Homme de Mechta el-Arbi

type anthropologique d'Homo sapiens découvert en Algérie

L'Homme de Mechta el-Arbi est une désignation anthropologique historique fondée sur les restes humains découverts notamment dans l'escargotière de Mechta el-Arbi, dans l'actuelle wilaya de Mila, en Algérie. L'étude de ces restes, puis leur comparaison avec ceux d'autres sites préhistoriques nord-africains, a contribué à la définition du type anthropologique appelé « Mechta-Afalou ».

Homme de Mechta el-Arbi
Image illustrative de l’article Homme de Mechta el-Arbi
Crâne de l'homme de Mechta el-Arbi
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Maghreb
Subdivision Wilaya de Mila
Localité voisine Chelghoum Laïd
Période géologique Épipaléolithique
Découvert le 1907
Découvreur(s) Gustave Mercier
Nom commun Homme de Mechta el-Arbi
Identifié à Homo sapiens

Historique de la dénomination

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Les premières découvertes de restes humains à Mechta el-Arbi remontent au début du XXe siècle. Le gisement fournit notamment plusieurs crânes et mandibules qui font l'objet d'études anthropologiques. Ces découvertes prennent une importance particulière lorsque leurs caractères sont comparés à ceux d'autres séries humaines préhistoriques du Maghreb[1].

En 1934, les ressemblances observées entre les restes de Mechta el-Arbi et ceux provenant d'Afalou Bou Rhummel conduisent Marcellin Boule et Henri Victor Vallois à réunir ces séries sous l'appellation « Mechta-Afalou ». Cette dénomination est construite à partir des deux sites algériens qui ont joué un rôle déterminant dans la définition de ce type anthropologique[1],[2].

L'expression « Homme de Mechta el-Arbi » conserve ainsi une valeur historique liée au site éponyme, tandis que « Mechta-Afalou » désigne une catégorie plus large, construite à partir de la comparaison de plusieurs séries humaines préhistoriques du Maghreb.

Caractères anthropologiques

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Les études classiques décrivent les individus attribués au type Mechta-Afalou comme présentant une robustesse générale importante, de grandes dimensions du crâne et du squelette, une face large et courte, des orbites relativement basses et une mandibule développée. La stature masculine moyenne a été estimée à environ 1,77 m dans certaines séries étudiées[3].

Ces caractères ne constituent toutefois pas un ensemble parfaitement homogène. Les séries provenant des différents gisements montrent une variabilité morphologique importante, notamment parmi les populations associées aux contextes ibéromaurusiens et capsiens[3].

L'avulsion des incisives médianes supérieures est également attestée chez plusieurs individus préhistoriques du Maghreb associés à ce type anthropologique. Cette pratique fait partie des caractères étudiés dans les recherches consacrées aux populations de Mechta-Afalou[3].

Répartition et contexte archéologique

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Coquille d'escargot découverte dans le site.

Les restes humains présentant des caractères rapprochés du type Mechta-Afalou sont connus dans plusieurs régions du Maghreb. Ils sont particulièrement nombreux dans des sites associés à l'Ibéromaurusien, mais des individus présentant certains de ces caractères ont également été identifiés dans des contextes plus récents, notamment capsien[4].

À Mechta el-Arbi, les restes humains proviennent d'une escargotière attribuée au Capsien supérieur dans une partie de la littérature archéologique. Plus d'une trentaine d'individus y ont été recensés. Deux crânes, l'un masculin et l'autre féminin, ont notamment contribué à la définition du type Mechta-Afalou lors de la réévaluation des découvertes dans les années 1930[2].

La population représentée sur le site n'est cependant pas entièrement homogène. Certains individus présentent des caractères considérés comme moins typiques du Mechta-Afalou classique et ont été décrits dans la littérature comme des formes « atténuées » ou « évoluées »[2].

Évolution de l'interprétation

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La conception du Mechta-Afalou a évolué avec les progrès de l'anthropologie préhistorique. Les premières études utilisaient des catégories raciales aujourd'hui abandonnées. L'appellation « Cromagnoïdes africains », employée dans certains travaux anciens, n'est plus retenue dans la terminologie scientifique actuelle ; les individus concernés sont considérés comme appartenant à l'espèce Homo sapiens[2].

Les recherches ultérieures ont également montré que les populations préhistoriques du Maghreb ne peuvent pas être décrites à partir d'un type morphologique parfaitement uniforme. Les séries associées au Mechta-Afalou présentent des variations selon les régions et les périodes, tandis que des formes présentant certains caractères de ce type apparaissent dans des contextes postérieurs à l'Ibéromaurusien[3],[4].

Le terme « Mechta-Afalou » doit ainsi être compris comme une catégorie de l'anthropologie préhistorique fondée sur la comparaison morphologique de séries humaines, et non comme le nom d'un peuple ou d'un groupe ethnique historique[2].

Références

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  1. 1 2 Catherine Roubet et Slimane Hachi, « Mechta el-Arbi (Préhistoire) », Encyclopédie berbère, vol. 31, , p. 4811-4814 (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.542, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 Djillali Hadjouis, « Paléoanthropologie : Peuplements de l’Afrique du Nord et du Sahara », Encyclopédie berbère, vol. 37, (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.3321, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 Marie-Claude Chamla et Denise Ferembach, « Anthropologie (Partie I) », Encyclopédie berbère, vol. 5, , p. 713-775 (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.2523, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 Olivier Dutour, « L'homme de Taforalt au Sahara, ou le problème de l'extension saharienne des Cromagnoïdes du Maghreb », Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, vol. 5, no 4, , p. 247-256 (DOI 10.3406/bmsap.1988.1681, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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