Harold Mortimer-Lamb (né le à Leatherhead, Angleterre, mort le à Burnaby, Colombie-Britannique) est un ingénieur minier, grand ami des arts et photographe connu pour ses portraits de style pictorialiste. Immigré au Canada, il s'installe d'abord en Colombie-Britannique avant de passer quelques années à l'Institut des mines de Montréal où, en tant que correspondant de la revue The Studio, il défend le Groupe des sept, alors peu apprécié du public. De retour en Colombie-Britannique, il s'associe à John Vanderpant et ouvre un studio consacré à la musique, à la poésie, à la peinture et à la photographie. À sa retraite en 1941, il s'adonne à la peinture, exposant à la fois à Montréal et à Vancouver.

Harold Mortimer-Lamb
H. Mortimer-Lamb (vers 1937)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Canadienne
Activités
Conjoint
Katherine Mary Lindsay (1896); Vera Weatherbie (1942)
Enfant

Biographie

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Carrière

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Emily Carr dans son studio (1939)

Né à Leatherhead (Angleterre), le , Harold Mortimer-Lamb est envoyé au Canada à l'âge de 17 ans pour travailler sur la ferme Agassiz dans la vallée du Fraser en Colombie-Britannique. Quelques mois plus tard, il quitte cette ferme pour travailler comme journaliste indépendant pour divers journaux locaux comme le Chilliwack’s Progress, puis comme correspondant spécialisé dans les mines pour le quotidien de Victoria, The Province[1].

Le secteur minier étant à cette époque en plein développement, il déménage dans la capitale provinciale en 1897 pour prendre le poste de directeur de l’Association minière de Colombie-Britannique en même temps que de rédacteur-en-chef du mensuel British Columbia Mining Record.

Nommé secrétaire de la Canadian Mining Institute qui venait d'être créée à Montréal, il s'installe dans cette ville en 1898[2], poste doté d'un salaire de 3 200 $ par année, somme considérable pour l'époque. Passionné par les arts, il a l'occasion d'y faire connaissance avec les principaux artistes du jour comme Homer Watson, William Brymner, Maurice Cullen et d'autres membres du futur Groupe des sept[N 1], spécialement A.Y. Jackson. À côté de son travail pour l'industrie minière, Mortimer-Lamb devient membre du Canadian Art Club et agit comme correspondant de la prestigieuse revue d'art anglaise, à l'orientation pictorialiste, The Studio dans laquelle il défend vigoureusement les membres de ce groupe qui dérangent par leur vision révolutionnaire de la nature canadienne. Il contribuera également à une autre revue pictorialiste, Photograms of the Year[3],[4].

Il retourne en Colombie-Britannique en 1920 pour prendre le poste de secrétaire-trésorier de la section provinciale du même institut. Jusqu'à sa retraite en 1941, il occupera cette fonction ainsi que celle de secrétaire exécutif de la Mining Association of British Columbia et de rédacteur-en-chef de la revue The British Columbia Miner.

En 1926, il s'associe à John Vanderpant et ouvre deux ans plus tard la galerie d'art Vanderpant Galleries au 1216 Robson Street de Vancouver (Colombie-Britannique), à la fois salle d'exposition et centre de rencontres pour la musique et la poésie. Ce partenariat ne devait durer qu'une année, des différents financiers et artistiques étant survenus entre les deux hommes, mais la galerie continuera à accueillir les rencontres de la Vancouver Poetry Society. Des peintres comme Emily Carr, A.Y. Jackson, Jock Macdonald, Max Maynard, Frederick Varley et W.P. Weston y présenteront leurs œuvres pendant que les étudiants de la Vancouver School of Decorative and Applied Arts, du BC College of Arts et de la faculté de musique de l'Université de la Colombie-Britannique y tiennent leurs rencontres.

Sa retraite, en 1941, lui permet de consacrer plus de temps aux arts. Il est l'un des membres fondateurs de la Federation of Canadian Artists[5]. Il commence également à peindre et ses œuvres seront exposées à Montréal et à Vancouver[3].

Tout au long de sa longue vie (il devait s'éteindre à Burnaby, Colombie-Britannique, à l'âge de 98 ans), il amassa au cours de ses nombreux voyages une ample collection de peintures, de céramiques et de photographies qui fut répartie après sa mort entre la Vancouver Art Gallery (dont il fut l'un des membres-fondateurs), le Vancouver Museum et la Art Gallery of Greater Victoria.

Contribution à la photographie au Canada

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Les sœurs Southam, Montréal (entre 1915 et 1919)

Bien que la carrière de Harold Mortimer-Lamb se soit déroulée dans le journalisme et l'organisation de l'industrie minière naissante au Canada, celui-ci fut également un photographe amateur enthousiaste qui utilisa sa position et ses ressources financières pour promouvoir des artistes contemporains allant souvent à contrecourant de la scène culturelle de l'époque. Adepte du mouvement pictorialiste[N 2], Harold Mortimer-Lamb se spécialisa dans le portrait, photographiant les membres de sa famille et ses amis. Sa photo la mieux connue est probablement celle qu'il fit de sa grande amie Emily Carr (1871-1945) vers la fin de la carrière de celle-ci. On y discerne l'influence pictorialiste dans le saisissant contraste entre la figure sérieuse et quelque peu désabusée de l'artiste vêtue d'un bonnet et d'une robe de tous les jours et les deux toiles qui l'encadrent représentant des paysages tourmentés que l'on image aux couleurs violentes et contrastées[4]. Mais alors que ses amis comme Alfred Stieglitz et John Vanderpant abandonneront progressivement le mouvement pictorialiste pour se joindre au courant moderniste[N 3], Mortimer-Lamb y restera fidèle, tout en défendant vigoureusement des artistes résolument « modernistes » comme A.Y. Jackson et Tom Thomson. À l'instar des autres pictorialistes, il expérimentera divers papiers et techniques d'impression pour accentuer la douceur et le romantisme de ses portraits[4]. Il se passionnera également pour les photos de nuit exigeant de longues expositions, technique difficile à l'époque, comme le montre la photographie The Pool, datant de 1907.

Ses œuvres furent exposées non seulement à Montréal et à Victoria, mais aussi à la Royal Photographic Society de Londres dont il deviendra membre honoraire. En 1907, il organisa la première exposition canadienne de photographie pictorialiste en compagnie de Sidney Carter avec qui il avait fondé un studio l'année précédente à Montréal[6]. De retour en Colombie-Britannique, il continuera à appuyer les artistes locaux en aidant à la création de la Vancouver School of Art (qui devait donner naissance à la Emily Carr University of Art and Design) ainsi que la Galerie d'art de Vancouver[4].

Famille

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”The Pool”, photo nocturne à longue exposition (1907)

Harold Mortimer-Lamb épousa Katherine Mary Lindsay en 1896. Le couple eut six enfants dont deux moururent en bas âge. Pendant leur séjour à Montréal, le couple engagea une employée de maison du nom de Mary Williams qui lui donna un septième enfant[7]. Lorsque Katherine mourut après quarante-cinq ans de mariage, Mortimer-Lamb épousa en 1942 Vera Weatherbie, une élève de Frederick Varley, membre du Groupe des sept et le principal portraitiste du groupe. Sa plus jeune fille Molly Lamb- Bobak (1920-2014) sera elle-même une artiste de renom.

Expositions

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Expositions solo

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Expositions de groupe

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  • 1946 : Stanley Park in Pictures, Galerie d'art de Vancouver
  • 1958: 100 Years of B.C. Art. Galerie d'art de Vancouver
  • 1958: B.C. Paintings, Burnaby 58, Burnaby Art Gallery
  • 1965: BOUQUET - A Selection of Flower Paintings, Burnaby Art Gallery
  • 1983: Vancouver Art & Artists 1931-1983, Galerie d'art de Vancouver
  • 2013: Artistes, architects et Artisants, Art canadien 1890 – 1918, Musée des beaux-arts du Canada[5]

Notes et références

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  1. ↑ École paysagiste fondée à Toronto entre 1911 et 1913 par de jeunes peintres qui, rejetant l'aspect académique d'une nature amie de l'homme telle que conçue en Europe, affirment que la nature sauvage du Canada exige d'être représentée dans un style moins académique et plus vigoureux aux couleurs beaucoup plus vives.
  2. ↑ Mouvement esthétique s'opposant au courant documentaire, et fondé sur l'idée que l'art photographique doit simuler la peinture et l'eau-forte, privilégiant l'intervention humaine dans la création photographique. Il atteignit son apogée dans la décennie 1890 avant de s'effacer progressivement après la Première Guerre mondiale.
  3. ↑ Mouvement artistique et culturel des débuts du XXe siècle qui a marqué pratiquement toutes les formes d'art. Il est caractérisé par une recherche d'innovation et de rupture avec les conventions établies, valorisant l'expérimentation formelle, l'abstraction et la subjectivité.

Références

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  1. ↑ (en) Robert Amos, « Harold Mortimer-Lamb », sur BC Studies, (consulté le )
  2. ↑ (en) « MICA in Quebec », The Inquirer and Commercial NEWS, vol. LVIII, no 3,‎
  3. 1 2 Macdonald 1971, p. 719-720.
  4. 1 2 3 4 « Harold Mortimer-Lamb (1872, Surrey, England-1970.Burnaby, British Columbia) », sur Art Canada Institute (consulté le )
  5. 1 2 3 (en) Royal Photographic Societey & Federation of Canadian Artists, « Harold Mortimer-Lamb (May 21 1872-October 25 1970 », sur SIM Publishing (consulté le )
  6. ↑ Bassnett & Parsons 2013, p. Mortiner-Lamb.
  7. ↑ Amos 2013, p. 175.

Bibliographie

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Sur la photographie au Canada

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  • (en) Raymonde April, 13 Essays on Photography, Ottawa, Canadian Museum of Photography, , 215 p. (ISBN 088884557X, lire en ligne).
  • (en) Sarah Bassnet et Sarah Parsons, Photography in Canada, 1839 - 1989 : An Illustrated History., Toronto, Art Canada Institute, (ISBN 978-1-4871-0309-5).
  • (en) Lily Koltun (ed), Private Realms of Light : Amateur Photography in Canada, 1839-1940, Toronto, Fitzhenry & Whiteside, , 335 p. (ISBN 0-88902-744-7).
  • (en) Andrea Kunard et Carol Payne, The Cultural Work of Photography in Canada, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8572-0).
  • (en) Martha Langford, « A Short History of Photography, 1900-2000 », dans Brian Foss, Sandra Palkowsky, The Visual Arts in Canada : The Twentieth Century, Oxford, (ISBN 978-0195434590, lire en ligne), p. 307.
  • Office National du Film, Photographie canadienne contemporaine de la collection de l’Office National du Film, Hurtig Publishers, (ISBN 978-0888302649).

Sur Harold Mortimer-Lamb

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  • (en) Robert Amos, Harold Mortimer-Lamb : The Art Lover, TouchWood Editions, (ISBN 978-1-77151-018-9)
  • (en) Arianne Isler-de Joung, « The night photography of Harold Mortimer Lamb », sur History of Photography, (consulté le )
  • (en) Colin Macdonald, « Lamb, Harold Mortimer », dans A dictionary of Canadian Artists, vol. 3, Ottawa, Canadian Papeerbacks Publishing Ltd, (ISBN 0919554199), p. 719-720

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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