Haute Surveillance (Jean Genet)
Haute Surveillance est une pièce de théâtre écrite par Jean Genet en 1947 et représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre des Mathurins, le 26 février 1949 dans une mise en scène de Jean Marchat.
| Format | |
|---|---|
| Langue | |
| Auteur | |
| Date de création | |
| Date de parution | |
| Lieu de première | |
| Pays |
Argument
modifierTrois prisonniers sont enfermés dans une même cellule. Yeux-Verts a tué une femme et va mourir sur l'échafaud. Maurice et Lefranc sont condamnés pour des crimes mineurs. Maurice admire profondément Yeux-Verts. Lefranc aussi, mais secrètement, et il hait Maurice, tout comme il feint de haïr Yeux-Verts et de lui préférer Boule-de-Neige. Ce dernier est aussi condamné à mort (il est seulement évoqué dans la pièce), et avec Yeux-Verts ils sont considérés comme les rois de la prison. En effet leur peine les enferme dans une solitude, et dans un malheur immense qui leur confèrent une certaine dignité. Lefranc, toujours en conflit avec Maurice, notamment au sujet de la femme de Yeux-Verts que tous deux convoitent, finit par l'étrangler, afin de rejoindre Yeux-Verts dans sa solitude et son malheur.
Publication
modifierLa pièce est publiée à Paris par les éditions Gallimard en 1949 ; le texte avait obtenu le quatrième Prix de la Pléiade en 1947, prix littéraire créé en 1943 par La Nouvelle Revue française, décerné à l'auteur d'un manuscrit inédit que les éditions Gallimard publiaient ensuite[1]
Distribution à la création
modifier- Tony Taffin : Yeux-Verts
- Claude Romain : Maurice
- Robert Hossein : Lefranc
- Jean-Marc Lambert : Le surveillant
- Metteur en scène : Jean Marchat
Mises en scène
modifier- 1970 au théâtre : mise en scène d'Alexandre Arcady qui joue le rôle de Maurice, avec Paul Barge (Lefranc), Bernard Rousselet (Yeux verts), compagnie Renaud-Barrault, Théâtre Récamier, Paris[2],[3],[4].
- 1978 au théâtre : mise en scène de Claude Mathieu, avec Niels Arestrup, François Cluzet, Le Coupe-Chou Beaubourg, Paris[5],[6].
- 1980 : mise en scène et scénographie de Pierre-Antoine Villemaine, Théâtre Marie-Stuart, Paris[7],[8].
- 1985 : mise en scène de Robert Corbier, les trois rôles sont joués par des actrices, Théâtre Marie-Stuart, Paris[9],[10].
- 1986 - 1988 : mise en scène de Robert Cordier, Théâtre de l'Ancre, Charleroi, puis Théâtre national Wallonie-Bruxelles, Bruxelles[11].
- 1997 au théâtre : mise en scène de Jean-Baptiste Sastre, avec Éric Petitjean (Maurice), Vincent Dissez (Yeux-Verts), Nâzim Boudjenah (Lefranc), Théâtre de la Bastille, Paris[12].
- 1998 - 1999 : mise en scène de Cédric Gourmelon, Théâtre du Vieux Saint-Étienne, Rennes, puis Théâtre Gérard-Philipe, Saint-Denis[13].
- 2012 - 2014 : mise en scène de Malik Rumeau, avec Djibril Gueye, Karim Ben Haddou, Stéphane Miquel, Miguel Xavir-Navily, Théâtre de l'Envol, Viry-Châtillon, puis Théâtre de Corbeil-Essonnes[14]
- 2017 : mise en scène de Cédric Gourmelon, avec Jérémy Lopez (Lefranc), Sébastien Pouderoux (Yeux-verts), Pierre Louis-Calixte (le surveillant) Christophe Montenez (Maurice), Comédie-Française, Studio-Théâtre, Paris[15],[16].
Adaptations cinématographiques
modifier- 1965 : Deathwatch, film américain réalisé par Vic Morrow, avec Leonard Nimoy, Michael Forest et Paul Mazursky
- 1981 : Haute Surveillance (Black Mirror), film canado-français réalisé par Pierre-Alain Jolivet, avec Louise Marleau, Alberta Watson et Lenore Zann. Le film est tourné en anglais. Le scénario de Jean-Claude Carrière, d'après la pièce de Jean Genet, déplace l'action dans une prison pour femmes.
Notes et références
modifier- ↑ « Le 4e Prix de la Pléiade est attribué à M. Jean Genêt », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Haute surveillance - 1970 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Colette Godard, « Arcady a choisi Genet pour sa première mise en scène à Paris », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Haute surveillance de Jean Genet », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Haute surveillance - 1978 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Colette Godard, « Théâtre. Haute surveillance de Jean Genet », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Haute surveillance - 1980 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Sandra Joxe, « Haute surveillance de Jean Genet », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Haute surveillance - 1985 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Ca. B., « Haute surveillance : Genet joué par les femmes », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Haute surveillance - 1986-1988 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Haute surveillance - 1997 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ « Haute surveillance - 1998 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Haute surveillance - 2012-2014 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Haute surveillance », sur Comédie-Française.
- ↑ Bertrand Renard, « Haute surveillance de Genet : un huis-clos de séduction et de crime en prison », sur France Info, .
Bibliographie
modifier- Jean Antonin Gitenet, Jean Genet : problématique des masculinités dans "Haute surveillance". L'homme déplié, Paris, L'Harmattan, coll. « Critiques littéraires », , 175 p. (ISBN 2-7475-4619-5).
- Agnès Vannouvong, « Le rêve de l'identité et de l'altérité dans le théâtre de Jean Genet. Lecture des Bonnes et de Haute surveillance », Dalhousie French Studies, no 74, , p. 267-284 (lire en ligne
).