Gun Morgan
De son vrai nom Jean Pierre Comoé, Gun Morgan est un artiste musicien ivoirien décédé le à Abidjan. Considéré comme l'un des pionniers de la musique moderne ivoirienne[1], il a cette particularité d'inclure sa famille dans ses activités artistiques et musicales et gagne du succès dans les années 1980 avec de nombreux tubes, dont kokody kouadio, l'un d'eux.
| Nom de naissance | Jean-Pierre Comoé |
|---|---|
| Décès |
Abidjan, |
| Activité principale | Artiste musicien |
| Instruments | Guitare |
| Labels | Ebony Record, Disco Stock, Charles Talar Records, SIIS |
Biographie
modifierFamille, enfance et études
modifierGun Morgan grandit dans un cadre familial nucléaire. Entre six et sept ans, il est orphelin de mère et dès lors, le jeune enfant brille par d'incessants comportements turbulents. Il est de ce fait exclu des écoles qu'il fréquente pour mauvaise conduite. Nonobstant ce caractère, l'enfant est plutôt brillant au vu de ses résultats scolaires, mais qui ne sont pas convaincants auprès de ses professeurs qui déplorent son attitude turbulente. Renvoyé trente-six fois du lycée technique, son père décide de l'envoyer fréquenter à Bouaké, où il devient major de la Côte d'Ivoire en 1968, avec une moyenne de 18,60. Peu après, son père décide de rencontrer un professeur pour lui demander conseil sur ce qu'il y a lieu de faire pour le cas du jeune Comoé au vu du refus qu'il accuse des encadreurs à prendre en charge l'enfant ; il lui conseille, si ses moyens lui permettent, d'envoyer l'enfant poursuivre ses études en Europe. Le jeune Comoé se retrouve alors plus-tard en Europe et, avec la qualité de l'enseignement, il s'assagit (7:50 - 9:49)[2]. Il est diplômé de l'Institut Pharmaceutique de France[3].
Gun Morgan est le neveu des sœurs Comoé, premières vedettes de la musique ivoirienne et sœurs de son père (5:22 - 5:34)[2], et l'oncle de la chanteuse Monique Séka[1].
Origine du nom Gun Morgan
modifierLe nom est inspiré du film Capitaine Morgan que le jeune Comoé regarde avec ses amis. Suite à une scène du personnage Morgan, marquant les esprits des enfants, au sortie de la diffusion, les amis du jeune Comoé décident de lui attribuer le nom "Morgan". À sa première production musicale en 1970, il ajoute "Gun" qui donne en définitive "Gun Morgan"(7:02 - 7:38)[2].
Musique, prestation en famille et accoutrement
modifierGun Morgan forge son style musical et ses prestations à l'image de James Brown qu'il admire[4] et y associe un style vestimentaire assez fantaisiste[5]. Il marque les années 1980 en étant le premier artiste musicien ivoirien à prester avec sa famille sur scène, son épouse et ses deux enfants, tous vêtus aux couleurs du drapeau de la Côte d'Ivoire[4],[1].
Activités extra musicales
modifierDiplômé de l'Institut Pharmaceutique de France, Gun Morgan est le tout premier délégué médical de Côte d'Ivoire[3]. Jusqu'au début des années 1990, il est employé dans une compagnie de cosmétiques. Par ailleurs, il est pratiquant d'art martiaux[5].
Déboires
modifierAprès une vie quasi-opulente et anachronique émanant du succès de son art, Gun Morgan enchaîne difficultés, malheurs et ecarts de conduite: le départ de son épouse, l'addiction à l'alcool, la toxicomanie, l'adultère ; à ceux-là, s'ajoute le décès de son fils[5].
Bien qu'ait pu se reprendre en main sa fille de part son talent musical, il n'en est pas le cas de Gun Morgan qui, très maladif, essaie tant soit peu de s'assumer avec le peu de moyens qu'il dispose ; et contre toute attente, en 2014, voyant une lueur d'espoir en la pension mensuelle allouée aux anciennes vedettes de la musique ivoirienne par le Président de la République, son nom ne figure pas dans la liste[4],[5].
Vie privée
modifierGun Morgan fait connaissance avec Chausson Sylvaire Denise Nicole[3], sa femme, en 1970, en Californie, à Los Angeles aux Etats-Unis. Ils ont ensemble deux enfants, une fille dénommée Comoé Gun Kaleen (14:21 - 14:54), artiste reggae, et un garçon dénommé Comoé Auzian Nicholas (15:21 - 15:48)[2], décédé[5].
Décès
modifierAnecdotes
modifierNom issu du nom d'un fleuve
modifierLa première guitare
modifierAlors qu'il est encore jeune, Gun Morgan, en compagnie de son frère, sont aux premières heures du matin sortis à la recherche des mangues. En chemin, ils tombent sur un morceau de planche. Son frère se propose d'en faire une mitraillette, mais Gun Morgan veut plutôt qu'ils en fassent une guitare. Sa proposition validée, ils emmènent la planche dans une menuiserie. Avec les fils à frein de vélo, ils en font les cordes qu'ils montent sur la planche. Le jeune Gun Morgan finalise son nouvel instrument en l'induisant de peintures bleue et rouge. C'est ainsi qu'il obtient sa première guitare (3:43 - 4:35)[2].
Discographie
modifier- Gun Morgan.
- 1974: Hot jungle.
- Gun Morgan and the Gramoxone band - pkossoko pkassaka.
- Kokoty kouadio.
Sources et références
modifier- 1 2 3 (en-US) « Décès ce jour de l'artiste chanteur Gun Morgan a la Pisam. | AbidjanTV.net | AbidjanTV.net », (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 [vidéo] « RIP Gun Morgan notre James Brown tire sa révérance », CoteDivoireMakingof, , 19:28 min (consulté le )
- 1 2 3 « Nécrologie », sur Abidjan.net (consulté le )
- 1 2 3 (en) Diarra Tiémoko, « L'artiste Gun Morgan, auteur de la chanson « Côcôti Kouadio » est mort », sur www.linfodrome.com, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Décès de Gun Morgan : Que de regrets… mais quel plaisir partagé ! », sur FratMat, (consulté le )
- 1 2 Lamine MBAYE, « Côte d'Ivoire: Décès de l'artiste chanteur Gun Morgan », sur Senego.com - Actualité au Sénégal, (consulté le )
- ↑ Franck Yeo, « Côte d'Ivoire : Obsèques - Gun Morgan inhumé le samedi 17 mars à Williamsville », Fratmat.info, Abidjan, (lire en ligne)