Henri Dubouillon

architecte français

Henri Dubouillon, né le à Paris[1] et mort le dans le 16e arrondissement de Paris, est un architecte et un décorateur français.

Henri Dubouillon
Image illustrative de l'article Henri Dubouillon
Réalisation d'Henri Dubouillon à Paris en 1928.
Présentation
Naissance
20e arrondissement de Paris
Décès (à 78 ans)
16e arrondissement de Paris
Nationalité Français
Mouvement Art nouveau, Art déco, Mouvement moderne
Activités Architecte, décorateur, enseignant
Formation École nationale supérieure des arts décoratifs

Il est considéré comme l'un des architectes les plus importants de l'époque Art déco et Art nouveau. Il fut nommé président d'honneur de la Société nationale des architectes de France[2].

Biographie

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Enfance

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Henri Dubouillon naît le au domicile de ses parents (12, cour des Noues), dans le 20e arrondissement de Paris[3].

Henri Dubouillon grandit dans une famille modeste du 20e arrondissement de Paris, où son père, Adolph Joseph Dubouillon, est marchand de beurre. La cour des Noues, où il voit le jour, est un microcosme ouvrier typique de l'époque, façonné par l'effervescence industrielle et le dynamisme des faubourgs parisiens.

Son prénom, Henri, est choisi en raison de sa naissance à la veille de Noël, un clin d’œil à cette fête religieuse[3]. Henri fréquente l’école communale, comme beaucoup d’enfants de sa génération, mais doit rapidement entrer dans le monde du travail.

À l’adolescence, il devient apprenti maçon, un métier exigeant qui le familiarise avec les aspects pratiques et techniques de la construction : le transport des matériaux, l’érection de murs et le maniement du mortier[3].

L’expérience de l’apprentissage comme maçon dès l’adolescence lui permet de tisser un lien profond avec les réalités du métier, consolidant des bases pratiques qui influenceront son travail d’architecte[4].

Formation

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Henri Dubouillon mène sa scolarité à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de 1904 à 1906. En 1907, à seulement 20 ans, il devient architecte[5]. Il apparaît dans l'annuaire Sageret en 1911 et continue d'y figurer jusque dans les années 1930[6]. Henri Dubouillon s'impose rapidement comme un architecte autodidacte de talent, illustrant l'ascension d'une génération d'hommes du début du XXe siècle, à la croisée des mondes artisanal et académique.

Débuts en tant qu'architecte dans les années 10-20

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Henri Dubouillon conçoit tout au long de sa longue carrière de nombreux bâtiments d'habitation et des hôtels particuliers sur Paris et ses environs.

Il commence sa carrière dans l'Est parisien, en déposant en des « autorisations à bâtir » (ancêtre des actuels permis de construire) qui concernent trois immeubles situés rue Dupont-de-l'Eure, aux numéros 5, 7 et 9. Henri Dubouillon fait ensuite de nombreux projets aux Lilas, où quatre immeubles portent sa signature. Il réalise des immeubles principalement en brique, témoignant d’une maîtrise de l’échelle et du décor.

Ses nombreux projets immobiliers lui apportent rapidement de la reconnaissance en tant qu'architecte. Il fait percer, sur un terrain lui appartenant, une rue en 1913 entre l’avenue Gambetta et la rue Haxo. Il fait construire sur ce terrain huit immeubles, entre 1913 et 1914, tous dans un style assez semblable et typique de l'avant-Première Guerre mondiale. Comme c'était le cas pour de nombreux propriétaires de terrains, la rue prend son nom, alors qu’il n'a que 27 ans.

Il se spécialise ensuite dans les années 1920 et au début des années 1930 dans la construction d'immeubles et hôtels particuliers bourgeois dans l'Ouest parisien[7].


Années 1920-1940 — Reims et Reconstruction

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À partir de son cabinet annexe ouvert au 13 rue de la Renfermerie à Reims, Henri Dubouillon réalise dans la cité champenoise un programme d'immeubles et de maisons particulières documenté pour la période 1922-1924[8]. Il intervient ensuite, après 1945, comme architecte expert des chantiers de la Reconstruction dans la région rémoise. Le détail individualisé de ces réalisations reste à inventorier[9].


Impact sur l'architecture des cinémas Art Déco

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Henri Dubouillon a marqué l’évolution des salles de cinéma en les transformant en espaces culturels alliant modernité et esthétisme. Son œuvre la plus emblématique dans ce domaine, le Pantin Palace (1921), situé le long du canal de l'Ourcq à Pantin, se distingue par sa décoration « atmosphérique », inspirée de célèbres salles parisiennes comme le Rex. Les plafonds étoilés et les jeux de lumière contribuent à une expérience immersive, tandis que la conception soignée assure une acoustique optimale et une visibilité idéale pour les spectateurs[10].

Outre le Pantin Palace, Henri Dubouillon conçoit également plusieurs cinémas en banlieue parisienne, notamment à Montreuil et Pantin, répondant à la demande croissante de divertissements dans les quartiers populaires[11]. Ces réalisations combinent modernité technique, fonctionnalité et esthétique Art déco, caractéristique des années 1920.

Henri Dubouillon réalise notamment l'Alhambra (style Art nouveau) et le Stella Cinema[Où ?][12].

L’approche novatrice d’Henri Dubouillon influence la conception des cinémas de son époque, en les intégrant harmonieusement au tissu urbain, tout en mettant en valeur leur rôle culturel et social. Bien que certaines de ses salles ont disparu, son travail reste un témoignage important de l'architecture cinématographique du début du XXe siècle[13].


Années 30 après la crise de 1929

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Durant cette période difficile, Henri Dubouillon se concentre sur la valorisation de son patrimoine immobilier, démontrant une capacité d'adaptation qui reflétait sa double expertise d'architecte et de gestionnaire.

Avec Charles Lemaresquier, Henri Dubouillon contribue à maintenir la construction d'immeubles bourgeois jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Il réussit notamment la transcription de l'immeuble typique de Louis Bonnier en immeuble « moderne », par le biais d'une décoration de style Art déco, à tendances néo-classiques.

Henri Dubouillon a son cabinet d'architecture à Paris, 57 avenue Gambetta, puis au 249 bis rue des Pyrénées et finalement au 24 rue Raynouard, dans le 16e arrondissement, dans les années 1930.

Après la Seconde Guerre mondiale

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Henri Dubouillon est également l'un des architectes experts qui travaille aux chantiers de la Reconstruction. Dès la fin de la guerre, il ouvre au 13 rue de la Renfermerie à Reims une annexe et travaille dans la région aux chantiers de la Reconstruction.

En parallèle de ses projets de reconstruction, Henri Dubouillon joue un rôle clé dans la modernisation de l'architecture post-guerre, s'efforçant d'allier tradition et innovation, tout en répondant aux besoins urgents de logements.

Henri Dubouillon en tant qu'homme d'affaires

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Outre son activité d'architecte, Henri Dubouillon est expert de la coopérative ouvrière de La Bellevilloise et fonde sa propre société immobilière, « Le 20e immobilier », à travers laquelle il mène une partie de ses opérations spéculatives[14]. Parmi les trois immeubles déposés en autorisation à bâtir en août 1911 rue Dupont-de-l'Eure, les no 5 et no 7 relèvent de commandes de tiers tandis que le no 9 est sa propriété personnelle[15]. Aux Lilas, il s'associe aux entrepreneurs Ronteix Frères, implantés au Pré-Saint-Gervais, pour la réalisation d'immeubles en brique[16].

Reconnaissance et distinctions

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Architecte important du début du XXe siècle, il a donné son nom à la rue Henri-Dubouillon, située dans le 20e arrondissement de Paris. Il est intéressant de noter que la rue Henri-Dubouillon est l'une des rares à Paris à avoir été nommée d'après une personne de son vivant, témoignant de la reconnaissance exceptionnelle dont il jouissait à seulement 27 ans[5].

La décoration d'Henri Dubouillon par le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts illustre une rare convergence entre reconnaissance académique et pratique professionnelle, dans une époque marquée par des distinctions rigoureuses[17].

Il appartient à la SN, Société nationale des architectes, et est inscrit à l'ordre en 1943. Le Conseil de l’ordre des Architectes, lors de sa séance du , accorde le titre d’architecte honoraire à Henri Dubouillon en rappelant que celui-ci avait été inscrit sous le numéro 709 au tableau de l’Ordre[18].

Henri Dubouillon milite activement pour les droits des architectes non diplômés, plaidant pour une reconnaissance équitable des talents issus de parcours atypiques[4].

Décès

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Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (60e division).

Principales réalisations

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D'après la liste d'immeubles réalisés par Henri Dubouillon à Paris et en Île-de-France[7].

Projets réalisés

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Années 1910

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Années 1920

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Années 1930

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Galerie

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Références

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  1. Au no 12 de la Cour des Noues.
  2. https://www.google.fr/books/edition/Techniques_et_architecture/YNobAQAAMAAJ?hl=en&gbpv=1&bsq=%22Pr%C3%A9sident+d%27honneur+:+Henri+Dubouillon%22&dq=%22Pr%C3%A9sident+d%27honneur+:+Henri+Dubouillon%22&printsec=frontcover Nomination en tant que Président Honoraire
  3. 1 2 3 Jean-Noël Allheilig, « Henri Dubouillon, architecte (1887 – 1966) », sur AHAV (consulté le )
  4. 1 2 Jean-Noël Allheilig, « Henri Dubouillon, architecte (1887 – 1966) », sur AHAV (consulté le ).
  5. 1 2 « La petite histoire de la rue Dubouillon dans le quartier Saint-Fargeau », sur Mon Petit 20e, (consulté le ).
  6. « Annuaire du bâtiment SAGERET », sur Le blog de Geneviève Dufie-Leroux, (consulté le ).
  7. 1 2 Liste d'immeubles réalisés par Henri Dubouillon à Paris et en Ile-de-France, sur le site pss-archi.eu.
  8. Claude Somek, L'immeuble d'habitation parisien 1919-1939, thèse, Université de Picardie Jules Verne, 2018, p. 87.
  9. L'inventaire détaillé du programme rémois 1922-1924 et des chantiers de la Reconstruction nécessite une consultation des Archives départementales de la Marne et des fonds Hennebique conservés au centre d'archives de la Cité de l'architecture et du patrimoine (Paris).
  10. « Quand Pantin faisait son cinéma », sur France 3 Régions,
  11. « Salles de cinéma dans la banlieue de Paris », sur La Belle Équipe,
  12. « Une histoire architecturale du cinéma »
  13. « Patrimoine des cinémas à Pantin », sur Patrimoine 93.
  14. « La petite histoire de la rue Dubouillon dans le quartier Saint-Fargeau », sur Mon Petit 20e (consulté le ).
  15. 1 2 3 Jean-Noël Allheilig, « Henri Dubouillon, architecte (1887-1966) », Bulletin de l'AHAV, no 66, Paris, Association d'histoire et d'archéologie du 20e arrondissement, 3e trimestre 2017, 20 p.
  16. 1 2 « Henri Dubouillon », sur Atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis (consulté le ).
  17. Jean-Noël Allheilig, « HENRI DUBOUILLON, architecte (1887 – 1966) », sur AHAV (consulté le ).
  18. « Liste des architectes honoraires », sur Ordre des architectes (consulté le ).
  19. « Ensemble de deux immeubles n°9-11 rue de l'Est », sur Atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis (consulté le ).
  20. Marie-Françoise Laborde, « Immeuble n°91 rue de Noisy-le-Sec », sur Atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis, (consulté le ).
  21. Philippe Célérier, « Pantin-Palace (Pantin - 93) », sur Ciné-Façades, (consulté le ).
  22. « Pantin - Canal de l'Ourcq (cinéma Pantin-Palace) », sur Archives et patrimoine de Pantin (consulté le ).
  23. Page 9 - Recensement par la Ville de Paris des protections patrimoniales et description de l'immeuble de rapport de style Art Déco construit par l'architecte Dubouillon en 1926.
  24. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6.000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 411
  25. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 293
  26. Plan de l'immeuble bourgeois situé à l'angle du 2 Place Joffre et 46bis avenue de la Motte Picquet
  27. - Magazine d'architecture La Construction moderne no 48 - Septembre 1929 - Page 593 à 596.
  28. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 458
  29. 1 2 « Réalisation d'Henri Dubouillon à Paris », sur Archiwebture, base de données d'inventaires du centre d'archives de l'IFA (consulté le ).
  30. Claude Somek, L'immeuble d'habitation parisien 1919-1939, thèse, Université de Picardie Jules Verne, 2018, p. 243 et 396.
  31. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 176 et 431
  32. L'Atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis attribue les plans à « Paul Henri Dubouillon », vraisemblable variante onomastique de Henri Dubouillon au vu de la concordance des dates, du lieu et de la profession.
  33. « Dépôt de laiterie « Au lait intégral », puis magasin de commerce, actuellement restaurant », sur Atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis (consulté le ).
  34. Inventaire des architectures remarquables de Vincennes - Ensemble d'immeubles représentatifs de l'Art nouveau - Page 127
  35. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 432
  36. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 452
  37. L’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 169 et 387

Voir aussi

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