H.D.

poète américaine

Hilda Doolittle, connue sous le nom de plume H.D. (), est une romancière et poétesse américaine centrale du mouvement imagiste.

H.D.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Klinik Hirslanden (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nisky Hill Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
H.D.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Collège Bryn Mawr
Friends' Central School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Charles Leander Doolittle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Helen Eugenia Wolle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Richard Aldington (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Perdita Aldington (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de H.D.
Signature.
Plaque commémorative.

Biographie

modifier

Hilda Doolittle naît le à Bethlehem, en Pennsylvanie. Son père, Charles Leander Doolittle, est professeur d'astronomie à l'université de Pennsylvanie, sa mère est de spiritualié morave. Elle étudie le grec ancien à Bryn Mawr College, où elle rencontre les poètes Marianne Moore et William Carlos Williams[1],[2].

En 1911, elle quitte les États-Unis pour la France en compagnie de son amante, puis s'établit seule à Londres à la demande d'Ezra Pound. En 1913, elle épouse Richard Aldington, un poète imagiste qu'elle quitte en 1918 et dont elle divorce en 1938. Ensemble, ils ont une fille nommée Perdita, bien que son père biologique soit Cecil Gray[1].

En 1912, Ezra Pound lui trouve la signature « H.D., Imagiste », qui devient célèbre[1]. Durant la Première Guerre mondiale, elle remplace Richard Aldington parti au front, et devient éditrice de la revue The Egoist[3].

En 1918, H.D. rencontre la femme de lettres britannique Bryher (Annie Winifred Ellerman), avec qui elle vit en concubinage, entre l'Angleterre et la Suisse, jusqu'à sa mort. En Europe continentale, elle évolue dans les cercles avant-gardistes et s'intéresse au cinéma. Elle est aujourd'hui considérée comme bisexuelle ou lesbienne[3],[4],[5]. Dans les années 1920, elle écrit plusieurs romans, dont le cycle Madrigal, qui lui permettent d'affirmer son homosexualité[1].

Elle fait une première psychanalyse avec Mary Chadwick, en 1931[6]. L'insuccès de cette analyse l'incite à se faire traiter par Hanns Sachs, à Berlin, qui la présente ensuite à Freud, à Vienne, où elle séjourne en 1933. Freud avait lu certains de ses livres, notamment Palimpseste, avant leur première rencontre le . Elle publie les mémoires de cette analyse qui dure trois mois, jusqu'en , dans Writing on the Wall (1944). Le journal de son analyse est réédité en 1956 sous le titre Tribute to Freud. Son récit est un rare témoignage de l'atmosphère chaleureuse que Freud peut instaurer avec des patients. Elle suit ensuite une psychothérapie avec Walter Schmideberg, époux de Melitta Schmideberg et gendre de Melanie Klein[2],[5].

Pendant la guerre, elle écrit ses souvenirs d'enfance dans Le Don, qui ne seront publiés qu'en 1982[1]. Elle fait paraître une trilogie de ses recueils de poésie majeurs, sous les titres The Walls do not Fall (1944), Tribute to the Angels (1945) et The Flowering of the Rod (1946).

Après la guerre, elle s'installe en Suisse dans la villa Kenwin où elle fait une dépression nerveuse[3]. Son nouveau psychanalyste, Erich Heydt, l'encourage à écrire End of Torment, sur sa relation avec Ezra Pound[5]. Entre 1952 et 1954, elle compose le recueil Helen in Egypt.

Une fracture de la hanche la laisse handicapée en 1960[2]. Elle meurt d'un accident vasculaire cérébral en 1961 à Zurich[3]. Ses cendres sont rapatriées au caveau familial de Bethlehem.[réf. nécessaire].

Elle publie son premier livre, Sea Garden, en 1916[1]. Son écriture poétique est caractérisée par une utilisation créative de la ponctuation et la grammaire. Elle représente souvent des relations romantiques entre femmes, parfois dans un registre érotique[3].

Le courant poétique de l'imagisme se construit autour d'elle et d'Ezra Pound, qui cherche à construire l'image de H.D. comme celle d'une égérie du mouvement. L'imagisme est décrit comme un « important (bien qu’éphémère) courant du Modernisme anglo-américain » par Antoine Cazé[1].

Dès 1925, H.D. se sent entravée par les principes de l'imagisme et cherche à s'en éloigner. Elle s'intéresse alors de plus près à la psychanalyse et à l'occulte. Elle rédige de nombreux textes à portée autobiographique, en lien avec ses psychanalyses, qui donnent de la femme une image libérée des carcans de la société edwardienne[1],[3]. Helen in Egypt, une déconstruction féministe de la poésie épique, réponse aux Cantos d'Ezra Pound.[source insuffisante]. La vie et les écrits de H.D. sont des jalons importants dans l'histoire de la littérature féministe car ils exemplifient les batailles que les femmes artistes mènent pour forger et faire reconnaître leur identité[5].

En 1960, elle devient la première femme à recevoir la Award Medal of Merit for Poetry décernée par l'Académie américaine des arts et des lettres[1].

Publications

modifier
  • Visage de Freud (Tribute to Freud), avec des lettres inédites de Sigmund Freud, Paris, Denoël, 1977.
  • Hermione (HERmione), Paris, Des femmes, 1986.
  • Dis-moi de vivre, un madrigal (Bid me to live), Paris, Des Femmes, 1987, (ISBN 2-7210-0345-3).
  • Le Don (The Gift), Paris, Des Femmes-Antoinette Fouque, 1988.
  • Le Jardin près de la mer (Sea Garden), Paris, La Différence, 1992.
  • Fin du tourment (End of Torment), suivi de Le livre de Hilda, Ed. de la Différence, Paris, 1992.
  • Hélène en Égypte (Helen in Egypt), Ed. de la Différence, Paris, 1992.
  • Pour l’amour de Freud (Tribute to Freud), Paris, Des Femmes-Antoinette Fouque, 2010.
  • Trilogie (Trilogy), Paris, José Corti, Série américaine, 2011.
  • Vale Ave, Paris, Ypsilon, 2016.
  • Amour d'hiver (Hermetic Definition), Paris, Ypsilon, 2017.
  • Hélène en Égypte , réédition, Paris, José Corti, 2022.
  • Portrait d'aujourd'hui (Paint it Today), Paris, Des Femmes-Antoinette Fouque, 2024[7].

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Antoine Cazé, « H.D. (Hilda Doolittle, dite) », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (éd.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 Alain de Mijolla, « Hilda Doolittle-Aldington, dite H.D. », dans Dictionnaire international de la psychanalyse 1 (A-L), Calmann-Lévy, (ISBN 2-7021-2530-1), p. 467-469
  3. 1 2 3 4 5 6 (en) Sarah Holmes, « Doolittle, Hilda », dans Robert Aldrich (dir.), Garry Wotherspoon (dir.), Who's Who: In Gay and Lesbian History from Antiquity to World War II, Routledge, (ISBN 978-0415253697, DOI 10.4324/9780203986752-14)
  4. (en) Dominic Janes, « Early Twentieth-Century Vogue, George Wolfe Plank and The Freaks of Mayfair », Visual Culture in Britain, vol. 18, no 1, (DOI 10.1080/14714787.2017.1317017)
  5. 1 2 3 4 (en) Lisa Appignanesi et John Forrester, Freud's Women, New York, BasicBooks (ISBN 0465025633, lire en ligne), p. 387-393
  6. Collectif psychanalyse et politique, « Mary Chadwick », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (éd.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, .
  7. H. D, Juliette Frustié et Antoine Cazé, Portrait d'aujourd'hui, Des femmes-Antoinette Fouque, (ISBN 978-2-7210-1274-6)

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :