Henriette Dubois
Henriette Dubois, née le 3 août 1920 à Janville-sur-Juine, Seine-et-Oise et décédée le 4 septembre 2018 à Villeneuve-Loubet, Alpes-Maritimes, pseudonyme de guerre Nelly, Michèle, est une militante communiste et Résistante française des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF).
| Henriette Dubois | |
Henriette Dubois sur la Canebière à Marseille fin 1943 | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Agent de liaison Francs tireurs et partisans français | |
| Biographie | |
| Titre complet | Officier de la Légion d'Honneur |
| Surnom | Nelly, Michèle |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Janville-sur-Juine (Seine-et-Oise) |
| Date de décès | (à 98 ans) |
| Lieu de décès | Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) |
| Sépulture | Ascros, Alpes-Maritimes |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Parti communiste français (1936-1996)
Pôle de Renaissance Communiste en France |
| Profession | Sténo-dactylo, secrétaire |
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Originaire d'un milieu modeste, elle grandit entre Nice et Villefranche-sur-mer où elle milite au sein de l'Union des Jeunes filles de France (UJFF) dès l'âge de 16 ans puis au Parti communiste Français à la création du Front Populaire. En 1943, Henriette est recrutée en tant qu'agent de liaison dans les FTPF. Démobilisée en octobre 1944, elle reprend une vie militante en région parisienne en avril 1945. Conseillère municipale d'Epinay-sur-Seine de 1967 à 1971, elle est membre du bureau national de l'Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance (ANACR) et co-fondatrice du Musée de la Résistance Azuréenne en 1986[1]. Henriette Dubois est décorée de la Légion d'honneur par Henri Rol-Tanguy en 1997 et élevée au rang d'Officier par Cécile Roy-Tanguy en 2012.
Biographie
modifierOrigines
modifierHenriette Dubois est la fille d'Henri-Marie Lelièvre (1859-1937) et de Germaine Marguerite Dubois (1898-1939). Henriette porte le nom de sa mère, son père étant déjà marié avec Jeanne Froment.
C'est son père, Henri Lelièvre, Républicain convaincu, qui lui insuffle très tôt des idées progressistes, à l'origine de son engagement politique. Originaire du Mans, Henri grandit dans la misère à Paris. Chassé de son travail à coups de clé à molette par son patron pour avoir crié « Vive la République ! » en septembre 1870, Henri est livré à lui-même. Il apprend le métier de peintre en lettres avec lequel il finit par apprendre à écrire et lire tout seul. Déserteur au service militaire puis amnistié, le jeune Henri s'instruit tout seul et devint « un homme cultivé avec un tempérament d'artiste » dira Henriette dans ses mémoires[2]. Marqué par l'affaire Dreyfus, fervent défenseur de Jaurès, il affichera toujours une sympathie pour les idées communistes sans pour autant y adhérer. De son métier, il se trouva une passion dévorante pour la peinture, la nature et les paysages.
En 1923, Henri déménage à Nice puis en 1925 à Villefranche-sur-Mer où, avec sa famille, ils achètent un bureau de tabacs, rue du Poilu. Henriette a désormais un petit-frère, Jacques (1925-1956, pseudo Matelot, Résistant FTPF)[3]. Les deux enfants grandissent alors dans une grande misère. Alors que son frère vagabonde, la petite Henriette obtient son certificat d'études, s'instruit avec son père en lisant l'Humanité. C'est ainsi qu'elle entend parler de l'affaire Dreyfus, du Feu d'Henri Barbusse, du fascisme italien, de la montée du nazisme, de l'affaire Stavisky... À l'âge de 13 ans, sa mère l'amène aux réunions de l'Union des femmes françaises contre la misère et la guerre. En 1935, la détresse familiale est à son comble. Henri est frappé par la maladie d'Alzheimer, les recettes de l'épicerie sont maigres. Gaz et électricité sont coupés, Henriette se débrouille comme elle peut pour continuer sa scolarité, en enchaînant les petits boulots ingrats. Elle obtient son brevet commercial et suit des cours de sténographie.
L'espoir du Front Populaire
modifierEn juin 1936, à la suite de la victoire du Front Populaire, Henriette participe aux grèves niçoises avec les salariés des Galeries Lafayette et rejoint la Jeunesse Communiste qui possède une section à Villefranche-sur-mer. Un mois plus tard, elle voit s'enflammer l'Espagne dans la guerre civile, menée par le général Franco contre la République. Ce sera le début de son long combat antifasciste. En octobre 1936, les premiers volontaires pour les Brigades internationales partent sur le front. Parmi eux, ses camarades comme Honoré Galli[4], Jojo Fricero[5] et bien d'autres membres des Jeunesses communistes partent combattre en Espagne[6]. C'est à cette occasion qu'elle fait la rencontre de Raoul Gastaud[7],[8], 20 ans, secrétaire régional des Jeunesses Communistes, qui deviendra en 1940 son mari.
Militante à l'Union des Jeunes filles de France
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Henriette milite activement à l'Union des Jeunes filles de France (UJFF) fondée par Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle est nommée déléguée au Congrès national des Jeunesses communistes du 11 juillet 1937 à Paris. En octobre, son père Henri Lelièvre décède et Raoul Gastaud doit effectuer son service militaire de 2 ans à Modane dans la ligne Maginot. Ce dernier la recommande pour occuper un poste de sténo-dactylo pour le Parti communiste et son journal hebdomadaire local Le Cri des travailleurs. Henriette organise alors, entre ses occupations militantes et des petits boulots de subsistance, des réunions en faveur de l'Espagne républicaine. Elle parcourt à vélo toutes les Alpes-Maritimes pour organiser bals, tombolas, collectes de denrées. « Je n'étais pas toujours très bien accueillie lorsque j'interrompais l'orchestre et la danse pour que je puisse faire une intervention au cours de laquelle il s'agissait de sensibiliser les danseurs au drame vécu au-delà des Pyrénées, leur parler de Guernica, des femmes pleurant sur le corps de leurs enfants éventrés. [...] J'arrivais à dominer la rumeur et la réprobation animée d'une passion que je devais sans doute à mon admiration que je portais à Dolorès Ibarruri. »[2.1]
Alors qu'elle voit la paix de plus en plus menacée en Europe avec l'annexion de l'Autriche, les accords de Munich sceller le sort de la Tchécoslovaquie, le pacte Ribbentrop-Bonnet, la jeune Henriette redouble d'efforts. Elle tape tracts et distribue journaux. Elle s'occupe également de la correspondance parlementaire du député Virgile Barel. « Hélas, la trahison de Munich fut une ultime étape vers la guerre. Munich une politique de suicide national dictée par un égoïsme de classe qui voyait en Hitler un gendarme contre la classe ouvrière, la démocratie et l'URSS »[2.2] témoigne Henriette dans ses mémoires. Mars 1939, sa mère Germaine décède. Henriette est livrée à elle-même. Virgile Barel trouve alors un travail et un logement pour son frère de 14 ans. Comme seul entourage proche, Henriette ne possède que ses camarades de lutte.

Le 22 mai 1939 à Montreuil, elle tient le dernier congrès de l'UJFF, représentant le département des Alpes-Maritimes. « C'est la dernière fois que je vis Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Claudine Chomat, Pierre Georges » dira-t-elle. Vêtue de « seyants atouts », la jeune Henriette crie « sa haine farouche de la guerre » devant la foule et les journalistes. La photo ci-contre paraît en dernière page de l'Humanité du 23 mai 1939.
C'est grâce à la « clairvoyance » des articles de Gabriel Péri dans l'Humanité qu'elle a conscience de la guerre imminente, confie-t-elle, dans un département particulièrement en proie au fascisme italien.
Pour Henriette, « l'UJFF constituera un vivier très important de femmes Résistantes, bien souvent agents de liaison FTPF »[9].
La « drôle de guerre »
modifierLe Pacte germano soviétique
modifierLe 23 août 1939, le pacte germano soviétique est signé après l'échec constant des négociations menées par l'URSS pour une sécurité collective en Europe face au nazisme résultant, entre autres, de la non application en France du traité franco-soviétique d'assistance mutuelle de 1935. La jeune Henriette témoigne : « Le 27 août, tous les journaux communistes, dont le Cri des travailleurs sont interdits[10]. je mentirais si je ne disais pas que cette nouvelle me plongea dans la plus grande stupéfaction, puis essayant de dépouiller les commentaires hurlants de nos ennemis, je fis appel à la grande confiance que j'avais en l'URSS. À partir de là, connaissant les trahisons de la France et de l'Angleterre face à l'Union soviétique, je compris à travers ce pacte de non-agression que cette dernière cherchait à gagner du temps et je trouvais normal qu'elle se protège, un traité de non agression n'étant pas un traité d'amitié [...] et se fait avec un ennemi potentiel. [...] Autour de moi, il y a eu quelques défections, mais cela ne se limita qu'à deux ou trois. De toute façon, les choses étaient claires, les communistes sont des antifascistes. »
L'entrée en guerre de la France
modifierLe 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. Les hommes valides du Parti communiste sont mobilisés. Paul Maertens[11], secrétaire régional, non mobilisable, prend ses dispositions pour cacher préventivement les ronéos et les machines à écrire et pour maintenir le lien avec les camarades non mobilisés afin d'organiser des réunions clandestines. « En l'occurrence, je lui servais de secrétaire et d'agent de liaison. »[2.3]
Le 26 septembre, la dissolution du Parti communiste est prononcée par Edouard Daladier, président du Conseil[12].Le 27, à 7h du matin, c'est le domicile d'Henriette qui est perquisitionné par la police, au 57 avenue de Pessicard à Nice : « Trois ou quatre inspecteurs, un commissaire de police et une énorme voiture noire découverte. [...] Ils fouillèrent partout, emportèrent ma machine à écrire, des livres, des journaux et ma correspondance avec Raoul Gastaud. [...] Je refusais de monter avec eux et ils acceptèrent que je me rende au commissariat à vélo. Je voulus me rendre au PC, je vis la police déménager par les fenêtres le siège du parti, rue Bavastro. Affolée, je me rendis chez Virgile Barel. Celui-ci m'informa de la dissolution du parti, me convainquit de me rendre au commissariat et qu'il fallait que je m'attende à voir des choses encore plus dures, ce qui eut pour effet d'encourager mes tendances rebelles ! »[2.4] Le député Virgile Barel est arrêté le 8 octobre 1939[6.1]. Le parti essaye tant bien que mal de se réorganiser semi-clandestinement. Henriette reçoit alors à ce moment-là une carte postale de Paris avec une vue du Trocadéro avec derrière « Amitiés, Danielle ». Henriette, émue, témoigne : « Danielle Casanova écrivait à ses filles. Ce fut un réconfort extraordinaire. Le parti n'était pas mort. Elle pouvait compter sur nous. »[2.5]
Henriette reste 3 mois à la disposition de Paul Maertens avant de perdre son contact avant la fin de 1939. En effet, ce dernier conseille alors à tous les membres du parti de couper les liens, notamment avec ses camarades de l'UJFF, Micheline et Marcelle Faraud, amies de longue date d'Henriette. futures Résistantes[13],
Henriette cherche alors du travail et tente de subsister comme elle peut. Elle fait de la figuration aux Studios de la Victorine dans le film Untel Père et fils[14], avec Michèle Morgan qu'elle affectionne particulièrement.
Enceinte de Raoul, Henriette se réfugie en Haute-Loire à la Beyssere-Saint-Mary chez sa belle-soeur, durant l'exode de juin 1940 : « Le retour sur Nice fut difficile. Tout le monde était sur les routes. J'eus l'occasion d'entendre parler de l'appel du 18 juin du Général de Gaulle. »[2]
La France du régime de Vichy et arrestations
modifierHenriette se marie le 3 août 1940 à Nice avec Raoul Gastaud, tout juste démobilisé. L'appareil répressif de Vichy se durcit. La CGT et CFTC sont dissoutes en novembre 1940. Les cadres des Jeunesses communistes sont arrêtés. Face aux restrictions d'alimentation et à l'impossibilité de trouver du travail, le couple rejoint Ascros, un petit village des Alpes-Maritimes dans les montagnes de l'Estéron où réside les parents de Raoul.
Arrestation de Raoul Gastaud
modifierHélas, le 20 octobre 1940, les gendarmes viennent arrêter Raoul et son père, sans motif, d'après la loi du 3 septembre 1940[15]. Ils sont internés avec d'autres militants tels que Jean-Paul Comiti[16] ou Lucien Barrale au camp d'Oraison puis au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe en février 1941.
C'est en novembre 1940 que les directions des Jeunesses communistes sont arrêtées : « La police saisit du matériel d'impression, des fusils de chasse. Au total 25 arrestations. C'est à ce moment-là qu'Andrée Georges[17], la femme de Pierre Georges [18](futur Colonel Fabien) vint me voir pour reconstituer l'organisation. Je ne pouvais pas m'engager dans ce travail à 15 jours de mon accouchement ! »
Privations et survie
modifierMichel Gastaud nait le 13 décembre 1940 à Nice.
Des informations sur les événements de la guerre parviennent tant bien que mal par la presse collaborationniste. Henriette vit avec son fils et sa belle-famille en effectuant des travaux agricoles[2.6].
Raoul est libéré le 2 janvier 1942. Ils quittent Ascros pour Nice afin de chercher du travail. Entre les difficultés de rationnement, les petits boulots, quelques contacts avec des camarades du parti sont repris ça et là. « Même les maigres rations accordées par les tickets de rationnement n'étaient pas honorées. Je me souviens de topinambours qui, ayant passé une semaine dans un wagon à la gare de Nice, ont fermenté et m'ont rendue malade au point que je n'ai jamais pu en remanger... »[2.7] Les Alpes-Maritimes, de par leur situation géographique très excentrée, subissent alors des restrictions alimentaires inédites : quelques rares légumes, quasiment pas de viande et surtout, une absence de transports en commun qui rend le ravitaillement extrêmement difficile[19].
Stalingrad et le tournant de la guerre
modifierEn février 1943, Henriette a vent de la reddition de Von Paulus à Stalingrad. « L'espoir revenait et nous étions prêts à nous battre encore plus. »[2.8] Elle tape clandestinement le Cri des travailleurs et des tracts où figurait le mot d'ordre « harcelons jour et nuit les hordes de Mussolini, constituons et renforçons les groupes FTP » dans l'arrière boutique d'une boucherie. Les protestations contre l'occupant s'amplifient à Nice.
Le 8 avril 1943, une importante manifestation de femmes a lieu devant la préfecture de Nice après qu'un livreur, chargé de croissants destinés au Préfet, ait chuté à vélo sur le marché. Des milliers de femmes se sont réunies pour crier : « Nous voulons du pain, nous avons faim, du lait pour nos enfants ! ». Une délégation est reçue. Des déblocages supplémentaires de ravitaillement sont promis[20].
Ces manifestations ont donné une raison supplémentaire à Raoul de reprendre le combat clandestin. Il remplit une biographie et la transmet à des camarades. Averti que les policiers risquent d'arrêter des militants de façon préventive avant le 1er mai, Raoul entame une cavale clandestine. Par négligence, la biographie de Raoul est découverte par la police chez un commerçant militant imprudent, Francis Reboa. Vers 21h, le 30 avril 1943, la police espère interpeller Raoul à leur domicile, rue Lange, en vain. Ce dernier a pris le maquis clandestinement vers Apt. Henriette découvre alors qu'ils ne sont pas venus l'arrêter pour le 1er mai mais parce qu'ils sont tombés sur sa biographie[21].
L'appartement d'Henriette est perquisitionné et dévasté par la police en juin 1943. Elle est arrêtée avec son frère et interrogée. « Je fus conduite rue Gioffredo où je passais la nuit avec les cafards. [...] J'eus droit au commissaire Moschetti qui ne me frappa pas mais se laissa aller à des violences verbales. » Faute de preuves consistances, Henriette et son frère Jacques sont relâchés[2.9].
« Nelly », agent de liaison FTPF
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Henriette réalise alors que les Alpes-Maritimes sont devenues trop dangereuses pour mener une activité résistante. Elle songe alors à quitter la région. Après une furtive entrevue avec Raoul à Apt, celui-ci la dissuade afin de ne pas briser leur couple. Malgré cela et compte-tenu de la précédente perquisition et arrestation, Henriette prend la ferme décision de partir, en laissant son fils de 2 ans à la belle-famille, à Ascros.
C'est Pierre Durand, pseudo Georges, cadre régional du parti qui organise son départ.
Début octobre, Henriette a rendez-vous place Gambetta à Nice (actuelle place de la Libération) avec Prosper qui lui donne le mot de passe, le jour, l'heure et le lieu de rendez-vous à Marseille, place de la Porte d'Aix avec un camarade qui lui donnera la suite des indications.
À la gare Saint-Charles, Henriette est contrôlée par la police. Heureusement, elle n'a rien sur elle. Son contact lui demande alors son pseudo. Ne sachant pas quoi répondre, Henriette répond : « Nelly ». C'est le nom d'une boutique de chaussures en face d'elle et c'est surtout Michèle Morgan dans le film Quai des Brumes... Un autre rendez-vous est pris à Lyon avec Georges Lyvet, pseudo Saint-Avold. Elle ne saura son identité qu'après la guerre.

Rencontre avec Boris Guimpel, chef d'Etat Major FTPF
modifierNelly est logée temporairement par un coiffeur, pseudo Raphaël, le temps que son « patron vienne la chercher ». Raphaël est un saboteur de voies ferrées la nuit et son métier lui sert de couverture. Il organise un rendez-vous entre Nelly et Boris Guimpel, pseudo Mailly, le futur « patron » de Nelly. Boris, ancien officier des brigades internationales, est commissaire aux opérations du Comité militaire de la zone sud FTPF. Il est aussi membre du Service B[22], service de renseignement du Parti communiste. Boris lui demande alors de trouver un logement sur Marseille, rue de Tilsit, dans la suite des opérations et lui demande de ne contacter personne d'autre que lui et les membres de l'État-major.
1944, année de tous les risques
modifierNelly fait la connaissance de tous les membres de l'État-major FTPF à Lyon. Elle côtoie alors Manon Desplaces[23], pseudo Catherine, la femme de Boris qui est également son agent de liaison. Elle leur trouve un logement au 62, rue Gerland, grâce à une agence immobilière complice de la Résistance, sous la tour Place Antonin-Poncet et qui fournira toutes les « piaules » nécessaires au réseau. Elle trouve un logement quartier de la Croix-Rousse au 32, rue Jacquard.
Nelly parcourt la France entière pour passer des messages, des fortes sommes d'argent, recueillir des informations concernant les sabotages et transmettre des ordres militaires qu'elle dactylographie pour les envoyer à Paris au journal France d'abord via Catherine. Pour elle, la gare de de Lyon-Perrache est un lieu très angoissant. En effet, en cas de contrôle, il n'y a pas d'échappatoire. Lorsqu'elle doit transporter du ravitaillement ou l'arme de Mailly, elle sort à Vienne et préfère prendre l'autocar. Secrètement, Nelly entretient une relation amoureuse avec Mailly.
Le 18 mars 1944, Nelly est témoin de l'exécution sommaire du Résistant Antoine Fontlupt[24], place des Terreaux à Lyon : « Nous vîmes avec Mathilde [Maya, la soeur de Boris, pseudo Mathilde nldr.] un garçon qui courait en zigzag pour s'engager dans la rue Puits Gaillot et un milicien en tenue noire qui l'épaulait avec un mousqueton. Une balle l'atteignit en pleine tête et, quand nous passâmes, son corps était allongé dans le caniveau. C'était la première fois que j'assistais à un tel spectacle aussi horrible et que je voyais un mort dont je me doutais bien que, s'il avait été abattu par un milicien c'est parce qu'il devait être l'un des nôtres. J'étais bouleversée. Mathilde me dit : "Tu en verras d'autres." »
Chute du Comité Militaire de la Zone Sud FTPF (CMZ)
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Dimanche 14 mai 1944, vers 11h45, Mailly tente de téléphoner à André Jacquot[25], pseudo Larzac, délégué militaire du CMZ, sans succès. Certain qui se passe quelque chose d'anormal, il demande à Nelly de passer chez lui et de cacher des documents importants en sa possession. Quand elle part à 13h de chez elle, Mailly surgit en criant : « La police était chez moi, j'ai une balle dans le bras. » Nelly lui fait un garrot et appelle immédiatement Mathilde qui est médecin de profession.
Mailly lui raconte alors le guet-apens auquel il vient juste de réchapper. Ce matin à 11h, cinq hommes en armes font irruption dans l'appartement situé au 4e étage au 62, rue de Gerland à Lyon. Trois sont des miliciens et les deux autres appartiennent à la Gestapo. Dans l'appartement, la femme de Mailly est enceinte. Déçus de ne pas être tombés sur Mailly, ils décident de lui tendre un piège. Mailly monte alors l'escalier ne se doutant de rien. Lorsqu'il glisse la clé dans la serrure, Manon crie : « Sauve-toi Bob ! »[22.1] Mailly comprend immédiatement. Il dévale l'escalier quand les coups de feu claquent. Il est touché au bras. De la fenêtre, un autre Allemand tire et troue la pointe de la chaussure de Mailly[22]. C'est le début du calvaire pour Manon qui détient les documents importants que devait prendre Nelly. Elle est arrêtée par la Gestapo, torturée et internée à la prison Montluc et survit[26].
Mailly prend ses dispositions pour prévenir ses camarades qui devaient se réunir chez lui le soir même et les jours suivants. Nelly arrive à intercepter Tadeusz Oppman[27], pseudo Georges, chef du service B, et son agent de liaison, dès leur arrivée à la gare, les sauvant d'une arrestation certaine.
Le lendemain, Nelly part pour la Haute-Savoie à Morillon prévenir les parents de Mailly, de peur qu'une adresse sur un colis de denrées, trouvée par la Gestapo, puisse les faire arrêter eux-aussi, d'autant qu'ils sont Russes, Juifs... et communistes. Elle leur sauve la vie en les cachant chez sa belle-soeur en Haute-Loire.
Le coup de filet, mené par Klaus Barbie, avec la complicité du double agent Lucien Iltis décapite complètement l'État-Major du CMZ :
- André Jacquot, pseudo Larzac, délégué du CMZ, est arrêté par la Gestapo, torturé, interné à Montluc puis déporté à Dachau. Il survit.
- Francisque Jomard, pseudo Valbonne, commissaire aux effectifs, est arrêté par la Gestapo et torturé à l'Ecole de Santé, interné à Montluc puis fusillé le 16 juin 1944.
- Mathieu Puyo, pseudo Mérignac, commissaire technique, arrêté le 13 mai 1944, déporté et disparu.
- Georges Lyvet, pseudo Saint-Avold, commandant de la 1ère subdivision, est arrêté par la Gestapo et torturé à l'Ecole de Santé. Il est abattu avec dans sa cellule d'une balle dans la nuque[2].
- Charles Perrin[28], pseudo Vauban, commissaire aux opérations interrégional, 1ère subdivision, blessé 5 fois, il survit.
- Marcel Clouet[29], pseudo Vial, commissaire aux effectifs interrégional, 1ère subdivision, arrêté le 15 mai 1944 à Montluc puis extrait de sa cellule avec d'autres Résistants puis exécuté le 16 juin 1944.
- Albert Pouzeratte[30], pseudo Raspoutine, membre de l'Etat-major FTP du Rhône, arrêté le 15 mai 1944 et exécuté le 16 juin.
- Marius Gayet[31], pseudo Lieutenant Fernand, membre de l'Etat-major FTP du Rhône, arrêté le 15 mai 1944 et exécuté le 16 juin.
- Camille Labrux[32], commandant de l'interrégions H1 (Nord des Alpes), arrêté le 15 mai 1944, torturé. Il invente un alibi puis est déporté sous un autre nom au camp de Neuengamme où il survit[33].
Dans la semaine qui suit, plusieurs dizaines de FTPF sont appréhendés[22.2].
Lucien Iltis[34], pseudo Boulanger, commissaire technique interrégional de la 1ère subdivision FTPF, rare cadre survivant du CMZ, est en réalité un agent-double travaillant pour le compte de Klaus Barbie et de la Gestapo. Après guerre, l'affaire Iltis servira également de motif à des fins de purge interne au sein du Parti communiste. En effet, Georges Beyer[35], responsable du service B, accusé d'avoir introduit Iltis, est évincé ainsi que son beau-frère Charles Tillon, responsable national des FTPF. Le nom Iltis est également évoqué dans l'affaire André Marty[36],[37].
Après la chute du CMZ, le Parti communiste envoie alors André Combeau[38], pseudo Placide, enquêter sur les causes de cette chute et interroger les membres encore vivants du CMZ dont l'immense majorité a été arrêtée.
Témoin du bombardement du 26 mai 1944 à Lyon
modifierAlors que Nelly avait rendez-vous avec une camarade place Jean-Macé, les sirènes retentissent. Elle s'arrête non loin de la place, dans un bar. « Je ne voulais pas descendre dans les abris, tant qu'à faire de claquer, je préfère rester dehors plutôt que recouverte par les étages » dira-t-elle dans le documentaire France 3 Les Résistances[39]. Malgré les 714 morts et de nombreux disparus, sa seule satisfaction est que l'Ecole de Santé, siège de la Gestapo, a été touchée, ce qui a pu détruire une partie des archives, paralysant une partie du système répressif nazi.
Agent de liaison du Service B
modifierÀ la suite de la chute du CMZ, Placide congédie tous les survivants pour des raisons de sécurité. Mailly est congédié dans les Hautes-Alpes à Embrun, chez la femme de l'avocat Jérome Ferrucci, pseudo Lambert[40], adjoint de Tadeusz Oppman. Quant à Nelly, elle en profite pour rejoindre Ascros une semaine puis retourne à Lyon et reprend contact avec Tadeusz Oppman qui n'a pas été touché par les arrestations. Nelly change de pseudo et se fait appeler Michèle. Elle se met au service de Max Gomez à Montpellier, correspondant B12 du service B FTP zone sud. Militaire et chef d'escadron d'active, il dirige le récent de service de renseignement sur un territoire équivalent à la XVe région militaire. Le 4 juillet 1944, alors que Max Gomez et Michèle sont dans un train aux alentours de Narbonne, Max, n'ayant pas ses papiers d'identité à jour, est arrêté par la Gestapo. Par chance Nelly avait alors eu la lucidité de garder sur elle tous les documents compromettants de Max Gomez dans son sac. Elle se rend compte plus tard qu'elle n'avait pas caché ces papiers dans le double fond de son sac. Si elle avait été contrôlé, elle aurait été arrêtée . Michèle réussit, malgré les voies de chemin de fer bombardées et la police, à regagner Lyon et informer sa hiérarchie.

Le 24 août 1944 à Lyon, rue de la Tête d'Or, alors qu'elle attend Mailly, Michèle est témoin d'une fusillade. Les corps tombent autour d'elle. Quelqu'un lui propose de se mettre à l'abri dans une cave. À ce moment, une femme l'embarque en lui disant : « C'est Mailly qui m'envoie. » Michèle se réfugie alors dans une planque que Mailly a louée non loin de là. Le lendemain, elle apprend dans les journaux que la fusillade a causé la mort de 37 personnes, les Allemands étant descendus dans les caves pour tuer des gens.
Intégrée au maquis de l'Azergues
modifierLe 26 août 1944, Georges et Mailly partent rejoindre le maquis vers Tassin-la-Demi-Lune, à l'Ouest de Lyon, et donnent à Mathilde les renseignements nécessaires pour les rejoindre trois jours après. Là s'est installé le nouvel État-major FTPF succédant à celui décapité le 14 mai. Mailly et Georges obtiennent une mitraillette chacun où ils participeront aux combats de la Libération.
Le 2 septembre, les sapeurs allemands détruisent les ponts du Rhône et de la Saône. Lyon est vidée de son occupant. L'insurrection n'a pas eu lieu.
Fin de la clandestinité
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De retour à Lyon, Henriette est affectée au 1er Régiment du Rhône comme secrétaire du Colonel Brun, pseudo Andral, de son vrai nom Raymond Perinetti[41], militant communiste et cadre FTPF qui assume le commandement militaire de Lyon.
Sa dernière mission, le 6 octobre, est de récupérer une valise de documents à Montpellier appartenant au Capitaine Gomez, son « ancien » patron dont elle apprend qu'il a finalement été relâché par la Gestapo (voir ordre de mission ci-dessus).
En octobre 1944, Henriette doit prendre une décision : s'engager dans les Auxiliaires féminines de l'Armée de Terre (AFAT) ou se faire démobiliser. Elle choisit la démobilisation. Elle quitte alors Lyon pour Marseille où elle retrouve Raoul Gastaud, commandant des Milices Patriotiques, ainsi que son fils Michel.
Henriette est embauchée à la Préfecture de Marseille comme secrétaire de l'avocat Jérome Ferrucci (ancien adjoint de Tadeusz Oppman au service B), devenu chef de cabinet du Commissaire de la République Raymond Aubrac.
En janvier 1945, Raymond Aubrac est nommé au ministère de la Reconstruction à Paris. Henriette décide de quitter alors la Préfecture. Elle part de Marseille avec Raoul et son fils pour retourner vivre à Nice.
Hélas, la guerre a eu raison de son couple. Elle se sépare de Raoul et lui confie la garde de leur fils Michel. Elle décide de rejoindre Paris le 30 avril 1945. Elle y retrouve Boris, qui s'était engagé entre temps dans le 151e Régiment d'infanterie et qui a grièvement été blessé par balle à la tête le 4 avril.
Henriette retrouve une partie de ses camarades du parti et son activité militante. Elle travaille tour à tour à l'hebdomadaire Regards puis Ce soir.
Espoirs et désillusions
modifierÀ la Libération, Nelly témoigne : « La vie reprenait. Quel plaisir de pouvoir circuler à Lyon dans avoir peur d'être suivie, ne plus voir flotter le sinistre drapeau, ne plus être clandestine. Rien n'était encore normal dans cette nouvelle vie. Impossibilité de participer sans réserve à la liesse générale, tant mon coeur était lourd de peine, tant je vivais avec mes camarades fusillés et disparus. »[2.10]
Le 28 mai 1945, première manifestation au Mur des Fédérés à Paris. Nelly est présente : « Défilé plus qu'émouvant où avançaient des hommes et des femmes vêtues de la tenue rayée des déportés, portant sur leur visage l'horreur qu'ils venaient de vivre. J'appris de Jean Vernet[42], la mort de son frère Georges[43] ainsi que celle de René Fontbonne[44]. Se trouvaient-là des déportés de Dachau, arrivés la veille, tous ceux qui pouvaient marcher, tous ceux qui ne mourraient pas en Allemagne ou en Pologne à cette heure, tous ceux-là marchaient en silence vers le Mur des Fédérés. [...] À leur passage, la tribune se leva et salua. Je restais sur le côté pour voir arriver tout le défilé, [...] des portraits de Danielle Casanova, Berthie Albrecht. La foule criait "À mort Franco !", "Pétain au poteau !" mais aussi des revendications pour un meilleur ravitaillement, pour l'application du programme du Conseil national de la Résistance. »[2.11]
Préservation de la mémoire de la Résistance
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Secrétaire départementale puis co-présidente de l'ANACR[45], Henriette milite pour la préservation des commémorations patriotiques maralpines liées à la Résistance. Elle participe à des commémorations nationales, comme au 70e anniversaire des fusillés du Mont-Valérien où elle prononce un discours[46].
Henriette a été interviewée à plusieurs reprises, notamment dans l'émission Les Combattants de l'Ombre d'Arte en 2011[47]puis dans le documentaire Les Résistances de France 3[48] dont son interview est visible sur Youtube.
Henriette Dubois participait à des rencontres scolaires avec d'autres Résistants de l'ANACR des Alpes-Maritimes tels que Louis Fiori [49]ou Max Barbancey[50].
Distinctions
modifier- Légion d'Honneur remise par le Résistant Henri Roy Tanguy, chef des FTPF de Paris en 1997.
- Élevée au grade d'Officier de la Légion d'Honneur par Cécile Rol-Tanguy, agent de liaison FTPF d'Henri Rol-Tanguy, en 2012.
Sources
modifier- ↑ Musée de la Résistance azuréenne, « Biographie d'Henriette Dubois sur le site du MRA »
- 1 2 3 Mémoires d'Henriette Dubois En résumé il faut témoigner
- ↑ Les 8e et 27e compagnies FTPF dans les Alpes-Maritimes, Nice, Musée de la Résistance Azuréenne, 124 p., p. 111
- ↑ Maitron, « Page Maitron d'Honoré Galli »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Jojo Fricero »
- ↑ Virgile Barel, Virgile Barel, 50 années de luttes, Editions sociales, , 318 p., p. 130
- ↑ P141
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Raoul Gastaud »
- ↑ Amis de la Liberté, Dictionnaire historique et biographique du communisme dans les Alpes-Maritimes (XXe siècle), Nice, Les amis de la Liberté, , 415 p. (ISBN 9782-915312-28-7), p. 322
- ↑ Vidéo conférence de l'ANACR, 2012, les Femmes dans la Résistance
- ↑ Légifrance, « Décret loi du 27 août 1939 sur le contrôle de la presse et publications en temps de guerre »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Paul Maertens »
- ↑ https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000853519
- ↑ Micheline Faraud, « Biographie », Publiée dans les mémoires d'Henriette Dubois en annexe.,
- ↑ « Extrait du film Untel père et fils où Henriette est aperçue, descendant les escaliers »
- ↑ https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000498666
- ↑ Maitron, « Page Maitron Jean-Paul Comiti »
- ↑ L'Humanité, « Décès d'Andrée Georges, compagne du Colonel Fabien »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Pierre Georges »
- ↑ Jean-Louis Panicacci, Les Alpes-Maritimes de 1939 à 1945, Editions Serre, , 398 p. (ISBN 2-86410-134-3), p. 158
- ↑ Max Burlando, Le Parti communiste et ses militants dans la Résistance des Alpes-Maritimes, Nice, Fédération du PCF 06, 1974, réédition complétée de 2004, 287 p., p. 74
- ↑ Raoul Gastaud, « Mémoires de Raoul Gastaud, « Pourquoi ai-je été interné politique le 20 octobre 1940 », autobiographie publiée en annexe des mémoires d'Henriette Dubois », Autobiographie,
- 1 2 Rémy Kauffet et Roger Faligot, Service B, Fayard, , 342 p.
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Manon Desplaces »
- ↑ Maitron, « Page Maitron d'Antoine Fontlupt »
- ↑ Maitron, « Page Maitron d'André Jacquot »
- ↑ « GUIMPEL Jacqueline, Josèphe, Georgette, Manon née Desplaces – Maitron » (consulté le )
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Tadeusz Oppman »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Charles Perrin »
- ↑ Maitron, « Page Les fusillés Maitron de Marcel Clouet »
- ↑ Maitron, « Page Maitron d'Albert Pouzeratte »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Marius Gayet »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Camille Labrux »
- ↑ France 3, « Article de presse France 3 Auvergne »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Lucien Iltis »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Georges Beyer »
- ↑ Maitron, « page Maitron d'André Marty »
- ↑ Wikirouge, « Affaire Tillon Marty »
- ↑ Maitron, « Page Maitron d'André Combeau »
- ↑ [vidéo] « Henriette Dubois alias "Nelly", Résistante, agent de liaison FTPF à Lyon », Georges Abidbol, , 4:40 min (consulté le )
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Jérôme Ferrucci »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Raymond Perinetti »
- ↑ Maitron, « page Maitron de Jean Vernet »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de Georges Vernet »
- ↑ Maitron, « Page Maitron de René Fonctionne »
- ↑ Musée de la Résistance azuréenne, « Site internet musée de la Résistance azuréenne »
- ↑ « Vidéo amateur du discours d'Henriette Dubois au Mont Valérien le 23 août 2014 »
- ↑ « Fiche technique de l'émission Les combattants de l'Ombre »
- ↑ France télévisions, « Article France 3 sur le documentaire Les Résistances »
- ↑ « Fiche Maitron Louis Fiori »
- ↑ « Article Nice-matin, décès de Max Barbancey. Photo avec Louis Fiori et des étudiants. »
- Mémoires d'Henriette Dubois, autobiographie, En résumé... nous devons témoigner. Document dactylographié, relié. 100 pages, 2003.
- https://maitron.fr/dubois-henriette-gastaud-henriette/
- https://maitron.fr/guimpel-boris-dit-mailly/
- https://maitron.fr/gastaud-raoul/
- https://fusilles-40-44.maitron.fr/lyvet-georges-colonel-avold-dans-la-resistance/
- https://maitron.fr/jomard-francisque-marius-pseudo-dans-la-resistance-valbonne/
- https://maitron.fr/jacquot-andre-raymond-louis-pseudonymes-caen-latour-larzac/
- https://maitron.fr/oppman-tadeusz-dit-thaddee-dit-francois-ecrit-aussi-oppmann/
- Dictionnaire historique et biographique du communisme dans les Alpes-Maritimes : XXe siècle, Les Amis de la Liberté, Editions Book-E-Book, 2011, 415p, ISBN : 9782-915312-28-7
- Service B, le réseau d'espionnage le plus secret de la Seconde guerre mondiale, Roger Faligot, Rémi Kauffer, Edtions Fayard, 342p, ISBN : 2213015988
- Archives personnelles d'Henriette Dubois
- Archives audiovisuelles ANACR
- Archives audiovisuelles France 3
