Henchir Bourgou

site archéologique en Tunisie

Henchir Bourgou est un site archéologique situé au nord de l’axe reliant Houmt Souk à Midoun, en bordure méridionale d’un vaste ensemble archéologique d’environ 700 m de rayon. Le site témoigne d’une occupation durable s’étendant du IVe siècle av. J.-C. au IVe siècle[1].

Henchir Bourgou
Image illustrative de l’article Henchir Bourgou
Localisation
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Type Agglomération punique et romaine
Protection Monument classé (2022)
Coordonnées 33° 49′ 11″ nord, 10° 58′ 13″ est
Superficie 1,5 ha
Histoire
Culture Phénicienne, punique, romaine
Géolocalisation sur la carte : Tunisie
(Voir situation sur carte : Tunisie)
Henchir Bourgou
Henchir Bourgou

Histoire des recherches

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La première mention connue du site remonte au début du XIXe siècle, lorsque Abou Ras el Jerbi y identifie les vestiges d’une ancienne fortification. Plusieurs voyageurs européens, dont Victor Guérin en 1862 et Brulard en 1885, décrivent un mur monumental constitué de grands blocs soigneusement ajustés[2].

En 1903, Barué, contrôleur civil, procède aux premiers dégagements et interprète le monument comme un mausolée de plan carré surmonté d’une pyramide à degrés, influencé par les grands tombeaux numides tels que le Medracen ou le Mausolée royal de Maurétanie[2].

Après cette intervention, le monument subit de nombreuses dégradations, notamment l’enlèvement de pierres et de crampons en plomb. Il faut attendre 1981 pour que les fouilles dirigées par J. Akkari-Weriemmi permettent une restitution précise de l’architecture du mausolée[2].

Entre 2017 et 2019, une mission tuniso-allemande (INP–DAI) entreprend des fouilles et prospections géophysiques qui renouvellent profondément la compréhension du site[3].

Occupation du site

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Les recherches récentes ont mis en évidence des niveaux d’occupation remontant au VIIIe siècle av. J.-C., attestés par des céramiques modelées et tournées caractéristiques des premières phases phéniciennes sur l’île[3].

Durant la période punique, Henchir Bourgou se développe en un établissement structuré comprenant des unités domestiques, des rues orthogonales et des espaces artisanaux[3]. L’occupation se poursuit à l’époque romaine, marquée par l’introduction de techniques architecturales telles que l’opus signinum et par la transformation de plusieurs bâtiments[3].

L’abandon progressif du site intervient entre le IIe siècle et le IIIe siècle, bien que certaines zones témoignent d’une fréquentation plus tardive[3].

Architecture et urbanisme

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Les prospections géophysiques de 2017–2019 ont révélé un plan urbain organisé comprenant :

  • un réseau de rues orthogonales ;
  • des habitations de tailles variées ;
  • des cours et espaces ouverts interprétés comme zones artisanales ;
  • des installations hydrauliques, dont des citernes et bassins enduits d’opus signinum[3].

Ces données confirment l’existence d’un centre secondaire intégré aux réseaux économiques de Djerba durant l’époque punique[3].

Matériel archéologique

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Les fouilles ont livré :

  • des céramiques modelées et tournées des VIIIe–VIe siècles av. J.-C. ;
  • des importations phéniciennes, grecques et italiennes ;
  • des céramiques romaines, dont de la sigillée africaine ;
  • des restes fauniques et botaniques documentant l’économie domestique[3].

Le mausolée

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Le mausolée, situé au sud du site, repose sur un soubassement hexagonal alternant faces droites et concaves. Ce socle en grands blocs parfaitement taillés supporte une superstructure haute de 4,52 m. La façade ouest, entièrement dégagée, comporte l’entrée aménagée dans l’un des côtés rectilignes[2].

L’accès se fait par un couloir étroit et ouvert vers le ciel, menant à une antichambre puis à une chambre funéraire rectangulaire. Le plafond de cette dernière reproduit des couvertures en troncs de palmier, un procédé connu dans les traditions libyco-puniques et parfois dans le monde hellénistique[2].

Les parois sont surmontées d’une corniche massive d’inspiration punique. Par son plan, ses techniques et son décor, le mausolée constitue un exemple remarquable de l’architecture funéraire nord-africaine de la fin du IIIe siècle av. J.-C.[2].

Protection

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Le , le gouvernement tunisien propose le site pour un futur classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco[4].

Le , un arrêté en fait un monument classé[5].

Références

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  1. Jenaina Akkari-Weriemmi, « Henchir Bourgou », dans Gabriel Camps (dir.), Encyclopédie berbère, vol. 10 : Beni Isguen – Bouzeis, Aix-en-Provence, Édisud, (ISBN 2-85744-549-0, lire en ligne), p. 1594-1598.
  2. 1 2 3 4 5 6 Akkari-Weriemmi 1991.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (de) S. Ben Taher et al., « Henchir Bourgou (Djerba), Tunesien. Die Arbeiten der Jahre 2017 bis 2019 », e-Forschungsberichte des Deutschen Archäologischen Instituts, no 1, , p. 97–108 (lire en ligne)
  4. « Les Mausolées royaux de Numidie, de la Maurétanie et des monuments funéraires pré-islamiques », sur whc.unesco.org (consulté le ).
  5. « Arrêté de la ministre des affaires culturelles du 15 mars 2022 », Journal officiel de la République tunisienne, no 45, , p. 1202-1203 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF]).