Histoire de la Finlande

étude et narration du passé de la Finlande

L'histoire de la Finlande est caractérisée par la lutte d'influence à laquelle se sont livrés ses deux grands voisins, la Suède et la Russie. La Finlande est originellement peuplée par le peuple finnois au sud et par les Sames en Laponie. Au Moyen Âge, la Finlande est colonisée par la Suède dans ce que l'on appelle la Suède-Finlande. En 1809, la Suède doit céder la Finlande à la Russie. Le pays n'accède finalement à l'indépendance qu'après la révolution russe de 1917.

Finlande contemporaine.

La population du pays est de 0,5 million jusque vers 1760, 1 million vers 1815, 2 millions en 1880, 3 millions en 1915 et 4 millions en 1950.

La Finlande de 2024 en suédois : Finland), en forme longue la république de Finlande (en finnois : Suomen tasavalta ; en suédois : Republiken Finland) est un État souverain d'Europe du Nord de 338 145 km2, d'une population d'environ 5,6 millions (Finnois, Finns, Suomalaiset), parlant majoritairement le finnois (suomi) (avec une minorité suédophone).

Origines

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Extension approximative de la céramique cordée et des cultures adjacentes vers l’an -3000. (culture de Baden ; amphores globulaires ; Yamna.

Le nord de la Finlande est peuplé depuis la préhistoire par les Samis, peuple finno-ougrien.

Âge de fer

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Âge de pierre : hache en pierre gravée avec visage humain trouvée à Kiuruvesi[1].

À l'âge du fer, les populations du centre de la Finlande sont également plus proches des Samis actuels que des Finnois, la population same s'étendant alors sur une plus grande région vers le sud qu'aujourd'hui[Quand ?][2].

Les plus anciens documents scandinaves connus faisant mention de la Finlande sont deux pierres runiques : celle de Söderby, en Suède, portant l'inscription « finlont » (U 582), et celle de Gotland, portant l'inscription « finlandi » (G 319), datant toutes deux du XIe siècle[3]. Cependant, comme le suggère la longue continuité entre l'âge du fer finlandais et la période médiévale historique en Europe, la principale source d'informations sur cette époque en Finlande repose sur des découvertes archéologiques[4] et sur des applications modernes de méthodes issues des sciences naturelles, telles que l'analyse génétique[5] ou la linguistique informatique.

La côte sud-ouest était originellement peuplée par des tribus germaniques (scandinaves). Une deuxième vague migratoire de populations finno-ougrienne originaire des régions de la moyenne Volga dans l'Oural, s'installant dès les premiers siècles de l'ère chrétienne et se mélangeant aux populations germaniques formant le peuple finnois. Ces peuples, ayant effectué cette migration, sont également à l'origine du peuplement de l'Estonie voisine et de la Hongrie, d'où la parenté linguistique entre les langues finnoise, estonienne et hongroise (classées parmi les langues ouraliennes).

Période préromaine (500 av. J.-C.–1 av. J.-C.)

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La période préromaine de l’âge du fer finlandais est celle pour laquelle on dispose du moins de vestiges, mais ceux qui sont connus suggèrent que des liens culturels avec d’autres cultures baltes sont déjà établis[4]. Les découvertes archéologiques de Pernå et de Savukoski viennent étayer cette hypothèse. Bon nombre des sites d'habitation de cette époque sont identiques à ceux du néolithique. La majeure partie du fer de cette époque était produite sur place[4].

Période romaine (1 apr. J.-C.–400 apr. J.-C.)

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La période romaine entraînée un afflux d’objets importés en fer (et autres), tels que des verres à vin et des louches romains, ainsi que diverses pièces de monnaie de l'Empire. Au cours de cette période, la culture (proto-)finlandaise se stabilise dans les régions côtières et les grands cimetières sont devenus courants. La prospérité des Finlandais atteint un tel niveau que la grande majorité des trésors en or découverts en Finlande remontent à cette période[4].

Période des grandes migrations (400 apr. J.-C.–575 apr. J.-C.)

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La période des grandes migrations voit l'expansion de la culture des terres vers l'intérieur des terres, en particulier dans le sud de la Botnie, ainsi que l'influence croissante des cultures germaniques, tant au niveau des objets tels que les épées et autres armes que des coutumes funéraires. Cependant, la majeure partie du fer ainsi que sa forge provenaient de sources locales, probablement du fer de tourbière[4].

XVIIe siècle

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On connaît[Qui ?] peu de choses de la période préchrétienne de l'histoire finlandaise[réf. nécessaire]. À cette époque, la Finlande n'avait soit pas de langue écrite propre, soit elle est détruite lors de la conquête suédoise, alors considérée comme païenne.

Parmi les œuvres perdues des historiens figure la Chronique de Finlande, rédigée en latin dans les années 1670. Cette chronique, basée sur des sources inconnues, recense quatorze rois du royaume tribal de Suomi à l'époque préchrétienne.

Un seul roi de Finlande, Jökul VII, a survécu. Se référant à l'almanach perdu La Bibliothèque suédoise, l'historien suédois Philipp Johann von Stralenberg (en) écrit : « Jökul VII, roi de Finlande, jouissait de la paix et de l'harmonie avec tous ses voisins et conclut un traité de paix avec les habitants de Biarm, qui commerçaient alors activement avec les Finlandais, ce que Torfey [Tomod Torfey] confirme dans son Histoire norvégienne, déclarant que la région de Biarm se situe sur la Dvina et le long de la mer Blanche (c'est-à-dire à Holm ou Kolmogor, comme mentionné précédemment)[6] ».

Jusqu'au XIe siècle, la Finlande reste un territoire habité par des tribus peu belliqueuses et sans cohésion politique, ce qui facilite d'ailleurs leur rapide soumission. Trois régions se distinguent : le Sud-Ouest (aux alentours de la future ville de Turku), le Sud (aux alentours de la future Helsinki) et la Carélie. Jusqu'à la christianisation de la Scandinavie, les raids vikings poussent les Finnois à se réfugier à l'intérieur des terres, vivant des ressources des lacs et des forêts.

À l'ouest, les royaumes de Suède et Danemark existent déjà, et on trouve à l'est la principauté de Novgorod (1136-1478) récemment fondée par les Varègues. L'occupation de la Finlande devient un enjeu stratégique pour ces puissances nouvellement chrétiennes (catholiques à l'époque pour la Suède et le Danemark, orthodoxe pour Novgorod). En 1157, la Finlande fut occupée par le roi de Suède Éric IX le Saint.

Moyen Âge et influence suédoise

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Finalement, la Suède « colonise » et évangélise la Finlande, à partir du XIIIe siècle : Birger Jarl mène en 1249 contre les populations finnoises une expédition punitive et de « confirmation » religieuse. L'archevêché d'Åbo (Turku) est fondé ainsi que la cathédrale et le château. De ce fait, Turku est considérée comme la plus vieille ville de Finlande, fondée en 1229.

L'influence suédoise (qui se ressent encore aujourd'hui[Quand ?]) se manifeste à partir de cette époque. La noblesse est suédoise (il n'y a pas alors d'équivalent finnois de royauté et de féodalité tels qu'ils existent en Europe occidentale) et la langue officielle est le suédois. Il ne s'agit pas cependant d'une occupation ni d'une colonisation. En effet, la Suède et la Finlande sont deux entités fusionnées dans un même royaume. Et les Suédois se montrent en général respectueux de l'identité finlandaise. L'essor économique du pays continue, notamment grâce à la Hanse.

Durant la guerre russo-suédoise de 1495-1497, la forteresse de Vyborg est assiégée par les troupes russes pendant trois mois en 1495 et résiste victorieusement. L'année suivante, les armées russes envahissent la Finlande jusqu'à Hämeenlinna et dévastent les régions traversées. En 1497, une trêve est conclue entre la Suède et la Russie.

Pour contrer la puissance de Reval, le roi Gustave Vasa fonde en 1550 Helsinki (le nom de cette ville est une version finnisée du suédois Helsingfors qui signifie « la cascade des Helsingar »), mais cette dernière n'est guère plus importante qu'un village de pêcheurs, et ce pendant plus de deux siècles. Helsinki deviendra ensuite, en 1812, la capitale du grand-duché de Finlande rattaché à l'Empire russe, sous le nom officiel d'Helsingfors.

En 1548, Mikael Agricola, qui deviendra évêque de Turku six ans plus tard, traduit le Nouveau Testament en finnois. En 1554, les hostilités reprennent entre la Suède et la Russie. L'année suivante, les troupes suédo-finlandaises échouent à prendre Chlisselbourg. En 1556, c'est une armée russe qui échoue à nouveau devant Vyborg. Le traité de Novgorod, en 1557, met fin à la guerre et instaure une trêve qui devrait durer quarante ans.

Entre 1696 et 1697, la Finlande connaît une famine dramatique qui tue la moitié de la population. Pendant la grande guerre du Nord, un flux d'environ 20 000 réfugiés avec parmi eux, selon les directives du gouvernement finlandais, la plupart des fonctionnaires et une grande partie des prêtres, quitte la Finlande pour échapper à l'armée russe et aux autorités d'occupation.

De nombreux Finlandais aident les travaux de Maupertuis de 1736 à 1737 pour diriger l'expédition ayant pour but de mesurer la distance à la surface du sol d'un degré de méridien terrestre le long de la rivière Torne.

Grand-duché de Finlande (1809-1917, Empire russe)

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Pièce de 20 markkaa frappée en 1912 à Helsinki sous l'administration russe.
Le tsar Alexandre Ier ouvre la Diète de Porvoo en 1809.

La Finlande sert à plusieurs reprises de champ de bataille et d'enjeu entre les empires suédois et russe. À l'époque napoléonienne, la Suède doit l'abandonner au tsar Alexandre Ier par le traité de Hamina ou Fredrikshamm du . Le pays, érigé en grand-duché, devient autonome au sein de l'Empire russe. Helsingfors (devenu plus tard Helsinki) devient capitale du Grand-duché en 1812, marquant le début de l'essor de l'influence de la ville. Contrairement à l'époque suédoise, la Finlande n'est pas un territoire à part entière de l'Empire, mais une région autonome. Les tsars se montrent plus ou moins respectueux de cette autonomie, et surtout tentent tous, à l'exception notable d'Alexandre II , de russifier cette région. Cette autonomie est à l'origine du mouvement pour l'indépendance du pays à partir du XIXe siècle.

Alexandre II témoigne d'une remarquable libéralité vis-à-vis du peuple finlandais (comme plus généralement de ses autres sujets) et favorise l'émergence d'une littérature nationale. C'est donc notamment à travers la culture et ses intellectuels que la Finlande va voir se développer son mouvement pour l'indépendance. Ainsi la publication le d'un recueil de trente-deux chants inspirés des contes traditionnels de Carélie sous le nom de Kalevala le Pays des héros ») par un médecin de campagne finlandais, Elias Lönnrot, est devenue le fondement de la culture finlandaise. Cette œuvre a par la suite inspiré d'autres grands artistes finlandais, comme le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), et le est encore commémoré comme une fête nationale en Finlande. Les écrits de Johan Ludvig Runeberg ont également attisé le mouvement pour l'indépendance. La reconnaissance des Finlandais pour le « tsar libérateur » est encore vive, puisque sa statue trône toujours aujourd'hui[Quand ?] sur la place du Sénat.

Accession à l'indépendance

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Sénat de Finlande en 1917.

Le , le tsar Nicolas II, en butte à de nombreuses difficultés, accorde de nombreuses libertés aux Finlandais (dont le droit de vote pour les femmes). La Finlande obtient aussi une reconnaissance internationale symbolique, lorsqu'elle est autorisée à participer, sous ses propres couleurs et non celles de la Russie, aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912.

Le , profitant du désordre causé par la révolution bolchévique, la Finlande déclare son indépendance, reconnue par le pouvoir soviétique le . C'est alors le début de la guerre civile finlandaise entre Rouges soutenus par le pouvoir révolutionnaire russe jusqu'au traité de Brest-Litovsk, et Blancs alliés à l'Allemagne. Le baron Carl Gustaf Emil Mannerheim, général de l'armée impériale russe d'origine finlandaise, commande les troupes gouvernementales blanches et profite du renfort de troupes allemandes[7]. Celles-ci l'emportent sur les Gardes rouges à Vyborg le .

L'indépendance acquise, un débat a lieu entre les partisans de l'instauration d'une république et les tenants de l'instauration d'un régime de type monarchie constitutionnelle. Les Blancs, vainqueurs de la guerre civile, sont majoritairement pour l'option du régime de la monarchie constitutionnelle et sont politiquement et culturellement proches des milieux dirigeants du Reich allemand. À peine un mois avant la défaite allemande, les dirigeants finlandais choisissent pour roi un prince allemand. Un temps envisagée, l’option de choisir pour roi du nouveau trône de Finlande l’héritier des Hohenzollern, le Kronprinz, fils de l’empereur Guillaume II, est rapidement abandonnée. C'est en 1918 que la candidature d'un autre prince allemand, Frédéric-Charles de Hesse-Cassel, est envisagée. La victoire sur le front de l’Ouest est encore incertaine entre les belligérants allemands, français, anglais et américains. L’ultime offensive allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne. Malgré les renforts des troupes allemandes revenues du front de l’Est, l’avancée allemande est arrêtée et il devient évident que l’armée allemande ne peut plus remporter la guerre. Frédéric-Charles de Hesse renonce au trône et s'efface rapidement, et Mannerheim devient régent avant de céder la place à son tour avec la proclamation de la République le , mettant ainsi un terme au royaume de Finlande.

Seconde Guerre mondiale

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Troupes finlandaises pendant la guerre d'Hiver.

Après avoir tenté, en vain, de négocier un échange de terres avec la Finlande (Carélie) ou la location de bases (presqu'île de Hanko), l'Union soviétique lance la guerre d'Hiver en novembre 1939.

L'objectif principal de l'URSS est  d'abord par la négociation, ensuite par la force  de protéger d'une éventuelle attaque allemande la ville de Saint-Pétersbourg (Léningrad), alors à une trentaine de kilomètres de la frontière. Elle peut jouer sur le fait que les protocoles secrets du Pacte germano-soviétique place la Finlande dans la zone d'influence soviétique, et donc qu'une telle attaque ne saurait surprendre l'Allemagne nazie.

Zones cédées par la Finlande à l'Union soviétique à la suite de la guerre d'hiver de 1939-1940.
Zones cédées par la Finlande à l'Union soviétique en application du traité de Paris de 1947.

Le conflit permet également à Moscou d'installer dans la ville frontalière finlandaise de Terijoki (maintenant Zelenogorsk), un éphémère régime fantoche, la République démocratique de Finlande, dirigé par Otto Wille Kuusinen, fondateur du Parti communiste de Finlande.

Malgré les réussites des soldats finlandais, qui utilisent à grande échelle le devenu célèbre « cocktail Molotov », emprunté aux nationalistes espagnols de la guerre civile espagnole, ceux-ci sont bien inférieurs en nombre aux Soviétiques. La Finlande s'incline par le traité de Moscou du , et cède à Staline 10 % de son territoire avec la province orientale du pays, la Carélie, qui appartient à la fédération de Russie aujourd'hui[Quand ?].

En 1941, quand l'Allemagne attaque l'URSS (opération Barbarossa), la Finlande veut prendre sa revanche et joint ses troupes à celles de l'Allemagne nazie pour attaquer l'URSS et récupérer les territoires perdus ou plus si possible : le bataillon de volontaires finlandais de la Waffen-SS est ainsi créé. Elle arrête toutefois l'offensive au lac Onega, et ne coupa jamais la ligne de chemin de fer de Mourmansk ni n'attaqua Léningrad, malgré les demandes pressantes de Hitler.

En 1944, l'Armée rouge perce le front, et l'armée finlandaise se replie jusqu'à l'ancienne frontière. Elle signe alors un armistice avec l'URSS, l'armistice de Moscou, stipulant le départ du corps d'armée allemand qui stationnait au nord de la Finlande. Son évacuation ratée déclenche la guerre de Laponie, contre les Allemands cette fois-ci. La Finlande échappe de peu à une annexion pure et simple par l'URSS. Par le traité de Paris du , elle recouvre son indépendance, amputée non seulement de la Carélie mais aussi de territoires supplémentaires (la région de Petsamo et de l'isthme de Carélie), verse un lourd tribut aux Soviétiques et doit se résigner à subordonner sa politique étrangère à celle de l'URSS en échange de la préservation de ses institutions démocratiques (ce qu'on appela jusqu'à la fin de la guerre froide la « finlandisation »). Le paradoxe de cette dette, c'est qu'elle devient une source de prospérité pour le pays. L'obligation de payer des réparations à l'Union soviétique contraint la Finlande à s'industrialiser. La Finlande, principal partenaire occidental de l'URSS, va se muer en un État riche, avec l'un des meilleurs niveaux de vie au monde.

Après la Seconde Guerre mondiale et guerre froide

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Neutralité pendant la guerre froide

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Drapeau national finlandais.

Après la Seconde Guerre mondiale, la ligne politique de neutralité stricte initiée par Paasikivi fait de la Finlande une plaque tournante des relations Est-Ouest. Elle ne peut pas en effet se ranger dans l'un ou l'autre bloc en vertu des accords passés à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. La Finlande n'est donc pas communiste, mais ne peut pas se joindre au bloc de l'Ouest de peur de mécontenter son puissant voisin. La politique de la Finlande est donc résolument la neutralité, neutralité qui lui permet de traverser sans trop d'encombres la période délicate de la guerre froide.

Se déclarant officiellement neutre, la Finlande se situe dans la zone grise entre les pays occidentaux et l'Union soviétique, et elle devient également l'un des centres de l'espionnage Est-Ouest, dans lequel tant le KGB que la CIA jouent un rôle[8],[9],[10],[11],[12]. Le Service finlandais de renseignement de sécurité (SUPO, Suojelupoliisi), créé en 1949, autorité chargée de la sécurité opérationnelle et unité de police relevant du ministère de l'Intérieur, dont les principaux domaines d’activité sont le contre-espionnage, la lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale[13], prend également part à ces activités à certains endroits[14].

S'appuyant sur son statut de pays démocratique occidental entretenant des relations amicales avec l'Union soviétique, la Finlande s'emploie à apaiser les tensions politiques et militaires de la guerre froide. Dès les années 1960, la Finlande plaide en faveur de la création d'une zone nordique exempte d'armes nucléaires (Nordic NWFZ) et, en 1972-1973, elle accueille la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), qui aboutit à la signature des accords d'Helsinki en 1975, et conduit à la création de l'OSCE[15].

Jusqu'à la guerre russo-ukrainienne de 2022, la Finlande se maintient hors de l'OTAN afin de maintenir sa neutralité politique.

Économie

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La Finlande devient rapidement un pays très prospère. Son développement subit néanmoins une crise majeure dans les années 1980 et 1990, alors que le chômage touche 20% de la population active. Mais grâce à une relance de l'activité dans le secteur des nouvelles technologies (Nokia, F-Secure et des laboratoires de biotechnologie par exemple), elle renoue avec la croissance et atteint un taux de chômage inférieur à la moyenne de l'Union européenne. Finalement, la Finlande adhère à cette dernière en 1995 et participe à la zone euro dans laquelle ses billets et pièces ne représentent qu'environ 2 % du total mis en circulation.

Après la guerre froide

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Jusqu'en 1991, le président Mauno Koivisto et deux des trois principaux partis, le Parti du Centre et les sociaux-démocrates, s'opposent à l'idée d’une adhésion à l'Union européenne et préféraient adhérer au traité instituant l'Espace économique européen[16]. Cependant, après que la Suède dépose sa demande d'adhésion en 1991 et que l'Union soviétique est dissoute à la fin de l'année, la Finlande dépose sa propre demande d'adhésion à l'UE en . Le processus d'adhésion est marqué par un vif débat public, au cours duquel les divergences d'opinion ne suivent pas les clivages partisans. L’adhésion de la Finlande à l'UE est considérée comme la principale réussite du gouvernement centriste-conservateur d'Esko Aho alors au pouvoir. Sur le plan de la politique économique, l’adhésion à l'UE entraîne de nombreux changements majeurs. Alors qu'auparavant les responsables politiques intervenaient dans la fixation des taux d'intérêt, la Banque de Finlande se voit confier un mandat de ciblage de l'inflation jusqu'à l’entrée de la Finlande dans la zone euro[17].

Invasion russe de l'Ukraine

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Le président Sauli Niinistö et la première ministre finlandaise Sanna Marin annonçant le 15 mai 2022 la décision d'envoyer une demande d’adhésion à l'OTAN.
Drapeaux de la Finlande et de l'OTAN hissés le 4 avril 2023 devant le ministère des affaires étrangères à la Caserne maritime.

Le , jour suivant le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le ministère russe des Affaires étrangères menace la Suède et la Finlande de conséquences militaires et politiques si elles tentaient d'intégrer l'OTAN[18]. À la suite d'une réunion se déroulant le , le Premier ministre Sanna Marin déclare qu'aucune décision n'a été prise sur le fait de postuler ou non pour devenir membre à part entière de l'OTAN, tout en affirmant qu'« une question aussi importante doit être traitée de manière approfondie »[19]. Début de l'année 2022, seuls 25 % des Finlandais était pour une intégration de la Finlande à l'OTAN mais ce pourcentage est passé entre 75 % et 80 % à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le [réf. nécessaire].

Ce n'est que le que la Finlande ainsi que la Suède envoient leurs candidatures communes pour une intégration à l'OTAN[20]Le Premier ministre finlandais pense que le processus pourrait ne durer que quelques semaines[21]. Cependant, la Turquie refuse l'adhésion des deux pays nordiques, leur reprochant de ne pas approuver les demandes d'extradition de personnes jugées comme faisant partie de groupes terroristes[22],[23] mais a changé ses positions après un peu plus d'un mois[24],[25].

Le , Iltalehti annonce que le gouvernement suédois accepte que les demandes des deux pays scandinaves soient séparées afin que la Finlande puisse, si possible, rentrer plus tôt dans l'OTAN[26]. Peu après la ratification de la Hongrie[27], la Turquie est la dernière à avoir accepté l'adhésion du pays nordique[28],[29]. C'est donc à la date du que les 30 pays membres de l'alliance ratifient l'adhésion de la Finlande à l'OTAN[30].

Le , la Finlande annonce officiellement que le pays enverra une demande afin d'adhérer à l'OTAN, demande qui est finalement envoyée le .

Le , le parlement de Finlande approuve par vote une loi autorisant en avance l'entrée du pays dans l'OTAN par 184 voix pour et 7 contre. L'ensemble des directions des partis représentés est pour l'adhésion, un indépendant d'extrême droite et 6 députés de l'alliance de gauche votent contre, un député s'abstient[31],[32].

Les positions prises sont plutôt favorables au sein de l'OTAN, à l'exception marquée de la Turquie qui refuse d'abord cette éventualité. La Russie oppose quant à elle une position en nette défaveur face à ce rapprochement.

Galerie

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Responsables politiques depuis 2000

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Notes et références

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  1. (fi) « KM 11708 Kiuruveden kirves; Esinekuva », sur finna.fi (consulté le ).
  2. (en) Thiseas C. Lamnidis, Kerttu Majander et Stephan Schiffels, « Ancient Fennoscandian genomes reveal origin and spread of Siberian ancestry in Europe », Nature Communications, vol. IX, (ISSN 2041-1723, DOI 10.1038/s41467-018-07483-5, lire en ligne, consulté le ).
  3. (en) « National Archives Service, Finland (in English) » (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 (fi) « Museovirasto » (consulté le ).
  5. Clio Der Sarkissian, Oleg Balanovsky, Guido Brandt, Valery Khartanovich, Alexandra Buzhilova, Sergey Koshel, Valery Zaporozhchenko, Detlef Gronenborn, Vyacheslav Moiseyev, Eugen Kolpakov, Vladimir Shumkin, Kurt W. Alt, Elena Balanovska, Alan Cooper et Wolfgang Haak, « Ancient DNA Reveals Prehistoric Gene-Flow from Siberia in the Complex Human Population History of North East Europe », PLOS Genetics, vol. 9, no 2, (PMID 23459685, PMCID 3573127, DOI 10.1371/journal.pgen.1003296 Accès libre).
  6. (ru) Леонтьев Александр, Леонтьева Марина, « Биармия северная колыбель Руси »
  7. « Général Mannerheim : la guerre d'indépendance », sur mannerheim.fi (consulté le ).
  8. (en) « Finland and American intelligence – Secret history », The Economist, (lire en ligne, consulté le ).
  9. Joseph Fitsanakis, « Former Finnish diplomat reveals she worked for the CIA », sur Intelnews.org, .
  10. (fi) Satu Helin, « Naisia, autoja ja piilopirttejä – Norjalainen vakoili CIA:n laskuun kylmän sodan Suomessa », YLE, (consulté le ).
  11. (fi) Kai Byman, « Kylmän sodan suomalaisagentit: käsikirjoitus », sur MOT, YLE, (consulté le ).
  12. (fi) Mika Lehto, « Näin Neuvostoliitto vakoili Suomessa – Supo seurasi "Jakkea", joka johdatti uusille jäljille », sur Ilta-Sanomat, (consulté le ).
  13. « Frontpage », sur Supo.
  14. (fi) Erkki Tuomioja, « Salaisen palvelun tutkimuksen haasteet », Tuomioja.org, (lire en ligne, consulté le ).
  15. (en) « Growth and Equity in Finland » [PDF], sur World Bank.
  16. Tapio Raunio et Teija Tiilikainen, Finland in the European Union, Taylor & Francis, , 37 p. (ISBN 978-0-203-48501-9).
  17. (en) « Inflation targeting: Reflection from the Finnish experience » [PDF] (consulté le ).
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  19. (en) « PM Marin: Finland's Nato membership decision needs more time », sur Yle (consulté le ).
  20. « Adhésion à l’OTAN : la Finlande et la Suède ont soumis leurs demandes respectives », sur Le Monde, (consulté le ).
  21. (en) « Marin: Nato decision will happen within weeks not months », sur yle.fi (consulté le ).
  22. « Adhésion à l’OTAN : la Finlande et la Suède ont soumis leurs demandes respectives », sur Lemonde, (consulté le ).
  23. « Elargissement de l'Otan : Erdogan résolu à bloquer l'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan », sur RTBF, (consulté le ).
  24. « Otan: la Turquie soutient l’adhésion de la Suède et de la Finlande », sur Le Soir, (consulté le ).
  25. « OTAN : accord de la Turquie pour l'adhésion de la Suède et de la Finlande », sur Euronews, (consulté le ).
  26. Pekka Vanttinen, « La Suède et la Finlande abandonnent leur candidature commune à l'OTAN », sur Euractiv, (consulté le ).
  27. Le Figaro avec AFP, « Otan : le Parlement hongrois ratifie l'adhésion de la Finlande », sur Lefigaro, (consulté le ).
  28. (fr-BE) « Elargissement de l'Otan : le Parlement turc ratifie l'adhésion de la Finlande à l'Otan », sur RTBF, (consulté le ).
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  30. « Ratification de l’accession de la Finlande et de la Suède à l'OTAN », sur Nato (consulté le ).
  31. « Finlande : le parlement approuve une entrée dans l’Otan par avance », sur Le Journal du Dimanche, .
  32. (en) « Parliament approves Finland's Nato membership, 184-7 », sur Yle, .

Annexes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Vivien Barrière (dir.), Les mondes du Nord (de la Préhistoire à l'âge viking, Paris, , 654 p. (présentation en ligne), p. 422-425 (ISBN 979-10-210-4757-0)
  • Bernard Le Calloc'h, Histoire de la Finlande, Paris, Éditions Glyphe, , 203 p., 21 cm (ISBN 978-2-35815-026-2, BNF 42188443).
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  • (en) Matti Klinge, A Brief History of Finland, éditions Otava, .
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  • Maurice Carrez et Jean-Marc Olivier, Histoire des pays nordiques (XIXe – XXIe siècle), Paris, Armand Colin/Dunod, 2023, 400 p. (ISBN 978-2-200-63427-8)
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Articles connexes

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Liens externes

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