Henchir Akhrib
Henchir Akhrib est un site archéologique antique de Numidie situé dans la wilaya de Batna, à proximité de N'Gaous (ancienne Nicives), dans l'est de l'Algérie. Le site correspond à un ancien établissement comprenant notamment une chapelle chrétienne de l'Antiquité tardive, associée à plusieurs reliquaires et inscriptions relatives au culte des reliques.
| Henchir Akhrib Kherbet Ouled-Sidi-Moussa | ||
Reliquaire de saint Pastor, Chapelle chrétienne d'Henchir Akhrib | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| N'Gaous, Wilaya de Batna | ||
| Type | Site archéologique | |
| Coordonnées | 35° 37′ 14″ nord, 5° 39′ 10″ est | |
| Histoire | ||
| Époque | Antiquité et Antiquité tardive | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Localisation
modifierHenchir Akhrib se trouve à environ 14 km au nord-nord-est de N'Gaous (anciennement Nicives), sur un plateau dominant une vaste plaine. Le site est établi à proximité d'une source et présente également les vestiges d'un petit ouvrage fortifié ainsi que ceux d'une installation liée à la production d'huile[1].
Le toponyme est également relevé sous les formes « Kherbet Ouled-Sidi-Moussa » et « Kherbet Ahmed Oum Bark ». Le terme Akhrib signifie « ruine » dans le parler berbère local, tandis que henchir possède également ce sens dans l'arabe algérien oriental[1].
Histoire des fouilles
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Le site est identifié au début du XXe siècle par M. Jacquetton, administrateur de la commune mixte des Ouled Soltane. Celui-ci remarque plusieurs pierres taillées disposées en arc de cercle et les interprète comme les vestiges possibles de l'abside d'un édifice chrétien. Des fouilles sont ensuite entreprises et permettent de reconnaître une petite chapelle chrétienne[1].
Les premières recherches mettent au jour un édifice très dégradé, dont les murs ne subsistent que sur une faible hauteur. Stéphane Gsell en publie une première description détaillée en 1903 et en étudie notamment le plan, les éléments architecturaux et les reliquaires découverts dans l'édifice[1].
L'étude épigraphique est ensuite approfondie par Paul Monceaux, qui rassemble plusieurs inscriptions provenant de la chapelle dans son enquête sur l'épigraphie chrétienne de l'Afrique. Il consacre notamment une série de notices aux inscriptions et aux reliquaires de Henchir Akhrib[2].
Les reliquaires font également l'objet d'une étude de Louis Leschi en 1934. Celui-ci rappelle la découverte, dans l'église chrétienne de Henchir Akhrib, d'un ensemble de reliquaires ensuite conservés au musée d'Alger avec différents éléments architecturaux provenant de l'édifice[3].
Le site est ensuite intégré à l'Atlas archéologique de l'Algérie de Stéphane Gsell sous la notice consacrée à Henchir Akhrib[4].
Jean Gagé mentionne également Henchir Akhrib dans son étude consacrée aux églises et aux reliquaires d'Afrique, qui replace le site dans l'ensemble des témoignages relatifs au culte des reliques en Afrique romaine tardive[5].
Éléments du site et découvertes
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La chapelle chrétienne constitue le principal édifice identifié à Henchir Akhrib. Elle est de dimensions relativement modestes, avec une longueur d'environ 17,85 m et une largeur d'environ 6,95 m. Son plan comprend plusieurs espaces organisés autour d'une partie longitudinale et d'une abside. L'état de conservation de l'édifice est médiocre, les murs n'étant conservés que sur une faible hauteur[2],[1].
Les fouilles ont livré plusieurs éléments architecturaux, notamment des colonnes, des bases et des chapiteaux, dont certains ont été déposés au musée d'Alger[3].
La chapelle a livré un ensemble important de reliquaires associés à plusieurs saints. Sous l'autel, M. Jacquetton découvre notamment trois vases ainsi qu'un coffret en marbre contenant des reliques de saint Julien, saint Laurent, saint Félix et saint Pasteur. Les inscriptions associées aux objets, étudiées notamment par Paul Monceaux, indiquent que ces reliques furent déposées en 581 par Columbus, évêque de l’ecclesia Nicirensis. Elles mentionnent également saint Cassien et d'autres saints associés à leurs groupes de compagnons. Une planche publiée par Stéphane Gsell représente notamment le reliquaire attribué à saint Pasteur[2],[6],[7].
Une inscription datée des dernières décennies du VIe siècle mentionne Colombus, évêque de l'Église de Nicivibus, et indique que les reliques furent déposées à la demande du prêtre Donatus. Une autre inscription conserve le souvenir d'un dépôt plus ancien effectué par le prêtre Floridus. Ces témoignages montrent que la chapelle était utilisée comme lieu de conservation et de vénération des reliques à l'époque de l'Antiquité tardive[2].
La documentation épigraphique permet de distinguer plusieurs phases de dépôt des reliques. Jean-Pierre Laporte signale notamment une inscription attestant un dépôt précisément daté du , sous le règne de Justinien Ier, ainsi qu'une autre inscription datée de 580[8].
La présence de ces inscriptions et de reliquaires permet d'établir que l'édifice a connu une activité cultuelle durant le VIe siècle. Les différents dépôts témoignent d'une pratique organisée de conservation et de vénération des reliques dans la région de l'ancienne Nicivibus[8].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Stéphane Gsell, « Chapelle chrétienne d'Henchir Akhrib (Algérie) », Mélanges d'archéologie et d'histoire, vol. 23, , p. 3-25 (DOI 10.3406/mefr.1903.6290).
- 1 2 3 4 Paul Monceaux, « Enquête sur l'épigraphie chrétienne d'Afrique », Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, première série, Sujets divers d'érudition, vol. 12, no 1, , p. 161-339 (DOI 10.3406/mesav.1908.1092).
- 1 2 Louis Leschi, « Reliquaires chrétiens du VIe siècle en Numidie », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 78, no 3, , p. 236-245 (DOI 10.3406/crai.1934.76510).
- ↑ Stéphane Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, Alger ; Paris, 1902-1911, feuille 26, « Bou-Taleb », notice n° 149.
- ↑ Jean Gagé, « Église et reliquaire d'Afrique », Mélanges d'archéologie et d'histoire, vol. 44, , p. 103-118 (DOI 10.3406/mefr.1927.8553).
- ↑ Stéphane Gsell, « Découverte de vases et d'un coffret en marbre contenant des reliques à N'gaous (Algérie) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 46, no 4, , p. 418 (DOI 10.3406/crai.1902.17215, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Chapelle d'Henchir Akhrib (Reliquaire de saint Pastor) », Mélanges d'archéologie et d'histoire, vol. 23, , p. 434 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Jean-Pierre Laporte, « N'Gaous (wilaya de Batna), antique Nicivibus (Numidie) : histoire antique, médiévale et moderne », Encyclopédie berbère, vol. 34, (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.2736).