Le hardcore chrétien (également appelé christcore, christian hardcore ou spirit-filled hardcore[1]) désigne des groupes et artistes de punk hardcore promouvant la foi chrétienne dans leurs textes. Le degré d'engagement explicitement chrétien varie d'un groupe à l'autre : certains revendiquent ouvertement leur appartenance à l'industrie de la musique chrétienne, d'autres se définissent avant tout comme des musiciens dont la foi transparaît dans les paroles sans en faire un argument commercial[2]. Sous cette appellation se retrouvent aussi des groupes de metalcore, dont notamment Alove for Enemies[3], August Burns Red, Blenderhead[4], Demon Hunter[5] et The Devil Wears Prada.

Hardcore chrétien
Origines stylistiques Punk hardcore, punk chrétien, crossover thrash
Origines culturelles Milieu des années 1980 ; États-Unis
Instruments typiques Chant, guitare électrique, guitare basse, batterie
Popularité Underground
Voir aussi Metal chrétien, Tooth & Nail Records, Solid State Records

Genres dérivés

Metalcore, post-hardcore

Genres associés

Metal chrétien, punk chrétien, rock chrétien

Sigle JCHC (« Jesus Christ Hardcore »), acronyme popularisé par le groupe Officer Negative

Contrairement aux idées reçues, le spirit-filled hardcore n'est pas un sous-genre du punk hardcore : il est un courant qui le traverse, au même titre que le mouvement straight edge[2]. Le prosélytisme n'est pas l'objectif premier de tous les groupes de ce courant, et les fans ne sont pas tous exclusivement chrétiens. Certains groupes de cette mouvance se revendiquent straight edge, à l'instar de xLooking Forwardx ou xDeathstarx. D'autres sont plus particulièrement engagés en religion, comme pasteurs par exemple : c'est le cas de Tom Green, chanteur de Sleeping Giant, ou de Jason Berggren, chanteur de Strongarm.

Histoire

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Origines (années 1980)

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Le hardcore chrétien émerge au milieu des années 1980 aux États-Unis, dans le sillage du mouvement Jesus People et de ses institutions culturelles, notamment Jesus People USA (JPUSA) et la Calvary Chapel d'Orange County (Californie), qui servent d'incubateurs à diverses sous-cultures chrétiennes. Des groupes comme Undercover, Nobody Special ou One Bad Pig jouent dans les années 1980 dans ce milieu évangélique californien, tandis que le groupe de Floride The Lead et les Californiens The Crucified — dont le style mêle crossover thrash et punk hardcore — posent les bases sonores du genre[6].

La scène souffre alors d'une double marginalisation : les groupes chrétiens sont souvent refusés dans les salles de concert séculières et contraints de jouer dans des sous-sols d'église, tandis que l'industrie de la musique chrétienne conventionnelle rejette la brutalité sonore du hardcore[7].

Développement (années 1990)

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Dans les années 1990, la scène se structure autour de groupes pionniers comme The Crucified, Crashdog, No Innocent Victim, Focal Point, Society's Finest, Strongarm et Unashamed. En Europe, le groupe norvégien Extol, formé en 1993, contribue à internationaliser le genre[8].

Des petits labels indépendants comblent le vide laissé par les grandes maisons de disques. Tooth & Nail Records, fondé en 1993 en Californie par Brandon Ebel, s'impose comme le principal acteur de la scène chrétienne underground, devenant à la fin des années 1990 le plus grand label indépendant du Nord-Ouest américain. En 1997, Ebel fonde Solid State Records, sous-label dédié aux groupes les plus lourds — hardcore, metalcore et metal — signant notamment Living Sacrifice, Strongarm, Zao et plus tard Underoath.

Percée grand public (années 2000)

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Au tournant des années 2000, le hardcore chrétien gagne en visibilité. En 2000, Chad Johnson, fondateur du label birminghamien Takehold Records, lance le Furnace Fest, festival annuel de trois jours aux Sloss Furnaces de Birmingham (Alabama), mêlant groupes chrétiens et séculiers. Des groupes comme Underoath, Norma Jean et As I Lay Dying accèdent à une audience grand public, apparaissant sur MTV et dans des magasins généralistes. Underoath obtient en 2006 le premier disque d'or de Tooth & Nail[7].

Déclin relatif (années 2010)

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La fermeture du Cornerstone Festival en 2012, après 29 ans d'existence, prive la scène d'un de ses principaux lieux de rassemblement. Le rachat progressif de Tooth & Nail par EMI modifie les priorités commerciales du label. La scène se fragmente, certains groupes majeurs distancent leur image de la foi chrétienne au fur et à mesure de leur montée en notoriété[7].

Filmographie

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  • (en) ChristCORE, documentaire de Justin Ludwig, 2012, Canada[9].

Notes et références

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  1. ↑ (en) « Symphony In Peril » [archive du ], sur bandsonfire.com via Internet Archive, (consulté le ).
  2. 1 2 (en) McDowell, Amy D., « "Christian But Not Religious": Being Church as Christian Hardcore Punk », Sociology of Religion, vol. 79, no 1,‎ , p. 58–77 (DOI 10.1093/socrel/srx033).
  3. ↑ (en) Greg Sammons, « Resistance », sur Cross Rhythms, (consulté le ).
  4. ↑ (en) Wilson, Jon, « Muchacho Vivo », sur Cross Rhythms, (consulté le ).
  5. ↑ (en) Taylor, Josh, « Summer of Darkness », sur Jesus Freak Hideout (consulté le ).
  6. ↑ (en) « The Crucified », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  7. 1 2 3 (en) « The Death and Life of Christian Hardcore », sur Plough, (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Extol », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  9. ↑ (en) « ChristCore (2012) », sur IMDb (consulté le ).