Henri Coquand

géologue et paléontologue français

Henri Coquand, né à Aix-en-Provence le [note 1] et mort à Marseille le , est un géologue et paléontologue français.

Henri Coquand
Fonction
Conseiller municipal de Marseille
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Surnom
Le père CoquandVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Paul Coquand (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Faculté des sciences de Dijon (d) (à partir de )
Faculté des sciences de Marseille (d) (-)
Faculté des sciences de Besançon (d) (-)
Université Marie-et-Louis-Pasteur
Université d'Aix-Marseille
Université de PoitiersVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinction

Biographie

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Famille

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Fils de Gaspard Coquand, gendarme, et de Gabrielle Banon, il est le frère de Joseph Coquand (1809-1885), chanoine, secrétaire général de l'archevêché de Paris et premier curé de l'église parisienne Saint-Eugène[1].

Débuts et fondation du Muséum d'Aix

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Dès 1835, il mène des recherches géologiques dans la région d'Aix-en-Provence. En 1836, il dirige les travaux et publications du musée pyrénéen de Saint-Bertrand-de-Comminges, où il fonde une école gratuite destinée aux naturalistes voyageurs. Il fonde en 1838 le Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence, constitué en partie à partir de sa propre collection, et en devient le premier conservateur. Il est docteur en sciences à Paris en 1841[1].

Carrière universitaire

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Il est successivement nommé[1] :

  • professeur de géologie et de minéralogie à la faculté des sciences de Besançon le 8 août 1850 ;
  • professeur titulaire à la faculté des sciences de Marseille par décret du 13 novembre 1859, sur une chaire nouvellement ;
  • professeur de géologie, minéralogie et botanique à la faculté des sciences de Dijon par décret du 16 janvier 1864.

Il est l'inventeur des étages géologiques coniacien, santonien et campanien (1857).

Il conduit également des recherches de terrain en Algérie (province de Constantine), au Maroc, en Toscane (direction des mines de Campiglia, 1847), et à Constantinople en 1873, où il étudie des gisements de charbon[1].

La carte géologique de la Charente et le zonage des crus de Cognac

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Réalisation de la carte (1849-1859)

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En 1849, le ministère des Travaux publics confie à Coquand l'achèvement de la carte géologique du département de la Charente, tâche entamée par les ingénieurs Marot et Manès puis abandonnée par l'ingénieur Bochet. Pendant huit ans, de 1849 à 1857, il parcourt le département accompagné d'un dégustateur de la Société vinicole, afin de mettre à l'épreuve la corrélation entre la nature géologique du sol et la qualité des eaux-de-vie. Il notera à ce sujet que le dégustateur et le géologue ne se sont trouvés en désaccord pas même une seule fois. La carte est achevée en 1859 et éditée à trois cents exemplaires, distribués sur décision du Conseil général[1].

Un projet concurrent : la carte commerciale de Lacroix

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Parallèlement, Georges de Salignac, conseiller général de la Charente chargé de superviser le projet cartographique confié à Coquand, est également directeur de la Société des propriétaires vinicoles de Cognac. Il mandate Eugène Lacroix pour établir, à visée commerciale, une carte des crus fondée sur la cotation commerciale des communes plutôt que sur des critères géologiques ; une première version paraît en 1854, complétée en 1861 et publiée en 1864[3].

Les incohérences relevées par Coquand

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En 1862, Coquand publie l'idée selon laquelle la géologie constitue le facteur premier de la qualité des eaux-de-vie, les formations qu'il a cartographiées permettant selon lui de prédire cette qualité[3]. Il relève cependant d'importantes incohérences entre la carte de Lacroix et ses propres résultats : aucun cru ne correspond de façon constante à une formation géologique distincte, la craie campanienne caractéristique de la Grande Champagne s'étendant largement au-delà de cette zone. Il observe que certains négociants tirent parti de cette situation en achetant à bas prix des eaux-de-vie de qualité comparable produites hors de la zone prestigieuse, tandis que des producteurs locaux valorisent leur récolte en la faisant transiter par des exploitants de la Grande Champagne avant sa vente aux grandes maisons de négoce[3].

Postérité du zonage

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Le découpage législatif des crus de Cognac, établi par le décret du 1er mai 1909 puis simplifié par celui du 13 janvier 1938, s'appuie sur la carte de Jean-Marie Guillon, influencée à la fois par les travaux géologiques de Coquand et par la carte commerciale de Lacroix[1],[3]. À la fin du XIXe siècle, c'est cependant la logique commerciale et historique des « crus » qui l'emporte sur les critères géologiques ; des travaux récents notent que l'œuvre de Coquand n'est aujourd'hui le plus souvent invoquée qu'a posteriori pour justifier ce découpage[3].

Vie politique et affaire judiciaire

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Conseiller municipal de Marseille de 1871 à 1881, Coquand est décrit par la presse de l'époque comme une personnalité haute en couleur, surnommée « le père Coquand » par les ouvriers marseillais. Le , une altercation avec le maire de Marseille, Melchior Guinot, dans le cadre de leurs fonctions municipales, aboutit à sa condamnation, le , à quinze jours de prison pour outrage à un magistrat de l'ordre administratif. Il purge sa peine à la prison Saint-Pierre de Marseille du au , sa libération anticipée ayant été validée par le président de la République à la demande de Guinot lui-même[1].

Mort et postérité scientifique

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Atteint d'entérite, Henri Coquand meurt le à l'hôpital de la Conception à Marseille. Sa collection de fossiles et minéraux, qu'il avait tenté de vendre de son vivant à une institution hongroise, est acquise après sa mort par le mécène Andor Semsey pour le Muséum d'histoire naturelle de Hongrie[1].

Un minerai d'antimoine lui a été dédié en 1992, la coquandite (Sb6O8(SO4)·H2O)[1]. Plusieurs autres taxons portent également son nom : le mollusque Inoceramus coquandianus (1846), l'espèce fossile d'Hémiptères Aphrophora coquandi (1937), la sous-espèce de trilobite Spiniscutellum umbelliferum coquandi (1991) et le fossile de requin Squalicorax coquandi (2007)[1].

À ce jour, aucune voie publique ne porte le nom d'Henri Coquand[1].

Œuvres

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  • Monographie du genre Ostrea : Terrain Crétacé, Paris, J. B. Baillière & fils, , 215 p. (lire en ligne)
  • Description des terrains primaires et ignés du département du Var, Paris, P. Bertrand, (lire en ligne)
  • Description géologique de la Province de Constantine, Paris, Gide et J. Baudry, (lire en ligne)
  • Description physique, géologique, paléontologique et minéralogique du département de la Charente. Tome premier, Besançon, Dodivers, (lire en ligne)
  • Description physique, géologique, paléontologique et minéralogique du département de la Charente. Tome deuxième, Marseille, Barlatier-Feissat et Demonchy, (lire en ligne)
  • Études supplémentaires sur la paléontologie algérienne : faisant suite à la description géologique et paléontologique de la région sud de la province de Constantine, Bône, Dagand, 1880 Texte Atlas

Bibliographie

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  • Clément GENTY, « Henri Coquand (1811-1881), père scientifique de l'AOC Cognac », Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 181e année, 2025 (édition février 2026), p. 83-98, lire en ligne.
  • Loïc VILLIER et Clément GENTY, « The first attempt of terroir zoning from geological map: Henri Coquand and the settlement of Cognac crus in the mid-19th century », poster, Terclim 2026, IVES Conference Series, 29 juin 2026, lire en ligne.

Notes et références

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  1. ↑ La date de naissance de 1813, parfois indiquée dans certaines sources (notamment l'Encyclopédie des Bouches-du-Rhône), résulte d'une erreur : l'acte d'état civil de la commune d'Aix-en-Provence atteste du 15 juillet 1811[1],[2].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Clément GENTY, « Henri Coquand (1811-1881), père scientifique de l'AOC Cognac », Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 181e année, 2025 (édition février 2026), p. 83-98, lire en ligne.
  2. ↑ Annales de la Faculté des Sciences de Marseille, Volume 26, Imprimerie marseillaise, 1925, p. 379 (« Henri-Jean-Baptiste Coquand, né à Aix le 15 juillet 1811 (et non en 1813 comme l'indique le volume XI de l'Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, p. 188), et mort le 14 août 1881… »).
  3. 1 2 3 4 5 Loïc VILLIER et Clément GENTY, « The first attempt of terroir zoning from geological map: Henri Coquand and the settlement of Cognac crus in the mid-19th century », poster, Terclim 2026, IVES Conference Series, 29 juin 2026, lire en ligne.

Liens externes

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