Guy Champagne
Guy Champagne, né en [1], est un homme de lettres québécois qui a principalement œuvré dans le milieu de l’édition littéraire, notamment aux Éditions Nota bene et aux Presses de l'Université de Montréal.
Biographie
modifierGuy Champagne est un éditeur québécois ayant principalement œuvré dans le domaine de l'édition littéraire et universitaire.
En 1988, il fonde, avec Anne-Marie Guérineau et Denis Le Brun, Nuit blanche éditeur, une maison d'édition issue de la revue littéraire Nuit blanche, héritière de la revue du Bulletin Pantoute lancé par la Librairie Pantoute en 1974[2]. La création de Nuit blanche éditeur permet notamment, au Centre de recherche sur la littérature québécoise (CRELIQ), créé en 1985, de « poursuivre et de structurer son activité éditoriale[3] » autour de plusieurs séries.
Il a défendu une conception de l'édition qui dépasse le cadre strictement universitaire. Il préfère qualifier les publications des Éditions Nota bene de « livres de savoir » plutôt que de livres savants, déplorant le manque de reconnaissance de cette catégorie par les organismes publics québécois. Il insiste également sur l'importance d’une évaluation scientifique rigoureuse des manuscrits. Quant à l'édition numérique, il estime qu'elle ne saurait remplacer entièrement le livre imprimé, notamment en raison de la légitimité scientifique conférée par les maisons d'édition reconnues[4].
En 2005, il fonde avec avec Catherine Morency une collection de poésie nommée Le lézard amoureux[5]. La même année, Guy Champagne accompagne et soutient financièrement Antoine Tanguay à créer la maison d'édition Alto[6],[7]. En 2010, Guy Champagne fait l'acquisition des Éditions Varia, maison fondée en 1996 par Michel Bédard et reprise en 2005 par le philanthrope Pierre Bourgie. Cette acquisition contribue à la diversification des activités des Éditions Nota bene, jusque-là principalement consacrées aux essais littéraires et universitaires[2].
Au début des années 2010, il entreprend une réorganisation des Éditions Nota bene, jusque-là établies à Québec, qui déménagent à Montréal vers 2013-2014. Il se rapproche alors de Patrick Poirier, coordonnateur du CRILCQ à l'Université de Montréal et directeur de la revue Spirale, ainsi que de l'essayiste Nicolas Lévesque. En 2015, Champagne reprend les Éditions Triptyque et la revue Mœbius, alors dirigées par Robert Giroux, et constitue le Groupe Nota bene. Cette réorganisation s'accompagne d'une transmission des responsabilités à une nouvelle génération d'éditeurs.
Selon Nicholas Giguère, son travail d'éditeur se distingue par l'importance accordée à la relève littéraire et éditoriale. Il favorise l'intégration de jeunes éditeurs et écrivains. La transmission de son savoir-faire et l'autonomie accordée à ses collaborateurs ont joué un rôle déterminant dans la transition du Groupe Nota bene vers une nouvelle génération de responsables éditoriaux[8]. Il écrit : «Guy Champagne attire de nombreux·ses collaborateurs·trices de la jeune génération, enthousiastes et désireux·ses de renouveler le rapport à l’édition et même à la littérature[8].»
En 2020, il sera engagé par Les Presses de l'Université de Montréal (PUM) à titre d'éditeur sénior pour diriger la collection «Espace littéraire».
Notes et références
modifier- ↑ Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliographie du Québec) », sur www.banq.qc.ca, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le )
- 1 2 (fr-CA) « À propos », sur Éditions Nota bene (consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Collections – CRILCQ » (consulté le )
- ↑ Francine Bordeleau, « Édition savante : les livres de la connaissance », Lettres québécoises, no 116, , p. 16-18
- ↑ Thierry Dimanche, « Point d’orgue pour les poulpes. Extraits, précédés de trois petites gloses », Liberté, vol. 49, no 3 (277), , p. 39-46
- ↑ Sébastien Lavoie, « Gérer l’expansion en s’amusant : l’exemple des éditions Alto », Lettres québécoises, no 136, , p. 58-59
- ↑ André Vanasse, « Les jeunes éditeurs de la première décennie de l’an 2000 », Lettres québécoises, no 161, , p. 3-4
- 1 2 Marie-Andrée Bergeron, Nicholas Giguère, Rachel Nadon et Marie Fradette, « Relève et passation en édition », Lettres québécoises, no 174, , p. 23-31