Gwenhwyfach
Gwenhwyfach (en moyen gallois : Gwenhwyvach, Gwenhwywach ou Gwenhwyach ; parfois anglicisée en Guinevak) était la sœur de Gwenhwyfar (Guenièvre), l'épouse du roi Arthur dans la légende arthurienne médiévale galloise (en). La tradition qui l'entoure est préservée sous forme fragmentaire dans deux Triades galloises et le conte Mabinogi de Culhwch et Olwen.

Gwenhwywach
modifierCe personnage relativement obscur est mentionné pour la première fois dans Culhwch et Olwen, où son nom (orthographié Gwenhwyach). Elle figure parmi les 200 hommes, femmes, chiens et chevaux invoqués par le héros Culhwch pour ponctuer sa demande au roi Arthur de l'aider à retrouver son amour Olwen.
Les deux triades qui mentionnent Gwenhwyfach font référence à l'inimitié entre elle et sa sœur qui a mené à la bataille de Camlann. Dans les Triades citées par le Livre rouge de Hergest, la numéro 12 cite « Trois Coups Néfastes de l'Île de Bretagne », dont « le second, Gwenhwyfach, frappa Gwenhwyfar : et pour cette raison eut lieu ensuite la bataille de Camlan »[1]. Une triades recensées par Iolo Morganwg, la 49 sur les « Trois gifles fatales », raconte une anecdote identique, mais la nomme Gwenhwyvach[2].
Identifiant Camlann comme l'une des « Trois Batailles Futiles » de Bretagne, la triade 84, mentionne qu'elle a été déclenchée par une dispute entre les sœurs. Certains ont suggéré que « Gwenhwyfach » dans la Triade 53 est une erreur pour « Medrawd » (Mordred), puisque la Triade 54 décrit Medrawd attaquant la cour d'Arthur et jetant Gwenhwyfar au sol et la battant ; cette interprétation n'explique cependant pas la Triade 84[réf. nécessaire].
Rachel Bromwich (en) note, citant l'orthographe trouvée dans Culhwch et Olwen et Triade 84, que Gwenhwyach pourrait en fait être l'orthographe originale du nom[3]. Melville Richards et Bromwich ont précédemment suggéré que l'orthographe alternative de son nom dans les sources galloises médiévales, Gwenhwywach, aurait pu être comprise comme Gwenhwy-fach, ou « Gwenhwy la Petite », une rétroformation basée sur une fausse étymologie du nom de sa sœur comme Gwenhwy- fawr, signifiant « Gwenhwy la Grande »[4],[5]. Il est possible que Gwenhwyfach ait été autrefois considérée comme un aspect plus sombre de Gwenhwyfar[6].
Fausse Guenièvre
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Le cycle Lancelot-Graal (ou Lancelot en prose) introduit un personnage possiblement apparenté, connu sous le nom de « la Fausse Guenièvre » ou « Guenièvre la Fausse ». Elle est la demi-sœur homonyme de la vraie Guenièvre, mais maléfique, née d'une mère différente. Également connue sous le nom de Dame de Camelide, elle ensorcelle Arthur et le retourne contre la vraie Guenièvre. Elle meurt plus tard de maladie, avouant sa faute sur son lit de mort. Dans le Lancelot non cyclique, elle avoue sa faute, puis est brûlée après que Lancelot ait remporté un combat contre ses trois champions.
Dans les œuvres modernes
modifierCertains auteurs modernes associent Gwenhwyfach à Mordred, probablement en raison de son association avec Camlann ; elle apparaît par exemple dans le rôle de l'épouse du traître dans le roman de Thomas Love Peacock, The Misfortunes of Elphin (en) (1829). Dans L'Ennemi de Dieu (en) (1996) de Bernard Cornwell, elle incarne la sœur obèse, délirante et stupide de Guenièvre, qui aide Arthur à la « sauver » supposément du château de Lancelot et qui sombre plus tard dans la folie en vivant seule.
Références
modifier- ↑ Welsh Triads/Red Book of Hergest, Anonyme, traduit par John Rhys et J. Gwenogvryn Evans, 12 (lire en ligne, en anglais).
- ↑ Triads of Britain, Iolo Morganwg (1823), traduit par William Probert, 49. (lire en ligne, en anglais).
- ↑ Bromwich, Rachel, Trioedd Ynys Prydein, 3rd Ed. University of Wales Press, 2006, p. 376.
- ↑ Melville Richards, "Arthurian Onomastics", in: Transactions of the Honourable Society of Cymmrodorion, vol. 2, 1969, p. 257.
- ↑ Morris Collins. "The Arthurian Court List in Culhwch and Olwen". The Camelot Project at the University of Rochester. Retrieved 3 January 2013.
- ↑ Ziegler, « Brigantia, Cartimandua and Gwenhwyfar », The Heroic Age, no 1, (ISSN 1526-1867, lire en ligne, consulté le ) :
« According to Patrick Sims-Williams, in Welsh the "termination of -ach evokes unpleasantness" (Sims-Williams 1991:42). Therefore, Gwenhwyfar's sister Gwenhwyfach, found in the Welsh triads (Bromwich 1978) and Culhwch and Olwen (Ford 1977:131), may represent an unpleasant or evil form of Gwenhwyfar herself. »