Homme d'État

homme politique ayant exercé de hautes fonctions gouvernementales dans un État
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Le qualificatif d'homme d'État — au féminin, femme d'État — distingue, parmi les responsables politiques d'un pays, ceux qui dirigent l'État et détiennent le pouvoir exécutif, soit le chef de l'État en titre, le chef du gouvernement et ses ministres.

Photo de groupe des chefs d'État du Groupe des sept (G7) à Évian, en France sur la frontière suisse, en 2026.

Le terme peut également désigner les personnalités politiques ne dirigeant pas effectivement l'État, mais réputées avoir la capacité de le faire en cas d'accès au pouvoir.

D'autre part, ce qualificatif peut avoir un aspect mélioratif, valorisant, et viser à souligner la capacité du personnage d'État à s'élever au-dessus des divisions partisanes pour rechercher le seul bien commun, ainsi que l'acuité de sa conscience de ses propres responsabilités.

Selon le premier sens, il y a beaucoup d'hommes d'États tout au long de l'histoire pour l'ensemble des pays du monde. Parmi ceux ci se trouvent des dictateurs, des chefs d'Etats issus de coups d'Etat, des hommes politiques corrompus.

Le deuxieme sens valorise et complète le premier sens pour des personnalités politiques reconnues par l'histoire pour le service au bénéfice de leur nation lors de situation complexes et difficiles à dépasser.

Il est à noter que les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux du pouvoir politique à travers l'histoire et le monde, seule une minorité de femmes politiques a réussi à traverser le plafond de verre pour atteindre le niveau du pouvoir exécutif et devenir des femmes d'État.

Homme politique de haut niveau

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Lorsqu'une personnalité politique exerce les plus hautes fonctions exécutives, elle est connue en tant qu'homme ou femme d'État[1].

Le chef de l'État en titre est un homme d'Etat pour peu que ses fonctions ne soient pas de pure représentation à l'image de celles de beaucoup de monarques constitutionnels[réf. nécessaire]

Suivant cette définition Adolf Hitler, Joseph Staline, Benito Mussolini, Philippe Pétain, Pierre Laval, Augusto Pinochet,..., sont des hommes d'État.

Les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux du pouvoir décisionnel à travers le monde. En 2024, 36 femmes sont à la tête du pouvoir politique dans leur pays : 17 sont des cheffes d’État élues et 19 dirigent un gouvernement. En 2026, il y a 28 pays où 30 femmes sont chefs d’État et/ou de gouvernement, sans tenir compte des pays ayant un système monarchique pour les chefs d’État[2],[3]. Néanmoins le plafond de verre féminin concernant l'exercice du pouvoir politique n’est pas infranchissable, il a déjà été percé en particulier par des femmes exceptionnelles relevant du deuxième sens attribué à la notion d'homme ou femme d'État[4]

Homme politique au service de la nation

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L'homme d'état est un homme politique au service de la nation et de l’intérêt général. Il possède les capacités nécessaires à l'organisation et au fonctionnement de l’État. Il assume ses responsabilités quand il accède au pouvoir et représente son peuple dans les instances internationales.

Selon James Freeman Clarke, la différence entre le simple homme politique et l’homme d’État est que le premier cherche à gagner les prochaines élections alors que le second songe à l’intérêt des prochaines générations[5],[6],[7],[8].

Selon le doctorant au département de philosophie à l’Université de Montréal Antoine Dionne Charest, homme politique et philosophe québécois, il y a au moins deux choses qui caractérisent un homme d'État : la représentation et le service. En tant que représentant, l'homme d'État représente non seulement les institutions étatiques auprès des citoyens et de la société mais aussi, (puisque l'État y est habituellement attaché), la nation, soit un territoire commun, une langue et une culture commune, une histoire commune. En tant que serviteur, il sert à la fois les citoyens, la société, l'État et la nation et il fait passer le bien commun avant ses intérêts personnels[9].

D'après Antoine Dionne Charest, la priorité du bien commun est le premier devoir de tout homme d'État[9].

Pour le haut fonctionnaire Jean Serisé interrogé par le Figaro Magazine, les hommes et femmes d'État se caractérisent par plusieurs traits : ne pas s'enrichir grâce à leur situation, assimiler des faits rapidement, s'adapter aux circonstances, s'élever au-dessus des événements[10].

Selon Benjamin Morel, universitaire, politologue, spécialiste de droit constitutionnel, interrogé dans le cadre de la gestion de la pandémie du coronavirus en France « Ce qui permet d’identifier un homme d’État c’est d’abord sa capacité à faire un choix dans l’intérêt supérieur de la nation à travers l’instrument de sa souveraineté et de son indépendance qu’est l’État »[11].

Un homme d'État marque son époque de son empreinte, en général jugée positivement, à la lumière de l’Histoire tels Winston Churchill, Charles de Gaulle, Nelson Mandela ou encore François Mitterrand[12]. On peut citer aussi pour les femmes d'État Indira Gandhi, la première femme au poste de Premier ministre de l'Inde, et Angela Merkel, la première femme élue chancelière d'Allemagne[4]. Václav Havel a la particularité d'être arrivé au pouvoir en Tchécoslovaquie sans l'avoir recherché[13].

Pour s'acquitter de sa tache, il peut « creuser sa propre tombe ». Sur ce point, Jean Serisé note : « L'homme d'État prend sans y être contraint des décisions dont il sait qu'elles le conduiront à sa perte. Il leur est impossible de faire autre chose que ce qu'ils croient devoir faire », comme Charles de Gaulle avec le référendum de 1969 ou dans une moindre mesure Valéry Giscard d'Estaing avec l'avortement, le droit de vote à 18 ans ou l'impôt sur les plus-values[10].

Dans l'histoire

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Antiquité

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Platon, comme Socrate, est très critique à l'endroit des hommes d'État. Dans le Gorgias, il compare les hommes d'État de son époque à de mauvais cuisiniers[14] : ils auraient « régalé les Athéniens en leur servant tout ce qui flattait leurs désirs »[15]. La critique de Platon repose sur l'idée que « ces hommes d'État tant vantés ont été incapables d'enseigner leur propre valeur politique »[16], et qu'en conséquence ils ne les posséderaient pas réellement.

Aristote

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Selon Aristote, « si le premier devoir de l'homme d'État est de connaître la constitution qui doit généralement passer pour la meilleure que la plupart des cités puissent recevoir, il faut avouer que le plus souvent les écrivains politiques, tout en faisant preuve d'un grand talent, se sont trompés sur les points capitaux. Il ne suffit pas d'imaginer un gouvernement parfait ; il faut surtout un gouvernement praticable, d'une application facile et commune à tous les États. »[17].

Haut Moyen-age

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Brunehaut (Vers 547-613), princesse wisigothe devenue reine des Francs, durant le Haut Moyen Âge, est reconnue femme d'Etat par l'histoire. Elle règne sur un royaume mérovingien pendant trente-trois ans. C'est une femme de tête, diplomate hors pair, ayant imposé un centralisme aux seigneurs francs[18].

Femmes d'État françaises

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Royauté

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En raison de la loi salique, les femmes ont été écartées du trône et donc du pouvoir politique direct, dès le XIVe siècle et sous l’Ancien régime jusqu'à la révolution puis les restaurations[4].

Depuis la Révolution française

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Les femmes n'ont pas eu accès au suffrage universel de la Révolution à la Libération ce qui les a marginalisé dans l'exercice du pouvoir politique[4].

Néanmoins dans le gouvernement de Front populaire de Léon Blum en juin 1936, trois femmes ont été nommées alors qu'elles n'étaient ni électrices ni éligibles[19].

On peut citer, Simone Veil qui fait adopter la loi dépénalisant le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1974, Edith Cresson, Elisabeth Borne nommées respectivement en 1981 et 2022 premier ministre de la France.

Bibliographie

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Notes et références

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  1. ↑ « Définitions : État », sur Éditions Larousse (consulté le ).
  2. ↑ « Les femmes cheffes d’État ou de gouvernement dans le monde » Accès libre, (consulté le ).
  3. ↑ « Faits et chiffres : Le leadership et la participation des femmes à la vie politique » Accès libre, sur unwomen.org/fr, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 Direction d'ouvrage Anne Fulda, « Femmes d’État : L’art du pouvoir » Accès libre, sur Cairn.info, Éditions Perrin, (ISBN 9782262096496, consulté le )
  5. ↑ Antoine Messarra, « Honte et pénurie d’hommes d’État », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  6. ↑ Shérazade Zaiter, « Les liens de la corruption et de la criminalité environnementale », sur lemondedudroit.fr, (consulté le )
  7. ↑ Hamadoun Touré, « Contribution: Pouvoir et panthéon » [archive du ], sur L'ESSOR via Internet Archive, (consulté le )
  8. ↑ « La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante », sur Evene.fr (consulté le )
  9. 1 2 Antoine Dionne Charest, « Qu’est-ce qu’un homme d’État? », sur HuffPost Québec, (consulté le )
  10. 1 2 François d'Orcival, « Qu'est-ce qu'un homme d'État ? », Le Figaro Magazine, semaine du 20 mars 2015, page 142.
  11. ↑ Paul Sugy, « Coronavirus: «Où sont passés les hommes d’État?» » Accès libre, sur LeFigaro.fr, (consulté le )
  12. ↑ « Profession : homme d’État » Accès libre, sur france24.com, (consulté le )
  13. ↑ « Biographie : Vaclav Havel (1936 - 2011) » Accès libre, sur Touteleurope.eu, (consulté le )
  14. ↑ Gorg., 518 e-519 b
  15. ↑ Jean Luccioni, La pensée politique de Platon, Ayer Publishing, 1979, p. 31
  16. ↑ Jean Luccioni, 1979, p. 32
  17. ↑ Politique, Livre 6, chap. 1, § 3.
  18. ↑ Philippe-Jean Catinchi, Josyane Savigneau, « Brunehaut, la femme d'Etat » Accès libre, sur LeMonde.fr, (consulté le )
  19. ↑ « Les premières femmes au Gouvernement : les ministres du Front populaire » Accès libre, sur assemblee-nationale.fr, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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