lui de rechercher ses défauts et les causes de son insuccès, tout en se préservant de toute alliance avec le Parti socialiste italien (PSI)[3]. Autre critique à l'encontre du mouvement syndicaliste révolutionnaire : l'origine socialiste des syndicalistes :
« Les insuffisances du syndicalisme italien sont en partie l'effet de son vice d'origine. On peut dire qu'il a suivi chez nous un processus inverse de celui suivi en France, allant de la spéculation doctrinale à la pratique de l'organisation […] En général, on peut affirmer que la conception syndicaliste n'a pas été chez nous le résultat des expériences acquises par le prolétariat, mais qu'elle a plutôt constitué un mouvement d'idées né en dehors de la classe ouvrière et introduit en son sein par d'habiles organisateurs […] À cela a sans aucun doute contribué le fait que presque tous les militants syndicalistes proviennent des rangs du Parti socialiste, dont ils furent souvent les disciples les plus ardents et les plus dévoués, emportant avec eux tout le bagage de la conception du Parti entendu comme un groupement d'hommes unis par des liens purement idéaux. »[1]
Angelotti « recommandait aux groupes syndicalistes de ne pas intervenir là où la vie syndicale demeurait encore faible — c'est-à-dire presque partout —, car c'était précisément le retard du milieu qui poussait les intellectuels à suppléer cette faiblesse par des formes d'organisation (le parti) et par des velléités révolutionnaires extérieures au monde ouvrier »[1].
L'interventionnisme et la mort
modifierLors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, Angelotti se positionna, comme de nombreux syndicalistes révolutionnaires, dans le camp des partisans de l'intervention au nom de la lutte contre l'impérialisme des Empires centraux. Début 1915, il écrivait ces lignes :
[…] nous avions pensé à une guerre de tout un peuple qui ne veut plus être l’instrument aveugle de castes militaires ou de coteries diplomatiques, d’un peuple qui revendique pour lui-même le droit d’employer les armes contre l’impérialisme. Nous avions pensé à la guerre libératrice et généreuse qui fût, en même temps, l’accomplissement de notre histoire nationale et l’affirmation de notre civilisation latine, qui fût à la fois l’acte de contrition pour tant de renoncements […] la guerre en somme qui élèverait dans l’histoire le nom de l’Italie non pas tant pour les terres conquises que pour le drapeau défendu à juste titre – le drapeau de la liberté. »[4]
Engagé sur le front, il mourut le 9 octobre 1916 sur le plateau du Karst.
Publications
modifier- Intorno a due tipi cranici del territorio etrusco, Atti della Società Romana di Antropologia, vol. XV, 1909-1910.
- Variazioni e lacune nella « pars tympanica » del temporale, dans les Atti della Società Romana di Antropologia, vol. XV, 1909-1910.
- Crani del Monte Amiata, Atti della Società Romana di Antropologia / Rivista di Antropologia, vol. XIV, vers 1908.
- Sui solchi dell'arteria meningea media nell'endocranio, Atti della Società Romana di Antropologia / Rivista di Antropologia, vol. XV.
- Mancanza congenita ed ereditaria di un incisivo, Atti della Società Romana di Antropologia / Rivista di Antropologia, vol. XV.
- Osservazioni morfologiche sulla base del cranio, Rivista di Antropologia, vol. XVI, fasc. II et III (cité en 1911).
- Di alcuni caratteri differenziali fra dolico e brachicefalo, dans Volume giubilare in onore di Giuseppe Sergi (Rivista di Antropologia).
- Alcune nuove vedute sul Poligenismo, dans Natura (Rivista di Scienze Naturali), vol. V, 1914.
- Giuochi e giocattoli di bimbi selvaggi, 1912.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Willy Gianinazzi, Intellettuali in biblico « Pagine libere » e i sindacalisti rivoluzionari prima del fascismo, Bozze definitive, (lire en ligne)
- 1 2 3 Archivio Russo-Italiano VI : Olga Signorelli e la cultura del suo tempo, Salerno, (lire en ligne)
- 1 2 3 « Les revues italiennes », Le Mouvement socialiste, , p. 78 (lire en ligne)
- ↑ Marco Gervasoni, La penna e il movimento intellettuali e socialismo tra Milano e Parigi, M & B Pub.,