Henri de Fautrières
Henri de Fautrières, né vers 1230/1240 et mort le , est un ecclésiastique français, abbé de Cluny de 1308 à 1319 et deuxième évêque de Saint-Flour, du à sa mort.
| Évêque de Saint-Flour | |
|---|---|
| - | |
| Abbé de Cluny | |
| - |
| Décès |
|---|
| Ordre religieux |
|---|
Biographie
modifierMoine
modifierHenri de Fautrières, né vers 1230/1240[1], est issu d'une famille noble du Charolais[2]. Fils de Hugues de Fautrières et d'Agnès de Châtillon, Il devient moine à l'abbaye de Cluny[1] et prieur de Froville, prieuré clunisien de cinq moines situé dans le diocèse de Toul[3],[4]. Il est procureur de l'ordre de Cluny auprès du Saint-Siège[5],[4].
Abbé de Cluny
modifierEn [5], il est élu abbé de Cluny[3], succédant à Bertrand du Colombier. Au moment de son élection, Henri de Fautrières n'est pas présent à Cluny, mais se trouve probablement à Avignon[6]. Après son élection, une prestation de serment de fidélité des habitants de Cluny au nouvel abbé est organisée. Si cette cérémonie est habituelle, c'est la première fois qu'elle est racontée par écrit, peut-être parce qu'elle est consécutive à une rébellion de la population qui a eu lieu en 1307[5].
Henri de Fautrières promulgue de nouveaux statuts de l'ordre de Cluny, sans doute lors du chapitre général de 1314. Ces statuts reprennent en partie ceux établis par l'abbé Bertrand du Colombier en 1301[7]. Ils concernent à la fois la liturgie, les règles de la vie commune, l'organisation des chapitres généraux, les droits et les devoirs des dignitaires[8]. Ils réglementent les visites des délégués de l'abbé dans les différents monastères de l'ordre, suivant un questionnaire précis[9],[10],[11]. Henri de Fautrières visite lui-même, en tant qu'abbé, certains monastères, dont le prieuré de Saint-Flour en 1310[12] et l'abbaye Saint-Sauveur de Figeac en 1314[13].
En 1311, il participe au concile de Vienne — qui supprime l'ordre du Temple — et y obtient du pape Clément V une confirmation des privilèges de l'abbaye de Cluny[14].
Évêque de Saint-Flour
modifierLe [15], le pape Jean XXII transfère le titulaire de l'évêché de Saint-Flour, Raymond de Mostuéjouls, sur le siège de Saint-Papoul[16],[15]. Ensuite, le [16], il nomme Henri de Fautrières évêque de Saint-Flour[16],[15]. Henri de Fautrières résigne alors sa charge d'abbé de Cluny[17]. Il emporte de Cluny à Saint-Flour de précieux objets du culte[18],[19],[20], notamment ceux relatifs à la fonction d'évêque, ce qui crée ensuite un litige entre cette abbaye et le diocèse de Saint-Flour[18],[19].
Pendant son épiscopat, il promulgue des chartes, qui règlent les droits de l'évêque et du chapitre, délimitent leurs menses respectives et autorisent la création d'une confrérie dans la cathédrale de Saint-Flour[21]. Le , il ordonne au prieur de Molompize et à d'autres dignitaires du diocèse de Saint-Flour de laisser le chapitre de Clermont percevoir les taxes auxquelles il a droit dans le ressort de Saint-Flour, à la condition qu'il ne réclame pas les anciens droits de l'évêque de Clermont qui ont été transférés à celui de Saint-Flour lors de l'érection de cet évêché[22],[23]. Il semble donc que la répartition de ces droits avait besoin d'être précisée[23]. À cet acte est appendu un sceau partiellement conservé[22].
Il meurt le et est enterré dans la cathédrale de Saint-Flour[24].
Notes et références
modifier- 1 2 Chaludet 1916, p. 62.
- ↑ Chaludet 1916, p. 61.
- 1 2 Chaludet 1916, p. 63.
- 1 2 Hurel et Riche 2025, p. 115.
- 1 2 3 Didier Méhu, Paix et communautés autour de l'abbaye de Cluny : Xe – XVe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévale » (no 9), , 2e éd. (1re éd. 2001) (ISBN 978-2-7297-1111-5 et 978-2-7297-0830-6, DOI 10.4000/books.pul.5247, lire en ligne), p. 460.
- ↑ Chaludet 1916, p. 64.
- ↑ Hurel et Riche 2025, p. 118.
- ↑ Chaludet 1916, p. 66-69.
- ↑ Thierry Pécout, « La déambulation comme mode de gouvernement. L'enquête princière générale en Provence angevine, XIIIe – XIVe siècle », dans Des sociétés en mouvement. Migrations et mobilité au Moyen Âge : XLe Congrès de la SHMESP (Nice, 4-7 juin 2009), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 104), , 372 p. (ISBN 978-2-85944-652-9 et 979-10-351-0172-5, DOI 10.4000/books.psorbonne.10293), p. 295-314.
- ↑ Thierry Pécout, « La visite est-elle une enquête et vice-versa ? Enquête générale et visite, deux pratiques de la déambulation (XIIe – XIVe siècle) », dans Gouverner les hommes, gouverner les âmes : XLVIe Congrès de la SHMESP (Montpellier, 28-31 mai 2015), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 144), , 365 p. (ISBN 978-2-85944-976-6 et 979-10-351-0137-4, DOI 10.4000/books.psorbonne.28658), p. 265-280.
- ↑ Hurel et Riche 2025, p. 91.
- ↑ Chaludet 1916, p. 71.
- ↑ Chaludet 1916, p. 72.
- ↑ Chaludet 1916, p. 69.
- 1 2 3 Todescato 2021, § 11.
- 1 2 3 Chaludet 1916, p. 73.
- ↑ Hurel et Riche 2025, p. 116.
- 1 2 Chaludet 1916, p. 74.
- 1 2 Todescato 2021, § 14.
- ↑ Hurel et Riche 2025, p. 106.
- ↑ Chaludet 1916, p. 75.
- 1 2 J. Chaludet, « Un sceau d'Henri de Fautrières, évêque de Saint-Flour », Revue de la Haute-Auvergne, vol. 22, no 4, , p. 216-217 (lire en ligne).
- 1 2 Todescato 2021, § 15.
- ↑ Chaludet 1916, p. 76.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- J. Chaludet, « Les évêques de Saint-Flour. [III], Henri de Fautrières », Revue de la Haute-Auvergne, vol. 18, , p. 61-77 (lire en ligne).
- Daniel-Odon Hurel et Denyse Riche, Cluny : De l'abbaye à l’ordre clunisien : Xe – XVIIIe siècle, Paris, Armand Colin, coll. « Mnémosya », (ISBN 978-2-200-63898-6, DOI 10.3917/arco.hurel.2025.01., lire en ligne).
- Hugo Todescato, « Saint-Flour, chap de diocesi : De l’époque médiévale à nos jours », dans Vincent Flauraud et Stéphane Gomis (dir.), Les nouveaux territoires diocésains, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, coll. « Histoires croisées », , 288 p. (ISBN 978-2-84516-984-5 et 978-2-38377-328-3, lire en ligne), p. 19-31.