Haider Abdel Shafi

médecin et personnalité politique palestinienne
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Haider Abdel-Shafi (en arabe : حيدر عبد الشافي), né le à Gaza et mort le , est un médecin et homme politique palestinien. Cofondateur de l'Organisation de libération de la Palestine, il a notamment dirigé la délégation palestinienne aux pourparlers de paix avec Israël à Madrid en 1991. Il était proche de la gauche palestinienne, la mouvance communiste en particulier[1] et très populaire parmi les Palestiniens.

Haider Abdel Shafi
Fonction
Membre du Conseil législatif palestinien
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
GazaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
محيي الدين عبد الشافي (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Salah Abdel-Shafi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Site web
Distinction
Prononciation

Enfance

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Haider Abdel Shafi est l’un des six enfants du cheikh Mohieddine Abdel Shafi, qui était le délégué de Gaza au Conseil supérieur islamique qui gérait les waqfs de Palestine et était gardien des Lieux saints[2]. Il était également gardien des lieux saints d’Hébron entre 1925 et 1927[3].

Il fit ses études secondaires au collège arabe de Jérusalem[3]. Il a étudié la médecine à l'université américaine de Beyrouth et rejoint le Mouvement nationaliste arabe. Diplômé en 1943, il part travailler à l’hôpital municipal de Jaffa[3], puis il sert dans l'armée jordanienne en tant qu'officier médecin[1]. Il retourne ensuite à Gaza où il cofonde une branche de la Société médicale palestinienne (1945), et participe au premier Congrès médical palestinien. Il apporte un soutien médical à la guérilla palestinienne dans les affrontements entre israéliens et arabes après la résolution de plan de partage de la Palestine des Nations unies en 1947. Il dirige un centre d’information médicale au cours de la guerre de Palestine de 1948 quand 200 000 Palestiniens viennent se réfugier à Gaza[3]. Il se rend en 1951 aux États-Unis pour étudier la chirurgie à l’hôpital de Miami Valley à Dayton (Ohio) puis retourne à Gaza et travaille comme chirurgien pour les Égyptiens de l’hôpital Tal Zahur[3].

Carrière politique

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Occupation égyptienne

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À partir de 1956, il fait partie du conseil municipal de Gaza[3]. De 1957 à 1960, il dirige les services de Santé de Gaza[4] puis devient président du premier Conseil législatif palestinien à Gaza (1962-64). Il est également membre du premier Comité exécutif de l’OLP[3],[2]. En 1957, il se marie avec Hoda Khalidi[1]. Il dirige les services de santé de Gaza de 1957 à 1960[2].

Il devient une figure éminente de la scène politique palestinienne quand il est désigné vice-président du premier Conseil national palestinien (CNP), qui se réunit à Jérusalem-Est le [1],[5]. Il est déporté au Sinaï par les Égyptiens[6] pour trois mois à cause de ses activités politiques.

En avril 1966, il est battu lors des élections internes à l'OLP par le candidat du mouvement national arabe. Lors de la première et unique réunion de l'organisation populaire palestinienne, il proteste contre les moukhabarates égyptiens présents dans la salle[7].

Occupation israélienne

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En 1967, il travaille bénévolement à l’hôpital Shifa de Gaza et il est emprisonné par Israël qui s'empare de la Bande de Gaza à la fin de la guerre, suspect d’avoir soutenu les activités militaires du FPLP de George Habache[3]. Il est également régulièrement assigné à résidence[4]. Au début de la guerre de Quatre Ans, il est une des personnalités qui incarnent le consensus nationaliste à Gaza entre les divers modes de résistance (civile ou armée) et les différents groupes[8]. En 1969, il lance le Croissant-Rouge à Gaza. Israël refuse son autorisation[4]. De juillet à septembre, il est déporté dans un camp bédouin du Sinaï[4].

Il est ensuite déporté au Liban pour trois mois également par les Israéliens en 1970 avec Mounir Rayess[9]. Il est également interdit de voyage pendant de nombreuses années[1]. En 1972, il est à la tête du Croissant-Rouge palestinien à Gaza[1], autorisé cette même année par l'occupant et s'en sert pour organiser la résistance à Gaza[2] avec une bibliothèque et des débats. Le chrétien Moussa Saba et Fayez Abou Rahmé, l'« avocat de la Révolution palestinienne », Youssa Barbari, présidente de l'Union des femmes de Gaza, sont les autres personnalités qui animent cet organisme. Prenant acte de l'échec de la résistance armée, il promeut le mot d'ordre de l'autodétermination palestinienne pour rassembler. Un courrier est adressé en ce sens par des personnalités palestiniennes au secrétaire général de l'ONU en 1973[10]. Sa tactique de résistance civile triomphe ainsi dans les années 1970 avec l'admission de la Palestine comme observatrice aux Nations unies[11].

Il représente Gaza à la direction clandestine du Front national palestinien (1973-1977) puis dirige le comité d'orientation nationale (1978-1982)[2] qui s'oppose au processus des accords de Camp David[12]. En 1977, il signe un appel à la création d'un État palestinien dans les territoires occupés en 1967 avec Fayez Abou Rahmé, Rashad Shawa et Yousra Barbari[13]. Sa position au sein du Croissant-Rouge lui procure des remontées d'informations, comme la montée des Frères musulmans de cheikh Yassine[14]. Il est invité à un débat avec les colombes israéliennes des sionistes de gauche organisé par New Outlook en 1978 où il réaffirme son soutien à l'OLP, le droit au retour des réfugiés palestiniens qu'il ne considère possible que sur l'ensemble de la Palestine et que c'est à Israël de faire des concessions[15]. Le 7 janvier 1980, une émeute des Frères musulmans de Gaza saccage les locaux du Croissant-Rouge et attaque son domicile ; l'armée israélienne ne protège que son domicile[16].

Il dirige la délégation palestinienne aux pourparlers de paix avec Israël à Madrid en 1991[6] puis démissionne en avril 1993 devant l'impasse des négociations[2]. Il devient critique à l'égard de l´Autorité palestinienne présidée par Yasser Arafat[6] ainsi qu'à l'égard des accords d'Oslo qui font, selon lui, trop de concessions à Israël[1].

En janvier 1996, il est élu membre du Conseil législatif palestinien dans la circonscription de Gaza-Ville, loin devant les candidats du Fatah, Naher Rayess et Intissar al-Wazir, veuve d'Abou Jihad[17]. Il démissionne en octobre 1997 pour protester contre l’autoritarisme de Yasser Arafat[2]. En juin 2002, il cofonde l'Initiative nationale palestinienne[2], dirigée par Moustafa Barghouti et le soutient lors de l'élection présidentielle de 2005[18]. Le parti a présenté des candidats aux législatives en 2006.

Il avait des sympathies pour le marxisme[2]. Il était considéré proche de Fayçal Husseini et de Hanan Ashrawi. Il est décédé le à l’âge de 88 ans, après avoir lutté toute sa vie contre le sionisme et pendant deux ans contre un cancer.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 ABDEL CHAFI, Haidar Medea (consulté le 12 juin 2007)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 J.-P. Filiu, 2024, p. 557-558.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 Haider Abdel Shafi, un homme hors du commun sur le site Euro-Palestine (consulté le 17 février 2008)
  4. 1 2 3 4 Jean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », (ISBN 978-2-818-50770-4), p. 202.
  5. J.-P. Filiu, 2024, p. 177.
  6. 1 2 3 Abdel Chafi,Haïdar TV5 (consulté le 12 juin 2007)
  7. J.-P. Filiu, 2024, p. 179.
  8. J.-P. Filiu, 2024, p. 196 et 225.
  9. J.-P. Filiu, 2024, p. 205.
  10. J.-P. Filiu, 2024, p. 225-226.
  11. J.-P. Filiu, 2024, p. 228.
  12. J.-P. Filiu, 2024, p. 245.
  13. J.-P. Filiu, 2024, p. 229.
  14. J.-P. Filiu, 2024, p. 234.
  15. J.-P. Filiu, 2024, p. 242-243.
  16. J.-P. Filiu, 2024, p. 249.
  17. J.-P. Filiu, 2024, p. 330.
  18. J.-P. Filiu (2024), p. 388.

Liens externes

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