Gülnaz Karataş
Gülnaz Karataş, née en 1971 à Solhan, Bingöl, Turquie et morte le dans le Kurdistan irakien, de son nom de guerre, Berîtan, est une combattante du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Elle devient une figure culturelle kurde après sa mort et un symbole de la résistance des femmes kurdes au sein du mouvement de guérilla.
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Gülnaz Karataş |
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Biographie
modifierGülnaz Karataş est née en 1971 à Solhan, Bingöl, Turquie[1]. Sa famille est d'origine kurde alévie (en) de Dersim[1]. Elle est scolarisée à l'école primaire et secondaire à Elazığ[1].
En 1989, elle commence ses études au département d'économie de l'université d'Istanbul[1]. Jusqu'en 1990, elle ignore tout de ses origines kurdes[1].
Engagement dans le PKK
modifierEn 1990, elle entre en contact avec les réseaux du PKK et est arrêtée, puis relâchée peu après, en 1991[2]. Le , elle rejoint le PKK dans les monts Cudi, à Şırnak[2]. Elle prend pour nom de guerre Berîtan[3].
En 1992, elle est envoyée à Şemdinli à la tête d'un groupe armé. Dans les années 1990, elle apparait fréquemment dans les publications du PKK, notamment les magazines Serxwebûn (en) et Berxwedan[4].
Le , elle combat les peshmergas pro-Barzani du Parti démocratique du Kurdistan au sommet d’une colline à Khakurke (Xakurke), au Kurdistan irakien. Les peshmergas se sont alliés à l'armée turque durant la guerre civile kurde irakienne[5]. La légende raconte qu'elle se bat jusqu'à sa dernière balle. Le commandant peshmerga adverse lui ordonne de se rendre, mais elle se jette du haut d'une falaise pour éviter son arrestation[6],[7].
Postérité
modifierElle devient une figure culturelle kurde après sa mort et un symbole de la résistance des femmes kurdes au sein du mouvement de guérilla[3],[8],[9].
De nombreuses chansons et de nombreux nouveau-nés portent son nom. Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK, la mentionne souvent dans ses analyses[10]. Le réalisateur kurde Halil Uysal (en) réalise en 2006 un film, Bêrîtan (2006), sur sa vie[11],[7]. En 1993, sa mort inspire Zeynap Kinaci (en) dans son attentat-suicide de Tuncelli (en)[12].
Son corps est retrouvé en 2005 et transporté dans une zone contrôlée par le PKK, où elle est enterrée[2].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 (en) Mehmet Orhan, Political Violence and Kurds in Turkey: Fragmentations, Mobilizations, Participations & Repertoires, Routledge, , 97, 114 (ISBN 9781317420439, lire en ligne)
- 1 2 3 (en) « Beritan, a symbol of the PKK's resistance », ANF News (consulté le )
- 1 2 (en) Kamil Yılmaz, Disengaging from Terrorism – Lessons from the Turkish Penitents, Routledge, (ISBN 978-1-317-96449-0, lire en ligne), p. 130
- ↑ Gunes, « Explaining the PKK's Mobilization of the Kurds in Turkey: Hegemony, Myth and Violence », Ethnopolitics, vol. 12, no 3, , p. 247–267 (ISSN 1744-9057, DOI 10.1080/17449057.2012.707422, S2CID 144075596, lire en ligne
) - ↑ ROJINFO, « Beritan, symbole de la résistance kurde », sur RojInfo, (consulté le )
- ↑ Somayeh Rostampour, Femmes en armes, savoirs en révolte :Du militantisme kurde à la Jineolojî, Agone, (ISBN 9782748905854)
- 1 2 (en) Suncem Kocer et Can Candan, Kurdish Documentary Cinema in Turkey: The Politics and Aesthetics of Identity and Resistance, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-4438-5716-1, lire en ligne), p. 200
- ↑ (en) Handan Çağlayan, Women in the Kurdish Movement: Mothers, Comrades, Goddesses, Springer Nature, (ISBN 978-3-030-24744-7, lire en ligne), p. 70
- ↑ (en) Hamit Bozarslan, Cengiz Gunes et Veli Yadirgi, The Cambridge History of the Kurds, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-108-58301-5, lire en ligne), p. 863
- ↑ (en) Çağlayan, « From Kawa the Blacksmith to Ishtar the Goddess: Gender Constructions in Ideological-Political Discourses of the Kurdish Movement in post-1980 Turkey », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, no 14, (ISSN 1773-0546, DOI 10.4000/ejts.4657, lire en ligne)
- ↑ (en) Terri Ginsberg et Chris Lippard, Historical Dictionary of Middle Eastern Cinema, Scarecrow Press, , 241–242 p. (ISBN 9780810873643)
- ↑ Mustafa Gürbüz, Jan Willem Duyvendak et James M. Jasper, Rival Kurdish Movements in Turkey: Transforming Ethnic Conflict, Amsterdam University Press, coll. « Protest and Social Movements », , 96–97 p. (ISBN 9789089648785, JSTOR j.ctt1b9x1xb.9, lire en ligne), « Resemblance and Difference »
Bibliographie
modifier- Somayeh Rostampour, Femmes en armes, savoirs en révolte :Du militantisme kurde à la Jineolojî, Agone, (ISBN 9782748905854)
Liens externes
modifier- Bêrîtan sur IMDb