Hénoutemipet
Hénoutemipet pourrait être le nom de l'épouse mittanienne du roi Thoutmôsis IV de la XVIIIe dynastie.
| Hénoutemipet | |||||
| Nom en hiéroglyphe | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | Ḥnw.t-m-jp.t | ||||
| Période | Nouvel Empire | ||||
| Dynastie | XVIIIe dynastie | ||||
| Fonction principale | Reine de l'Égypte antique | ||||
| Famille | |||||
| Grand-père paternel | Shaushtatar | ||||
| Père | Artatama Ier | ||||
| Conjoint | Thoutmôsis IV | ||||
| Fratrie | ♂ Shuttarna II | ||||
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Attestations
modifierLe document correspondant de manière certaine à la reine est le suivant : il s'agit d'une lettre du roi Tushratta qu'il envoya au roi Amenhotep IV ; celle lettre fait partie d'un lot de lettres diplomatiques trouvé à Amarna. Le contenu de la latte est la suivante :
« Lorsque [...], le père de Nimmureya, écrivit à Artatama, mon grand-père, il demanda la fille de [mon grand-père, la sœur] de mon père. Il écrivit cinq, six fois, mais il ne la donna pas. Lorsqu'il écrivit à mon grand-père une septième fois, alors seulement, la pression fut telle qu'il la (lui) donna. [...][1] »
Le roi Nimmureya est en fait Amenhotep III, dont le nom de Nesout-bity était Nebmaâtrê, Nimmureya étant la vocalisation de ce dernier. Le « père de Nimmureya » est donc sans aucun doute le roi Thoutmôsis IV, dont le nom est perdu dans la lettre. La princesse mittanienne en question, non nommée dans la lettre, est donc la fille d'Artatama Ier, la sœur de Shuttarna II et la tante de Tushratta.
Jacobus van Dijk avance également que deux documents pourraient renvoyer à cette reine. En effet, un certain Bengay (nom d'origine sémitique) serait attesté par trois cônes funéraires (si les trois cônes appartiennent bien à la même personne) trouvés dans la nécropole thébaine (nos 260, 527 et 528), dont deux mentionnent les inscriptions suivantes[2] :
- no 527 : « le surveillant du domaine de la noble dame du Mittani, Bengay »,
- no 260 : « l'intendant d'Hénoutemipet, Bengay ».
Généalogie
modifierLa princesse mittanienne est la fille du roi du Mittani, Artatama Ier, et la sœur de son successeur, Shuttarna II[3]. Elle épouse Thoutmôsis IV vers la fin de son règne (pas avant l'an 6)[4]. Aucun enfant n'est connu de cette union.
Biographie
modifierNom de la princesse
modifierLe nom de la princesse mittanienne n'est pas mentionné dans la lettre de Tushratta. Toutefois, selon Jacobus van Dijk, le titre de « le surveillant du domaine de la noble dame du Mittani » n'aurait eu de sens que s'il n'y avait qu'une seule dame originaire de ce pays. Or, il semble que la fille d'Artatama Ier est la première princesse de ce royaume ayant intégré la cour égyptienne[2], hypothèse que suit Marilina Betrò[5]. Ainsi, selon van Dijk et Betrò, la princesse mittanienne que Thoutmôsis IV a épousé aurait pris pour nom égyptien Hénoutemipet.
Négociations du mariage
modifierLa princesse est la première princesse du Mittani à rejoindre la cour égyptienne et à épouser un roi égyptien, en l'occurrence Thoutmôsis IV. Le mariage diplomatique a été difficile à organiser, car, comme l'atteste la lettre, ce n'est qu'au bout de la septième demande et une certain pression associée, que le roi mittanien Artatama Ier accepta d'envoyer sa fille à la cour égyptienne[3]. Cependant, ces lettres transmettant ces demandes n'ayant pas été retrouvées, il est possible que cela ne se soit pas passé exactement comme décrit dans la lettre d'Amarna, le roi Tushratta évoquant ce cas, mais aussi celui de Giloukhepa avec Amenhotep III, en les arrangeant à sa manière pour se mettre en valeur, car il aurait accepté lui-même le mariage de sa propre fille Tadukhipa avec Amenhotep III bien plus facilement[3].
Mariage
modifierLe mariage en lui-même n'est jamais mentionné dans les sources égyptiennes. Cependant, l'exemple de celui de Giloukhepa avec Amenhotep III permet d'imaginer comment il s'est passer. Le convoi de la princesse était composé d'une suite de près de 317 femmes, nombre suffisamment impressionnant pour qu'Amenhotep III le dise dans les scarabées commémoratifs, mais également d'un nombre important d'animaux (bêtes de somme, montures, ou denrées consommables en chemin ; certains récits parlant de troupeaux de plus de 500 bêtes, principalement des bovinés) et bien sûr d'un corps d'armée et des émissaires d'Amenhotep III[6].
Le voyage a dû durer près de deux mois et demi et traverser l'ensemble du Proche-Orient, le Sinaï et le Delta avant d'arriver à la capitale royale égyptienne. Ce chemin n'était pas si sûr, ce qui explique la présence du corps d'armée protégeant le convoi[6].
Après le mariage
modifierAucun document n'atteste directement ce qui arrive à la princesse mitanienne après le mariage. Si on suit à nouveau l'exemple de Giloukhepa, elle a peut-être reçu de la part de sa famille des produits mittaniens, lui permettant ainsi de se parfumer et de se vêtir à la mode asiatique du moment[7].
Si les cône funéraires de Bengay mentionnent bien la princesse mittanienne, alors elle a reçu de la part du roi un domaine lui permettant de financer son train de vie.
Enfin, la sépulture de la princesse mittanienne est inconnue, mais, comme le montre l'exemple des épouses syriennes Manheta, Manouai et Marouti, elle devait en avoir bénéficié.
Notes et références
modifier- ↑ Cabrol 2000, p. 48.
- 1 2 van Dijk 1997, p. 33-35.
- 1 2 3 Cabrol 2000, p. 48-49.
- ↑ Cabrol 2000, p. 53.
- ↑ Betrò 2013, p. 47–55.
- 1 2 Cabrol 2000, p. 130-131.
- ↑ Cabrol 2000, p. 131.
Bibliographie
modifier- (en) Jacobus van Dijk, « The Noble Lady of Mitanni and Other Royal Favourites of the Eighteenth Dynasty », dans Jacobus van Dijk (dir.), Essays on Ancient Egypt in Honour of Herman te Velde, Groningen, Brill, coll. « Egyptological Memoirs » (no 1), , 33-46 p. (ISBN 978-9004669109, DOI https://doi.org/10.1163/9789004669109_007, " lire en ligne) ;
- (it) Marilina Betrò, « Il maggiordomo e la principessa », Rivista Degli Studi Orientali, no 85, , p. 47–55 (lire en ligne) ;
- Agnès Cabrol, Amenhotep III : Le Magnifique, Editions du Rocher, , 480 p. (ISBN 978-2-2680-3583-3).