Henri II de Lorraine
Henri II de Lorraine, dit Henri II le Bon (en allemand Heinrich II. der Gute), né le à Nancy, où il est mort le , d'abord marquis de Pont-à-Mousson, est, de 1608 à sa mort, duc de Lorraine sous le nom d'Henri II et duc de Bar sous le nom d'Henri V.
| Henri II | |
Henri II de Lorraine | |
| Titre | |
|---|---|
| Duc de Lorraine et de Bar | |
| – (16 ans, 2 mois et 17 jours) |
|
| Prédécesseur | Charles III |
| Successeur | Nicole de Lorraine |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison de Lorraine |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Nancy, |
| Date de décès | (à 60 ans) |
| Lieu de décès | Nancy, |
| Père | Charles III |
| Mère | Claude de France |
| Conjoint | Catherine de Bourbon Marguerite de Mantoue |
| Enfants | Nicole de Lorraine Claude-Françoise de Lorraine |
|
|
|
| Ducs de Lorraine | |
| modifier |
|
Fils aîné de Charles III (1543-1608), duc de Lorraine dès 1545, Henri est à ce titre dès la naissance prince héréditaire de Lorraine, c'est-à-dire héritier présomptif du duché. Fils de Claude de France (1547-1575), il est le petit-fils du roi de France Henri II et de Catherine de Médicis.
Bien que le duché de Lorraine fasse alors partie du Saint-Empire, les premières décennies de sa vie sont marquées par les guerres de Religion dans le royaume de France (1562-1598), dans lesquelles intervient au premier plan la maison des ducs de Guise (François, puis Henri), très proche de la famille ducale de Lorraine.
Biographie
modifier
Origines familiales et formation
modifierFils du duc de Lorraine Charles III, il est proche parent des Guise.
Il est titré « marquis de Pont » (c'est-à-dire Pont-à-Mousson, près de Nancy).
Les guerres de Religion lui permettent d'être élevé en Lorraine et non à la cour de France, comme y avait été contraints son père et de son grand-père François Ier (duc de 1544 à 1545).
Il n'est pas non plus préparé par son père à la gestion du duché, celui-ci préférant s'en remettre à son frère cadet, le cardinal Charles de Lorraine (1567-1607), évêque de Metz.[réf. nécessaire]
Participation aux guerres de Religion en France (1562-1598)
modifierEn âge de combattre, Henri participe aux combats des guerres de Religion en France, du côté des catholiques.
En 1593, lors des états généraux tenus par la Ligue catholique, Henri de Lorraine est prétendant au trône de France en tant que petit-fils du roi de France Henri II.
Mariages (1599 et 1606)
modifierEn 1599, il épouse Catherine de Bourbon (1559-1604), sœur du roi de France Henri IV, afin de sceller le traité de Saint-Germain-en-Laye[réf. nécessaire]. Mais Catherine est une calviniste convaincue, alors qu'Henri de Lorraine est profondément catholique. De surcroît, elle ne peut pas lui donner de descendance.
Veuf en 1604, il se remarie en 1606 avec une nièce de la reine de France Marie de Médicis, Marguerite de Gonzague (1591-1632), de la famille régnant sur le duché de Mantoue, dont il a deux filles, mais pas de fils
- Nicole (1608-1657)
- Claude-Françoise (1612-1648)
Duc de Lorraine (1608-1624)
modifierIl devient duc à l'âge de quarante-cinq ans, à la mort de son père en 1608, .
Sans réelle expérience politique, il tombe sous l'influence de favoris dont le plus connu est Louis de Guise, baron d'Ancerville, fils du cardinal de Guise.
S'affirmant comme un ardent défenseur de la Contre-Réforme, il promulgue plusieurs édits ordonnant aux protestants de quitter la Lorraine. Il accorde cependant une certaine liberté à ceux résidant à Lixheim devenue lorraine[réf. nécessaire].
Il acquiert[Quand ?] un tableau du Caravage, L'Annonciation, qui se trouve toujours à Nancy, au musée des beaux-arts[1].
Le duché de Lorraine et la guerre de Trente Ans (à partir de 1618)
modifierEn 1618, la deuxième défenestration de Prague est à l'origine d'une guerre entre princes catholiques et protestants du Saint-Empire, ultérieurement nommée guerre de Trente Ans. Henri II adopte alors une position de neutralité et s'efforce de jouer un rôle d'apaisement auprès des ennemis.[réf. nécessaire]
Au cours des années suivantes, le Saint Empire s'enfonce dans la guerre et les duchés de Lorraine et de Bar sont confrontés à une situation difficile[pas clair]. Henri II recrute des soldats pour protéger ses duchés des troupes qui le traversent et renforce les fortifications, ce qui, avec les dons accordés[réf. nécessaire] aux favoris[Qui ?][2], met à mal les finances ducales.
Le problème de la succession
modifierUn testament[pas clair] du duc René II (1451-1508), le vainqueur de Charles le Téméraire en 1477, retrouvé fort à propos[pas clair], spécifie que le duché ne peut se transmettre qu'en lignée masculine (à l'instar du royaume de France),[Quand ?] ce qui, en l'absence de fils, fait échoir la succession au frère d'Henri, François de Lorraine, comte de Vaudémont.
Mais Henri envisage de léguer le duché à sa fille aînée Nicole et de lui faire épouser son favori, le baron d'Ancerville. Le scandale est si grand[réf. nécessaire] qu'il doit y renoncer.
Après d'âpres négociations, François de Lorraine reconnaît Nicole comme successeur d'Henri II. Mais elle épouse (23 mai 1621) le fils aîné de François, Charles de Vaudémont (1604-1675), qui en 1624 devient le duc Charles IV, d'abord jure uxoris (du fait de son épouse).
Mort et funérailles
modifierHenri II de Lorraine meurt à Nancy en 1624.
Il est inhumé[3] dans la collégiale Saint-Georges de Nancy, nécropole dynastique des ducs de Lorraine. Mais cette église ayant été détruite en 1743, la nécropole a été transférée vers l'église des Cordeliers de Nancy.
Le gouvernement débonnaire d'Henri II le fait passer à la postérité avec la qualification de « Bon ».
Mariages et enfants
modifier
Encore prince héréditaire de Lorraine, il épouse en premières noces en 1599 Catherine de Bourbon (1559 † 1604), fille d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, et sœur d'Henri IV, roi de France, dont il n'a pas d'enfants.
Il se remarie en secondes noces en 1606 à Marguerite de Mantoue (1591 † 1632), fille de Vincent Ier, duc de Mantoue, et d'Éléonore de Médicis. Ils ont :
- Nicole de Lorraine (1608 † 1657), mariée en 1621 (séparée en 1635) à Charles de Vaudémont (1604 † 1675), futur Charles IV, duc de Lorraine ;
- Claude-Françoise de Lorraine (1612 † 1648), mariée en 1634 au frère de Charles, Nicolas-François de Vaudémont (1609 † 1670), futur Nicolas-François, duc de Lorraine.
Il a également d'une ou de plusieurs maîtresses dont le nom ne nous est pas parvenu:
- Charles, dit le chevalier de Bar ou encore le chevalier de Lorraine, comte de Briey et seigneur de Darney[4] légitimé le [5]. Chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1608[6], commandeur de Xugney/Libdeau[7], Robécourt/Norroy[8] et Saint-Jean-du-Vieil-Aître[9] en 1630.
- Henri de Bainville, abbé de « Saint-Mihiel, Saint Pierre-Mont et de Bouzonville », légitimé également le († )[5].
Ascendance
modifierSources
modifier- Henry Bogdan, La Lorraine des ducs, sept siècles d'histoire, Perrin, [détail des éditions] (ISBN 2-262-02113-9)
- ↑ Notice sur le site IAC Nancy (utiliser le lien archivé).
- ↑ Qui en plus d'Ancerville ?
- ↑ « Les tombeaux » sur le site du palais ducal de Nancy.
- ↑ Hippolyte Roy, La vie, la mode et le costume au XVIIe siècle, époque Louis XIII : Étude sur la Cour de Lorraine établie d'après les mémoires des fournisseurs et artisans, E. Champion, , 553 p. (présentation en ligne), p. 91, 340, 469
- 1 2 Augustin Calmet, Histoire de Lorraine, t. I, Nancy, (lire en ligne), p. 270 (cclxx)Mentionne une lettre du duc Henri II recommandant son fils naturel auprès du grand maître à Malte
- ↑ René de Vertot, « Liste chronologique des frères chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de la vénérable langue de France », dans Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jérusalem appellez depuis les chevaliers de Rhodes, et aujourd'hui les chevaliers de Malte, t. IV, (lire en ligne), p. 91
- ↑ Michel Henry, Les ordres militaires en Lorraine, Éditions Serpenoise, , 354 p. (ISBN 978-2-87692-706-3, présentation en ligne), p. 283 ; Henri Lepage, « Notice sur quelques établissements de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem situés en Lorraine : VIII. Commanderie de Xugney », Annuaire administratif, statistique, historique et commercial de la Meurthe, (lire en ligne), p. 60
- ↑ Catherine Guyon, André Philippe et François Dousset, Archives départementales des Vosges - 50 H : Ordres religieux militaires : Répertoire numérique détaillé - (commanderies de Robécourt et de Laon, grands prieurés d’Aquitaine et de Champagne), Épinal, (1re éd. 1956) (lire en ligne), p. 33Cote LH 65: Bail à « Monsieur le chavalier[Sic] de Lorraine », commandeur de Robécourt et Norroy de toutes les rentes et revenus de Robécourt, excepté tout ce qui dépend de la commanderie de Norroy.
- ↑ Lepage 1853, p. 32, lire sur Google Livres
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Henry Bogdan, La Lorraine des ducs : sept siècles d'histoire, Paris, Perrin, coll. « Pour l'histoire », , 291 p. (ISBN 2-262-02113-9). Réédition : Henry Bogdan, La Lorraine des ducs : sept siècles d'histoire, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 515), , 310 p., poche (ISBN 978-2-262-04275-2).
- Georges Poull, La Maison ducale de Lorraine : étude historique, biographique et généalogique des branches ainée, cadette et illégitime de cette Maison, Rupt-sur-Moselle, chez l'auteur, coll. « Les cahiers d'histoire, de biographie et de généalogie » (no 3), , 90 + 63 + 25 + 68 + 50 + 30 + 28Sept fascicules au format in-quarto.
- Georges Poull (préf. Hubert Collin), La maison ducale de Lorraine devenue la maison impériale et royale d'Autriche, de Hongrie et de Bohême, Nancy, Presses universitaires de Nancy, , 592 p. (ISBN 2-86480-517-0).
Articles connexes
modifier- Église Saint-Nicolas-des-Lorrains de Rome
- Henridorff et Henriville, villages-colonies créées de toutes pièces sous le règne du duc.
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :