Himalaya (paquebot)

navire britannique

Le HMS Himalaya est un paquebot britannique construit pour la Peninsular and Oriental Steam Navigation Company sous le nom de SS Himalaya. Ce navire à passagers à vapeur à hélice en fer de 3 438 tonnes brutes est le plus grand navire jamais construit, mais sa taille et le prix du charbon font de lui un navire très peu rentable. La compagnie le revend dès 1854 à la Royal Navyqui l'utilise comme transport de troupes jusqu'en 1894. En 1895, il est renommé C60 et amarré à Devonport. Il y sert de réserve à charbon de la Navy jusqu'en 1920, date à laquelle il est vendu à un particulier mais garde la même fonction. Il est coulé lors d'une attaque aérienne allemande sur le port de Portland le .

Himalaya
illustration de Himalaya (paquebot)
Le HMS Himalaya transportant des canons Armstrong pour la Seconde guerre de l'opium en 1860 (Illustrated London News).

Autres noms HMS Himalaya (1854 - 1895)
C60 (1895- 1940)
Type Paquebot (1853–1854)
Transport de troupes (1854–1895)
Réserve de charbon (1895–1940)
Gréement Trois-mâts carré
Histoire
Chantier naval Thames Ironworks and Shipbuilding CompanyVoir et modifier les données sur Wikidata
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut Coulé le
Équipage
Commandant Kellech
Équipage 213 [1]
Caractéristiques techniques
Longueur 339 pi (103,3 m)[2]
Maître-bau 46 pi (14 m)[2]
Déplacement 4 690 tonnes
Tonnage 3 438 tjb
2 327 tonnes net
Propulsion Roues à aubes et voile Machine à vapeur simple expanion, 1 hélice
Puissance 2 × 500 hp
Vitesse 14 nd (25,9 km/h) vapeur
16,5 nd (30,6 km/h) vapeur et voile
Caractéristiques commerciales
Passagers 200
3 000 hommes de troupe[1]
Carrière
Propriétaire Peninsular and Oriental Steam Navigation Company (1853-1854)
British Government (1854-1895)
E. W. Payne (1920 - 1940)
Affréteur British Government
Pavillon Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Conception et construction

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L'Himalaya est commandé par la Peninsular and Oriental Steam Navigation Company (P&O) et mis en chantier au chantier naval CJ Mare & Co., à Leamouth, Londres, en [3]. Il s'agit d'un Bateau à roues à aubes en fer, une fois et demie plus grand que tous les navires précédents de la P&O[4],[5].

Le navire a une longueur de 372,9 pi (113,7 m), une maître-bau de 46,2 pi (14,1 m) et une profondeur de 34,9 pi (10,6 m). Sa jauge est en brut (GRT) de 3 438 tonnes et en net (NRT) de 2 327 tonnes[2],[5].

Propulsion

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Avec la hausse des prix du charbon, la propulsion à aubes s'avère trop inefficace et il est transformé en navire à hélice alors qu'il est encore en construction[4]. Il est équipé d'un moteur à deux cylindres à expansion simple horizontal fabriqué par John Penn and Sons à Greenwich, d'une puissance nominale de 700 chevaux ou 2 050 hp (1 529 kW), avec une seule hélice bipale de 18 pi (5,5 m) de diamètre le propulsant à une vitesse de 13 nd (24,1 km/h)[4],[5],[6].

Il est également équipé de voiles sur trois mâts, à utiliser lorsque le vent est favorable.

Aménagements

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L'Himalaya dispose de cabines pour 200 passagers de première et deuxième classe, nécessitant un équipage de 213 personnes, et peut accueillir 2 000 soldats ou émigrants[1],[7]. On dit alors qu'il s'agit du plus grand navire jamais construit[2],[4].

Lancement

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Il est lancé le [3] par Lady Matheson, épouse du président de P&O, Sir James Matheson, mais n'effectue ses premiers essais que le [6],[5].

Service P&O

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Le nouveau navire quitte la Tamise le pour Southampton, où il arrive le lendemain, puis, le , il appareille pour son voyage inaugural vers Alexandrie, via Gibraltar et Malte, avec des passagers, du courrier et des espèces à transporter vers l'Inde et la Chine[7],[8]. Pour son retour, douze jours suffisent pour relier Alexandrie à Southampton[9], où il arrive le .

Suite au déclenchement de la guerre de Crimée, le gouvernement britannique transporte ses troupes par voie maritime. Pour cela, il affrète une vingtaine de navires de grand tonnage, notamment les vapeurs Himalaya, Ripon et Manilla de la P&O[10],[note 1]. Dès son retour à Southampton, l'Himalaya est ainsi affrété pour transporter des troupes à Constantinople[12],[13].

Début mars, il quitte Southampton et Plymouth pour la Méditerranée avec 1 452 soldats et du matériel[14].

La compagnie P&O conclut que l'Himalaya est un navire plus grand que ne l'exige le trafic passagers et que, le charbon devenant plus cher avec le début de la guerre de Crimée, il ne sera pas rentable. En , après un autre voyage de transport de troupes, jusqu'à Scutari, la compagnie persuade le gouvernement britannique de l'acheter pour l'utiliser comme transport de troupes pour 133 000 livres sterling, un peu plus que son prix de revient de 130 000 livres sterling[2],[1],[4],[15]. L'achat est initialement perçu avec suspicion par certains experts navals ; compte tenu des pertes importantes de transports à coque en fer retirés du commerce, le général Howard Douglas conclut que des navires tels que l'Himalaya se révéleront insatisfaisants, notamment en raison de leur vulnérabilité aux tirs d'artillerie[16].

Carrière pour la Royal Navy

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Transport de troupes

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Après son acquisition, l'Himalaya est transformé pour transporter jusqu'à 3 000 soldats et sert ensuite de transport de troupes pendant quatre décennies[15],[2]. Durant cette période, il soutient les opérations menées lors de la Seconde guerre de l'opium et transporte des troupes en Inde[17], en Afrique du Sud, sur la Côte-de-l'Or, et même, lors de l'affaire du Trent, en Amérique du Nord : en , venu de Portsmouth, il débarque ainsi à Kingstown Harbor, au Canada, 760 hommes et officiers du 45e régiment[18].

En , il s'échoue dans le détroit de Banca. Il est renfloué le avec l'aide du navire marchand britannique Gauntlet[19]. Le , l'Himalaya découvre le trois-mâts barque britannique Norma en train de couler, après avoir été frappé par une tempête deux jours auparavant. Le Norma est pris en remorque, et les deux navires atteignent les Bermudes le [20],[21].

En 1863, le navire de transport de troupes est remotorisé au chantier naval Keyham Steam Yard avec un nouveau moteur à deux cylindres horizontal à simple expansion, de 2 609 ch[22].

En , l'Himalaya secourt l'équipage du navire britannique Yarrow, qui a été abandonné en mer Méditerranée. Le , il entre en collision avec le brick danois Ane Catherine, qui est gravement endommagé. Le HMS Himalaya le remorque jusqu'à Gibraltar. Le , il s'échoue brièvement à Queenstown, dans le comté de Cork, se dégage en une demi-heure et reprend sa route sans dommage[23],[24].

Il prend sa retraite du service de transport de troupes et est désarmé le [25].

Bâtiment de servitude

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Conservé pour devenir un ponton à charbon à Hamoaze, Devonport, en , et sous le nouveau nom de C60, il est envoyé à Hull pour être transformé par Earle's Shipbuilding Co en un navire capable de stocker 4 500 tonnes de charbon[15],[22]. Il retourne à Devonport à la fin du mois de [26].

Service de E.W.Payne

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Le C60 est vendu par la Royal Navy le à un propriétaire privé, E.W. Payne, et remorqué jusqu'au port de Portland sous le nom d'Himalaya, pour continuer à servir de ponton à charbon[22],[27]. Il occupe ce poste jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Il est coulé par une attaque aérienne, par des bombardiers en piqué Junkers Ju 87 de la Luftwaffe allemande, le [22].

Héritage

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La figure de proue de l'l'Himalaya représentant un guerrier indien est conservée au National Maritime Museum de Greenwich[28].

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « HMS Himalaya (1854) » (voir la liste des auteurs).
  1. Parmi les autres navires, le Jason, le Golden Fleece, le Great Britain, le Hydaspes et le Queen of the South [11].

Références

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Articlesde presse

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  • (en) « Navy Notes », Army and Navy Gazette, , p. 466 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « An Interesting Vessel », Army and Navy Gazette, , p. 582 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Naval and Military », Bath Chronicle, , p. 6 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Departure of the Himalaya », Bell's Weekly Messenger, , p. 5 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Foreign intelligence : Latest », Delaware Gazette, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « Shipbuilding and Marine Engineering on the Thames in the Victorian Era: No. XIV », The Engineer, vol. 85, , p. 253–254 (lire en ligne [archive du ] [PDF])
  • (en) « A day later from Europe », The Evening Post, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « Marine affairs », The Evening Post, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « the mutinies in India », The Evening Post, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « Embarkation of Troops for the East », The Express, , p. 3 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Military and Naval », The Express, Dublin, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « Grounding of a Troopship », Glasgow Herald, Glasgow, , p. 4 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) « Embarkation of Troops », Leeds Times, , p. 7 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « The Largest Ship in the World », Liverpool Mercury, , p. 6 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Shipping Intelligence », Liverpool Mercury, Liverpool,
  • (en) « Loss of the Transit », The Morning Chronicle, London,
  • (en) « Disasters at Sea », The Morning Post, London, , p. 6
  • (en) « Maritime Notes », Shields Daily Gazette, , p. 4 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Launch of the Himalaya, 3,550 tons », The Standard, , p. 3 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Arrival of the Himalaya », The Sun, , p. 7 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  • (en) « Irish intelligence », The Extra Sun, New York, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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  • (en) D. K. Brown, Before the Ironclad: Development of Ship Design, Propulsion and Armament in the Royal Navy, 1815-1860., London, Conway, (ISBN 0-85177-532-2)
  • (en) Sir Howard Douglas, A Postscript to the Section on Iron Defences contained in the Fifth Edition of "Naval Gunnery", London, 2nd, (lire en ligne), p. 85-92
  • (en) David Howarth et Stephen Howarth, The Story of P&O, London, Weidenfeld & Nisolson, (ISBN 0-297-78965-1, lire en ligne), p. 88-93
  • (en) David Lyon et Rif Winfield, The Sail & Steam Navy list: all the ships of the Royal Navy, 1815-1889, London, Chatham Publishing, (ISBN 1-86176-032-9), p. 243–244
  • (en) Stephen Rabson et Kevin O'Donoghue, P&O: A Fleet History, Kendal, World Ship Society, (ISBN 0-905617-45-2), p. 48
  • (en) Low, Charles Rathbone, A Memoir of Lieutenant-General Sir Garnet J. Wolseley, vol. II, , p. 269

Liens externes

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