Günther Orsoleck
Günther Orsoleck, connu sous les pseudonyme de Georg Osten et Hans Brüssow, né le 1er avril 1902 dans l'Uckermark, est un journaliste, poète, écrivain, militant politique allemand.
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Georg Osten, Hans Brüssow |
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Biographie
modifierJeunesse et engagement national-socialiste
modifierNé en avril 1902 dans la région de l'Uckermark, Günther Orsoleck commence sa vie professionnelle comme apprenti dans une usine de traitement de cuivre et écrit à partir de 1920 des poèmes lyriques inspirés du mouvement de jeunesse Wandervogel.
Au chômage en 1923, Orsoleck devient national-socialiste en 1925 et compose des poèmes de combat pour les Jeunesses hitlériennes ; il devient responsable de l'organisation à Berlin-Brandebourg. La même année, il trouve un travail comme manœuvre dans une imprimerie, puis comme ouvrier du plomb.
Entre national-bolchévisme et antifascisme
modifierEn mai 1927, avec cinq dirigeants régionaux (Hanovre-Brunswick, Anhalt-Saxe-Nord, Ruhr) des Jeunesses hitlériennes, Orsoleck se range du côté d'Otto Strasser et quitte le NSDAP pour fonder le Bund Deutscher Arbeiterjugend (Ligue de la jeunesse ouvrière allemande)[1].
Orsoleck se rapproche par la suite du national-bolchévisme dans une perspective anticapitaliste, antioccidentaliste et favorable à une alliance entre l'Allemagne et la Russie soviétique[2]. Rédacteur en 1930 de la revue Die Kommenden[2], dans lequel il prône le « national-bolchévisme », de Das junge Volk et de l'organe de la Reichsbanner, Orsoleck rejoint la même année le Groupe des nationalistes sociaux-révolutionnaires (GSRN) de Karl Otto Paetel et commence à collaborer activement, sous le pseudonyme Georg Osten (Ost-Est), à Die sozialistische nation. Dans ses articles, il y affirmait que l'Allemagne devait briser l'ordre capitaliste sous lequel elle vivait pour retrouver sa liberté[3]. Dans son étude sur le GSRN, l'historien James J. Ward écrit :
« Une fois le capitalisme détruit, déclara Osten, une Allemagne socialiste romprait tous les liens avec l’Occident, soutiendrait les mouvements de libération des peuples coloniaux opprimés et se joindrait à la Russie soviétique dans sa guerre pour la survie contre les puissances impérialistes. »[3]
Commentant la revendication de l'alliance germano-russe figurant dans les Thèses du GSRN, Orsoleck écrivait en effet, en se plaçant sur le terrain « national-bolcheviste »[2], que, avec cette alliance, « les puissances occidentales se verraient brusquement en face d'un grand bloc antioccidental. Les tendances nationalistes de tous les peuples opprimés recevraient automatiquement une nouvelle et puissante impulsion, qui paralyserait les puissances coloniales »[2]. Il dénonçait dans le même article « l'oligarchie américaine » et prédisait que, en cas d'attaque de « l'Occident européen »[2] contre l'Est, « l'Allemagne devra alors avoir le courage du chaos, si elle veut reconquérir sa liberté »[2] :
« Elle devra interpréter cet événement comme le signal de la révolution sociale. Si l'Allemagne veut préserver son visage propre, ou plutôt le retrouver, elle ne le peut qu'en éliminant radicalement toutes les influences occidentales. Qu'elle tombe provisoirement, de ce fait , sous la forte influence de l'Est, il faut le prendre en compte, en considérant que cet Est est aussi l'ennemi mortel de nos ennemis , les puissances occidentales. Le mot bolchevisme ne nous fait pas peur, car nous savons qu'on ne peut vaincre l'Occident qu'au moyen de son antithèse la plus brutale. »[2]
Orsoleck se montrait également favorable à un front commun entre les mouvements de jeunesse Bündische et la classe ouvrière, front qui devait nécessairement s’inscrire dans le cadre de la lutte des classes[4]. Déclarant que les intérêts de la nation seraient identiques à ceux du prolétariat, Orsoleck écrivait :
« Car, même si le jeune homme appartenant aux mouvements de jeunesse Bündische peut s’y opposer, il n’en reste pas moins que, de fait, sa situation sociale fait de lui, dans la plupart des cas, un prolétaire comme n’importe quel ouvrier. La question de la constitution d’un front commun entre les forces activement prolétariennes et les forces activement nationalistes constitue, pour la nation allemande dans son ensemble, la question décisive de l’avenir. »[4]
Adhérent du SPD depuis environ 1930, Orsoleck collabore également à CV-Zeitung, au Vorwärts et à Jungbanner, journaux dans lesquels il s'indignait de « l’écrasement de la classe ouvrière révolutionnaire du nord de l’Italie par les fascistes »[5] et appelait à « lutter efficacement contre la marée fasciste »[6] par l'organisation de mouvements de jeunesse qui surpassent ceux du NSDAP « aussi bien par sa discipline extérieure et sa capacité d’action que par ses objectifs politiques et économiques »[6]. Il écrivait en conclusion :
« Il ne nous reste qu’à choisir : capituler devant la réaction, ou façonner nous-mêmes l’avenir de la République ! »[6]
Vie sous le régime nazi
modifierAprès la prise de pouvoir d'Hitler, Orsoleck trouve en 1933 un poste administratif au sein d’une d’une Berufsgenossenschaft, autrement dit une association professionnelle d’assurance contre les accidents du travail, à Berlin-Reinickendorf[7], et publie en 1936 une pièce de théâtre intitulée Die Weggestellten[7].
Publications
modifier- Die Weggestellten. Eine Panoptikumsangelegenheit, 1936.
Notes et références
modifier- ↑ H. W. Koch, The Hitler Youth. Origins and Development 1922-1945, Lyons, (lire en ligne), p. 66
- 1 2 3 4 5 6 7 Louis Dupeux, National bolchevisme : stratégie communiste et dynamique conservatrice, vol. 1-2, H. Champion,
- 1 2 James J. Ward, « Pipe Dreams or Revolutionary Politics ? The Group of Social Revolutionary Nationalists in the Weimar Republic », Journal of Contemporary History, vol. 15, no 3, , p. 513-532 (lire en ligne)
- 1 2 Otto-Ernst Schüddekopf, Linke Leute von rechts : die national-revolutionären Minderheiten und der Kommunismus in der Weimarer Republik, Kohlhammer, , p. 263
- ↑ Maurizio Bach, Stefan Breuer, Faschismus als Bewegung und Regime. Italien und Deutschland im Vergleich, VS Verlag für Sozialwissenschaften, (lire en ligne), p. 200
- 1 2 3 Günther Orsoleck, « Hitler-Juden », Jungbanner, , p. 1 (lire en ligne)
- 1 2 Braungart - Busta, vol. 4, De Gruyter, (lire en ligne), p. 404
Bibliographie
modifier- James J. Ward, « Pipe Dreams or Revolutionary Politics ? The Group of Social Revolutionary Nationalists in the Weimar Republic », Journal of Contemporary History, Vol. 15, No. 3 (Jul., 1980), pp. 513-532 (20 pages).