Heracleum moellendorffii

plante herbacée vivace

La Berce de Moellendorff [1], Heracleum moellendorffii, est une espèce de plantes herbacées vivaces de l'est de l'Asie, commune des reliefs du Japon, de la péninsule coréenne, de la Chine[2] et de Extrême-Orient russe[3]. Elle est localement récoltée à l'état sauvage pour être consommée, et cultivée en Corée comme plante alimentaire.

Dénomination

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En coréen 어수리 (eosuli) persil d'eau, Eosuri signifierait qu'elle était servi à la table du roi[4] de eoseo: du roi, suri semis et ri[5], elle est cultivée pour ses feuilles aromatiques qui sont récoltées au printemps, blanchies et servies crues ou cuites en accompagnement[6]. En chinois 短毛牛防风 (Duăn máo niú fángfēng) littéralement coupe vent des vaches à poil court - nombreux noms régionaux comme Céleri à grandes feuilles (Liaoning), Céleri des montagnes anciennes (Shandong), Angélique pubescente[7], 黄眼草, 白芷 (Huáng yăn cão, báizhĩ), Angélique de Dahurica[8]. En japonais ハナウド (Hana udo), description des populations japonaises dans Flora of Japan Jisaburo Oi et al. [9]. Dans ces deux derniers pays les parties de la plante sont utilisées comme légume sauvage comestible (sansaï) et comme plante médicinale antioxydante pour traiter l'arthrite, la fièvre et le rhume.

La plante est décrite en Chine par Henry Fletcher Hance en 1878[10]. Il termine sa description en mentionnant O. von Möllendorf «Po hua shan, Chine bor. d. , attribué au Dr Otto von Mællendorff. (Herb. propr. v. 19, 197). Il s'agit probablement de la plante mentionnée avec incertitude dans l'Index Flore Pekinensis de Maximowiez, sous le nom de H. dissectum Ledeb., dont elle est apparemment bien distincte »[11].

Synonyme : Heracleum moellendorffii f. subbipinnatum (Franch.) Kitag. et Heracleum dissectum subsp. moellendorffii (Hance) Vorosch., Byull. Moskovsk. (1990)[12]. Le Comité éditorial de la Flore de Chine de l'Académie chinoise des sciences donne pour synonymes H. dissectum, H. microcarpum, H. morifolium[13].

Description

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Les fleurs

La plante évoque une angélique, elle est haute de 1 à 1,5 m, avec de fortes tiges creuses striées de verticilles. Les feuilles sont opposées, composées-pennées, à 3 à 5 folioles, et pubescentes[5] les feuilles basales et inférieures sont presque bipennées, pennes primaires en 3 ou 4 paires, segments ultimes ovales-lancéolés[14]. La longue racine ressemble à celle du ginseng sauvage[5] (d'où son nom de ginseng coréen[5]) ou d'un panais. Toutes les parties de la plante sont aromatiques, le parfum est puissant, pas spontanément agréable, inhabituel mais décrit comme captivant[15].

Dans le milieu naturel la plante est signalée entre 700 et 3 000 m[16] d'altitude à mi-ensoleillement[17].

Phylogénie

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Phylogénie dressée suite au premier séquençage (2018)

Le génome a été séquencé en 2018, il mesure 149 349 pb et contient 130 gènes, dont 85 gènes codant des protéines, 8 gènes d’ARN ribosomique et 37 gènes d’ARN de transfert. L’arbre phylogénétique construit par les auteurs montrent une proximité avec un panais Pastinaca pimpinellifolia et un ancêtre commun avec les angéliques[18].

Culture

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Pour la Chine, J-h Han et M-j Zhu (2009) écrivent «une grande partie des ressources sauvages a été prélevée de manière excessive et est difficile à reconstituer. De même, une situation difficile menace l'ensemble du genre Heracleum». La mise en culture est devenue commune[18]. La reproduction se fait par semis en fin d'hiver. La floraison dure de juin à août et les fruits mûrissent de septembre à octobre[4]. La levée de dormance des graines se fait par le froid[19], elle est facilitée si les fleurs ont été éclaircies[20].

Elle est sensible à l'oïdium, causé par Eeysiphe heraclei[21]. La sève est parfois signalée comme photosensibilisante[22].

Huile essentielle

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Zijing Wu (2024) et al. notent que les principaux composants des huiles essentielles provenant d’une même partie d’une même plante peuvent être bien différent en fonction de facteurs génétiques, environnementaux, des stades de développement, etc[13]. Wei Li et al. ont publié (2013) une analyse de l'huile essentiel de H. moellendorffii cultivée dans le nord de la Chine[23].

Chromatagraphie de l'huile essentielle chez Zijing Wu et al. (2023)[24]

50 composés représentant 92,7 % de l'huile essentielle des tiges et des feuilles sont mentionnés par Zijing Wu et al. (2024) dont le germacrène D (21,8 % peut aller à 41 %), l'acétate de n -octyle (19,6 %), le β -caryophyllène (7,3 %) et le butyrate d'octyle (4,3 %). Son activité antibactérienne est forte contre Escherichia coli, moyenne contre Listeria monocytogenes et Bacillus subtilis. Le potentiel antioxydant présente un profil inégal.

Le profil aromatique de l'huile essentielle des graines est plus marqué: acétate d'octyle (63,8 %), butyrate d'octyle (12,2 %) et n- octanol (11,5 %)[25] et évoque l'huile essentielle de panais sauvage (Pastinaca sativa)[26].

L'huile essentielle extraite à la vapeur des parties aériennes fleuries à pour composés majoritaires l'apiol (11 %), le β-pinène (9,2 %), l'α-terpinéol (7,5 %), la myristicine (7,1 %), l'osthole (%) et l'(E)-anéthol (5,2 %). Sa toxicité de contact est modérée envers les adultes de Sitophilus zeamais et Tribolium castaneum[27].

Utilisation

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Pharmacologie

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En médecine chinoise la racine est traditionnellement prescrite contre l'arthrite, les maux de dos et la fièvre, son action anti-inflammatoire a été démontrée en 2019[28], elle est couramment utilisée dans le traitement des spasmes carpopédaux, des lombalgies et de la polyarthrite rhumatoïde[13]. Le Dongui bogam mentionne les parties aériennes et le fruit comme purificateur sanguin efficace contre le diabète (les tiges et les feuilles abaissent la pression artérielle et la glycémie[13]), la constipation et la toux[5].

L'hypéroside (quercétine-3-O-β-D-galactoside pyranose) est le flavonoïde le plus abondamment présent chez H. moellendorffii. Il contribue majoritairement à l'action anti-inflammatoire de l'extrait des parties aériennes via l'inhibition la production de NO induite par le lipopolysaccharide et en supprimant l'expression génique de divers médiateurs inflammatoires[29].

Cuisine

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Les feuilles tendres et fraîches récoltées à la fin de l'hiver sont blanchies 10 sec dans de l'eau bouillante salée puis rincées à l'eau froide après quoi elles sont servies en légumes[5]. Coupées en tronçons elle est sautée ou frite en tempura au Japon[30] où son gout de fenouil en fait une garniture des pâtes[31]. A Taïwan elles accompagnent le ragout de bœuf[32].

Notes et références

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  1. « Berce de Moellendorf Heracleum moellendorfii », sur lexiplant.com (consulté le ).
  2. (en) « Heracleum moellendorffii Hance », sur www.gbif.org (consulté le ).
  3. (en) « Heracleum moellendorffii Hance | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
  4. 1 2 (ko) « 어수리(식물) », sur 나무위키, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 (ko) Go Hwa-sun, « 고화순의 나물이야기 », sur se-cu.com (consulté le )
  6. « 곰탱이네오미자팜 유기농오미자 명이나물 마늘 스토리 : 네이버 블로그 », sur blog.naver.com (consulté le )
  7. « 短毛独活 Heracleum moellendorffii|iPlant 植物智——植物物种信息系统 », sur www.iplant.cn (consulté le )
  8. C. A. S. Institute of Botany, he bei yuan chan ji xi xian zai pei zhi wu ming lu, (lire en ligne)
  9. Jisaburo Smithsonian Libraries, Frederick G. (Frederick Gustav) Meyer, Frederick G. Meyer et Egbert H. (Egbert Hamilton) Walker, Flora of Japan : in English : combined, much revised and extended translation, Washington : Smithsonian Institution, (lire en ligne)
  10. LuEsther T. Mertz Library New York Botanical Garden, James Britten, John Ramsbottom et Berthold Seemann, Journal of botany, British and foreign, London : Robert Hardwicke, (lire en ligne)
  11. Trimen, Henry,, Henry Trimen, James Britten et John Ramsbottom, Journal of botany, British and foreign, vol. v. 16 1878, Robert Hardwicke, (lire en ligne)
  12. « Heracleum dissectum subsp. moellendorffii | International Plant Names Index », sur www.ipni.org (consulté le )
  13. 1 2 3 4 (en) Zijing Wu, Aijiao Zhong, Peng Shen et Junyi Zhu, « Chemical constituents, antioxidant and antibacterial activities of essential oil from the flowering aerial parts of Heracleum moellendorffii Hance », Cogent Food & Agriculture, vol. 10, no 1, (ISSN 2331-1932, DOI 10.1080/23311932.2024.2325198, lire en ligne, consulté le )
  14. (en) « Heracleum moellendorffii var. subbipinnatum (Franch.) Kitag. » [archive du ], sur www.worldfloraonline.org (consulté le )
  15. « 더농부 : 네이버 블로그 », sur blog.naver.com (consulté le )
  16. « Heracleum moellendorffii - Useful Temperate Plants », sur temperate.theferns.info (consulté le )
  17. (ko) 농민신문사, « 왕이 즐겼던 ‘어수리’ », sur 농민신문 (consulté le )
  18. 1 2 (en) Lu Kang, Yan Yu, Song-Dong Zhou et Xing-Jin He, « Sequence and phylogenetic analysis of complete plastid genome of a medicinal plant Heracleum moellendorffii », Mitochondrial DNA Part B, vol. 4, no 1, , p. 1251–1252 (ISSN 2380-2359, DOI 10.1080/23802359.2019.1572474, lire en ligne, consulté le )
  19. (ko) 농민신문사, « 왕이 즐겼던 ‘어수리’ », sur 농민신문 (consulté le )
  20. (en) Shuya Liu, Xinmei Jiang, Zaimin Liu et Yao Cheng, « Mechanism of the Breaking of Seed Dormancy by Flower Thinning in Heracleum moellendorffii Hance », Journal of Plant Growth Regulation, vol. 38, no 3, , p. 870–882 (ISSN 1435-8107, DOI 10.1007/s00344-018-9898-4, lire en ligne, consulté le )
  21. (en) Hanbing Liu, Yiran Wang, QinZheng Chang et Qiubi Li, « Combined metabolome and transcriptome reveal HmF6’H1 regulating simple coumarin accumulation against powdery mildew infection in Heracleum moellendorffii Hance », BMC Plant Biology, vol. 24, no 1, , p. 507 (ISSN 1471-2229, PMID 38844853, PMCID 11155083, DOI 10.1186/s12870-024-05185-3, lire en ligne, consulté le )
  22. « Из-за изменения климата в Приморье складываются благоприятные условия для распространения опасного борщевика Сосновского – Новости Владивостока на VL.ru », sur www.newsvl.ru (consulté le )
  23. https://asianpubs.org/index.php/ajchem/article/download/25_8_138/7067
  24. https://www.tandfonline.com/doi/epdf/10.1080/23311932.2024.2325198?needAccess=true
  25. (en) Zijing Wu, Aijiao Zhong, Peng Shen et Junyi Zhu, « Chemical constituents, antioxidant and antibacterial activities of essential oil from the flowering aerial parts of Heracleum moellendorffii Hance », Cogent Food & Agriculture, vol. 10, no 1, (ISSN 2331-1932, DOI 10.1080/23311932.2024.2325198, lire en ligne, consulté le )
  26. « Propriétés huile essentielle Panais / Pastinaca sativa - Myrtéa Formations », sur www.myrtea-formations.com (consulté le )
  27. https://mokslozurnalai.lmaleidykla.lt/publ/0235-7216/2012/2/108-112.pdf
  28. (en) Ha Na Kim, Jeong Dong Kim, Joo Ho Yeo et Ho-Jun Son, « Heracleum moellendorffii roots inhibit the production of pro-inflammatory mediators through the inhibition of NF-κB and MAPK signaling, and activation of ROS/Nrf2/HO-1 signaling in LPS-stimulated RAW264.7 cells », BMC Complementary and Alternative Medicine, vol. 19, no 1, , p. 310 (ISSN 1472-6882, PMID 31718640, PMCID 6852938, DOI 10.1186/s12906-019-2735-x, lire en ligne, consulté le )
  29. (en) Hyun Young Jang et Syng-Ook Lee, « Heme Oxygenase 1-Mediated Anti-Inflammatory Effect of Extract from the Aerial Part of Heracleum moellendorffii Hance », Foods, vol. 12, no 17, , p. 3309 (ISSN 2304-8158, PMID 37685243, PMCID 10486398, DOI 10.3390/foods12173309, lire en ligne, consulté le )
  30. (ja) « ハナウドと揚げの酢味噌和え by REANO〜☆ », sur Cookpad, (consulté le )
  31. (ja) « ハナウドはもっとメジャーになってもいいのに!(& 新連載のお知らせ) », sur 野食ハンマープライス, (consulté le )
  32. (zh-Hant) « 老菜脯煮牛防風(野菜之一) 食譜與作法 by sumi », sur Cookpad, (consulté le )

Annexes

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Voir aussi

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Références taxinomiques

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