Hayat Boumeddiene

femme recherchée par la police française

Hayat Boumeddiene est une terroriste djihadiste française, en cavale en Syrie depuis l'attentat de l'Hyper Cacher en France en . En cavale auprès de Daech depuis, elle aurait tenté à plusieurs reprises de se faire oublier, de disparaitre, voire d'être présumée morte. Un témoignage d'une de ses codétenues, après la chute de Baghouz par les FDS, en , confirme sa présence, bien vivante, au camp d'Al-Hol, relayé par la presse quelques années plus tard.

Hayat Boumeddiene
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Caissière, Jihadi brideVoir et modifier les données sur Wikidata

Après la chute de Bachar al-Assad, en , le gouvernement de transition récupère par la suite le contrôle d'Al-Hol où elle est retenue. L'opération, très compliquée, permet à Boumeddiene de prendre la fuite, de même que plusieurs dizaines de milliers de prisonniers, estimés comme sympathisants de Daech, incluant femmes et enfants. Sa trace est perdue depuis.

Enfance et famille

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Hayat Boumeddiene est issue d'une fratrie de six enfants de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Elle grandit ballotée entre foyers et familles d'accueil après la mort de sa mère en , alors qu'elle est âgée de 6 ans[1]. Elle rompt durant des années avec son père, avant de renouer à l'automne [2],[3].

Relation avec Amedy Coulibaly

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À sa sortie de prison en , la religion a éloigné Amedy Coulibaly de sa famille, qu'il qualifie désormais de « kouffars » (« mécréants » en arabe)[4],[5],[6]. Il se marie religieusement mais pas civilement le [2] avec la femme qui partage sa vie depuis , Hayat Boumeddiene[7],[8]. Ils se sont rencontrés à sa sortie de prison[9]. Il développe un intérêt romantique pour elle lorsqu'il est encore incarcéré à Fleury-Mérogis en la remarquant sur une photo sur laquelle elle apparaît aux côtés de la petite amie de son co-détenu. Ledit co-détenu accepte de jouer les entremetteurs[10]. À partir de 2010, le couple vit à Bagneux. En 2014, ils résident à Fontenay-aux-Roses. Le couple avait l'intention de déménager prochainement, rapporte un témoin, qui les avait vus « sortir des cartons, des caisses, des livres ».

Radicalisation

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Elle pratique le port du voile intégral depuis , ce qui l'oblige à abandonner son emploi de caissière[11]. Elle porte un temps la burqa, mais y renonce car la loi française l'interdit dans l'espace public puis se couvre du niqab[1],[6]. Six mois avant les attentats, elle a cessé de posséder un téléphone portable[1]. Elle aurait participé à des escroqueries aux véhicules afin de financer les projets de son compagnon, qu'elle avait épousé religieusement et non civilement[12].

Cavale depuis l'attentat de l'Hyper Cacher

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Fin , elle vide ses comptes en banque[5]. Elle rejoint la zone irako-syrienne quelques jours avant les attaques de , en compagnie des deux frères Belhoucine, dont l’aîné Mohamed (alias « Abou Omar ») est considéré comme le mentor d’Amedy Coulibaly[12]. Le Parisien diffuse le cliché de son enregistrement à l'aéroport d'Istanbul, au cours de sa fuite. Après qu'elle est donnée pour morte en , la justice française rouvre une enquête en pour « association de malfaiteurs terroristes criminelle » sur la base du témoignage d'une femme qui aurait été détenue avec Hayat Boumedienne en , date à laquelle elle se serait échappée du camp de prisonniers d’Al-Hol en Syrie[12].

Preuves de vie

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En , le Journal du Dimanche relaye l'information sortie de CNN[13], révélant que les services secrets occidentaux auraient identifié Boumeddiene sur une vidéo de propagande djihadiste[14].

En , lors d'un entretien triplement mené par France Info, Le Monde et France Inter, auprès de leur invité l'ancien Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ce dernier affirme que « la France n'oublie jamais rien, on finit pas trouver, on a une mémoire longue. [...] Ça vaut pour madame Boumeddiene mais ça vaut aussi pour ceux qui ont porté atteinte à la vie de travailleurs humanitaires français au Niger récemment : la France n'oublie jamais rien, on finit par trouver, on a une mémoire longue. L'émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) Droukdal qui vient d'être neutralisé [en juin par les forces de l'opération Barkhane au Sahel], ça faisait sept ans [qu'il était recherché]. Parfois c'est long et en particulier dans les zones de conflits »[15].

En , Le Parisien publie le témoignage d'une ancienne djihadiste, qui a côtoyé à plusieurs reprises Boumeddiene : elle aura bénéficié de privilèges de par son statut (de veuve de Coulibaly), puis aurait été capturée par les FDS. Elle passe plusieurs mois ainsi captive dans un camp, avant de s'enfuir lors d'une attaque des forces Turques contre les FDS, à Al-Hol, avec d'autres femmes djihadistes. Elle fait depuis l'objet d'une notice rouge d'Interpol, diffusée par la France, mais rendue non publique[16].

En réalité, Boumeddiene aurait intégré Daech de sa fuite en jusqu'en , lors de la chute de Baghouz, par les FDS. Boumeddiene aurait été maintenue captive sous une fausse identité, ne souhaitant pas être découverte ou reconnue, mais présumée morte. Maintenue depuis 2019 dans le camp de prisonniers djihadistes, elle en échappe en 2025, lorsque, depuis la chute de Bachar al-Assad en Syrie, le nouveau gouvernement récupère le contrôle du camp. Lors de ce changement, de nombreux djihadistes, incluant des femmes, prennent la fuite. Sa trace est perdue alors.

Selon Le Monde, près de 24 000 prisonniers, dont 6 300 femmes et enfants, se sont évadés en . Le quotidien cite un spécialiste de la Syrie : « 80 % des occupants d’Al-Hol se seraient évadés. Ce n’est pas forcément le fruit de la volonté de Damas, mais cela traduit un réel manque de contrôle sur ses forces, notamment sur les groupes de combattants étrangers qui ont joué un rôle prépondérant dans l’élan de solidarité qui s’est manifesté depuis la province d’Idlib [nord-ouest] pour ramener les familles d’Al-Hol, [..]. Le gouvernement est sous la pression de sa base – en particulier, les milliers de combattants étrangers intégrés à l’appareil sécuritaire –, qui considère ces évacuations comme une opération humanitaire »[17].

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Comment Hayat Boumeddiene, la compagne de Coulibaly, a fui la France », sur Le Monde, (consulté le )
  2. 1 2 « Amedy Coulibaly, de la délinquance au terrorisme : Recherchée, Najiba Benfettouma a quitté la France il y a plusieurs jours », sur tf1.fr via Internet Archive, (consulté le ).
  3. Anne-Laëtitia Béraud, « Qui est Hayat Boumeddiene, la compagne de Coulibaly, activement recherchée? », sur 20 Minutes, (consulté le ).
  4. Sonya Faure et Patricia Tourancheau, Willy Le Devin, « Amedy Coulibaly, une personnalité «immature et psychopathique» », sur Libération.fr, (consulté le )
  5. 1 2 « Attentats de Paris : récit détaillé des trois jours qui ont changé la France », sur Le Monde.fr, (consulté le )
  6. 1 2 « Les dates-clés de la radicalisation d'Amedy Coulibaly », sur lemonde.fr,
  7. Matthieu Suc, « Amedy Coulibaly, de la délinquance au terrorisme », sur Le Monde, (consulté le )
  8. François Labrouillère et Aurélie Raya, « Le destin monstrueux d'un couple ordinaire », sur Paris Match, (consulté le )
  9. Matthieu Suc, Femmes de djihadistes : récit, Paris, Fayard, , 384 p. (ISBN 978-2-213-68753-7), p. 49
  10. Sophie Parmentier, « Hayat Boumeddiene, la veuve de Coulibaly, accusée en cavale », sur franceinter.fr,
  11. Olivier Toscer, « Ce que disait Hayat Boumeddiene à la police en 2010 », Le Nouvel Observateur, (lire en ligne).
  12. 1 2 3 Agence France-Presse, « La compagne d’Amedy Coulibaly, l’un des auteurs des attentats de janvier 2015, visée par une nouvelle enquête antiterroriste », sur lemonde.fr, (consulté le )
  13. (en) Ralph Ellis,Margot Haddad, « Source: ISIS video may show woman linked to kosher grocery attack », sur CNN, (consulté le )
  14. « Hayat Boumeddiene dans une vidéo de l'Etat Islamique? », sur lejdd.fr, (consulté le )
  15. « VIDEO. Hayat Boumeddiene toujours recherchée : "La France n'oublie jamais rien, on finit par trouver, on a une mémoire longue", assure Jean-Yves Le Drian », sur franceinfo, (consulté le )
  16. https://www.leparisien.fr/faits-divers/elle-est-toujours-radicalisee-la-vie-cachee-de-la-fugitive-hayat-boumeddiene-en-syrie-01-01-2025-Y77IFN7XF5G3ZCCN7WPBNBKZ2M.php
  17. « En Syrie, le camp d’Al-Hol vidé par l’évasion massive de familles de djihadistes syriens et étrangers », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )