Hoseiniye

endroit où les chiites commémorent la mort de Hussein ibn Ali
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Un hoseiniye[note 1] (en persan : حسینیه) ou tekiyeh (en persan : تکیه, takye) est un bâtiment spécialement conçu pour accueillir les cérémonies et spectacles de ta'zieh au cours du mois de mouharram, durant lesquelles on joue des tragédies religieuses commémorant le martyre de Hussein ibn Ali. Les ta'zieh sont des spectacles propres au chiiisme, commémorant le martyre de Husayn ibn Ali (Hossein en persan) .

Tekiyeh Amir Chaghmagh à Yazd, Iran. À noter la structure en bois à droite, utilisée pendant les cérémonies religieuses.

Ces lieux se rencontrent surtout en Iran. Ils sont en général conçus avec des éléments de l'architecture traditionnelle iranienne. On dit que Téhéran a possédé jusqu'à cinquante tekiyehs à l'époque Qajar.

Histoire

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Origines

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Cour centrale et scène circulaires du Tekiyeh Dowlat (en) à Téhéran, plus grand Tekiyeh de l'époque Qajar. Photo d'Antoine Sevruguin. L'ensemble est découvert. Remarquer le départ de deux des supports métalliques permettant de couvrir l'espace.

Des tekiyeh / Hosaynia ont été construites au Xe siècle dans les grandes villes de l'empire abbasside, Bagdad, Le Caire, Alep, où elles servaient de points de départ pour les processions de l'Ashoura. En Iran, il n'y a pas de trace de tels bâtiments avant l'avènement des Safavides, au début du XVIe siècle, et leur présence durant cette période reste peu documentée[2]. Les cérémonies de l'Ashoura pouvaient commencer et se terminer dans n'importe quel bâtiment religieux ou à proximité de sanctuaires, et il n'était donc pas nécessaire d'avoir des bâtiments réservés à cette fonction. Toutefois, on sait qu'au début du XVIIe siècle, des Augustins avaient une maison à Ispahan près de la Mosquée du vendredi d'Ispahan, dans un quartier appelé « Husaynia », ce qui laisse à penser qu'il existait des tekiyeh/Husaynia à cette époque.

XVIIIe siècle

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Dans les années 1780, les représentations théâtrales de la passion de l'Achoura se multiplient, ce qui entraîne la construction de bâtiments destinés à les accueillir — appelées en général takia — en particulier au nord de la Perse, dans la région de la mer Caspienne[2]. La fonction des takias et celle des hosayniyas ont alors commencé à se chevaucher. Le Maydan-e Bozorg (« grande place ») de Zavareh datant de l'Agha Mohammad Khan est considéré comme le premier hosayniya de l'époque Qajar. Celui-ci présentait des espaces couverts et d'autres non couverts, afin qu'il soit possible d'y célébrer les cérémonies de Mouharram en toute saison (un déplacement dans le temps dû au système du calendrier hégirien, suivi en Iran pour les fêtes musulmanes).

Structure

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Les tekiyehs sont en général bâtis sur un plan similaire à celui des caravansérails[2]. Ils comportent obligatoirement un vaste espace, ouvert ou couvert, où les cérémonies de Mouharram sont célébrées, et où les spectateurs peuvent se tenir. Les bâtiments sont construits autour d'une cour (maydân) qui reçoit la scène, constituée par une plateforme carrée ou circulaire (saku). Le financement du bâtiment, de sa maintenance et du logement des visiteurs est en général assuré par des dons et des possessions de type waqf.

Le Tekiyeh Dowlat (en). Peinture de Kamal-ol-Molk, 1892. L'espace est couvert, grâce à la structure métallique soutenant la couverture.

Références

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Notes
  1. Plusieurs graphies sont utilisées : housseiniyeh[1], hossaynia, husayniyya, hosayniya,…
Références
  1. Giulia Della Michelina, « Un retour sous les bombes pour les déplacés de Nabatiyeh », sur Orient XXI, (consulté le )
  2. 1 2 3 Sauf mention autre, les informations de cette section proviennent de Calmard 2013.


Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Jean Calmard, « Hosayniya », sur iranicaonline.org, Encyclopædia Iranica, (consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Arthur de Gobineau, Les Religions et philosophies dans l’Asie centrale, Paris, Didier et Compagnie, (lire en ligne), chap. XIV (« Les tekyèhs ou théâtres »), p. 381-403

Articles connexes

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