Henri Guyot
Henri Guyot est un philosophe et historien de la philosophie français du début du XXe siècle, docteur ès lettres de l'université de Paris (1906). Il est l'auteur d'une thèse sur la genèse du concept d'infinité divine depuis Philon d'Alexandrie jusqu'à Plotin, dont l'analyse de la médiation philonienne reste citée dans la littérature spécialisée française et anglo-saxonne.
| Nationalité | Français |
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Ses dates de naissance et de décès sont inconnues : aucune notice d'autorité ne les mentionne.
Biographie
modifierLes informations biographiques disponibles sur Henri Guyot se limitent à ce que ses publications permettent de reconstituer.
En 1904, il publie une édition savante de la Monadologie de Leibniz, d'après le texte de Gerhardt, avec introduction, sommaire et notes, chez la Veuve Ch. Poussielgue à Paris[1].
En 1905, il publie dans la Revue néo-scolastique de Louvain un article signé « Abbé H. Guyot », signature qui suggère qu'il était prêtre séculier[2].
En 1906, il soutient à la Sorbonne deux thèses de doctorat ès lettres consacrées à l'influence de Philon d'Alexandrie sur Plotin, publiées la même année chez Félix Alcan[3],[4].
Il ne doit pas être confondu avec l'abbé Antoine Guyot (1822-1902), auteur, sous la même formule de signature « M. l'abbé Guyot », d'ouvrages apologétiques publiés chez Bloud dans la collection « Science et Religion », dont Faut-il une religion ? (1897)[5].
Œuvre
modifierDans L'Infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à Plotin (1906), Guyot retrace l'évolution du concept d'infinité divine dans la philosophie grecque avant Philon, puis chez Philon, les néopythagoriciens et Plotin. Sa thèse centrale est que, si le basculement vers une conception positive de l'infini divin s'opère chez Plotin au IIe siècle, la médiation décisive en est Philon plutôt que Plotin lui-même[6].
Dans Les Réminiscences de Philon le Juif chez Plotin (1906), il soutient plus précisément que Plotin a lu directement Philon, et non pas seulement à travers l'intermédiaire de Numénius d'Apamée, en s'appuyant sur des rapprochements textuels portant sur l'infinité divine, les puissances intermédiaires et l'extase[4].
Réception
modifierRéception contemporaine (1906-1907)
modifierLes deux thèses sont recensées dès 1907 par Émile Bréhier dans la Revue internationale de l'enseignement[6][7]. Bréhier objecte notamment que, les œuvres de Numénius étant perdues, il est difficile d'établir si les ressemblances entre Philon et Plotin relèvent d'une lecture directe ou d'une transmission par cet intermédiaire.
Postérité
modifierLa thèse de Guyot continue d'être citée dans la littérature spécialisée. Stephen MacKenna la mentionne dans la bibliographie de sa traduction anglaise des Ennéades (1917), où il rapporte le jugement de Guyot sur l'ouvrage d'Étienne Vacherot[8]. L'historien Harry Austryn Wolfson cite L'Infinité divine et Les Réminiscences dans son article de référence sur les attributs divins chez Albinos et Plotin[9]. Plus récemment, l'historien des idées Rein Undusk s'appuie sur l'analyse de Guyot dans son étude sur l'émergence du concept positif d'infini au seuil du christianisme[10].
Publications
modifier- La Monadologie, édition de Leibniz, Paris, Vve Ch. Poussielgue, 1904.
- « La génération de l'intelligence par l'Un chez Plotin », Revue néo-scolastique, 12e année, no 45, 1905, p. 55-59.
- L'Infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à Plotin (Ier s. av. J.-C.-IIIe s. ap. J.-C.), avec une introduction sur le même sujet dans la philosophie grecque avant Philon le Juif, Paris, Félix Alcan, 1906, XII-260 p.
- Les Réminiscences de Philon le Juif chez Plotin, étude critique, Paris, Félix Alcan, 1906, 92 p.
Notes et références
modifier- ↑ Gottfried Wilhelm Leibniz, La Monadologie, Paris, Vve Ch. Poussielgue, , éd. classique publiée d'après le texte de Gerhardt, avec introd., sommaire et notes par H. Guyot
- ↑ Abbé H. Guyot, « La génération de l'intelligence par l'Un chez Plotin », Revue néo-scolastique, vol. 12, no 45, , p. 55-59 (lire en ligne)
- ↑ « Thèses de H. Guyot à la Sorbonne », Revue de Philosophie, vol. 9, , p. 104
- 1 2 Henri Guyot, Les Réminiscences de Philon le Juif chez Plotin : étude critique, Paris, Félix Alcan, , 92 p. (lire en ligne)
- ↑ Antoine Guyot, Faut-il une religion ?, Paris, Bloud, coll. « Science et religion » (no 3), (lire en ligne)
- 1 2 Émile Bréhier, « Henri Guyot. — L'infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à Plotin », Revue internationale de l'enseignement, vol. 53, , p. 61-62 (lire en ligne)
- ↑ Émile Bréhier, « Henri Guyot. — Les Réminiscences de Philon le Juif chez Plotin », Revue internationale de l'enseignement, vol. 53, , p. 182 (lire en ligne)
- ↑ (en) Stephen MacKenna, Plotinus: The Ethical Treatises : Being the Treatises of the First Ennead, London, Philip Lee Warner, (lire en ligne), Bibliography and Explanatory Matter
- ↑ (en) Harry Austryn Wolfson, « Albinus and Plotinus on Divine Attributes », Harvard Theological Review, vol. 45, no 2, , p. 115-130
- ↑ (en) Rein Undusk, « Infinity on the Threshold of Christianity: The Emergence of a Positive Concept out of Negativity », Trames, vol. 13, no 4, , p. 307-340
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Émile Bréhier, comptes rendus dans la Revue internationale de l'enseignement, t. 53, 1907, p. 61-62 et p. 182.
- Harry Austryn Wolfson, « Albinus and Plotinus on Divine Attributes », Harvard Theological Review, 45 (2), 1952, p. 115-130.
- Rein Undusk, « Infinity on the Threshold of Christianity: The Emergence of a Positive Concept out of Negativity », Trames, 13 (4), 2009, p. 307-340.
Liens externes
modifier- « L'Infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à Plotin », sur Gallica
- « Les Réminiscences de Philon le Juif chez Plotin », sur Internet Archive