Henri Morier
Henri Morier, né le à Genève et mort le à Ambilly, est un professeur universitaire suisse, notamment d'histoire de la langue française, à l'Université de Genève.
| Naissance | Genève, Suisse |
|---|---|
| Décès |
(à 94 ans) Ambilly, France |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Genre artistique |
Essai |
| Distinction |
|
Fondateur du Centre de phonétique et de poétique, il est notamment l'auteur d'un Dictionnaire de poétique et de rhétorique, considéré comme une référence.
Biographie
modifierOrigines et famille
modifierHenri Morier naît le à Genève, dont il est également originaire[1].
Il se marie à deux reprises : en 1944, avec Marcelle Compagnon ; puis avec Grietje Hollaert[1].
Études et parcours universitaire
modifierHenri Morier fait des études de langue et littérature françaises à l'Université de Genève[1], où il a notamment Charles Bally comme professeur[2]. Il y obtient une licence en 1934, puis un doctorat en 1943[1].
Il est nommé professeur à l'Université de Genève en 1952, où il enseigne l'histoire de la langue française, la stylistique et la phonétique. Il y fonde un centre de phonétique et de poétique[1], où il explore les rapports entre le son et le sens[3].
Il est membre du Conseil international de la langue française et lauréat de nombreuses distinctions nationales et internationales[1].
Mort
modifierHenri Morier meurt le , à Ambilly, en Haute-Savoie, à l'âge de 94 ans[1].
Œuvres
modifierHenri Morier est l'auteur d'ouvrages sur la poésie française et la rhétorique.
- Le rythme du vers libre symboliste étudié chez Verhaeren, Henri de Régnier, Vielé-Griffin, et ses rapports avec le sens, Genève, Presses académiques, 1943-1944 (3 volumes, le premier étant sa thèse[1]). Couronné par l'Académie française (Prix Bordin 1946). Réimpression en un volume : Genève, Slatkine, 1977.
- La psychologie des styles, Genève, Georg, 1959[2],[4],[5]. Couronné par l'Académie française (Prix de la langue française 1959).
- Dictionnaire de poétique et de rhétorique ; PUF, 1961[6],[7] ; 5e édition revue et augmentée en 1998. Couronné par l'Académie française (Prix Saintour 1962). Ouvrage publié avec l'aide du Fonds suisse de la recherche scientifique[8].
Ce dernier ouvrage[9] , considéré comme un manuel de référence par de nombreux collègues et chercheurs[1], est le plus important sur le sujet depuis le traité sur les tropes de Pierre Fontanier (1818) :
« Nous nous sommes dit qu'il fallait risquer une fois de l'entreprendre. S'il est imparfait, qu'importe ! D'autres viendront et le corrigeront et qui l'amenderont. Les seules rhétoriques disponibles aujourd'hui sont, à notre connaissance, ou terriblement démodées, ou redoutablement primaires. Les pires erreurs se transmettent de manuel en manuel...[...] On ne voit que des traités de versification sommaires et des ouvrages de stylistique, où les termes techniques sont dispersés, introuvables. Enfin, bien des effets littéraires ou poétiques, et les plus subtils, ont passé à travers les mailles du filet... » (extrait de la préface de 1961).
Henri Morier a également publié des recueils de poèmes :
- Poèmes nocturnes, Genève, Perret-Gentil, , 112 p.[10]
- Aubades, Genève, Éditions du Mont-Blanc, , 73 p.[11]
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 André Wyss, « Henri Morier » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Édouard Martinet, « La psychologie des styles », Tribune de Genève, no 148, , p. 21 (lire en ligne)
- ↑ André Wyss, « Henri Morier Prix Vaugelas », Journal de Genève, , p. 21 (lire en ligne)
- ↑ Marcel Raymond, « Une psychologie des styles », Journal de Genève, , p. 3 et 9 (lire en ligne)
- ↑ J. Nr, « La psychologie des styles », Gazette de Lausanne, , p. 19 (lire en ligne)
- ↑ A. P., « Dictionnaire : une poétique fondée sur les certitudes du laboratoire », Gazette de Lausanne - Samedi littéraire, , p. III (lire en ligne)
- ↑ Monique Parent, « Un dictionnaire, fruit de trente ans de travaux, renouvelle nos connaissances du langage poétique », Gazette de Lausanne - Samedi littéraire, , p. III (lire en ligne)
- ↑ Compte-rendu sur la Revue d'Histoire littéraire de la France, 77e Année, No. 3/4, Le Roman au XVIIe Siècle (Mai - Août 1977), pp. 676-679, Presses Universitaires de France, Paris.
- ↑ « C'est là le domaine des "figures", dont s'inquiétait l'antique "rhétorique", et qui est aujourd'hui à peu près délaissé par l'enseignement. Cet abandon est regrettable. » (Paul Valéry, Variété V), citation de la préface du livre.
- ↑ Édouard Martinet, « Cinq auteurs nouveaux », L'Illustré, no 14, , p. 20 (lire en ligne)
- ↑ Édouard Martinet, « Lettres romandes », L'Illustré, no 9, , p. 12 (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Henri Morier, sur le site officiel de l'Académie française.
- John E. Jackson, « Comment devient-on lexicographe ? » (entretien), Journal de Genève, , p. 17 (lire en ligne)
- Henri Morier, "AH! LA BELLE *PROFESSEURE! Où nous mène le désir d'une sexuisemblance généralisée", sur Cahiers Ferdinand de Saussure, 47 (1993 [1994]), pp. 83-105.