Hansa-Brandenburg KDW
Le Hansa-Brandenburg KDW est un hydravion de chasse biplan, monomoteur et monoplace allemand de la Première Guerre mondiale. Le nom signife Kampf Doppeldecker, Wasser (Chasse Biplan, Eau). C'est une adaptation de l'avion terrestre Hansa-Brandenburg DI destinée à assurer la défense côtière de la mer du Nord[1].
| Hansa Brandenburg KDW | |
Vue de l'avion. | |
| Constructeur | |
|---|---|
| Rôle | Avion de chasse |
| Premier vol | |
| Mise en service | |
| Nombre construits | 58 |
| Équipage | |
| 1 | |
| Motorisation | |
| Moteur | Benz BZ.III puis Maybach MB.III |
| Nombre | 1 |
| Type | moteur en ligne à 6 cylindres |
| Puissance unitaire | 150 cv puis 160 cv |
| Dimensions | |
| Envergure | 9,25 m |
| Longueur | 8 m |
| Hauteur | 3,35 m |
| Masses | |
| Maximale | 1 040 kg |
| Performances | |
| Vitesse maximale | 172 km/h |
| Plafond | 4 000 m |
| Armement | |
| Interne | 1 mitrailleuse de 7.92 mm puis 2 mitrailleuses |
| modifier |
|
Il est produit sous licence par le constructeur austro-hongrois Phönix à partir de 1916 en cinq lots, avec des moteurs et un armement de plus en plus puissants, 58 appareils sont produits au total.
Conception et développement
modifier
En 1916, la marine impériale allemande passe commande d' hydravions de reconnaissance armés monoplaces ( Jagdeinsitzer Wasser ) pour défendre ses bases d'hydravions de la mer du Nord contre les attaques aériennes. Afin de disposer rapidement d'appareils adaptés, les premiers projets sont des hydravions dérivés de modèles d'avions terrestres existants. L'un d'eux est le Hansa-Brandenburg KDW, dont l'adaptation est réalisée par le concepteur en chef de la société, Ernst Heinkel, à partir de son Hansa-Brandenburg DI [2].
Le DI est un avion de reconnaissance monoplace doté d'un haubanage d'aile original et distinctif en forme d'étoile. De chaque côté de l'appareil, quatre haubans en V, deux orientés vers le haut et deux vers le bas, sont reliés par leurs sommets à mi-chemin entre les ailes supérieures et inférieures, formant une configuration en étoile à huit branches qui valut à l'avion son surnom de Spinne (araignée)[3].
Le KDW est un DI dont l'envergure est légèrement augmentée et muni d'un train à deux flotteurs. Pour compenser l' effet de quille dû aux flotteurs, situés sous le centre de gravité de l'appareil, une dérive verticale est ajoutée sous le fuselage, puis, plus tard, au-dessus. Malgré ces dérives supplémentaires, la stabilité latérale de l'appareil restait insuffisante. Sa tendance à revenir d'un vol incliné à un vol à plat reste en dessous de la moyenne[4]. De plus, le fuselage très haut a tendance à masquer la petite dérive et le gouvernail ce qui rend la stabilité directionnelle et le contrôle très médiocres [3].
Historique opérationnel
modifierLe KDW est produit en Autriche-Hongrie sous licence par Phönix[5]. 58 exemplaires sont construits en cinq lots. Le premier lot entre en service fin 1916[1]. Les ailes dépassent largement l'extrémité extérieure des haubans en étoile, et la partie non haubanée de l'aile supérieure fléchit lors du braquage des ailerons, réduisant ainsi leur efficacité. À partir du deuxième lot, un léger renfort en V en tubes d'acier est ajouté à l'extérieur des mâts en étoile afin de rigidifier l'aile supérieure[6].
Les trois premiers lots sont équipés de moteurs Benz BZ de 150 cv. Les deux derniers lots, soit 35 appareils au total, sont équipés de moteurs Maybach Mb.III de160 cv[6]. Les quatre premiers lots sont armés d'une mitrailleuse Spandau fixe, montée sur le côté tribord du nez. Le dernier lot de 20 appareils, livré entre et , est armé de deux mitrailleuses Spandau jumelées, une de chaque côté du cockpit[7].
La lenteur de la production fait que de nombreux exemplaires sont obsolètes dès la livraison aux unités[1]. Leur pilotage est difficile en raison de leur faible stabilité directionnelle. La sortie de vrille demande beaucoup de chance[3]. Les pilotes ne les aiment pas beaucoup non plus car, jusqu'au dernier lot, l'armement est positionné hors de leur portée, ce qui rend impossible la réparation lors d'incidents de tir en vol[7].
Opérateurs
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 Angelucci et Matricardi 1977, p. 259.
- ↑ Gray et Thetford 1970, p. 56.
- 1 2 3 Gray et Thetford 1970, p. 64.
- ↑ Gleim et Gleim 2006, p. 51.
- ↑ Jackson 2005, p. 185.
- 1 2 Gray et Thetford 1970, p. 65.
- 1 2 Gray et Thetford 1970, p. 66.
Bibliographie
modifier- Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, World Aircraft: Origins-World War I, Maidenhead, UK, Sampson Low,
- Peter Gray et Owen Thetford, German Aircraft of the First World War, London, Putnam,
- Irvin N. Gleim et Garrett W. Gleim, Pilot Handbook, Gainesville, Florida, Gleim, (ISBN 1-58194-448-9)
- Jack Herris, German Seaplane Fighters of WWI: A Centennial Perspective on Great War Seaplanes, vol. 2, Charleston (S.C.), Aeronaut Books, coll. « Great War Aviation Centennial Series », (ISBN 978-1-935881-09-4)
- Alex Imrie, German Naval Air Service, London, Arms and Armour, (ISBN 0853689202)
- (en) Robert Jackson, The Encyclopedia of Military Aircraft, Bath, UK, Parragon Pub., (ISBN 978-1-4054-2465-3, présentation en ligne), p. 185
- Colin A. Owers, Hansa-Brandenburg Aircraft of WWI: Volume 2–Biplane Seaplanes, vol. 18, n.p., Aeronaut Books, coll. « Great War Aviation Centennial Series », (ISBN 978-1-935881-32-2)